Drame en mer : une vedette militaire chavire à l’embouchure du fleuve Sénégal

Un accident maritime a frappé la Marine nationale sénégalaise mercredi matin. Une vedette en mission a chaviré à l’embouchure du fleuve Sénégal, faisant trois militaires portés disparus, malgré le sauvetage de plusieurs rescapés.

 

Une vedette de la Marine nationale a chaviré, mercredi matin, à l’embouchure du fleuve Sénégal, faisant trois militaires portés disparus, a annoncé la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA).

Dans un communiqué signé par le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, directeur de l’Information et des relations publiques des armées, il est indiqué que l’embarcation a chaviré aux environs de 9 heures, alors qu’elle effectuait une mission de liaison.

Selon la même source, la vedette aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une dégradation des conditions météorologiques dans la zone.

Le bilan provisoire fait état de dix militaires secourus, tandis que trois autres sont toujours portés disparus.

L’épave de la vedette a été récupérée. La DIRPA précise que des opérations de recherche renforcées, mobilisant des moyens aériens, maritimes et terrestres, se poursuivent afin de retrouver les militaires manquants.

Supporters sénégalais arrêtés au Maroc : la justice fixe la date du proces

Interpellés lors de la finale de la CAN du 18 janvier, 18 supporters sénégalais devront encore patienter. Le tribunal de Rabat a renvoyé la plaidoirie au 19 février 2026, après une longue audience tenue sans leurs avocats.

 

Le Tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, a renvoyé au jeudi 19 février 2026 la plaidoirie dans l’affaire des 18 supporters sénégalais interpellés lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations, disputée le 18 janvier dernier, selon une source proche de la Fédération sénégalaise de football.

D’après Bacary Cissé, président de la Ligue de football de Ziguinchor et responsable de la communication de la FSF, les 18 supporters ont été entendus sur le fond du dossier, jeudi, devant la juridiction de Rabat, en l’absence de leurs conseils.

« À l’issue de près de cinq heures d’audience, le tribunal a décidé de programmer la plaidoirie au jeudi 19 février 2026 », a précisé Bacary Cissé.

Il a souligné que ce renvoi intervient dans un contexte marqué par la fin officielle de la grève des avocats, intervenue le jeudi 12 février.

Le président Bassirou Diomaye Faye présente ses condoléances et appelle au dialogue universitaire

À la suite du décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop, le président Bassirou Diomaye Faye a présenté ses condoléances et réaffirmé son engagement pour un enseignement supérieur stable et moderne, fondé sur le dialogue et le respect des règles.

 

En Conseil des ministres, mercredi 11 février 2026, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa profonde émotion après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lundi 9 février, lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Le chef de l’État a présenté ses condoléances à la famille, à la communauté universitaire et au peuple sénégalais.

Le président a rappelé l’importance de moderniser et stabiliser le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, jugé clé pour l’excellence universitaire et la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Il a insisté sur la nécessité de réduire les crises récurrentes, tout en alignant le système universitaire sur les meilleurs standards internationaux.

Bassirou Diomaye Faye a également demandé au gouvernement de maintenir un dialogue permanent avec toutes les composantes universitaires, afin de garantir le respect des calendriers académiques, des prescriptions LMD, et des règles de gouvernance administrative, financière et budgétaire dans les universités publiques et les centres des œuvres sociales. Il a enfin insisté sur l’accélération de la validation consensuelle des recommandations issues des concertations de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

VIH/Sida : le ministère rassure et met en garde contre la stigmatisation

Après les inquiétudes suscitées par l’arrestation de personnes pour transmission volontaire du VIH, le ministère de la Santé rappelle les mesures de prévention et de prise en charge, et appelle à la responsabilité collective pour éviter toute stigmatisation.

 

Face à la vague d’inquiétude et de rumeurs autour de la transmission du VIH/Sida, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a publié, mercredi 11 février 2026, un communiqué pour rassurer la population et rappeler les mesures en vigueur pour lutter contre le virus.

Le ministère précise que le VIH, responsable du Sida, se transmet essentiellement par trois voies : sexuelle, sanguine et de la mère à l’enfant. Il souligne que le contrôle de la propagation du virus repose sur l’accès aux moyens de prévention, notamment les préservatifs, le dépistage volontaire et confidentiel, ainsi que l’accès universel aux traitements antirétroviraux.

Pour les personnes vivant avec le VIH (PvVIH), un traitement efficace et gratuit est disponible dans les hôpitaux et centres de santé des 14 régions du pays. Le ministère rappelle qu’une charge virale indétectable, obtenue grâce à un suivi régulier, empêche toute transmission à un partenaire ou à l’enfant pour les femmes enceintes.

Enfin, le communiqué insiste sur la nécessité de lutter contre la stigmatisation, qui pourrait compromettre la continuité des soins et mettre des vies en danger, en particulier celles des enfants et adolescents dépendants des traitements. Selon les autorités sanitaires, près de 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, et 92 % d’entre elles ne transmettent plus le virus grâce à une prise en charge efficace. Les nouvelles infections continuent de baisser et la qualité de vie des patients s’améliore, contribuant à limiter la propagation au sein de la population.

UCAD : suspension des amicales étudiantes après le décès d’Abdoulaye Ba

Après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba sur le campus, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar prend des mesures conservatoires pour restaurer la sécurité et garantir la continuité pédagogique.

 

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), réuni en session extraordinaire mercredi, a décidé de suspendre, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, les amicales d’étudiants, selon un communiqué dont l’APS a pris connaissance jeudi.

Sous la présidence du Recteur, le Professeur Alioune Badara Kandji, le Conseil a examiné la situation sécuritaire sur le campus, après le décès tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en Licence 2 de médecine, tué lundi lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Le Conseil académique, se déclarant profondément touché par ce drame, s’est incliné devant la mémoire de l’étudiant et a présenté ses condoléances émues à la famille, aux proches et à l’ensemble de la communauté universitaire.

Réaffirmant son attachement à la sécurité des personnes et à la protection des biens sur le campus, le Conseil a pris des mesures pour assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, tout en respectant le calendrier universitaire normalisé.

Parmi les décisions annoncées figure la suspension des amicales étudiantes et la mise en place d’un comité ad hoc chargé de proposer de nouvelles modalités de représentation des étudiants au sein des instances universitaires.

Le Conseil a également instauré des cellules d’écoute pour accompagner toutes les composantes de l’UCAD (étudiants, PER et PATS) et réitéré son engagement à faire toute la lumière sur les événements récents, tout en respectant les principes fondamentaux qui régissent l’institution universitaire.

Universités en crise et presse en deuil : les sujets au cœur des quotidiens sénégalais

REVUE DE PRESSE

Entre gouvernance des universités publiques, tensions sur les campus et hommages au journaliste Georges Déthié Diop, la presse sénégalaise fait écho à une actualité dense et marquée par l’émotion.

Les orientations arrêtées en Conseil des ministres sur la gouvernance des universités publiques, dans un climat marqué par des tensions persistantes, ainsi que les hommages rendus au journaliste de la Radio Futurs Médias (RFM), Georges Déthié Diop, figurent parmi les principaux sujets traités par les quotidiens parvenus jeudi à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé mercredi la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Celle-ci s’est tenue deux jours après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lundi lors d’affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le chef de l’État a rendu hommage à la mémoire de l’étudiant disparu et a appelé à l’instauration d’un dialogue constant entre les différents acteurs du secteur universitaire.

Selon Le Soleil, Bassirou Diomaye Faye a insisté, au cours de cette rencontre, sur la nécessité d’accélérer la validation consensuelle des recommandations issues des concertations menées dans le cadre de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur.

Le président de la République a également instruit le gouvernement de mettre en place un dialogue permanent avec l’ensemble des communautés universitaires. L’objectif, précise le journal, est de garantir le respect des calendriers académiques, du système LMD, ainsi que des règles de gouvernance administrative, budgétaire et financière des universités publiques et des centres des œuvres sociales. Le Soleil titre à ce propos en Une : « Le Président insiste sur le consensus ».

De son côté, L’As rapporte que le chef du gouvernement a souligné l’importance de poursuivre les réformes engagées dans le secteur de l’enseignement supérieur.

Le journal indique qu’il a encouragé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à accélérer les chantiers en cours, tout en demandant au ministre de l’Intérieur de veiller à la sécurisation et à l’apaisement des espaces universitaires. La publication note qu’au lendemain des tensions enregistrées dans les universités publiques et du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une large part du Conseil des ministres a été consacrée à la situation du campus de Dakar.

L’As souligne par ailleurs que le gouvernement a promis des suites judiciaires rigoureuses, tout en réaffirmant sa volonté de conduire une réforme structurelle et consensuelle de la gouvernance universitaire.

Dans un autre registre, la même publication consacre un hommage appuyé au journaliste et présentateur de la Radio Futurs Médias, Georges Déthié Diop, décédé mercredi à Dakar, sous le titre : « La presse pleure un pro ».

Georges Déthié Diop, journaliste du Groupe Futurs Médias, est décédé à la suite d’un malaise. Il exerçait à la RFM depuis près de vingt ans, où il s’était imposé par son professionnalisme et une voix devenue familière des auditeurs. Il a occupé plusieurs postes au sein de la rédaction, notamment dans les services culturel et politique. Ces dernières années, il animait l’émission politique dominicale « Le Grand jury ».

« Adieu cher confrère et repose en paix », écrit Les Échos. « Adieu Mister Georges ! », s’exclame L’Observateur, soulignant que le journaliste est décédé alors qu’il était en plein travail, provoquant une vive émotion à travers le pays.

« À la RFM, au sein du Groupe Futurs Médias, comme dans l’ensemble de la presse, confrères et auditeurs ont salué la voix, l’éthique et la rigueur d’un journaliste resté fidèle à son métier jusqu’au bout », écrit L’Obs.

« Georges Déthié Diop de la RFM tombe micro à la main », titre Vox Populi.

Sur le plan sportif, WalfQuotidien met en avant le retour de Cheikh Sarr à la tête de la sélection nationale féminine de basket-ball. Le journal indique que l’entraîneur a quitté le Rwanda, où il encadrait les équipes nationales féminine et masculine, pour reprendre les commandes des Lionnes, un poste qu’il avait déjà occupé entre 2017 et 2019.

« Cheikh Sarr retrouve le banc des Lionnes », annoncent également Le Quotidien et Le Soleil.

VIH/Sida : le ministère de la Santé appelle à la retenue et rappelle les fondamentaux

Face aux débats suscités par l’actualité, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique réaffirme l’efficacité des traitements et met en garde contre la stigmatisation.

 

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) a réagi, mercredi, aux interrogations suscitées par des soupçons de transmission volontaire du VIH/Sida relayés dans l’actualité. Dans un communiqué transmis à l’APS, la tutelle a assuré que toutes les mesures nécessaires à la protection de la santé publique sont en cours, en étroite collaboration avec les acteurs sanitaires, communautaires et institutionnels.

Le ministère rappelle que les personnes vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement antirétroviral efficace peuvent atteindre une charge virale indétectable. Dans cette situation, elles ne transmettent plus le virus, ni à leurs partenaires sexuels, ni à leurs enfants dans le cas des femmes enceintes.

Revenant sur le dispositif national, le MSHP souligne que le Sénégal dispose d’un programme structuré de lutte contre le VIH/Sida, coordonné par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS). Cette stratégie repose principalement sur l’accès équitable aux moyens de prévention, notamment les préservatifs, les services de dépistage volontaire et l’accès universel aux traitements antirétroviraux.

Selon le ministère, ces efforts ont permis de réduire significativement les nouvelles infections et d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, limitant ainsi la transmission au sein de la population générale.

Le communiqué précise que près de 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, et que 92 % d’entre elles ne transmettent plus le virus, grâce à une prise en charge médicale efficace. Face aux débats actuels, le ministère appelle à la retenue et à la responsabilité, mettant en garde contre toute forme de stigmatisation, susceptible de compromettre la continuité des soins et de mettre en danger des vies, notamment celles d’enfants et d’adolescents vivant avec le VIH.

Le MSHP réaffirme enfin l’engagement de l’ensemble des structures sanitaires à fournir des soins de qualité, dans le respect de la dignité humaine, de la confidentialité, de l’éthique et des règles déontologiques, et appelle à la solidarité nationale dans la lutte contre le VIH/Sida.

OM : Habib Beye, le retour qui fait rêver Marseille ?

À la recherche d’un nouvel entraîneur après le départ de Roberto De Zerbi, l’Olympique de Marseille explore plusieurs pistes. Libre depuis son départ de Rennes, Habib Beye, ancien capitaine du club, apparaît comme une option sérieuse pour relancer la dynamique phocéenne.

 

L’Olympique de Marseille est à la recherche d’un nouvel entraîneur depuis la séparation avec Roberto De Zerbi. Libre depuis son départ du Stade Rennais, Habib Beye apparaît désormais comme une option crédible. Et si l’heure était venue pour l’ancien capitaine olympien de revenir par la grande porte ?

Après la rupture à l’amiable actée ce mardi soir avec Roberto De Zerbi, l’Olympique de Marseille se retrouve sans technicien à un moment charnière de la saison. Engagés dans la lutte pour une place qualificative en Ligue des champions et encore en course en Coupe de France, avec une qualification pour les quarts de finale, les Phocéens doivent rapidement relancer une dynamique positive. Dans cette optique, la direction marseillaise étudierait la piste menant à un ancien de la maison : Habib Beye. Un profil d’autant plus accessible que le technicien sénégalais est libre depuis son éviction de Rennes, survenue le lundi 8 février 2026.

D’après les informations de Foot Mercato, le président Pablo Longoria et le directeur sportif Medhi Benatia apprécient particulièrement le profil d’Habib Beye. Ancien capitaine de l’OM, le coach est reconnu pour sa rigueur tactique, sa capacité à instaurer une discipline collective et sa parfaite connaissance du football français. Son caractère affirmé et son leadership naturel constitueraient également des atouts dans un contexte marseillais toujours exigeant. Reste toutefois à savoir si cette piste se concrétisera dans les prochains jours.

Une chose demeure certaine : Habib Beye n’a jamais caché son attachement à l’Olympique de Marseille. À plusieurs reprises, l’ancien défenseur a évoqué son rêve de diriger un jour le club phocéen. « C’est mon club de cœur. Le club où j’ai vécu mes plus belles années. Il y a une vraie sensibilité avec l’OM. Entraîner ce club un jour serait une immense fierté », confiait-il il y a quelques années. Aujourd’hui libre, le technicien sénégalais pourrait bien incarner une option à la fois symbolique et stratégique pour l’OM.

Chemin de fer sénégalais : la relance d’un levier stratégique longtemps négligé

Longtemps marginalisé au profit du transport routier, le chemin de fer sénégalais revient au cœur des priorités publiques. Face aux défis de compétitivité, d’intégration régionale et d’aménagement du territoire, les autorités misent sur une relance progressive d’un outil stratégique, plombé par des décennies de sous-investissement et de choix politiques hasardeux.

 

L’État du Sénégal affiche désormais une volonté claire de remettre sur les rails un secteur longtemps relégué au second plan : le chemin de fer. Jadis pilier du désenclavement territorial et de l’intégration économique, le réseau ferroviaire national revient au centre des priorités publiques, dans un contexte où la stratégie de développement par pôles territoriaux gagne en importance. Mais derrière cette ambition, subsistent les séquelles de décennies de décisions politiques peu cohérentes et d’un déficit chronique d’investissements.

Autrefois moteur de croissance et d’intégration sous-régionale, le rail sénégalais a progressivement perdu de son influence. Supplanté par le transport routier, fragilisé par le sous-financement et des réformes institutionnelles inachevées, il s’est marginalisé. Aujourd’hui, alors que les nouvelles autorités entendent positionner le Sénégal comme un hub logistique régional et un levier de croissance en Afrique de l’Ouest, la relance ferroviaire apparaît comme un impératif stratégique plutôt qu’un simple choix sectoriel.

Lors du Conseil des ministres du 4 février dernier, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rappelé que le développement des chemins de fer constitue une priorité nationale, inscrite dans la politique d’aménagement et d’attractivité du territoire. Il a instruit le ministre des Transports terrestres et aériens d’évaluer l’état d’avancement des projets et réformes du secteur ferroviaire. Le chef de l’État a surtout insisté sur la nécessité d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar–Tambacounda, d’achever l’élaboration de la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux du dialogue social et des revendications des agents du secteur.

Pour Joseph Gabriel Sambou, ancien directeur général des Petits Trains de Banlieue, un chemin de fer performant demeure un instrument stratégique pour un pays comme le Sénégal. Il permet de réduire significativement les coûts logistiques, notamment dans le transport de marchandises à grande échelle. Au-delà de l’aspect économique, souligne-t-il, le rail joue un rôle social déterminant en structurant les territoires, en soutenant les villes de l’intérieur comme Thiès, Guinguinéo, Tambacounda ou Kidira, et en favorisant une mobilité plus sûre et plus respectueuse de l’environnement que le transport routier.

Abdou Aziz Thiaw, spécialiste des questions ferroviaires, met en avant les bénéfices macroéconomiques qu’un réseau ferroviaire fonctionnel pourrait générer. Selon lui, le rail permet des économies d’échelle considérables, avec des coûts de transport bien inférieurs à ceux de la route. Cette baisse des charges logistiques renforcerait la compétitivité des entreprises sénégalaises et pourrait contribuer à une augmentation du PIB national de deux points, voire davantage. Il estime également que le développement de corridors multimodaux renforcerait le rôle du Sénégal comme plateforme logistique régionale.

Aujourd’hui, note-t-il, le corridor Est Sénégal–Mali concentre plus de 95 % du trafic de transit du Port de Dakar. Parallèlement, le corridor Nord reliant la Mauritanie au Sénégal, dominé par les flux miniers et agroalimentaires, enregistre un trafic quotidien d’environ 200 camions. Le rail offrirait une alternative crédible à ce transport routier intensif, en limitant l’usure des infrastructures, la congestion urbaine et les risques d’accidents. Dans le secteur minier, notamment pour l’exploitation des phosphates de Matam, le transport ferroviaire apparaît comme la solution la plus rationnelle face aux contraintes environnementales et logistiques du transport par camions.

Le corridor Dakar–Bamako, axe stratégique de relance

À titre illustratif, explique Abdou Aziz Thiaw, le transport de 135 millions de tonnes de phosphates par la route nécessiterait environ 4 545 camions, en supposant une capacité moyenne de 30 tonnes par rotation. Long de près de 1 200 kilomètres, le corridor Dakar–Bamako incarne ainsi les enjeux et le potentiel d’un chemin de fer performant. Pour Joseph Gabriel Sambou, cet axe historique doit constituer l’ossature de toute stratégie de relance ferroviaire. Sa dégradation, estime-t-il, a eu des répercussions directes sur les économies locales, le commerce sous-régional et la compétitivité du Port de Dakar.

Selon lui, la réhabilitation progressive de cette ligne est indispensable, non pas dans une logique de grande vitesse, mais dans une approche pragmatique axée sur le transport fiable et massif de marchandises. Une telle dynamique permettrait au Port de Dakar de préserver un avantage compétitif, en attendant la mise en service du port de Ndayane.

Au-delà du Mali, le rail offre au Sénégal des perspectives d’ouverture vers d’autres marchés régionaux. Abdou Aziz Thiaw souligne le potentiel du corridor Est Sénégal–Mali–Burkina Faso–Niger, qui représente plus de 95 % du trafic de transit du Port de Dakar. Actuellement, Dakar capte près de 68 % du transit vers le Mali, contre 23 % pour Abidjan. Le développement du transport ferroviaire renforcerait cette position, tout en réduisant les coûts logistiques et la dégradation du réseau routier.

Pour Joseph Gabriel Sambou, la volonté politique affichée est encourageante, mais elle doit s’accompagner de choix clairs et réalistes. À court terme, il plaide pour un plan d’urgence visant à sécuriser l’exploitation, à réhabiliter les points critiques de la voie, à renforcer le parc de locomotives et à investir dans la formation des ressources humaines.

Partir de l’existant pour bâtir l’avenir

Abdou Aziz Thiaw partage cette approche, estimant que la priorité doit être donnée à la remise à niveau des infrastructures existantes, notamment la ligne Dakar–Bamako, tout en améliorant les connexions avec les pôles agricoles, miniers, halieutiques et pastoraux. Cette orientation favoriserait l’industrialisation, la transformation locale des matières premières et la création d’emplois qualifiés.

La relance du rail, poursuit-il, aurait également un impact social majeur, en dynamisant les zones rurales, en améliorant l’accessibilité des régions enclavées et en contribuant à un meilleur équilibre territorial. À moyen terme, il appelle à un modèle institutionnel rénové, reposant sur des sociétés de patrimoine, un organe de régulation indépendant et une concession recentrée sur l’exploitation. À long terme, le chemin de fer devra être pleinement intégré dans une politique nationale et régionale de transport, soutenue par une vision cohérente et des partenariats financiers solides.

Décès d’un étudiant à l’UCAD : le gouvernement sénégalais annonce des mesures pour apaiser les campus

Après la mort tragique d’un étudiant en médecine à l’UCAD, le gouvernement sénégalais promet des mesures rapides, une enquête approfondie et un nouveau cadre de dialogue pour apaiser les tensions dans les universités publiques.

 

Quelques heures après un communiqué officiel annonçant le décès d’un étudiant en médecine, l’exécutif sénégalais a présenté, à la Primature, une série de mesures sécuritaires et de concertation, réaffirmant sa détermination à faire toute la lumière sur ce drame survenu en milieu universitaire.

Le gouvernement du Sénégal a dévoilé, mardi, un ensemble de dispositions structurelles et préventives destinées à calmer les tensions universitaires au Sénégal, au lendemain de la mort d’un étudiant lors de heurts à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Cette sortie gouvernementale s’est tenue à la Primature, en présence des ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Elle est intervenue quelques heures après la publication, mardi matin, d’un communiqué officiel de l’exécutif.

Dans ce texte, les autorités avaient confirmé le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de licence en médecine, survenu lundi aux environs de 18 heures, à la suite d’affrontements liés à des revendications estudiantines. Le gouvernement avait adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches et à la communauté universitaire, tout en assurant que « toute la lumière sera faite » sur les circonstances de cette disparition.

Face à la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mise en œuvre, « dans un délai d’une semaine », de mesures structurelles et préventives. Celles-ci incluent notamment une révision du protocole d’intervention des forces de défense et de sécurité (FDS) en milieu universitaire, dans un contexte marqué par des tensions universitaires au Sénégal.

« Notre objectif est clair et partagé : assurer la sécurité des étudiants et du personnel, et faire de l’université un espace apaisé, propice à l’apprentissage », a-t-il déclaré. Il a également annoncé la mise en place d’une cellule permanente de dialogue entre les étudiants et les FDS.

Le ministre a par ailleurs confirmé l’ouverture d’une enquête afin d’établir les faits et situer les responsabilités. « Tout comportement relevé lors des événements de lundi fait l’objet d’investigations susceptibles de conduire à des sanctions », a-t-il averti.

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a exhorté les étudiants à faire preuve de calme, de retenue et à rejeter toute forme de violence. « La vie humaine est sacrée. C’est dans l’apaisement et la responsabilité que nous honorerons la mémoire de l’étudiant disparu », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’engager des réformes structurelles pour améliorer durablement le système universitaire.

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a pour sa part assuré que la vérité sera établie et que les responsabilités seront situées « sans faiblesse ni protection ». Intervenant à son tour, le ministre des Forces armées, Birame Diop, a rappelé que le Sénégal demeure un pays de dialogue et de concertation. Il a assuré que les forces de sécurité continueront d’opérer avec professionnalisme, dans le respect du principe de proportionnalité et des droits fondamentaux des citoyens.

Les affrontements de lundi ont affecté aussi bien l’intérieur du campus de l’UCAD que l’avenue Cheikh Anta Diop et la corniche ouest de Dakar, entraînant d’importantes perturbations de la circulation. Les étudiants dénoncent notamment la fermeture de restaurants universitaires et une réforme annoncée du système de bourses. Des mouvements de protestation ont également été signalés dans d’autres universités publiques, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, illustrant l’ampleur des tensions universitaires au Sénégal.

Ce drame remet en mémoire de précédents décès survenus lors de contestations étudiantes au Sénégal, notamment ceux de Bassirou Faye en 2014 à l’UCAD et de Fallou Sène en 2018 à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.