Dakar mobilise ses services d’urgence après les dégâts causés par les fortes pluies

Les fortes pluies tombées jeudi matin à Dakar ont rapidement perturbé le quotidien des habitants. Dans plusieurs secteurs de la capitale, les eaux et les débris ont encombré les voies, compliquant les déplacements et causant d’importants dégâts matériels. Face à cette situation, les autorités municipales de la Ville de Dakar ont décidé de renforcer leur dispositif d’intervention pour venir en aide aux populations touchées.

 

Le maire de Dakar, Abass Fall, a demandé à la Direction des Services techniques (DST) de mettre en œuvre un plan opérationnel d’urgence. Les équipes municipales sont ainsi mobilisées pour intervenir dans les zones affectées, participer à la gestion des conséquences des intempéries et contribuer au soulagement des populations confrontées aux difficultés.

La municipalité ne compte toutefois pas limiter son action aux interventions techniques. Elle prévoit également de se rendre directement auprès des sinistrés. Une visite de terrain est annoncée durant le week-end, avec la participation du maire Abass Fall et de plusieurs membres du Conseil municipal.

Cette descente permettra aux responsables municipaux de constater l’ampleur des dégâts, d’échanger avec les habitants concernés et de leur transmettre le soutien de la Ville de Dakar.

Sur le terrain, les opérations devront notamment porter sur le dégagement des axes affectés par les eaux et les débris ainsi que sur leur nettoyage. Cette mobilisation municipale intervient alors que plusieurs secteurs de la capitale restent marqués par les conséquences des fortes précipitations enregistrées jeudi.

Sénégal : les intempéries font la Une de la presse, entre inondations et dégâts matériels

Les fortes pluies enregistrées jeudi sur une grande partie du Sénégal dominent les Unes des quotidiens ce vendredi 21 août. Plusieurs villes, dont Dakar, Thiès et Touba, ont été touchées par d’importants dégâts et des perturbations.

« Sale temps pour le Sénégal », titre Le Quotidien. Le journal rapporte que les pluies ont fortement affecté Dakar, Thiès et Touba, perturbant notamment la circulation et les transports publics. À Dakar, les fortes précipitations se sont accompagnées de violentes rafales. Des chaussées ont été inondées, tandis que des branches et des arbres ont été arrachés. À Touba, ces intempéries ont provoqué la mort d’une personne par électrocution, selon Le Quotidien.

WalfQuotidien affiche de son côté « Dakar sens dessus dessous ». Le journal décrit une capitale touchée par des pluies intenses et de puissants vents, avec plusieurs dégâts enregistrés dans différents secteurs. Face à la situation, une opération de déblaiement a été engagée afin de sécuriser les usagers et de faciliter la reprise du trafic. La banlieue dakaroise reste particulièrement exposée.

Sud Quotidien cite notamment Malika, Médinatoul Mounawara, Keur Massar et Tivaouane Peulh parmi les zones fortement affectées. Le journal rapporte également des difficultés à Jaxaay et dans plusieurs autres quartiers fortement urbanisés. La situation météorologique pourrait rester instable dans les prochains jours. WalfQuotidien signale notamment que de nouveaux orages sont annoncés jusqu’à mardi.

En dehors des intempéries, Le Soleil s’intéresse au projet de loi consacré à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique. Le texte adopté par l’Assemblée nationale vise à renforcer la protection du Sénégal face aux vulnérabilités liées au développement rapide des technologies numériques. Le journal rapporte les analyses de plusieurs spécialistes qui estiment que cette nouvelle législation intervient dans un contexte où la protection des infrastructures numériques devient un enjeu stratégique.

Le Quotidien revient également sur la décision de l’Assemblée nationale de créer six commissions d’enquête parlementaire. Ces commissions doivent notamment s’intéresser au foncier, aux marchés publics, aux exonérations fiscales et aux licences de pêche. À travers ces initiatives, les députés souhaitent examiner plusieurs dossiers sensibles liés à la gestion des ressources et des deniers publics.

WalfQuotidien évoque pour sa part un « autre front » ouvert par le parti Pastef à l’Assemblée nationale. Après les débats sur les fonds politiques et les crédits spéciaux, le parti majoritaire réclame désormais du Premier ministre Al Aminou Lô qu’il effectue sa déclaration de politique générale.

La presse sénégalaise place ainsi au premier plan les conséquences des intempéries, mais aussi les nouveaux débats autour de la transparence dans la gestion publique et du contrôle parlementaire.

Sénégal : de fortes pluies et des rafales de 80 km/h frappent plusieurs localités du pays jeudi 20 Août

Plusieurs localités du Sénégal ont été touchées par de fortes pluies accompagnées de vents violents ce jeudi 20 août 2026, comme annoncé dans la matiné. Les précipitations ont notamment été importantes à Gossas et Mbour, tandis que Dakar a enregistré de fortes rafales.

Selon Abdoulaye Diouf, chef du Service prévisions et réduction des risques de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), 94 mm de pluie ont été relevés à Gossas. À Mbour, les cumuls ont dépassé 60 mm. La capitale sénégalaise a, pour sa part, été balayée par des rafales atteignant 80 km/h.

Ces vents violents ont provoqué des dégâts dans certains secteurs de Dakar, avec notamment des chutes d’arbres et des toitures arrachées.

La situation météorologique devrait rester instable dans plusieurs régions du pays. Des orages et des pluies sont attendus dans l’après-midi et durant la nuit à Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Kédougou et Tambacounda pourraient également connaître des précipitations.

Dans le centre et l’ouest, des passages nuageux denses accompagnés de pluies sont annoncés cet après-midi et en soirée à Dakar, Thiès, Mbour, Diourbel, Fatick et Kaolack. La couverture nuageuse devrait par ailleurs maintenir des températures relativement douces sur l’ensemble du territoire.

Les services météorologiques poursuivent leur surveillance de la situation afin d’anticiper son évolution et de contribuer à la prévention des risques liés aux fortes précipitations et aux vents violents.

Indépendance du Sénégal : pourquoi le 20 août 1960 est une date historique

Le Sénégal proclame son indépendance le 20 août 1960, après son retrait de la Fédération du Mali. Cette décision met fin à une expérience politique commune avec le Soudan français, qui deviendra quelques semaines plus tard la République du Mali.

La Fédération du Mali, composée du Sénégal et du Soudan français, avait accédé à l’indépendance le 20 juin 1960. Mais l’entente entre les deux composantes se dégrade rapidement. Les divergences portent notamment sur le fonctionnement des institutions fédérales et sur la répartition des pouvoirs entre Dakar et Bamako. La crise politique s’intensifie dans la nuit du 19 au 20 août 1960 à Dakar.

Les autorités sénégalaises reprennent alors le contrôle de la situation. L’Assemblée nationale est convoquée et se prononce en faveur du retrait du Sénégal de la Fédération. Le 20 août, les députés sénégalais adoptent les mesures mettant fin au transfert de compétences à la Fédération et proclament l’indépendance de la République du Sénégal. La décision est également communiquée au secrétaire général des Nations unies.

Une indépendance distincte de la fête nationale

Cette accession à la souveraineté intervient quelques mois après la signature, le 4 avril 1960, des accords franco-sénégalais de transfert de compétences. Le 4 avril est aujourd’hui célébré comme la fête nationale du Sénégal. Le 20 août correspond, lui, à la rupture définitive avec la Fédération du Mali et à l’affirmation du Sénégal comme État indépendant distinct.

La Fédération du Mali ne survivra pas à cette crise. Le Soudan français poursuit son propre processus d’émancipation sous la direction de Modibo Keïta. Le 22 septembre 1960, il proclame à son tour l’indépendance sous le nom de République du Mali.

Le mois d’août 1960 marque donc un tournant majeur dans l’histoire politique de l’Afrique de l’Ouest. En quelques semaines, l’expérience fédérale prend fin et donne naissance à deux États indépendants, le Sénégal et le Mali, appelés à suivre des trajectoires politiques différentes.

Sénégal : des pluies et orages attendus sur plusieurs régions ce jeudi

Le Sénégal connaît une nouvelle matinée marquée par des conditions météorologiques instables. Selon le bulletin de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), plusieurs localités sont concernées par des activités pluvio-orageuses entre 6 heures et midi ce jeudi.

Les précipitations sont particulièrement actives sur l’axe Matam-Ranérou-Tambacounda. Les épisodes pluvieux devraient se maintenir dans cette zone durant une grande partie de la matinée. Koungheul et Kaolack sont également concernés par des pluies accompagnées d’orages. Ces conditions devraient progressivement gagner d’autres parties du territoire.

Dans le nord et le centre-nord, des passages pluvieux sont notamment annoncés à Linguère, Touba, Louga et Saint-Louis. Les régions de Fatick, Mbour, Diourbel et Thiès pourraient également connaître des précipitations au cours de la matinée.

Dans le sud, Ziguinchor figure aussi parmi les localités susceptibles d’être touchées par cette activité pluvio-orageuse. À Dakar, le ciel restera chargé à couvert. Des possibilités de précipitations sont également signalées au cours de la matinée. Cette situation intervient alors que l’hivernage 2026 reste marqué par une succession d’épisodes pluvio-orageux sur plusieurs régions du pays.

Face à ces conditions, les populations des zones concernées sont invitées à rester attentives à l’évolution des prévisions météorologiques. La prudence est notamment recommandée lors des déplacements, particulièrement à proximité des zones susceptibles d’être inondées et pendant les épisodes orageux.

Sénégal : l’État renforce les préparatifs du Gamou 2026

À l’approche du Gamou 2026, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, multiplie les échanges avec les familles religieuses pour préparer l’accueil des pèlerins.

Mardi 18 août, le ministre a reçu successivement les représentants de la famille Ndiéguène de Thiès et ceux de la famille d’El Hadj Rawane Ngom de Mpal. Les discussions ont porté sur les préparatifs de cette importante manifestation religieuse et sur les mesures nécessaires à la sécurité des fidèles.

Mouhamadou Makhtar Cissé a réaffirmé l’engagement de l’État à mobiliser les services concernés pour accompagner les cités religieuses dans l’organisation du Gamou.

Le ministre a notamment assuré que les dispositifs seront renforcés afin de permettre aux fidèles de célébrer l’événement dans de bonnes conditions, avec une attention particulière portée à leur sécurité et à leur accueil.

Les comités d’organisation ont salué la disponibilité des autorités. Ils ont également apprécié l’accompagnement du ministère de l’Intérieur dans la prise en charge des préoccupations liées aux préparatifs. Ces rencontres s’inscrivent dans le dispositif de préparation du Gamou 2026, alors que les autorités et les familles religieuses travaillent à assurer le bon déroulement des célébrations.

À l’issue des échanges, les différents chefs religieux ont formulé des prières pour la paix, la stabilité et la prospérité du Sénégal. Ils ont également prié pour la réussite du président de la République dans l’exercice de sa mission.

Sénégal : le bras de fer autour des crédits spéciaux domine toujours la presse nationale

La presse nationale ce jeudi 20 août 2026 revient largement sur les tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire autour de la réforme du régime juridique des crédits spéciaux.

Au lendemain de la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement, le parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, a vivement réagi. Selon Sud Quotidien, la formation politique conteste à la fois le fondement juridique du recours et sa portée politique. Lors d’un point de presse tenu mercredi, les responsables de Pastef ont accusé l’exécutif de chercher à limiter le pouvoir de contrôle du Parlement sur les fonds spéciaux. Ils estiment également que le gouvernement revient sur certains engagements pris devant les Sénégalais.

Walfquotidien résume la situation à sa une par la formule : « Des gnons pour des histoires de pognon ». Le journal déplore une confrontation politique autour des fonds politiques, secrets et spéciaux, alors que d’autres priorités économiques et sociales attendent le pays.

L’Info titre de son côté : « Pastef sort les griffes et défend sa transparence ». Le quotidien revient sur le point de presse du Bureau politique du parti, au cours duquel plusieurs sujets ont été abordés, notamment la hausse des prix des hydrocarbures, la gestion des fonds sociaux, la déclaration de patrimoine et les tensions politiques.

La colère de Pastef contre l’exécutif

Le quotidien L’As affiche « Le Pastef fonce sur Diomaye ». Le journal rapporte la colère de la majorité parlementaire après la suspension de la séance consacrée à la proposition de loi sur les crédits spéciaux. Selon les députés de la majorité, cette suspension ne serait prévue par aucun texte. Ils considèrent également que la démarche de l’exécutif constitue une tentative de blocage du processus parlementaire. La question des crédits spéciaux s’inscrit ainsi dans un climat de tensions institutionnelles qui oppose désormais ouvertement le gouvernement et sa propre majorité parlementaire.

Sur un autre registre, Tribune s’intéresse aux conditions économiques dans lesquelles se prépare l’édition 2026 du Mawlid, célébrant la naissance du prophète Mouhammad (PSL). Le quotidien estime que la hausse des prix et la crise économique pèsent sur les préparatifs de cette célébration religieuse. Le pouvoir d’achat des ménages continuerait ainsi de se dégrader, compliquant les dépenses liées à l’événement.

Le Soleil emmène pour sa part ses lecteurs en Casamance, à la découverte de l’île de Hilol, située dans les îles Karone, à Kafountine, dans le département de Bignona. Le journal revient sur l’histoire de cette île qui aurait résisté à la progression coloniale française. Il rappelle notamment la mort du capitaine Aristide Protêt, officier de l’infanterie de marine française, atteint par une flèche lors d’un affrontement avec un guerrier koroninka.

Aujourd’hui, accéder à Hilol demeure une véritable aventure, entre routes difficiles et transport fluvial à travers les bolongs de la Casamance.

Sénégal : l’Assemblée nationale suspend la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux

L’Assemblée nationale du Sénégal a décidé de suspendre la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux, initialement prévue ce mercredi 19 août 2026.

Dans un communiqué publié mardi 18 août, le Parlement explique cette décision par la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement. L’Exécutif demande aux « Sages » de déterminer si certaines dispositions du texte relèvent du domaine réglementaire.

Pour l’Assemblée nationale, cette démarche intervient dans un contexte d’« obstruction systématique » au processus législatif engagé pour renforcer la transparence dans la gestion des deniers publics. Le Parlement relève toutefois que la Constitution ne prévoit pas explicitement d’effet suspensif lié à ce type de recours. Malgré cela, les députés ont choisi de suspendre la séance afin de préserver « la stabilité, l’élégance républicaine et le dialogue entre les Institutions ».

Cette décision intervient alors que le débat sur les crédits spéciaux oppose de plus en plus ouvertement l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Le gouvernement estime que certaines dispositions du texte empiètent sur son pouvoir réglementaire, tandis que la majorité parlementaire défend la nécessité d’un encadrement législatif de ces fonds.

La suspension reste toutefois limitée à cette proposition de loi. L’Assemblée nationale assure que les autres activités prévues à son calendrier parlementaire se poursuivront normalement. Les travaux relatifs à la ratification des propositions de résolution portant création de commissions d’enquête parlementaire sont ainsi maintenus pour jeudi 20 août. Le Parlement prévoit également de poursuivre l’examen du projet de loi n°25/2026 consacré à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique.

Le différend sur les crédits spéciaux reste donc suspendu à la décision du Conseil constitutionnel. Celle-ci devra permettre de déterminer la frontière entre les compétences du législateur et celles du pouvoir réglementaire dans l’encadrement de ces fonds.

Sénégal : le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel sur l’affaire des crédits spéciaux

Alors que l’Assemblée nationale devait examiner ce mercredi 19 août la proposition de loi sur les crédits spéciaux, le gouvernement sénégalais a décidé de saisir le Conseil constitutionnel. L’exécutif conteste la recevabilité de certaines dispositions du texte, estimant qu’elles relèvent du pouvoir réglementaire.

Le gouvernement a saisi mardi le Conseil constitutionnel pour arbitrer le différend qui l’oppose à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi n°34/2026 relative au régime juridique des crédits spéciaux. Adopté en commission, le texte devait être soumis aux députés en séance plénière mercredi 19 août à partir de 10 heures. Mais l’exécutif estime que certaines de ses dispositions empiètent sur le domaine réglementaire qui lui est réservé.

La Primature s’appuie notamment sur les articles 67 et 76 de la Constitution. Elle a donc opposé l’irrecevabilité au texte avant de saisir le Conseil constitutionnel, conformément à l’article 83 de la Loi fondamentale. Le différend porte essentiellement sur la frontière entre le domaine de la loi et celui du règlement. Le gouvernement considère que le Parlement ne peut pas fixer certaines modalités relatives aux crédits spéciaux, celles-ci devant plutôt être déterminées par voie réglementaire.

En commission, l’exécutif avait déjà proposé de limiter le texte aux crédits spéciaux attribués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature. Il souhaitait également renvoyer les modalités de leur contrôle à un décret.

Cette nouvelle bataille institutionnelle intervient dans un contexte déjà marqué par le débat sur la transparence et le contrôle des fonds spéciaux. Elle survient surtout au lendemain d’un vote majeur de l’Assemblée nationale sur la déclaration de patrimoine des principaux responsables de l’État.

Lundi, les députés ont adopté par 133 voix contre 2 une proposition de modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte prévoit notamment que le président de la République déclare et rende public son patrimoine au début et à la fin de son mandat.

Le gouvernement souhaite désormais que le Conseil constitutionnel tranche la question de la recevabilité de la proposition de loi sur les crédits spéciaux. Les « Sages » devront déterminer si les dispositions contestées relèvent bien du domaine de la loi ou si elles empiètent sur les compétences réglementaires de l’exécutif.

Pour la Primature, cette démarche vise à préserver « l’ordre juridique républicain ». Elle s’appuie également sur l’article 69, alinéa 8, de la loi organique n°2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. La décision du Conseil constitutionnel sera donc déterminante pour la suite de l’examen du texte. Elle pourrait également contribuer à préciser les limites des compétences respectives de l’exécutif et du Parlement dans l’encadrement des crédits spéciaux.

Sénégal : les crédits spéciaux au cœur d’un nouveau bras de fer entre l’exécutif et l’Assemblée

Le bras de fer institutionnel se poursuit au Sénégal autour de l’encadrement des crédits spéciaux. Alors que les députés devaient examiner ce mercredi la proposition de loi portant sur leur régime juridique, le gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel pour en contester la recevabilité.

Selon plusieurs quotidiens, l’exécutif estime que certaines dispositions du texte relèvent du domaine réglementaire et non du domaine de la loi. Il s’appuie notamment sur les articles 67 et 76 de la Constitution, qui définissent les compétences respectives du législateur et du pouvoir réglementaire.

Saisi par le gouvernement, le Conseil constitutionnel devra donc se prononcer sur la conformité du texte au regard de la répartition des compétences prévue par la Constitution. Dans l’attente de cette décision, l’Assemblée nationale a suspendu la séance plénière prévue ce 19 août pour examiner la proposition de loi. Pour Le Quotidien, cette nouvelle situation constitue un « nouveau bras de fer au sommet de l’État », les députés considérant la démarche de l’exécutif comme une forme d’obstruction.

La suspension ne signifie toutefois pas l’arrêt de l’ensemble des activités parlementaires. Elle concerne principalement l’examen du texte sur les crédits spéciaux, désormais soumis à l’arbitrage des « Sages ». Cette nouvelle confrontation intervient quelques jours seulement après l’adoption par l’Assemblée nationale de la réforme portant sur la déclaration de patrimoine. Le texte avait été approuvé à une large majorité avant que le président Bassirou Diomaye Faye n’annonce son intention de le soumettre à référendum.

Le dossier des crédits spéciaux ajoute ainsi une nouvelle tension aux relations entre l’exécutif et une Assemblée nationale dominée par Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko.

Le débat prend également une tournure politique avec les accusations portées contre le président de l’Assemblée nationale par Aminata Touré. La superviseure générale de Kiiraay accuse l’ancien Premier ministre d’avoir bénéficié de fonds non justifiables lorsqu’il dirigeait la Primature.

Selon les propos rapportés par plusieurs journaux, Aminata Touré affirme notamment qu’Ousmane Sonko aurait utilisé 3,7 milliards de FCFA issus de fonds destinés à la Casamance et logés à la Primature. Elle l’accuse également d’avoir eu recours aux fonds politiques de la présidence et d’avoir demandé des rallonges.

Ces accusations interviennent alors que le président de l’Assemblée nationale défend publiquement depuis plusieurs jours la nécessité d’un meilleur encadrement et d’un contrôle accru des fonds spéciaux. Le débat sur la transparence financière prend donc une dimension politique de plus en plus forte. D’un côté, l’exécutif conteste la compétence de l’Assemblée à légiférer sur certaines dispositions relatives aux crédits spéciaux. De l’autre, la majorité parlementaire défend sa volonté d’encadrer ces fonds.

Au-delà de la bataille juridique, c’est désormais le rapport de force entre les deux pôles du pouvoir qui se joue. Et la décision du Conseil constitutionnel pourrait constituer une nouvelle étape majeure dans cette confrontation institutionnelle.