Kédougou : coup de filet contre l’orpaillage clandestin et un réseau de trafic de mineurs démantelé

Une opération d’envergure menée par la gendarmerie à Kédougou a permis de démanteler plusieurs sites d’orpaillage illégal et de mettre la main sur un suspect impliqué dans un réseau de trafic de migrants, dont des mineurs.

 

La Légion de gendarmerie de Kédougou a conduit, le samedi 21 février 2026, une opération de grande ampleur visant l’exploitation illégale des ressources minières. L’intervention a abouti au démantèlement de trois sites d’orpaillage clandestin et à l’arrestation d’un individu suspecté de trafic de migrants et de traite de personnes, selon une source sécuritaire.

Mobilisés entre 10 heures et 17 heures dans les zones de Gamba-Gamba et Saeinsoutou, les éléments du GARSI-2 ont procédé à la destruction de trois sites localisés dans les villages de Bantanko, Bondala et Mouran.

Le bilan matériel est conséquent. Les forces de sécurité ont saisi 14 groupes électrogènes, six marteaux-piqueurs, huit motopompes, cinq machines-pompes, deux panneaux solaires ainsi qu’une pompe à eau. Sur les différents sites, les gendarmes ont également procédé à la destruction de 25 machines cracheuses, cinq équipements de forage électrique, sept motopompes et plusieurs installations précaires servant d’abris.

Trafic de migrants

Dans le cadre de cette même opération, la Section de recherches de Kédougou a interpellé un individu impliqué dans des faits présumés de trafic de migrants et de traite de personnes.

Cinq mineurs ont été auditionnés dans le cadre de l’enquête. Ils ont été identifiés comme étant entrés au Sénégal en provenance du Mali, avec pour objectif de travailler sur des sites d’orpaillage moyennant rémunération.

D’après leurs témoignages, ces mineurs appartiendraient à une même famille. Leur déplacement aurait été organisé depuis le Burkina Faso par leurs parents, en lien avec le suspect, chargé de les prendre en charge à la frontière sénégalo-malienne. Face aux enquêteurs, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés, toujours selon la même source.

Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ampleur du réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Trafic de migrants : Plus de 49 suspects dans les prisons sénégalaises

L’arrestation de quatre suspects à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), pour trafic de migrants n’est pas sans rappeler les nombreux cas qui font l’objet d’enquêtes judiciaires. Une dizaine de suspects séjournent dans les prisons sénégalaises à Dakar et dans les régions, en attendant leur procès.

Comme révélé en exclusivité par le journal L’Observateur, trois dames et un homme ont été arrêtés par la police sénégalaise dans l’enceinte de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), alors qu’elle tentait de convoyer quatre personnes au Brésil, en transitant par le Mali. C’était le 12 août dernier. De faux documents dont quatre passeports et autant de titres de séjour brésiliens ont été trouvés chez les mis en cause. Ce qui leur a valu une garde à vue, en attendant qu’ils atterrissent à la case prison où ils vont rejoindre d’autres personnes poursuivies pour les mêmes faits. Ce cas vient allonger la longue liste des personnes détenues dans les prisons sénégalaises, pour trafic de migrants et infractions similaires. En décembre 2017, trois personnes ont été arrêtées à Dakar, pour «convoi international de migrants» en société et «trafic de migrants». Le premier, Adama Mbaye, est présenté par l’accusation comme un passeur cité dans des faits de trafic de migrants et de traite de personnes, en Libye. Il a été arrêté par des éléments de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, dans les locaux de la radio Rfm où il participait à l’émission «Thème de la semaine».

Des victimes ont cité plusieurs fois son nom au cours de l’émission et il était venu donner sa version des faits. L’affaire a éclaté après une plainte d’une dame du nom de Ndèye Sonko contre un tiers, pour le délit «abus de confiance» portant sur 800 mille FCfa. Durant les investigations, les enquêteurs découvrent que la plaignante recevait de fortes sommes d’argent en provenance de la Libye. Très vite, ils établissent le lien entre le réseau de Ndèye Sonko et celui d’Adama Mbaye, Ndèye Sonko a également été arrêté pour trafic de migrants. Cela au même titre qu’Adama Mbaye. Jeudi 30 novembre de l’année dernière, ce fut l’arrestation d’un Malien pour «convoi international de migrants», à Tambacounda. Une zone décrite comme un point de départ de migrants souhaitant se rendre en Libye. L’homme est soupçonné de faire partie d’une organisation à but lucratif visant à transporter, de manière clandestine, des candidats à l’émigration, en direction de la Libye. Au cours de l’enquête préliminaire, le suspect avait reconnu avoir pour projet entres autres, d’acheminer un client vers Bamako. Ce client devrait se rendre en Libye, rapporte la Police. L’interpellation s’est faite en collaboration avec les brigades du secteur frontalier de Tambacounda.

Détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Thiès, le cas Abdou Aziz Ndoye vient s’ajouter à la liste, poursuivi qu’il est pour avoir organisé le voyage illégal de sa copine. Déféré au parquet par le commissariat de Tivaouane, il est toujours en détention provisoire en attendant son procès dont la date reste encore incertaine. Au début de l’année 2018, Interpol a révélé, dans un communiqué publié en ce sens, avoir alpagués entre le 6 et le 10 novembre 2017, 40 trafiquants de migrants. Cette grosse prise a été rendue possible par l’opération «Épervier» menée de manière simultanée dans cinq pays du Sahel, y compris le Sénégal. Quelque 500 migrants qui étaient destinés entre autres à la vente, à la mendicité, à la prostitution et aux travaux forcés ont été sauvés par cette organisation internationale de la Police criminelle. Les personnes incriminées font l’objet d’enquêtes judiciaires pour «traite d’êtres humains, travail forcé et exploitation d’enfants».

Dans la diaspora, plusieurs Sénégalais séjournent dans les prisons des différents pays d’accueil, pour les délits et crimes liés au trafic de migrants. C’est le cas notamment en Italie, en Libye, et d’autres pays en Afrique et en Europe.