Ibrahim Mbaye entre dans l’histoire du football africain au Mondial 2026

Malgré la défaite du Sénégal face à la France (3-1) lors de son entrée en lice à la Coupe du monde 2026, une performance individuelle a marqué les esprits. En inscrivant le seul but sénégalais de la rencontre, le jeune ailier Ibrahim Mbaye est devenu le plus jeune buteur africain de l’histoire de la Coupe du monde.

Entré en jeu à la 75e minute, le joueur de 18 ans n’a eu besoin que de quelques minutes pour faire parler son talent. Sur une action individuelle de grande classe, il a éliminé le défenseur français Lucas Hernandez avant de décocher une frappe puissante qui a laissé Mike Maignan sans réaction. Une réalisation qui a permis aux Lions de réduire l’écart en fin de match, mais surtout d’inscrire son nom dans les livres d’histoire du football africain.

Avec ce but, Ibrahim Mbaye efface des tablettes un autre Sénégalais, Moussa Wagué. Lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, ce dernier avait établi le précédent record en marquant contre le Japon (2-2) à l’âge de 19 ans et 8 mois. Huit ans plus tard, Mbaye fait encore mieux et confirme son statut de grand espoir du football continental.

Ce record mondial africain vient enrichir un parcours déjà exceptionnel. International sénégalais depuis le 15 novembre dernier, le jeune ailier compte désormais quatre buts sous le maillot national. Champion d’Afrique en 2025 avec les Lions, il s’était déjà illustré lors de cette compétition en devenant, à seulement 17 ans, 11 mois et 10 jours, le plus jeune buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations.

Formé au Paris Saint-Germain, qu’il a rejoint en 2018 à l’âge de 10 ans, Ibrahim Mbaye n’a cessé de franchir les étapes avec précocité. Le 16 août 2024, il faisait ses débuts en Ligue 1 face au Havre AC à seulement 16 ans, devenant alors le plus jeune joueur à disputer un match officiel avec le club parisien. Quelques mois plus tard, il remportait le Titi d’Or 2024, récompense attribuée au meilleur jeune du centre de formation du PSG.

En 2025, il signe son premier contrat professionnel avec le club de la capitale française. La même année, il inscrit son premier but avec l’équipe première lors d’une large victoire face à l’AS Saint-Étienne (6-1), rejoignant ainsi le cercle des plus jeunes buteurs de l’histoire du PSG.

Malgré un temps de jeu encore limité cette saison, le jeune Sénégalais affiche déjà des statistiques prometteuses avec trois buts et trois passes décisives. Son palmarès est également impressionnant pour son âge, avec notamment deux titres consécutifs de champion de France et de champion d’Europe remportés avec le Paris Saint-Germain.

Si Ibrahim Mbaye devient aujourd’hui le plus jeune buteur africain de l’histoire de la Coupe du monde, le record absolu de précocité dans la compétition reste détenu par la légende brésilienne Pelé. Le roi du football avait marqué lors du Mondial 1958 en Suède à l’âge de 17 ans et 239 jours, un record qui demeure inégalé près de sept décennies plus tard.

Pour le Sénégal, cette performance individuelle constitue l’une des rares satisfactions de la soirée. Pour Ibrahim Mbaye, elle marque sans doute le début d’une carrière internationale qui s’annonce particulièrement prometteuse.

Mondial 2026 : la presse sénégalaise entre regrets et inquiétudes après la défaite contre la France

La défaite du Sénégal face à la France (3-1), lors du match d’ouverture du groupe I de la Coupe du monde 2026, suscite de nombreuses réactions dans la presse sénégalaise. Au lendemain de la rencontre, les quotidiens s’accordent sur un constat : les Lions de la Teranga ont longtemps rivalisé avec les Bleus avant de payer leur manque de réalisme et leur baisse de régime en seconde période.

À sa Une, Le Soleil évoque « une défaite et des regrets ». Le quotidien souligne la qualité de la première période des hommes de Pape Thiaw, capables de se montrer solides et entreprenants face à l’un des favoris du tournoi. Mais les occasions manquées ont finalement pesé lourd dans l’issue du match. Le journal rappelle que le Sénégal devra impérativement obtenir un résultat positif contre la Norvège le 23 juin pour conserver ses chances de qualification.

Même tonalité du côté de L’Observateur, qui titre : « Que de regrets ! ». Le journal estime que les Lions ont quitté le MetLife Stadium la tête basse après avoir vu la rencontre leur échapper au retour des vestiaires. Pourtant, relève-t-il, les Sénégalais avaient parfaitement entamé la partie grâce à une organisation défensive rigoureuse et une maîtrise collective qui avaient mis la France en difficulté.

Pour Sud Quotidien, la frustration est d’autant plus grande que le Sénégal avait dominé la première mi-temps. Le journal insiste sur les nombreuses occasions non converties, notamment celles de Nicolas Jackson et d’Ismaïla Sarr. Selon le quotidien, l’inefficacité offensive a une nouvelle fois coûté cher aux Lions, incapables de concrétiser leurs temps forts face à une équipe française beaucoup plus réaliste.

Le journal Yoor Yoor se montre encore plus sévère en estimant que « les Lions s’effondrent » face à une France « impitoyable ». Le quotidien décrit une équipe sénégalaise à deux visages : conquérante avant la pause, puis dépassée après le retour des vestiaires. Il pointe notamment des erreurs tactiques et un manque d’efficacité qui ont permis aux Français de prendre le contrôle du match.

De son côté, L’Info choisit une formule symbolique avec le titre : « Le Coq enjambe le Lion ». Le journal estime que le Sénégal a regardé la France « droit dans les yeux » pendant les 45 premières minutes avant de subir les ajustements tactiques opérés par Didier Deschamps. La baisse physique observée chez les Lions en seconde période aurait également contribué à inverser la dynamique de la rencontre.

L’As parle pour sa part d’une « défaite amère ». Le quotidien met en avant le contraste entre la domination sénégalaise du premier acte et le réalisme affiché par les Bleus après la pause. Il souligne également la prestation décisive de Kylian Mbappé, considéré comme l’un des principaux artisans du succès français.

Enfin, WalfQuotidien estime que les Lions se sont « sabordés » eux-mêmes. Selon le journal, malgré une première période convaincante, les hommes de Pape Thiaw ont logiquement été dominés au cours du second acte par une équipe de France plus efficace et mieux organisée.

Malgré la déception, plusieurs médias retiennent néanmoins les aspects positifs de la prestation sénégalaise. La qualité du jeu produit durant la première période, la discipline tactique et la capacité à rivaliser avec l’une des meilleures sélections du monde constituent des motifs d’espoir. Mais tous s’accordent sur un point : face à la Norvège, le Sénégal n’aura plus droit à l’erreur s’il veut poursuivre son aventure dans ce Mondial 2026.

Mondial 2026 : le Sénégal séduit mais s’incline face au réalisme français

Le Sénégal a entamé sa Coupe du monde 2026 par une défaite frustrante face à la France (3-1), mardi à New York. Dominateurs pendant une grande partie de la rencontre, les Lions de la Teranga ont longtemps donné l’impression de pouvoir faire tomber les Bleus avant de payer leur manque d’efficacité offensive face à une équipe française redoutable de réalisme.

Dès le coup d’envoi, les hommes de Pape Thiaw ont affiché une grande maîtrise collective. Portés par l’activité de Lamine Camara et d’Idrissa Gana Gueye dans l’entrejeu, les Sénégalais ont confisqué le ballon et imposé un rythme soutenu à une formation française en difficulté dans la relance et la construction du jeu.

Malgré quelques tentatives françaises, notamment par l’intermédiaire d’Ousmane Dembélé, bien contenu par la défense sénégalaise, ce sont les Lions qui se sont procuré les meilleures opportunités. À la 24e minute, Nicolas Jackson a bénéficié d’une occasion idéale après une récupération haute et une passe en profondeur de Malick Diouf. Mais l’attaquant sénégalais a buté sur un Mike Maignan inspiré et parfaitement sorti dans ses pieds.

Le gardien français s’est de nouveau illustré quelques minutes avant la pause. Trouvé dans l’axe par Ismaïla Sarr, Sadio Mané a tenté une reprise en première intention, mais Maignan a réalisé un arrêt déterminant pour préserver le score.

Dans le temps additionnel de la première période, le Sénégal est encore passé tout près de l’ouverture du score. Après une percée de Malick Diouf sur le côté gauche, Sadio Mané a servi Ismaïla Sarr au second poteau. Seul face au but, l’ailier sénégalais n’a cependant pas réussi à cadrer sa tentative.

À la mi-temps, le score vierge ne reflétait pas la domination sénégalaise. Les Lions avaient largement pris le dessus dans le jeu, mais leur incapacité à concrétiser leurs occasions allait finalement leur coûter cher.

Au retour des vestiaires, la France est revenue avec de meilleures intentions. Plus agressifs dans les transitions et plus précis dans les derniers mètres, les Bleus ont progressivement inversé la dynamique de la rencontre. Profitant d’une baisse d’intensité du côté sénégalais, ils ont fait preuve d’un réalisme clinique pour sanctionner les moindres erreurs adverses.

Face à une équipe française plus efficace, les Lions ont vu leurs espoirs s’éloigner malgré leurs efforts. Les Bleus ont finalement pris le dessus pour s’imposer 3 buts à 1, confirmant leur capacité à faire la différence dans les moments clés.

Cette défaite laisse des regrets pour le Sénégal, tant la prestation collective a été encourageante. Les hommes de Pape Thiaw ont démontré qu’ils possédaient les armes pour rivaliser avec les meilleures nations, mais ils devront rapidement retrouver de l’efficacité devant le but s’ils veulent conserver leurs chances de qualification.

Malgré ce revers, les enseignements restent positifs. La qualité du jeu produit, l’intensité affichée et la solidité collective observées durant une grande partie de la rencontre constituent des motifs d’espoir pour la suite de la compétition. Pour les Lions, l’enjeu sera désormais de transformer cette domination dans le jeu en résultats concrets lors des prochaines échéances.

Tunisie : après la gifle suédoise, Sabri Lamouchi débarqué, Hervé Renard appelé à la rescousse

À peine le temps de digérer la déroute que la décision tombait déjà. Lundi soir, à Monterrey, la Tunisie a vécu l’une des soirées les plus difficiles de son histoire récente en Coupe du monde. Balayés 5 buts à 1 par la Suède, les Aigles de Carthage ont quitté la pelouse sous le choc, conscients d’avoir compromis une partie de leurs chances dans le Mondial 2026.

 

Moins de vingt-quatre heures plus tard, la Fédération tunisienne de football a tranché. Sabri Lamouchi n’est plus le sélectionneur de la Tunisie. Le technicien franco-tunisien paie un bilan devenu trop fragile pour résister à une telle contre-performance. En cinq rencontres à la tête de la sélection, il n’aura enregistré qu’une seule victoire. La lourde défaite contre les Scandinaves a finalement précipité une séparation qui semblait devenue inévitable.

Alors que la Tunisie joue désormais sa survie dans la compétition, les dirigeants ont choisi de réagir sans attendre. Pour tenter de relancer une équipe en plein doute, ils ont fait appel à un visage bien connu du football africain : Hervé Renard.

Le technicien français arrive dans un contexte d’urgence. Sa première mission sera de préparer le rendez-vous crucial face au Japon, programmé samedi. Un match qui pourrait déjà déterminer l’avenir des Aigles de Carthage dans cette Coupe du monde.

Avec cette nomination, Hervé Renard ajoute une nouvelle ligne remarquable à son parcours international. Le Français s’apprête à diriger une troisième sélection différente lors d’une phase finale de Coupe du monde, une performance rare dans le football mondial. La Tunisie devient également la cinquième sélection africaine qu’il prend en main au cours de sa carrière, confirmant une réputation bâtie au fil des années sur les terrains du continent.

Dans les couloirs de la Fédération tunisienne, l’espoir est désormais de voir le technicien apporter rapidement son expérience, sa rigueur et sa capacité à remobiliser des groupes en difficulté. Car après le coup de massue reçu face à la Suède, la Tunisie n’a plus beaucoup de temps pour se reconstruire.

Le défi est immense. Mais les Aigles de Carthage espèrent que l’arrivée d’Hervé Renard marquera le début d’un nouveau chapitre et offrira à la sélection tunisienne une dernière chance de relancer ses ambitions dans ce Mondial 2026.

Sénégal-France : 24 ans après l’exploit de Papa Bouba Diop, les Lions veulent écrire un nouveau chapitre de l’histoire

Vingt-quatre ans ont passé, mais le souvenir reste intact. Le 31 mai 2002, au Japon, un nom entrait définitivement dans la légende du football africain. Celui de Papa Bouba Diop. D’un but devenu mythique, il offrait au Sénégal une victoire historique contre la France, championne du monde en titre, lors du tout premier match des Lions en Coupe du monde. Ce soir-là, les hommes de Bruno Metsu faisaient vaciller l’ordre établi et stupéfiaient la planète football.

Le 16 juin 2026, à 19 heures GMT, l’histoire offre un nouveau rendez-vous aux deux nations. Cette fois, le décor est américain. Au MetLife Stadium du New Jersey, Sénégalais et Français se retrouvent pour seulement la deuxième confrontation de leur histoire. Mais le contexte a changé. Le Sénégal n’est plus le novice qui découvrait la scène mondiale. Les Lions avancent désormais avec un statut, une expérience et des ambitions assumées.

Ce match dépasse largement le cadre d’une simple rencontre de groupe. Il oppose deux grandes nations du football moderne. Il réveille aussi une histoire commune entre l’ancienne puissance coloniale et l’une de ses ex-colonies. Dans les tribunes comme sur le terrain, les regards du monde entier seront tournés vers ce choc chargé de symboles.

Plusieurs matchs dans le match

Au cœur de cette affiche, plusieurs duels promettent d’animer la soirée.

Le premier mettra aux prises Kylian Mbappé et Moussa Niakhaté. L’attaquant français cherchera à exploiter la moindre profondeur pour faire parler sa vitesse. Face à lui, le défenseur sénégalais, auteur d’une saison remarquée à Lyon, devra faire preuve d’une vigilance de tous les instants pour contenir l’une des plus grandes menaces offensives du football mondial.

Sur un autre front, Sadio Mané croisera la route de Jules Koundé. Le capitaine sénégalais arrive avec toute son expérience et la confiance accumulée après une CAN 2025 exceptionnelle, conclue par un titre continental et une distinction individuelle. Sur son couloir, chaque accélération pourrait mettre à rude épreuve le latéral français, appelé à livrer un combat permanent.

Un autre duel attire également l’attention. Elhadj Malick Diouf devait initialement surveiller Michael Olise, mais les choix tactiques annoncés pourraient finalement le placer face à Ousmane Dembélé. Une opposition particulièrement relevée puisque le Sénégalais devra contenir le Ballon d’Or en titre. Dans une rencontre qui pourrait se jouer sur des détails, cette bataille de couloir s’annonce déterminante.

L’empire du milieu

Au-delà des individualités, la clé du match pourrait bien se trouver au milieu de terrain.

Fidèle à son 4-3-3, Pape Thiaw devrait miser sur la densité dans l’entrejeu pour prendre l’ascendant sur le système français en 4-2-3-1. Idrissa Gana Gueye, Pape Gueye, Lamine Camara, Habib Diarra ou encore Bara Sapoko Ndiaye auront la lourde mission de rivaliser avec le secteur dirigé par Aurélien Tchouaméni.

Dans ce secteur stratégique, chaque ballon récupéré ou perdu pourrait influencer le destin de la rencontre. Si les Lions parviennent à imposer leur rythme et leur agressivité, ils pourraient considérablement compliquer la tâche des Bleus.

Le duel entre Nicolas Jackson et Dayot Upamecano sera également à surveiller. L’attaquant de Chelsea possède les qualités physiques et la vitesse nécessaires pour exploiter la moindre erreur défensive. Face à lui, le défenseur du Bayern Munich devra afficher une concentration maximale.

Bataille tactique

Sur le plan stratégique, les intentions semblent déjà se dessiner.

Le Sénégal devrait chercher à récupérer haut le ballon afin de déclencher rapidement des transitions offensives. Depuis sa prise de fonction, Pape Thiaw a construit une équipe compacte, disciplinée et particulièrement dangereuse lorsqu’elle se projette vers l’avant.

Face à une équipe de France habituée à évoluer avec un bloc avancé, les espaces derrière la défense pourraient représenter une opportunité précieuse pour Sadio Mané, Ismaïla Sarr ou Nicolas Jackson.

Du côté français, Didier Deschamps cherchera à mettre Mbappé dans les meilleures conditions possibles. Si Dembélé, Olise et Doué parviennent à alimenter régulièrement leur capitaine, les Bleus disposent de suffisamment d’arguments pour prendre le contrôle du match.

Les compositions probables

La France devrait évoluer dans un système en 4-2-3-1 avec Mike Maignan dans les buts, derrière une défense composée de Jules Koundé, Dayot Upamecano, William Saliba et Theo Hernandez. Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot devraient occuper l’entrejeu, tandis que Michael Olise, Ousmane Dembélé et Désiré Doué soutiendraient Kylian Mbappé en attaque.

Le Sénégal devrait répondre avec un 4-3-3 articulé autour d’Édouard Mendy. Krépin Diatta, Kalidou Koulibaly, Moussa Niakhaté et Elhadj Malick Diouf formeraient la ligne défensive. Idrissa Gana Gueye, Lamine Camara et Pape Gueye devraient animer le milieu, tandis qu’Ismaïla Sarr, Sadio Mané et Nicolas Jackson composeraient le trio offensif.

Quelques interrogations demeurent toutefois dans le camp sénégalais. Kalidou Koulibaly manque de rythme après n’avoir disputé qu’une dizaine de minutes lors des deux derniers mois de compétition. Idrissa Gana Gueye suscite également des inquiétudes sur le plan physique.

Les yeux dans les yeux

En 2002, le Sénégal avançait sans pression, porté par l’insouciance du débutant. En 2026, les attentes sont tout autres.

Les Lions ont grandi. Ils ont remporté deux Coupes d’Afrique des nations. Ils ont battu des références mondiales comme le Brésil ou l’Angleterre. Ils se sont installés durablement parmi les sélections les plus respectées du continent.

Ce soir, ils ne pénètrent pas sur la pelouse du MetLife Stadium pour découvrir la Coupe du monde. Ils y entrent avec l’ambition de marquer une nouvelle génération et d’écrire une nouvelle page de leur histoire. Face à eux se dresse une équipe de France riche en talents et en ambitions. Deux nations majeures du football mondial. Deux effectifs remplis de stars. Deux visions du jeu. Et un rendez-vous qui promet d’enflammer la planète football.

Vingt-quatre ans après le coup de tonnerre de Papa Bouba Diop, les Lions ont une nouvelle occasion de rugir. Cette fois, personne ne les attend en outsider. Tout le monde sait qu’ils peuvent encore renverser la table.

Mondial 2026 : Pape Thiaw mise sur la diaspora sénégalaise pour porter les Lions face à la France

À la veille de l’entrée en lice du Sénégal à la Coupe du monde 2026, Pape Thiaw a lancé un appel du cœur à la diaspora sénégalaise établie aux États-Unis. Conscient de l’absence de nombreux supporters restés au pays, le sélectionneur des Lions compte sur la forte mobilisation de la communauté sénégalaise outre-Atlantique pour créer une atmosphère favorable à son équipe lors de son premier rendez-vous mondial face à la France.

 

S’exprimant lors de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match, retransmise en direct sur la RTS 1, le technicien sénégalais n’a pas caché son attachement au soutien populaire qui accompagne habituellement les Lions. « Nous aurions bien aimé voir les supporters sénégalais. À chaque fois, ils nous encouragent et nous aident à sortir la tête de l’eau quand nous connaissons des moments difficiles au cours d’un match. Mais nous avons une grosse communauté sénégalaise aux États-Unis », a-t-il déclaré.

Mardi, à New York, le Sénégal défiera la France dans le cadre de la première journée du groupe I de la Coupe du monde 2026. Un groupe également composé de la Norvège et de l’Irak. Pour cette affiche très attendue, Pape Thiaw espère voir les tribunes se teinter aux couleurs du Sénégal grâce à la mobilisation de la diaspora.

Le sélectionneur se veut confiant. Selon lui, les Sénégalais vivant aux États-Unis répondront présents pour soutenir leur sélection nationale. « Nous avons une grosse communauté qui est très aimée aux États-Unis. On aura le public avec nous contre la France », a-t-il assuré.

Pour l’ancien international, le patriotisme des Sénégalais reste un atout majeur. « Le Sénégalais est quelqu’un de patriote, qui aime son pays et qui aime son équipe nationale de football. Je suis sûr qu’ils seront nombreux au stade au point qu’on n’aura pas l’impression que les supporters sénégalais sont restés au pays », a-t-il ajouté avec conviction.

Cette mobilisation est également encouragée par les autorités sénégalaises. Afin de permettre aux supporters établis aux États-Unis et au Canada de vivre l’aventure mondiale au plus près de leur équipe, le ministère de la Jeunesse et des Sports a mis à leur disposition un quota de 400 billets par match. Une initiative destinée à renforcer la présence sénégalaise dans les stades de New Jersey et de Toronto tout au long de la compétition.

À quelques heures du choc face aux Bleus, les Lions savent désormais qu’au-delà du terrain, une autre bataille se jouera dans les tribunes. Et Pape Thiaw espère que la voix de la diaspora résonnera suffisamment fort pour pousser le Sénégal vers un départ réussi dans ce Mondial 2026.

Sénégal : l’arrivée du FMI à Dakar relance le débat sur une possible restructuration de la dette

À Dakar, les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir économique du Sénégal. Une mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue dans la capitale au cours de cette semaine du lundi 15 juin pour passer au crible la situation financière du pays, dans un contexte marqué par une crise budgétaire sans précédent et des interrogations persistantes sur la gestion de la dette publique.

 

À la tête de cette délégation figure Mercedes Vera-Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, accompagnée de plusieurs économistes. Selon des informations concordantes, cette visite revêt avant tout un caractère technique et vise à évaluer les équilibres économiques du pays ainsi que les perspectives de financement.

Cette mission est la première visite officielle du FMI à Dakar depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature, en mai 2026. Devenu depuis une figure centrale du pouvoir législatif grâce à une majorité parlementaire de 130 députés sur 165, l’ancien Premier ministre s’était jusqu’ici toujours montré fermement opposé à toute restructuration de la dette sénégalaise.

Mais les lignes semblent évoluer. Dans un entretien accordé ce lundi à RFI et France 24, Ousmane Sonko a laissé entrevoir une position plus nuancée face à cette éventualité. « Nous ne sommes pas dans des positions figées, dans l’absolu. Nous examinons avec lucidité la situation. Le plus important, c’est que ce qui sera mis sur la table corresponde aux exigences du moment. Une restructuration sauvage, nous n’en avons pas voulu. Je m’y suis opposé durant tout le temps que j’ai été Premier ministre. Considérant que les conditions n’étaient même pas réunies puisque le pays n’était pas en défaut, il parvenait à respecter ses engagements », a-t-il déclaré.

Sans fermer totalement la porte à cette option, l’ex-chef du gouvernement estime toutefois que toute décision devra être guidée par les intérêts du Sénégal. « Je considère aujourd’hui que nous pouvons apprécier au fur et à mesure les développements. Entre temps, il y a eu la crise dans le Golfe qui est venue s’ajouter à la crise de la dette que nous connaissions déjà. En tant que Premier ministre sortant, je sais que nous vivons une tension assez particulière. Nous apprécierons. Comme je l’ai dit, dans l’absolu, nous ne sommes pas là pour faire de l’entrave. Mais si une solution devait être prise, qui ne va pas dans le sens de l’intérêt du Sénégal, qui sacrifie nos options de changement systémique et structurel sur l’autel des ratios à court terme, nous ne l’accepterons pas », a-t-il soutenu.

Le contexte reste particulièrement sensible. À la fin de l’année 2024, la dette publique du Sénégal avait été réévaluée à 132 % du produit intérieur brut, à la suite de révélations sur des emprunts dissimulés sous le régime de Macky Sall. Depuis, le FMI a suspendu un décaissement initial de 1,8 milliard de dollars destiné au pays, faisant de ces nouvelles discussions techniques un rendez-vous particulièrement attendu par les autorités comme par les acteurs économiques. Les élément

Sénégal–France : dans les pas de 2002, les Lions veulent écrire une nouvelle page d’histoire

Vingt-quatre ans après avoir fait tomber la France lors de l’ouverture du Mondial 2002, les Lions du Sénégal s’apprêtent à retrouver les Bleus avec, dans un coin de la tête, le souvenir de cet exploit devenu légendaire. Mardi, au MetLife Stadium du New Jersey, la sélection sénégalaise ouvrira sa campagne dans le groupe I avec l’ambition affichée de bousculer une nouvelle fois l’un des géants du football mondial.

Pour le défenseur Moussa Niakhaté, cette affiche représente avant tout un « top rendez-vous ». Face à une équipe de France qu’il qualifie de magnifique, le joueur de l’Olympique lyonnais estime que le défi est immense, mais il assure que le Sénégal fera tout pour s’imposer et revivre les émotions de 2002, lorsque les hommes de Bruno Metsu avaient créé la sensation en battant les champions du monde en titre.

Depuis leur arrivée jeudi dans leur camp de base du New Jersey, les Lions poursuivent leur préparation avec ce rendez-vous en ligne de mire. Pour Niakhaté, ce duel possède une dimension particulière qui dépasse le simple cadre sportif. Né en France, comme plusieurs de ses coéquipiers, il connaît bien les joueurs français pour les avoir côtoyés en club ou affrontés à différentes étapes de sa carrière.

Cette histoire commune est d’ailleurs l’une des particularités de l’effectif sénégalais. Six des vingt-six joueurs retenus pour la Coupe du monde ont porté le maillot des sélections de jeunes françaises avant de choisir le Sénégal. Yehvann Diouf, Kalidou Koulibaly, Mamadou Sarr, Pape Guèye, Habib Diarra et Ibrahima Mbaye retrouveront ainsi d’anciens partenaires de formation de l’autre côté du terrain.

Autour d’eux, d’autres internationaux comme Iliman Ndiaye, Antoine Mendy, Édouard Mendy ou encore Moussa Niakhaté, tous nés en France, ont également fait le choix de défendre les couleurs de leur pays d’origine. Même ceux qui ne sont pas issus de cette génération binationale entretiennent un lien fort avec le football français, à l’image du sélectionneur Pape Thiaw, passé lui aussi par l’Hexagone.

Dans un groupe I complété par la Norvège et l’Irak, le Sénégal sait qu’un résultat positif face à la France pourrait lancer idéalement sa compétition. Et dans les rangs des Lions, beaucoup espèrent que cette nouvelle confrontation avec les Bleus permettra d’écrire un chapitre aussi marquant que celui qui, en 2002, avait fait entrer le football sénégalais dans une autre dimension.

Sénégal–France : quand la Coupe du monde réunit des coéquipiers devenus adversaires

Mardi, lorsque le Sénégal et la France entreront sur la pelouse pour leur premier match de la Coupe du monde dans le groupe I, il ne s’agira pas seulement d’un duel entre deux sélections ambitieuses. Derrière l’enjeu sportif se cachent aussi des retrouvailles entre joueurs qui, tout au long de la saison, ont partagé les mêmes vestiaires, remporté des trophées ensemble et construit des liens d’amitié. Une affiche qui prend ainsi les allures d’un véritable combat fratricide.

Le jeune attaquant sénégalais du Paris Saint-Germain, Ibrahima Mbaye, retrouvera plusieurs de ses partenaires habituels : Ousmane Dembélé, Bradley Barcola, Désiré Doué, Warren Zaïre-Emery et Lucas Hernandez. Quelques semaines seulement après avoir célébré avec eux, le 30 mai dernier, une deuxième Ligue des champions consécutive sous les couleurs parisiennes, le joueur formé au PSG changera de camp le temps d’une soirée mondiale.

Né à Trappes, dans les Yvelines, le 24 janvier 2008, Ibrahima Mbaye a longtemps porté les couleurs des sélections de jeunes françaises avant de choisir de défendre celles du Sénégal. Face aux Bleus, il retrouvera donc une partie de son parcours.

Le même scénario attend Ismaïla Sarr. L’attaquant de Crystal Palace croisera la route de Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta, ses compagnons de club avec lesquels il a remporté la Ligue Europa Conférence le 27 mai dernier. Désigné meilleur joueur de la saison de son équipe, Sarr s’apprête à disputer sa troisième Coupe du monde consécutive avec les Lions.

Au Bayern Munich, Bara Sapoko Ndiaye et Nicolas Jackson évoluent toute l’année aux côtés de Michael Olise et Dayot Upamecano, deux cadres de l’équipe de France. Ensemble, ils ont contribué au doublé championnat-coupe d’Allemagne réalisé par le club bavarois avant de devenir, le temps du Mondial, des adversaires directs.

Les retrouvailles se poursuivront également du côté de l’AS Monaco, où Lamine Camara et Krépin Diatta partagent le vestiaire avec Maghnes Akliouche. À Chelsea, Mamadou Sarr retrouvera quant à lui Malo Gusto. Ancien capitaine des moins de 17 ans français, le fils de l’ex-international sénégalais Papa Sarr a rejoint la tanière des Lions à la fin de l’année 2025 et découvrira cette Coupe du monde après avoir remporté sa première Coupe d’Afrique des nations en janvier dernier.

D’autres liens unissent encore les deux sélections. Idrissa Gana Guèye et Kylian Mbappé ont longtemps évolué ensemble au Paris Saint-Germain avant de poursuivre leurs carrières respectivement à Everton et au Real Madrid. Édouard Mendy et Kalidou Koulibaly, eux, ont partagé le vestiaire de Chelsea avec N’Golo Kanté avant que leurs trajectoires ne se séparent.

Même sur les bancs de touche, cette confrontation réveillera des souvenirs. Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw retrouvera Guy Stéphan, actuel adjoint de Didier Deschamps et ancien sélectionneur des Lions entre 2003 et 2005. Arrivé après l’épopée historique de 2002, le technicien français avait quitté son poste à la suite de résultats jugés insuffisants lors des qualifications pour la Coupe du monde et la Coupe d’Afrique des nations 2006.

Malgré cette fin d’aventure, Guy Stéphan a toujours entretenu une relation particulière avec le Sénégal, qu’il considère comme son deuxième pays. Mardi, le temps d’un match aux allures de retrouvailles, les amitiés et les souvenirs laisseront pourtant place à un seul objectif : offrir la victoire à son propre camp.

Ousmane Sonko : « Il n’y aura pas de déchirure du Sénégal »

Avant même que le ballon ne roule sur la pelouse du MetLife Stadium, l’entretien accordé par Ousmane Sonko à RFI et France 24 s’est imposé comme un moment politique attendu. Moins d’un mois après son départ de la Primature et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, l’ancien chef du gouvernement a choisi de revenir sur les secousses qui traversent le sommet de l’État, tout en dessinant sa propre trajectoire pour les années à venir.

Face aux interrogations sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, son ancien compagnon de lutte au sein de Pastef, Ousmane Sonko a tenu à écarter toute idée de rupture irréversible. Selon lui, les divergences qui existent relèvent davantage du débat politique que d’une querelle personnelle. Il assure que le Sénégal est « plus grand » que ces désaccords et affirme qu’aucune déchirure nationale ne découlera de cette situation.

Revenant sur son départ de la Primature, il refuse d’y voir une simple étape dans une stratégie présidentielle pour 2029. À ses yeux, cette séquence appartient désormais à l’histoire politique du pays. Il préfère mettre en avant la confiance que les Sénégalais ont accordée à son camp, d’abord en portant Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, puis en offrant à Pastef une large majorité parlementaire avant de le conduire lui-même à la tête de l’Assemblée nationale. Désormais, explique-t-il, son énergie sera consacrée au renforcement du rôle de cette institution.

Interrogé sur ses accusations de « trahison » du projet Pastef, Ousmane Sonko nuance son propos. Il préfère parler d’engagements politiques qui, selon lui, n’ont pas été respectés plutôt que de s’en tenir à une lecture morale de la situation. Quant à une éventuelle exclusion du chef de l’État du parti, il renvoie cette décision aux instances compétentes, rappelant que Pastef dispose de règles internes précises et qu’aucune procédure n’est engagée à ce stade.

Le président de l’Assemblée nationale assure également qu’il n’entend pas transformer le Parlement en instrument d’affrontement politique. Il affirme que sa majorité ne censurera pas le gouvernement par calcul partisan, tout en rappelant que cette possibilité reste une prérogative constitutionnelle qui pourrait être utilisée si l’intérêt du pays l’exigeait. Il estime par ailleurs qu’il n’existe aucune raison valable de reporter les élections locales prévues en 2027 et dit espérer qu’elles se tiendront dans les délais légaux.

La question de la dette publique et des relations avec le Fonds monétaire international a occupé une large place dans l’entretien. Ousmane Sonko réaffirme son opposition à une restructuration qu’il qualifie de « sauvage », tout en reconnaissant que le contexte économique évolue et impose une appréciation au cas par cas. Selon lui, aucune solution ne devra sacrifier les ambitions de transformation structurelle du Sénégal au profit d’objectifs financiers de court terme.

Il revient aussi sur le débat autour de la « dette odieuse », une notion qu’il dit avoir défendue à titre personnel. À ses yeux, une partie des engagements financiers contractés sans validation parlementaire pourrait relever de cette qualification et mériter une réflexion sur une éventuelle annulation. Il rappelle toutefois qu’une telle démarche suppose un courage politique particulier et une volonté portée par l’exécutif.

Interpellé sur la gestion de la crise universitaire ayant conduit à la mort d’un étudiant, l’ancien Premier ministre affirme avoir donné comme seule instruction le maintien de l’ordre public et la protection des infrastructures. Il rappelle qu’une enquête judiciaire est en cours et estime que certaines images diffusées laissent penser à un usage disproportionné de la force, tout en précisant que la conduite opérationnelle des interventions ne relevait pas directement de lui.

Sur la législation concernant l’homosexualité, Ousmane Sonko défend fermement le choix des autorités sénégalaises. Il rappelle que cette incrimination existe depuis plusieurs décennies et que seules les sanctions ont été renforcées. Pour lui, le Sénégal est un État souverain qui n’a pas à justifier ses choix législatifs devant les puissances étrangères. Il affirme également qu’il n’est pas question de revenir sur cette loi et qu’elle pourrait même être renforcée si les circonstances l’exigeaient. Concernant les critiques liées aux droits des personnes poursuivies, il renvoie à l’indépendance de la justice, tout en dénonçant les atteintes au secret de l’instruction et la stigmatisation publique de certaines familles.

Questionné sur son avenir politique, le président de l’Assemblée nationale juge prématuré de parler de la présidentielle de 2029. Il rappelle que Pastef désignera son candidat le moment venu et refuse de spéculer sur une éventuelle candidature de Bassirou Diomaye Faye.

L’entretien s’est également ouvert sur les enjeux régionaux. Ousmane Sonko dit respecter la souveraineté des États dirigés par des militaires au Sahel et évite toute condamnation. Il plaide en revanche pour un renforcement de l’intégration ouest-africaine, estimant qu’un espace régional uni représenterait une puissance économique et politique majeure. Sur les questions sécuritaires, il considère que les pays africains doivent avant tout bâtir leurs propres mécanismes de défense, sans limiter le débat au choix d’une puissance étrangère plutôt qu’une autre.

Enfin, à quelques heures du choc entre le Sénégal et la France à la Coupe du monde 2026, le dirigeant politique s’est prêté au jeu du pronostic. Il dit souhaiter une victoire des Lions de la Teranga, tout en donnant à cette affiche une dimension symbolique. Selon lui, quelle que soit l’issue de la rencontre, « c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique », une manière de rappeler, à travers le football, les liens humains, historiques et culturels qui unissent les deux rives.