La chambre d’accusation financière a accordé, ce mercredi 24 juin, une liberté provisoire à l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, selon des informations relayées par la coalition Takku Wallu Sénégal.
Cette décision intervient un peu plus d’un mois après son placement en détention. L’ancien membre du gouvernement et responsable de l’Alliance pour la République (APR), aujourd’hui dans l’opposition, avait été arrêté le 15 mai dernier par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être conduit en prison. Son incarcération faisait suite à une décision rendue le 28 avril 2026 par la Cour suprême, qui avait confirmé le mandat de dépôt émis à son encontre dans le cadre de l’enquête liée au Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Cette décision avait alors mis un terme au régime de contrôle judiciaire dont il bénéficiait jusque-là.
Dans ce dossier, la justice reproche à Pape Malick Ndour d’avoir autorisé le décaissement de plus de 2,7 milliards de FCFA au profit de la société israélienne Green 2000 sur la base de factures pro forma. L’affaire implique également Khadim Bâ, dirigeant de la société Locafrique, cité parmi les personnes concernées par les investigations. Depuis l’ouverture de la procédure, l’ancien ministre a constamment rejeté les accusations portées contre lui. Il soutient n’avoir commis aucune irrégularité dans la gestion du dossier et affirme être victime d’un « acharnement politique » en raison de son appartenance à l’opposition.
Si la chambre d’accusation financière a finalement décidé de lui accorder une liberté provisoire, les modalités exactes de cette mesure n’ont pas encore été rendues publiques. Aucune information officielle n’a notamment été communiquée sur d’éventuelles obligations ou restrictions qui pourraient accompagner sa remise en liberté. Cette décision ne met toutefois pas fin à la procédure judiciaire en cours. L’instruction de l’affaire du Prodac se poursuit et devra permettre à la justice de déterminer les responsabilités éventuelles des différentes personnes mises en cause dans ce dossier, qui continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal.
L’évolution de cette affaire est particulièrement suivie dans un contexte où les autorités sénégalaises ont engagé plusieurs procédures liées à la gestion des fonds publics sous les précédents régimes, dans le cadre de leur politique de reddition des comptes.




