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 Révision constitutionnelle au Sénégal : la presse met en lumière les fractures entre l’exécutif, le Parlement et la majorité

Au lendemain de l’adoption de la révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale, la presse sénégalaise consacre largement ses unes aux profondes…

Au lendemain de l’adoption de la révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale, la presse sénégalaise consacre largement ses unes aux profondes divergences qui entourent désormais la suite du processus. Entre l’annonce d’un référendum par l’exécutif et la volonté du président de l’Assemblée nationale de voir le texte promulgué sans consultation populaire, les quotidiens décrivent une séquence politique marquée par de fortes tensions institutionnelles.

Réunis en séance plénière lundi, les députés ont adopté à la majorité la proposition de loi portant révision de la Constitution, tout en rejetant les amendements présentés par le gouvernement. Le texte adopté prévoit notamment l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique, le renforcement des prérogatives de l’Assemblée nationale et du Premier ministre, la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel, la limitation à une seule dissolution du Parlement par mandat présidentiel ainsi que l’obligation, pour le chef de l’État, de déclarer son patrimoine à la fin de son mandat.

Pour Vox Populi, cette réforme a été adoptée sans véritable obstacle parlementaire, le quotidien estimant que la majorité de Pastef a imposé sa volonté dans l’hémicycle. Le journal rappelle toutefois que la décision finale reviendra désormais au peuple avec l’annonce d’un référendum. Les Échos insiste, de son côté, sur l’influence exercée par la majorité parlementaire, estimant que Pastef a réussi à imposer sa ligne aussi bien à l’opposition qu’à l’exécutif.

EnQuête met l’accent sur le désaccord institutionnel né à l’issue du vote. Selon le quotidien, Ousmane Sonko défend une promulgation directe du texte en s’appuyant sur l’article 103 de la Constitution, alors que le gouvernement rejette cette interprétation après avoir vu ses amendements écartés par les députés de la majorité.

Pour Le Soleil, l’annonce d’un référendum replace désormais les citoyens au centre du processus. Le journal souligne que la réforme a été adoptée dans un hémicycle déserté par l’opposition après le rejet des amendements gouvernementaux, tout en rappelant que le président Bassirou Diomaye Faye privilégie désormais la voie référendaire.

Sud Quotidien décrit cette séquence comme un véritable affrontement institutionnel. Le quotidien relève que les tensions observées durant la séance, les incidents entre majorité et opposition ainsi que les divergences entre le Parlement et l’exécutif illustrent les profondes fractures qui traversent aujourd’hui les institutions sénégalaises autour de cette réforme.

Même lecture du côté de WalfQuotidien, qui considère que le choix du référendum vient contrarier la stratégie défendue par Ousmane Sonko. Le journal rappelle que, malgré l’adoption du texte par 129 députés et le rejet des amendements du gouvernement, l’exécutif entend désormais soumettre la réforme au suffrage populaire avant toute entrée en vigueur.

Enfin, Le Témoin souligne que l’annonce du ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, en faveur d’un référendum a immédiatement suscité une réaction du président de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko a contesté cette orientation, estimant que la procédure parlementaire étant arrivée à son terme, rien ne justifie désormais une consultation populaire avant la promulgation de la loi.

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