Patrick Vieira : un pari risqué après quatre séparations en cinq clubs

La Fédération sénégalaise de football a choisi Patrick Vieira pour diriger les Lions pendant quatre ans. Un choix ambitieux, mais qui intervient avec un parcours récent en club marqué par plusieurs séparations avant le terme des projets engagés.

Le nouveau sélectionneur du Sénégal est désormais connu. La FSF a officialisé la nomination de Patrick Vieira après plusieurs semaines de discussions depuis le départ de Pape Thiaw. Le technicien de 50 ans arrive avec un contrat de quatre ans et une mission claire : maintenir les Lions au plus haut niveau du football africain.

Né à Dakar, champion du monde 1998 avec l’équipe de France et ancienne figure emblématique d’Arsenal, Vieira dispose d’un profil qui ne laisse pas indifférent. Son expérience du très haut niveau et son statut d’ancien international constituent des arguments importants pour la Fédération.

Mais derrière le prestige du nom, une question demeure : Patrick Vieira est-il le technicien capable d’inscrire son travail dans la durée ?

Son parcours récent en club invite à la prudence. Après son passage à la tête des U23 de Manchester City, le Français a dirigé New York City FC, l’OGC Nice, Crystal Palace, le RC Strasbourg puis le Genoa. Sur ces cinq dernières expériences, quatre se sont terminées par une séparation prématurée ou négociée. Son passage à Nice s’est achevé par un licenciement le 4 décembre 2020. À Crystal Palace, il a été démis de ses fonctions le 17 mars 2023.

Son aventure au Genoa s’est également terminée par une mise à l’écart. Seul son départ de Strasbourg est intervenu dans le cadre d’une séparation négociée. Un bilan qui contraste avec la durée de quatre ans du contrat proposé par la FSF.

A LIRE AUSSI : https://www.journaldusenegal.com/senegal-patrick-vieira-officiellement-nomme-selectionneur-des-lions/

Ce parcours ne suffit évidemment pas à remettre en cause les qualités du technicien. Mais il constitue un élément à prendre en compte au moment où le Sénégal lui confie une sélection habituée aux résultats. Depuis le départ d’Aliou Cissé, qui avait conduit les Lions à leur premier sacre continental en 2022, puis celui de Pape Thiaw, champion d’Afrique en 2025, la FSF ouvre une nouvelle page. Le choix de Vieira traduit donc une volonté de changement dont les contours sportifs restent encore à préciser.

Autre inconnue : l’ancien milieu de terrain va pour la première fois diriger une sélection nationale. Sa carrière d’entraîneur s’est jusqu’ici construite exclusivement en club. Il devra donc apprendre à travailler avec un groupe qu’il ne retrouvera que ponctuellement, tout en assurant la continuité d’une équipe nationale composée de cadres expérimentés et de jeunes talents.

Le défi sera également humain. Vieira devra rapidement gagner la confiance du vestiaire, établir son projet de jeu et maintenir la compétitivité d’une sélection qui fait désormais partie des références du football africain.

Le pari de la FSF est donc double. Miser sur l’aura, l’expérience et le vécu international de Patrick Vieira, tout en espérant que son passage sur le banc des Lions s’inscrive cette fois dans la durée. Sur le papier, le choix est ambitieux. Sur le terrain, les quatre prochaines années permettront de déterminer s’il s’agissait d’un pari réussi.

Sénégal : Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions

Patrick Vieira est officiellement le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale A du Sénégal. Sa nomination a été entérinée à l’unanimité par le Comité d’Urgence de la Fédération sénégalaise de football (FSF), réuni lundi 17 août 2026.

Le Comité d’Urgence s’est réuni en session extraordinaire par visioconférence. Tous ses membres statutaires ont participé aux échanges, à l’exception de Cheikh Ahmet Tidiane Seck, sixième vice-président, dont l’absence avait été excusée. À l’issue des discussions, les membres de l’instance ont approuvé à l’unanimité la nomination de Patrick Vieira à la tête des Lions. Pour la FSF, ce choix répond à une volonté de renforcer l’encadrement technique de la sélection avec un profil de haut niveau. La Fédération entend ainsi poursuivre les ambitions sportives affichées par le Sénégal.

L’arrivée de Patrick Vieira intervient toutefois alors que certains détails restent encore à régler. Les modalités administratives et contractuelles de sa prise de fonction sont toujours en discussion entre les différentes parties. La Fédération sénégalaise de football n’a donc pas encore annoncé la date de présentation officielle du technicien français. Elle précise que les prochaines étapes de son installation seront communiquées ultérieurement.

Patrick Vieira prend ainsi la succession de Pape Thiaw et ouvre une nouvelle ère sur le banc des Lions du Sénégal. L’ancien international français devra désormais s’inscrire dans la continuité des ambitions d’une sélection qui entend rester au sommet du football africain.

Fonds spéciaux à la Primature : Macodou Sène conteste la version d’Ousmane Sonko sur l’affaire des 3 milliards de FCFA

Le débat autour de la gestion de 3 milliards de FCFA évoqués dans le dossier des fonds à la Primature prend une nouvelle tournure. Invité ce mardi sur la TFM, l’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), Macodou Sène, a livré une version qui contredit celle avancée par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Sur le fond, l’ancien responsable de la Primature affirme n’avoir jamais eu la charge de fonds spéciaux ou de ressources soustraites aux procédures habituelles de justification. Selon lui, les fonds qu’il gérait dans ses fonctions étaient encadrés par des règles précises et accompagnés des pièces justificatives nécessaires.

« En tant que DAGE, je n’ai jamais géré de fonds spéciaux. Les fonds que j’ai gérés étaient soumis à justification et les pièces sont là-bas. Moi, je n’en connais pas », a-t-il déclaré. Macodou Sène demande par ailleurs que des preuves soient produites pour étayer les accusations portées contre lui : « Celui qui a dit ça n’a qu’à sortir des preuves. »

Mais le démenti de l’ancien DAGE ne s’arrête pas à la nature des fonds qu’il aurait administrés. Il porte également sur ses éventuels échanges avec le chef du gouvernement autour de cette affaire.

Interrogé sur une possible interpellation directe d’Ousmane Sonko concernant ces ressources, Macodou Sène affirme que le Premier ministre ne l’a jamais questionné sur ce sujet. Cette déclaration vient ainsi remettre en cause la version jusque-là associée à son nom dans le débat sur les fonds de la Primature.

L’ancien responsable assure également n’avoir jamais demandé à Ousmane Sonko de se rapprocher de Cheikh Diba, alors ministre des Finances et du Budget. Il explique qu’il ne disposait tout simplement pas d’informations sur l’existence de fonds politiques ou de fonds spéciaux qu’il aurait été chargé de gérer.

Ses déclarations ouvrent ainsi un nouveau chapitre dans une affaire déjà marquée par des versions contradictoires. Alors que le débat sur l’encadrement et la gestion des fonds spéciaux se poursuit au Sénégal, l’ancien DAGE de la Primature entend désormais défendre publiquement sa propre version des faits.

Sénégal : une information judiciaire ouverte après la découverte de surfacturations de plus de 2,2 milliards de FCFA au Caco

Une nouvelle affaire financière arrive devant la justice sénégalaise. Le Pool judiciaire financier (PJF) a ouvert une information judiciaire concernant le Consortium africain de Conseil et d’Organisation (Caco), une filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Au cœur du dossier, des paiements de factures qui ne correspondraient à aucune prestation effectivement réalisée, avec un préjudice présumé dépassant 2,2 milliards de FCFA.

L’affaire a commencé par une plainte déposée auprès de la Division des investigations criminelles (DIC). Le 18 novembre 2024, le directeur général du Caco avait saisi les enquêteurs afin de signaler les opérations suspectes.

Les investigations ont progressivement fait apparaître plusieurs irrégularités. Selon le parquet financier, les enquêteurs ont notamment identifié « plusieurs cas de surfacturations », portant sur un montant supérieur à 2,2 milliards de francs CFA.

Face à l’importance des sommes en jeu et à la nature des faits relevés, le dossier vient désormais de franchir une nouvelle étape judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte contre deux agents du Caco ainsi que X.

Les personnes visées devront répondre de plusieurs qualifications pénales présumées. Le parquet financier évoque notamment l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, le détournement de deniers publics et le blanchiment de capitaux. La complicité de détournement de deniers publics figure également parmi les faits visés.

L’ouverture de cette information judiciaire doit désormais permettre d’aller plus loin dans l’examen des opérations concernées. Le juge devra notamment déterminer comment les paiements litigieux ont été effectués, établir l’étendue exacte du préjudice et identifier les éventuelles responsabilités.

À ce stade, la procédure vise donc à faire toute la lumière sur ces faits présumés. Les investigations devront permettre de confirmer ou non les irrégularités relevées et de déterminer les suites judiciaires à donner à l’affaire.

Sénégal : la réforme de la déclaration de patrimoine et l’affaire ASER dominent les Unes de la presse

À Dakar, la réforme de la déclaration de patrimoine du chef de l’État franchit une nouvelle étape. Réunis en séance plénière, les députés de la 15e législature ont adopté à une large majorité, par 133 voix contre 2, la proposition de loi modifiant l’article 37 de la Constitution. Mais au-delà du vote parlementaire, c’est surtout l’annonce d’un prochain référendum qui retient l’attention des journaux sénégalais parus ce mardi.

Le texte prévoit désormais que l’obligation de déclaration de patrimoine ne concerne plus uniquement le président de la République. Un amendement introduit par le gouvernement étend également cette exigence au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Tous devront déposer une déclaration au début de leurs fonctions, puis une nouvelle déclaration à leur terme.

Pour le chef de l’État, la procédure prévoit le dépôt d’une déclaration écrite auprès du Conseil constitutionnel dans les trois mois suivant la prestation de serment. Une seconde déclaration devra être effectuée dans les trois mois suivant la fin du mandat. Les mêmes dispositions s’appliqueront désormais aux deux autres principales autorités concernées.

C’est toutefois l’annonce faite par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, qui donne une nouvelle dimension au dossier. À l’issue du vote, il a indiqué que le président Bassirou Diomaye Faye avait décidé de soumettre le texte à un référendum. Une décision qui, selon les quotidiens, pourrait inscrire cette réforme dans une transformation constitutionnelle plus large.

Le gouvernement souhaite notamment aller plus loin en faisant de la déclaration de patrimoine une pièce constitutive du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Son absence pourrait ainsi entraîner l’irrecevabilité d’une candidature, selon les orientations présentées par le ministre de la Justice.

Cette perspective occupe une place importante dans les unes. L’As résume le choix présidentiel par « Diomaye opte pour le référendum », tandis que Sud Quotidien place déjà « Le référendum en ligne de mire ». Derrière cette procédure, les journaux voient une volonté d’instaurer davantage de transparence avant, pendant et après l’exercice des responsabilités publiques.

La réforme de l’article 37 n’est toutefois pas le seul dossier judiciaire et politique qui domine l’actualité sénégalaise. Les quotidiens reviennent également sur l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire du marché d’électrification rurale impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale et la société espagnole AEE Power.

Après une enquête préliminaire menée par les services de recherche, le Pool judiciaire financier a décidé de poursuivre les investigations. Plusieurs qualifications pénales sont évoquées dans le dossier, notamment le détournement de deniers publics, le blanchiment de capitaux, le faux et usage de faux, ainsi que d’autres infractions présumées.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en octobre 2025 par le député Thierno Alassane Sall. Depuis, les accusations et contre-accusations ont alimenté le débat autour de ce marché. Désormais, l’ouverture d’une information judiciaire fait entrer le dossier dans une nouvelle phase.

Les manchettes traduisent la gravité accordée à cette procédure. Tribune évoque la « traque des détourneurs des 37 milliards de l’ASER », tandis que Walfquotidien parle d’une « machine judiciaire » qui s’emballe. Libération souligne, de son côté, les nombreuses incriminations visées contre AEE Power Espagne, ses dirigeants ainsi que la filiale sénégalaise.

Le parquet financier a également sollicité plusieurs mesures pour approfondir les investigations. Une commission rogatoire internationale doit notamment être engagée en Espagne, tandis qu’une délégation judiciaire doit accompagner les recherches au Sénégal. Des mesures conservatoires ont aussi été demandées.

Entre réforme constitutionnelle et accélération de la procédure judiciaire, la presse sénégalaise place ainsi sous les projecteurs deux dossiers liés à une même exigence : le contrôle de l’action publique et la question de la responsabilité des dirigeants et des acteurs économiques.

Marché d’électrification rurale au Sénégal : une information judiciaire ouverte après l’enquête préliminaire

Le dossier du marché d’électrification rurale conclu entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC SAU franchit une nouvelle étape judiciaire. Après plusieurs mois d’investigations, le Pool judiciaire financier (PJF) a décidé d’ouvrir une information judiciaire afin d’approfondir les soupçons relevés dans cette affaire.

Dans un communiqué publié mercredi 12 août, le procureur de la République financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a annoncé cette décision au terme de l’enquête préliminaire menée par la Section de recherches de Dakar. La procédure trouve son origine dans une plainte déposée le 16 octobre 2025 par le député Thierno Alassane Sall auprès du Parquet financier. L’élu dénonçait alors des faits présumés de faux, usage de faux et détournement de deniers publics liés à l’exécution du marché.

Quelques jours plus tard, le 24 octobre 2025, le Parquet financier avait ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire et saisi la Section de recherches de Dakar. Les investigations ont depuis permis de recueillir et d’examiner différents éléments. Selon le procureur financier, leur exploitation a fait apparaître des agissements « susceptibles de revêtir des qualifications pénales ».

Le nouveau volet judiciaire concerne certains dirigeants des sociétés impliquées, les personnes morales concernées ainsi que X. Plusieurs qualifications sont désormais envisagées, parmi lesquelles l’association de malfaiteurs, le détournement de deniers publics et le faux et usage de faux en écriture publique ou en écriture privée de commerce ou de banque.

Le champ des investigations s’étend également à des soupçons de blanchiment de capitaux, de corruption, de prise illégale d’intérêt et de trafic d’influence. La complicité de ces différentes infractions figure aussi parmi les qualifications retenues. Le juge d’instruction pourra toutefois en ajouter d’autres si de nouveaux éléments apparaissent au cours de la procédure.

Pour aller plus loin dans les recherches et déterminer précisément les responsabilités éventuelles, le Parquet financier a également requis une commission rogatoire internationale ainsi qu’une délégation judiciaire. Ces mesures doivent notamment permettre de rechercher et d’identifier toutes les personnes susceptibles d’avoir un lien avec les faits examinés.

L’ouverture de cette information judiciaire marque donc un tournant dans le dossier du marché d’électrification rurale. Après le travail réalisé par la Section de recherches de Dakar, le juge d’instruction devra désormais vérifier les faits, apprécier les responsabilités éventuelles et déterminer les suites judiciaires à donner à cette affaire.

rts
© rts

Sénégal : les députés examinent ce lundi la réforme sur la déclaration de patrimoine au sommet de l’État

L’Assemblée nationale sénégalaise ouvre ce lundi 17 août 2026 un nouveau chapitre dans le débat sur la transparence des dirigeants publics. Les députés sont réunis en séance plénière pour examiner la proposition de loi n°33/2026, qui prévoit de modifier l’article 37 de la Constitution consacré à la déclaration de patrimoine du président de la République.

Au cœur du texte défendu par le groupe parlementaire Pastef, Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationale, se trouve une évolution importante : le chef de l’État ne serait plus tenu de déclarer son patrimoine uniquement au début de son mandat. Il devrait également effectuer une nouvelle déclaration au terme de ses fonctions.

La Constitution prévoit actuellement que le président nouvellement élu transmette une déclaration écrite de patrimoine au Conseil constitutionnel, chargé de la rendre publique. Cette obligation intervient au début de l’exercice présidentiel. La proposition examinée ce lundi entend donc compléter ce mécanisme en instaurant une déclaration à la sortie de fonction.

Porté par le député Amadou Ba, le texte intervient après une première tentative de réforme sur la même question. Celle-ci avait été adoptée par l’Assemblée nationale avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel, après saisine du président de la République. Les « sages » avaient alors relevé des incompatibilités avec certaines dispositions de la Constitution.

La nouvelle version du projet a depuis évolué au cours de son examen en commission des lois. Un amendement présenté par le gouvernement est venu élargir le dispositif à deux autres figures du sommet de l’État : le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.

Si le texte est adopté, le président de la République devra déposer sa déclaration dans les trois mois suivant sa prestation de serment, puis présenter un nouveau document dans les trois mois suivant la fin de son mandat. Les mêmes obligations seraient appliquées au chef du gouvernement et au président du Parlement.

Pour Pastef, cette réforme constitue la traduction d’un engagement pris devant les électeurs lors de la dernière présidentielle. Mais au-delà de cette promesse politique, le vote de ce lundi pourrait ouvrir une nouvelle séquence institutionnelle, notamment en fonction de la position adoptée par l’opposition.

Une éventuelle adoption pourrait également conduire à une nouvelle saisine du Conseil constitutionnel. L’issue de cette réforme reste donc liée autant au vote des députés qu’à l’éventuel contrôle de constitutionnalité qui pourrait suivre.

La semaine parlementaire s’annonce d’ailleurs chargée. Une seconde séance plénière est programmée mercredi 19 août et sera consacrée à une autre proposition sensible : celle portant sur le régime juridique des crédits spéciaux.

 Ousmane Sonko maintient la pression pour un contrôle renforcé des fonds spéciaux

Le débat sur les fonds spéciaux continue de s’installer au cœur de la vie politique sénégalaise. Hier, Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté de Pastef de soumettre ces ressources à un cadre plus transparent et à un contrôle institutionnel renforcé.

Au cours d’un entretien accordé à Walf TV, Sud FM, Solo Media Group et Xalaat TV, le président de Pastef-Les Patriotes est revenu sur plusieurs dossiers qui devraient prochainement animer les travaux de l’Assemblée nationale. Les fonds spéciaux et les commissions d’enquête parlementaires figuraient notamment parmi les principaux sujets abordés.

Sur les fonds spéciaux, Ousmane Sonko a défendu une position qu’il présente comme ancienne dans l’histoire de son parti. Pour lui, ces ressources proviennent des contribuables et doivent, à ce titre, être soumises à des règles de transparence et de contrôle. « En démocratie, tout budget doit être contrôlé et soumis à des règles de transparence. Les fonds politiques doivent être encadrés et contrôlés », a-t-il déclaré.

Le leader du Pastef rappelle que cet objectif figurait déjà dans les programmes politiques défendus par son parti depuis sa création en 2014. Il affirme notamment que Pastef avait prévu de supprimer les fonds dits « politiques » pour les remplacer par des fonds spéciaux destinés aux opérations sensibles, mais soumis à un encadrement légal.

Cette orientation aurait été inscrite dans le programme « Jotna » porté par Ousmane Sonko lors de la présidentielle de 2019. Elle aurait ensuite été reprise dans le programme de Bassirou Diomaye Faye en 2024.

Pour illustrer son propos, Ousmane Sonko a cité le modèle français. Il affirme que les fonds spéciaux y font l’objet d’un contrôle depuis 2001 et ne sont même pas directement logés à la présidence de la République. Il a également soutenu que la Primature sénégalaise dispose de fonds politiques et s’est appuyé sur un décret signé en 2004 par l’ancien président Abdoulaye Wade pour étayer son affirmation.

Derrière cette question institutionnelle se dessine également la rupture politique entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Le président de Pastef assure que leurs divergences portent notamment sur la transparence, la bonne gouvernance et la souveraineté sur les ressources nationales. « Mon problème avec le chef de l’État n’est pas lié à la politique », a-t-il insisté.

Au cours de l’entretien, Ousmane Sonko a également porté son regard sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il estime que l’institution a progressivement retrouvé une place centrale dans le débat public, notamment grâce aux propositions de loi déposées par les députés.

Il a par ailleurs salué le travail accompli par son prédécesseur, El Malick Ndiaye, durant les deux années passées à la tête du Parlement. Selon lui, celui-ci a notamment contribué à la modernisation de l’institution et à l’amélioration de sa gouvernance.

Mais Ousmane Sonko estime que certains domaines sont longtemps restés insuffisamment exploités. Il cite notamment les propositions de loi et les missions d’enquête parlementaires. Pour lui, le fait que les députés prennent davantage l’initiative sur ces questions contribue à replacer l’Assemblée nationale « au cœur du débat public et de l’action publique ».

Sénégal : la hausse du prix du carburants et le débat sur les fonds spéciaux dominent les journaux

La presse sénégalaise ouvre largement ses colonnes ce lundi 17 août 2026 sur deux sujets qui touchent directement la vie publique. D’un côté, les prix de l’essence et du gasoil viennent d’augmenter à la pompe. De l’autre, le bras de fer autour de l’encadrement des crédits spéciaux se poursuit entre les institutions.

Depuis samedi 15 août, les automobilistes doivent composer avec de nouveaux tarifs. Le litre de supercarburant est désormais vendu à 990 francs CFA, contre 920 francs auparavant, tandis que le gasoil atteint 755 francs, après une hausse de 75 francs. Le gouvernement explique cette décision par la progression des cours internationaux du pétrole, notamment dans le contexte des tensions au Moyen-Orient.

Le Soleil présente cette mesure comme un réajustement destiné à absorber une partie du choc tout en maintenant la subvention. Le quotidien rappelle que l’État aurait mobilisé plus de 1 350 milliards de francs CFA en trois ans pour soutenir les consommateurs.

Dans les kiosques, les réactions sont toutefois contrastées. L’Info évoque « le coup de pompe qui fait mal » et insiste sur l’impact de cette hausse pour les automobilistes. Le Quotidien observe, lui, que les prix du supercarburant et du gasoil retrouvent leurs niveaux antérieurs.

L’As estime pour sa part que le gouvernement a été « rattrapé par la réalité des prix ». Après plusieurs mois de baisse, l’exécutif justifie désormais le réajustement par l’augmentation du coût des importations, tout en conservant une partie du mécanisme de soutien.

WalfQuotidien adopte un ton plus critique et estime que l’État « lâche les ménages ». Le journal reprend néanmoins les explications officielles liées aux chocs extérieurs, aux tensions au Moyen-Orient et à l’évolution du prix mondial du baril.

Sud Quotidien rapporte, de son côté, que « l’État se justifie, les critiques pleuvent ». Des acteurs de la société civile demandent notamment une réduction du train de vie de l’État. Des cadres de l’Alliance des forces de progrès (AFP), parti d’opposition, questionnent également la viabilité de la politique de soutien aux prix et plaident pour une protection davantage ciblée du pouvoir d’achat.

À côté de la question des carburants, le débat sur les crédits spéciaux continue également de faire la Une. Le Quotidien rapporte que le Premier ministre doit saisir ce lundi le Conseil constitutionnel afin de solliciter l’avis des « sages » sur cette question.

Cette démarche intervient après le dépôt par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, d’un amendement de rectification concernant la proposition de loi destinée à encadrer les crédits spéciaux de la Présidence, de la Primature et de l’Assemblée nationale. Le ministre invoque notamment le principe de la hiérarchie des normes constitutionnelles. Pour Le Quotidien, cette initiative pose ainsi la question de la répartition entre loi ordinaire, loi organique et décret, tout en ravivant le débat sur la transparence et le contrôle des fonds spéciaux.

Entre la pression exercée par la hausse des prix à la pompe et les tensions institutionnelles autour des crédits spéciaux, la presse sénégalaise met donc en lumière deux dossiers qui placent le gouvernement face à des arbitrages importants.

Sénégal : 200 nouveaux bus viennent renforcer le renouvellement du parc de transport interurbain

Le transport interurbain sénégalais amorce une nouvelle phase de modernisation avec l’arrivée de 200 nouveaux bus destinés aux opérateurs du secteur. Cette opération s’appuie sur une collaboration entre le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT), l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU) et Coris Bank International Sénégal.

Produits par les constructeurs Yutong et TATA, les véhicules ont été acquis grâce à un mécanisme associant les différents partenaires. L’AFTU intervient dans l’organisation de la demande et l’accompagnement des professionnels, tandis que le FDTT apporte une garantie de 400 millions de FCFA.

De son côté, Coris Bank International Sénégal mobilise un financement de 12 milliards de FCFA pour permettre la réalisation de cette première opération. Le dispositif vise ainsi à faciliter l’accès des opérateurs à des véhicules plus adaptés aux exigences actuelles du transport interurbain.

Mais derrière l’arrivée de ces 200 bus se dessine une ambition qui dépasse le simple renouvellement du matériel roulant. Les partenaires veulent progressivement favoriser le développement de capacités locales d’assemblage et de maintenance, tout en encourageant le transfert de compétences et de technologies.

Cette orientation prolonge le mémorandum d’entente conclu en Chine. Elle traduit la volonté de faire du renouvellement du parc un véritable outil de transformation du secteur et de professionnalisation des acteurs.

L’amélioration des conditions de transport figure également au cœur du projet. Le renouvellement des véhicules doit contribuer à renforcer la sécurité, à offrir davantage de confort aux passagers et à améliorer globalement la qualité des services proposés.

Les 200 bus réceptionnés constituent ainsi le premier jalon d’un programme plus vaste de modernisation du transport interurbain. À travers ce partenariat, le FDTT et l’AFTU entendent poursuivre la transformation du secteur et renforcer progressivement les moyens de déplacement entre les différentes villes du Sénégal