JOJ Dakar 2026 : Diamniadio franchit une étape clé avec la réception du centre équestre

À moins d’un an des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Sénégal accélère la cadence sur le terrain des infrastructures sportives. Ce vendredi 19 juin, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Dédié Fall, a procédé à la réception technique du centre équestre de Diamniadio, l’un des sites stratégiques retenus pour accueillir les compétitions équestres de l’événement mondial.

Sur le site, l’ambiance est celle d’une étape décisive franchie dans un chantier suivi de près par les organisateurs. Les autorités ont constaté que les infrastructures sont désormais entièrement achevées et conformes aux standards exigés pour une compétition olympique de cette envergure. Cette validation technique vient sceller plusieurs mois de travaux et de contrôles destinés à garantir la qualité et la sécurité des installations.

Avec cette réception, le centre équestre entre dans sa phase opérationnelle. Il est désormais prêt à accueillir les premières utilisations officielles dans le cadre des préparatifs des JOJ. Dans le calendrier établi, une nouvelle étape importante est déjà fixée : le site sera officiellement transféré au Comité international olympique le 1er juillet prochain, marquant ainsi son passage sous gestion olympique.

Cette avancée s’inscrit dans la dynamique globale de préparation des JOJ Dakar 2026, premier événement olympique de cette envergure organisé sur le continent africain. Pour le Sénégal, chaque infrastructure livrée représente un pas de plus vers la concrétisation d’un rendez-vous sportif historique, qui mobilise à la fois les autorités publiques, les partenaires internationaux et les équipes techniques engagées sur les différents sites.

Sénégal : la controverse sur la « dette cachée » ravivée par les déclarations de l’ancien président de la Cour des comptes

Le débat autour de la « dette cachée » du Sénégal continue d’alimenter la scène politique et économique, alors que les discussions se multiplient sur la portée réelle des conclusions des institutions de contrôle et des partenaires financiers internationaux. La polémique a été relancée par les déclarations de Mamadou Faye, qui affirme qu’aucune mention explicite d’une « dette cachée » ne figure dans le rapport de la Cour des comptes dont la publication est attendue.

Cette prise de position intervient pourtant dans un contexte où le Fonds monétaire international a confirmé l’existence d’une sous-déclaration importante de la dette publique sénégalaise entre 2019 et 2024. Selon les conclusions communiquées par l’institution financière internationale à l’issue de sa mission de mars 2025, environ 5 milliards de dollars de dette n’auraient pas été correctement intégrés dans les données officielles relatives à l’endettement de l’État.

Lors d’un entretien accordé à TV5MONDE, le chef de mission du FMI pour le Sénégal, Édouard Gemayel, avait indiqué que les investigations menées par l’institution avaient mis en évidence une « décision consciente de sous-estimer le stock de la dette ». Selon cette analyse, cette sous-évaluation aurait permis d’afficher un niveau d’endettement plus faible que la réalité et d’accéder à des conditions de financement plus favorables sur les marchés.

Ces constats ont eu des conséquences immédiates sur les relations entre le Sénégal et le FMI. Le programme d’appui financier d’un montant de 1,8 milliard d’euros a été suspendu dans l’attente de mesures correctives et d’un rétablissement de la transparence des finances publiques.

Au cœur de la controverse actuelle se trouve toutefois une distinction essentielle. D’un côté, l’existence même d’une sous-déclaration de la dette semble désormais établie par les conclusions rendues publiques par le FMI. L’institution a confirmé que le niveau réel de l’endettement public avait été sous-évalué durant plusieurs années, un constat repris dans ses échanges avec les autorités sénégalaises.

De l’autre côté, la question des responsabilités demeure ouverte. Le FMI n’a pas pour mission de déterminer d’éventuelles responsabilités pénales ou individuelles. L’identification des auteurs, la qualification juridique des faits et l’éventuelle ouverture de procédures relèvent des institutions sénégalaises compétentes, notamment des organes de contrôle, des juridictions financières et de la justice.

Cette distinction explique en grande partie les divergences d’interprétation observées dans le débat public. Certains acteurs contestent l’expression de « dette cachée », estimant qu’elle ne figure pas dans les documents officiels de la Cour des comptes. D’autres considèrent que la confirmation d’une sous-déclaration de plusieurs milliards de dollars par le FMI suffit à caractériser l’existence d’un endettement dissimulé aux partenaires financiers et à l’opinion publique.

Au-delà de la terminologie utilisée, le principal point de convergence demeure l’existence d’un écart significatif entre le stock de dette officiellement déclaré et celui reconstitué par les investigations menées. Reste désormais à déterminer les mécanismes ayant conduit à cette situation ainsi que les éventuelles responsabilités politiques, administratives ou judiciaires qui pourraient en découler.

La publication du rapport de la Cour des comptes est ainsi attendue comme une étape importante dans la clarification de ce dossier, devenu l’un des sujets les plus sensibles du débat public sénégalais depuis l’alternance politique de 2024.

Sénégal–France (1-3) : Pape Thiaw déjà sous pression après une entrée ratée

La défaite des Lions du Sénégal face à la France (1-3) a laissé des traces bien au-delà du terrain. Pour son premier grand test depuis son intronisation en octobre 2024, le sélectionneur Pape Thiaw se retrouve au centre des critiques, ses choix étant minutieusement analysés après une rencontre marquée par des regrets et des occasions manquées.

Les observateurs pointent d’abord la composition de départ, notamment les titularisations de Kalidou Koulibaly et Idrissa Gueye, tous deux de retour de blessure. Une décision jugée risquée face à une équipe de France qui a su accélérer en seconde période et faire la différence.

Mais c’est surtout la gestion du match qui cristallise les critiques. Les changements offensifs n’ont été opérés qu’à partir de la 75e minute, alors que les lignes sénégalaises peinaient déjà à exister dans le dernier tiers du terrain. Des choix tardifs qui interrogent, d’autant que des joueurs comme Ismaïla Sarr, Nicolas Jackson et Sadio Mané ont été en difficulté durant une grande partie de la rencontre.

En conférence de presse, Pape Thiaw a assumé une part de responsabilité tout en relativisant certains faits de jeu. Il a notamment insisté sur les erreurs individuelles, estimant que les occasions françaises provenaient de « pertes faciles » de son équipe. Le sélectionneur a également tenu à défendre ses cadres, convaincu qu’ils retrouveront leur meilleur niveau au fil de la compétition.

Cette contre-performance s’inscrit dans une dynamique déjà fragile. Avant cette entrée en matière mondiale, le Sénégal avait enchaîné deux résultats décevants en préparation, dont un match nul sans but face à l’Arabie Saoudite marqué par l’expulsion de Nicolas Jackson. Une série qui porte désormais à trois le nombre de matchs sans victoire, une situation inédite depuis 2018.

Dans un contexte où la pression monte rapidement, les Lions devront réagir sans délai. Le prochain rendez-vous face à la Norvège apparaît déjà comme un tournant, avec l’obligation de relancer une dynamique pour éviter une élimination précoce et retrouver la confiance perdue dans ce début de Mondial 2026.

“Dette cachée” au Sénégal : entre nuances politiques, prudence institutionnelle et bataille de récits

Depuis plusieurs jours, le débat autour de la fameuse « dette cachée » au Sénégal connaît un tournant inattendu. À une semaine d’intervalle, deux figures centrales du dossier ont, chacune à leur manière, apporté des nuances à un récit qui structure la vie politique et économique du pays depuis septembre 2024.

 

Le 15 juin 2026, sur RFI et France 24, Ousmane Sonko est revenu sur ses précédentes déclarations relatives à la dette publique. Devenu président de l’Assemblée nationale après avoir quitté la Primature, il a reconnu qu’il « n’avait pas tous les leviers » lorsqu’il abordait ce dossier à l’époque de son passage à la tête du gouvernement. Il a également précisé qu’il s’exprimait alors davantage en tant que chef de parti politique qu’en qualité de chef de l’exécutif.

Quelques jours auparavant, une autre voix institutionnelle s’était montrée tout aussi prudente. Interrogé par L’Observateur, Mamadou Faye, alors président de la Cour des comptes, a renvoyé aux conclusions du rapport publié en février 2025, sans confirmer explicitement l’usage formel de l’expression « dette cachée » dans le document. Une réserve qui, dans le débat public, alimente de nouvelles lectures d’un dossier devenu hautement sensible.

Dans ce climat de relecture, les soutiens de l’ancien président Macky Sall voient dans ces prises de parole successives une forme de réajustement du discours initial. Ils estiment que ces nuances invitent à reconsidérer un récit qui, selon eux, s’est construit dans l’urgence politique plus que dans la sérénité d’un audit achevé.

Car depuis son départ du pouvoir après douze années à la tête de l’État, le bilan de Macky Sall est régulièrement rappelé par ses partisans. Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu une transformation économique marquée par l’accélération des infrastructures, la mise en service de projets structurants comme le Train express régional ou encore le développement des champs pétroliers et gaziers de Sangomar et de la Grande Tortue Ahmeyim. Une trajectoire qui a conduit le pays à rejoindre le cercle des producteurs d’hydrocarbures et à nourrir de fortes ambitions d’émergence.

Sur le plan macroéconomique, la croissance a également progressé sur la période, soutenue par les investissements publics et les réformes structurelles du Plan Sénégal Émergent. À cela s’ajoute une diplomatie active, incarnée notamment par la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité de l’ONU en 2016 et celle de l’Union africaine en 2022, renforçant la visibilité internationale du pays.

Mais cette trajectoire a été brusquement mise sous tension à partir de fin septembre 2024, lorsque les premières accusations publiques de « dette cachée » ont émergé dans le débat politique. Portées notamment par Ousmane Sonko alors Premier ministre, elles ont ouvert une séquence de fortes turbulences institutionnelles et financières, suivies par la publication du rapport de la Cour des comptes en février 2025.

Ce rapport a réévalué les principaux indicateurs budgétaires, évoquant une dette publique proche de 100 % du PIB et un déficit nettement supérieur aux chiffres initialement annoncés. Ces éléments ont ensuite été pris en compte par le Fonds monétaire international, entraînant la suspension d’un programme de financement et une dégradation successive de la notation souveraine du Sénégal par les agences internationales.

Dans ce contexte, la récente prudence des acteurs institutionnels est interprétée de manière contrastée. Pour certains, elle confirme la complexité technique du dossier et la nécessité de distinguer communication politique et réalité comptable. Pour d’autres, elle fragilise le récit initial ayant accompagné la mise en lumière du déséquilibre budgétaire.

La controverse a été relancée de manière encore plus directe après une nouvelle déclaration de Mamadou Faye, dans un entretien accordé à L’Observateur. À la veille de quitter ses fonctions, il a affirmé que l’expression « dette cachée » ne figure « nulle part » dans le rapport officiel de la Cour des comptes, une précision qui nourrit davantage les débats autour des termes employés lors de la crise de 2024.

Entre relectures politiques, prudence institutionnelle et conséquences économiques encore visibles, le dossier reste au cœur d’un affrontement de perceptions. D’un côté, ceux qui estiment que la transparence budgétaire a révélé des déséquilibres longtemps ignorés ; de l’autre, ceux qui dénoncent une construction narrative ayant amplifié la crise de confiance.

Au centre de cette tension, le Sénégal continue d’en mesurer les effets économiques, financiers et diplomatiques, tandis que le débat sur la réalité, l’ampleur et la qualification de la dette publique reste, lui, loin d’être clos.

Achraf Hakimi renvoyé devant la cour criminelle : une décision judiciaire qui secoue le monde du football

La justice française a franchi une étape décisive dans l’affaire visant Achraf Hakimi. Ce vendredi 19 juin, la cour d’appel de Versailles a confirmé le renvoi du joueur du Paris Saint-Germain devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine pour viol. Une décision motivée, selon les magistrats, par l’existence de « charges suffisantes » réunies au terme des investigations menées depuis le début de l’enquête.

 

Depuis février 2023, le nom du défenseur marocain, également capitaine des Lions de l’Atlas, est associé à des accusations graves formulées par une jeune femme qui s’était présentée dans un commissariat, affirmant avoir été violée par le footballeur. Mis en examen quelques jours après les faits présumés et placé sous contrôle judiciaire, Achraf Hakimi a toujours contesté les accusations, dénonçant une « fausse » affaire. À l’annonce de la décision de la cour d’appel, il a réagi sur le réseau social X en affirmant attendre le procès « avec impatience », estimant que ce sera enfin l’occasion de s’exprimer pleinement.

La cour précise que l’enquête et l’instruction ont conduit plusieurs magistrats à considérer que les éléments à charge justifient une mise en accusation devant une juridiction criminelle. Du côté de la partie civile, la décision est accueillie comme une étape importante après plus de trois années de procédure. L’avocate de la plaignante évoque un soulagement et une forme d’espoir, estimant que la justice a reconnu la solidité du dossier.

Les faits présumés remontent à une soirée de janvier 2023, lorsque la jeune femme aurait rencontré le joueur via Instagram avant de se rendre à son domicile en VTC. Elle affirme que des gestes non consentis auraient précédé un viol, avant de parvenir à quitter les lieux avec l’aide d’une amie contactée par message. Depuis, elle demande que sa parole soit entendue dans un cadre judiciaire, tout en dénonçant la médiatisation de l’affaire, qu’elle considère comme un traumatisme supplémentaire.

La défense du joueur continue de rejeter ces accusations et dénonce une procédure influencée, selon elle, par la notoriété du footballeur. Son avocate évoque une « justice de classe à l’envers », tout en indiquant que son client entend défendre sa position devant le tribunal.

Dans le camp de la partie civile, on insiste au contraire sur la gravité des éléments retenus par l’instruction, rappelant que plusieurs magistrats ont convergé vers la même conclusion. Une étape judiciaire lourde de sens, qui ouvre désormais la voie à un procès dont la date n’a pas encore été fixée.

En attendant, Achraf Hakimi poursuit sa carrière sportive avec le PSG et la sélection marocaine, engagé en Coupe du monde 2026 aux États-Unis, où il continue d’occuper un rôle central malgré la procédure en cours. Une situation qui place désormais le joueur au cœur d’un double temps : celui du terrain, et celui d’un procès à venir qui s’annonce très suivi.

La chute de la Compagnie agricole de Saint-Louis (CASL) : le revers d’un symbole de la souveraineté alimentaire sénégalaise

Pendant des années, la Compagnie agricole de Saint-Louis (CASL) a incarné les ambitions du Sénégal en matière de souveraineté alimentaire. Implantée au cœur de la vallée du fleuve Sénégal, cette rizerie ultramoderne était présentée comme l’un des piliers de la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux importations et à renforcer la production locale de riz. Aujourd’hui, son placement en liquidation marque la fin d’un projet emblématique et révèle les profondes fragilités qui continuent de peser sur la filière rizicole sénégalaise.

L’annonce de cette liquidation, révélée par Jeune Afrique, résonne comme un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur agricole. Plus qu’une simple défaillance d’entreprise, la disparition de la CASL met en lumière les obstacles structurels qui freinent encore le développement de la production rizicole nationale, malgré les ambitions affichées par les autorités.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que le Sénégal dispose d’importantes ressources foncières favorables à la culture du riz. Dans la vallée du fleuve Sénégal, près de 400 000 hectares sont considérés comme irrigables. Pourtant, seule une partie de ce potentiel est effectivement aménagée et exploitée. Lors des Grandes Rencontres du Soleil, organisées en février 2026, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, avait lui-même souligné ce retard dans la mise en valeur des terres agricoles, identifiant cette contrainte comme l’un des principaux freins à l’augmentation de la production nationale.

À cette difficulté s’ajoute une autre réalité qui pèse lourdement sur la compétitivité des producteurs locaux : la forte présence du riz importé sur le marché sénégalais. Malgré les efforts consentis pour développer la production nationale, les importations continuent d’occuper une place importante dans l’approvisionnement du pays. La CASL avait précisément été conçue pour contribuer à inverser cette tendance en structurant la chaîne de valeur du riz local et en renforçant les capacités de transformation. Son incapacité à surmonter les contraintes du marché souligne l’ampleur du défi.

Cette liquidation intervient par ailleurs dans un contexte où plusieurs secteurs agricoles font face à des difficultés similaires. À l’image de la filière avicole, confrontée à la concurrence de produits importés de manière frauduleuse, la riziculture peine encore à évoluer dans un environnement suffisamment protecteur pour permettre l’émergence durable d’acteurs nationaux solides.

La disparition de la CASL constitue ainsi bien plus qu’un échec industriel. Elle relance le débat sur les conditions nécessaires à la réussite de la souveraineté alimentaire sénégalaise et rappelle que les ambitions affichées devront s’accompagner d’investissements massifs, d’infrastructures adaptées et d’une meilleure protection des filières locales pour se concrétiser durablement.

Dette intérieure, fiscalité et chantiers à l’arrêt : le patronat sénégalais alerte sur une crise qui menace l’économie

Le malaise du secteur privé sénégalais s’impose en « Une » des principaux quotidiens du pays ce vendredi. Derrière les chiffres et les analyses économiques, un même constat se dégage : les entreprises traversent une période de fortes turbulences, marquée par le poids de la dette intérieure, une pression fiscale jugée excessive et le ralentissement de nombreux projets publics. Une situation que les acteurs économiques décrivent désormais comme une menace directe pour la survie de nombreuses entreprises et, plus largement, pour l’économie nationale.

Réunis jeudi à Dakar dans le cadre d’une rencontre avec la presse organisée par la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), plusieurs chefs d’entreprise ont exprimé leurs inquiétudes face à une détérioration continue de leur environnement économique. Selon eux, certaines sociétés sont aujourd’hui exposées à un risque réel de défaut de paiement, tandis que d’autres pourraient voir leur situation financière se dégrader davantage si aucune mesure rapide n’est prise.

Pour la presse nationale, l’alerte est sérieuse. WalfQuotidien souligne que « le cri des créateurs de richesses et d’emplois » ne faiblit pas, tandis que la CNES, se disant en grande difficulté, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. De son côté, L’Observateur évoque un patronat qui « agite le spectre du chaos » face à l’ampleur des difficultés rencontrées.

Au cœur des préoccupations figure la dette intérieure de l’État, estimée à près de 1 400 milliards de francs CFA. Selon les représentants du secteur privé, ces arriérés de paiement privent les entreprises de liquidités indispensables à leur fonctionnement quotidien. À cette contrainte s’ajoutent l’arrêt de plusieurs chantiers publics et des difficultés de trésorerie croissantes qui fragilisent l’ensemble du tissu économique.

Sud Quotidien résume cette situation par une formule sans équivoque : « État débiteur, entreprises en détresse ». Le journal rapporte que le patronat a dressé le tableau d’une crise de liquidité sans précédent, susceptible non seulement de menacer la survie de nombreuses entreprises, mais aussi d’affecter le système bancaire et de compromettre les perspectives de relance économique.

Le Soleil met également en avant les difficultés d’un secteur privé qu’il décrit comme « asphyxié » par le cumul des contraintes financières et administratives. Tout en saluant la volonté de réforme affichée par les autorités, la CNES appelle à un partenariat public-privé plus sincère et propose une série de mesures d’urgence destinées à éviter ce qu’elle considère comme un risque de naufrage pour le principal pourvoyeur d’emplois du pays.

Dans un tout autre registre, la presse s’intéresse également à la polémique visant la nouvelle ministre des Sports, Clotilde Coly. L’As dénonce des attaques à caractère sexiste et des critiques portant sur son apparence physique, apparues sur les réseaux sociaux à la suite de la défaite du Sénégal face à la France en Coupe du monde. Le quotidien s’indigne notamment du fait que ces attaques ne concernent ni son action ni ses compétences, mais essentiellement son apparence, y voyant une forme de discrimination et de stigmatisation qui dépasse largement le cadre du débat public.

Entre inquiétudes économiques croissantes et débats de société, l’actualité sénégalaise reflète ainsi un climat marqué à la fois par les défis de la relance économique et les questions liées à la place des femmes dans la sphère publique.

Réintégration d’Ousmane Sonko : le Conseil constitutionnel décline sa compétence et ferme la voie du recours

Le Conseil constitutionnel a mis fin, au moins sur le terrain constitutionnel, à la contestation visant la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Réuni ce mercredi 17 juin, l’organe chargé du contrôle constitutionnel s’est déclaré incompétent pour examiner le recours introduit par 18 députés de l’opposition et des non-inscrits contre la décision du bureau de l’Assemblée nationale ayant permis le retour du leader de Pastef dans l’hémicycle.

Dans sa décision, le Conseil rappelle que le contrôle de la légalité d’un acte administratif ne relève pas de son champ de compétence. Les sages précisent qu’ils ne peuvent connaître de ce type de contentieux que lorsqu’il s’inscrit dans le cadre d’une élection nationale et qu’il participe directement à la régularité du processus électoral concerné.

Or, selon leur analyse, la décision contestée du 24 mai 2026 est intervenue bien après la proclamation des résultats définitifs des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024. Le juge constitutionnel estime ainsi que la réintégration d’Ousmane Sonko ne s’inscrit pas dans le cadre d’une élection nationale et n’entretient aucun lien direct avec le scrutin ayant conduit à son élection comme député.

Le Conseil constitutionnel souligne également que l’acte attaqué porte exclusivement sur l’intégration à l’Assemblée nationale d’un membre du gouvernement élu député, à la suite de la cessation de ses fonctions ministérielles. À ses yeux, cette décision relève donc d’un domaine qui échappe à sa compétence juridictionnelle.

Par cette motivation, les sages ferment la porte au recours déposé par les parlementaires contestataires, considérant qu’ils ne disposent d’aucun pouvoir pour statuer sur la légalité de l’acte pris par le bureau de l’Assemblée nationale.

Cette décision intervient dans un contexte politique particulier. Après son limogeage du poste de Premier ministre, Ousmane Sonko avait retrouvé son siège de député avant d’être élu président de l’Assemblée nationale. Une ascension facilitée par la large majorité détenue par son parti, Pastef-Les Patriotes, qui contrôle 130 des 165 sièges de l’institution parlementaire. Le rejet du recours par le Conseil constitutionnel conforte ainsi la validité de cette séquence institutionnelle, tout en laissant aux opposants peu de marges de manœuvre sur le terrain constitutionnel.

CFEE à Saint-Louis : une session marquée par la décentralisation et la fin du concours d’entrée en 6e

Les épreuves du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) ont officiellement démarré ce mardi dans l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Saint-Louis Commune, sous le signe d’une réforme majeure du système d’évaluation scolaire. Cette session est en effet la première à intégrer les innovations introduites par le décret n°2026-1112 du 21 mai 2026, qui consacre une gestion entièrement décentralisée de l’examen au niveau des centres et acte la suppression du concours d’entrée en classe de sixième.

Dès les premières heures de la matinée, des milliers de candidats ont rejoint les différents centres d’examen de la commune pour entamer cette étape décisive de leur parcours scolaire. Au total, 3 222 élèves prennent part à cette session dans l’IEF de Saint-Louis Commune, dont 1 716 filles et 1 506 garçons. La grande majorité des candidats provient du secteur public, avec 2 823 inscrits, tandis que le privé en compte 399.

Pour assurer le bon déroulement des épreuves, 1 498 enseignants ont été mobilisés, parmi lesquels 469 femmes. En amont de l’examen, les autorités éducatives ont multiplié les préparatifs. Des sessions de formation ont été organisées à l’intention des chefs de centre, de leurs adjoints, des surveillants et des correcteurs. Parallèlement, les centres d’examen ont été préparés et les communautés sensibilisées afin de garantir des conditions optimales de déroulement.

Cette organisation a également bénéficié de l’implication des autorités administratives. Un Comité départemental de développement (CDD) a été convoqué par le préfet afin de mobiliser l’ensemble des services de l’État et des partenaires autour de la réussite de cette session.

Sur le terrain, le sous-préfet du département de Saint-Louis, Oumar Mbacké Diallo, accompagné des adjoints au maire de la commune de Gandon et de l’inspecteur Baye Birame Diakhaté, a effectué la traditionnelle tournée de supervision. La délégation s’est rendue dans plusieurs centres, notamment à Ngaye-Ngaye, Gandon, Rao, Mpal, dans le district de Gandiol ainsi qu’à Ndiawdoune, pour s’assurer du bon déroulement des opérations.

Dans l’ensemble, les premières constatations sont rassurantes. Les épreuves se déroulent dans des conditions jugées satisfaisantes, avec une forte présence des candidats et du personnel de surveillance. Quelques absences ont certes été relevées dans certains centres, mais elles n’ont pas affecté le déroulement normal de cette première journée, marquée par l’entrée en vigueur d’une réforme appelée à transformer durablement l’organisation du CFEE au Sénégal.

Sénégal 2050 : Alain Diouf prend les commandes avec l’ambition d’accélérer les résultats pour les populations

Une nouvelle étape s’ouvre dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Alain Diouf a officiellement pris fonction comme ministre chargé du Suivi et de l’Évaluation de ce programme stratégique, à l’issue d’une cérémonie de passation de service avec son prédécesseur, Mouhamadou Al Aminou Lo, désormais Premier ministre du Sénégal.

La cérémonie, marquée par la transmission officielle des dossiers sous la supervision de l’Inspection générale d’État, a été l’occasion pour Mouhamadou Al Aminou Lo de saluer son successeur et de lui témoigner sa confiance. Le chef du gouvernement a souligné la qualité du profil d’Alain Diouf, estimant qu’il dispose des compétences nécessaires pour poursuivre et consolider le travail engagé depuis le lancement de l’Agenda. Il lui a également assuré de sa disponibilité pour l’accompagner dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités.

Prenant la parole après son installation, Alain Diouf a d’abord exprimé sa gratitude au président de la République pour la confiance placée en lui. Conscient des attentes entourant ce portefeuille stratégique, il a affirmé sa détermination à mobiliser toute son expérience au service de la réussite de l’Agenda Sénégal 2050.

Le nouveau ministre a rendu hommage au travail accompli par son prédécesseur au cours de la première année de déploiement du programme. Il a notamment mis en avant les avancées déjà enregistrées, avec plus de 380 projets et programmes identifiés, 60 projets prioritaires définis et 38 réformes déjà engagées. Pour lui, ces réalisations constituent une base solide sur laquelle bâtir la prochaine phase de la transformation économique et sociale du pays.

Alain Diouf a également indiqué vouloir s’appuyer sur les recommandations laissées par Mouhamadou Al Aminou Lo, qu’il considère comme de véritables orientations stratégiques pour la poursuite du chantier. Son objectif est désormais d’accélérer l’exécution des projets tout en améliorant leur coordination et leur suivi.

Parmi ses priorités figure le renforcement de la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050. Selon lui, la réussite du programme repose sur une collaboration efficace entre les administrations, les institutions publiques et les autres parties prenantes. Il estime même que certains mécanismes de coordination méritent d’être davantage structurés et institutionnalisés afin d’assurer une meilleure cohérence des actions engagées.

Le ministre entend également moderniser les outils de suivi et d’évaluation grâce à des solutions numériques de nouvelle génération. Il plaide pour une dématérialisation accrue des procédures et une meilleure interconnexion des systèmes d’information des administrations publiques afin d’obtenir des données fiables et en temps réel sur l’avancement des projets.

Mais au-delà du suivi technique, Alain Diouf souhaite mettre l’accent sur la mesure concrète des impacts. Pour lui, l’efficacité d’un projet ne doit pas seulement être évaluée à travers son taux d’exécution ou les montants investis, mais surtout à travers les changements qu’il produit dans le quotidien des citoyens.

Cette approche axée sur les résultats et les effets réels des politiques publiques traduit la volonté du nouveau ministre d’inscrire son action dans une logique de performance. Son ambition affichée est claire : accélérer la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050 et générer rapidement des impacts positifs sur le développement économique, social et le bien-être des populations sénégalaises.