Bassirou Diomaye Faye : deux ans de gouvernance entre réformes et tensions politiques

Deux ans après son élection, Bassirou Diomaye Faye met en avant ses réformes institutionnelles. Mais des tensions politiques persistent au sommet de l’État.

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, boucle ce mardi deux années à la tête du Sénégal, un début de mandat marqué par une volonté de rationaliser des institutions jugées coûteuses. Arrivé au pouvoir avec plus de 54,28 % des suffrages, le président a rapidement mis en œuvre cet engagement central de son programme.

Dans un contexte de finances publiques sous pression, il a procédé à la suppression du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT). Ces décisions ont permis de dégager environ 15 milliards de francs CFA, réorientés vers des secteurs prioritaires.

Ces réformes, contestées par l’opposition, ont nécessité une forte détermination de l’exécutif, notamment après le rejet du projet de loi par les députés lors d’une séance plénière tenue le 2 septembre. À cette période, l’Assemblée nationale était dominée par la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, proche de l’ancien président Macky Sall, disposant d’une majorité parlementaire.

Face à ce blocage, le pouvoir s’est retrouvé limité dans son action. La dissolution de l’Assemblée nationale s’est alors imposée comme une option stratégique pour obtenir une nouvelle majorité. Dans cette dynamique, le président Bassirou Diomaye Faye dissout, le 12 septembre 2024, une Assemblée nationale largement acquise à l’ancien régime.

Les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024 ont ensuite donné une large victoire au parti au pouvoir, le PASTEF, dirigé par Ousmane Sonko, qui remporte 130 des 165 sièges. Fort de cette majorité, le chef de l’État consolide son pouvoir et engage son quinquennat autour de la rupture systémique et de la souveraineté économique.

Dans la continuité des pratiques institutionnelles instaurées par Macky Sall, il lance le 28 mai 2025 un dialogue national consacré à la réforme du système politique. Cette rencontre a réuni acteurs politiques, membres de la société civile et autres forces vives autour de plusieurs chantiers, notamment la révision du code électoral, la rationalisation des partis politiques et l’institution du statut de chef de l’opposition.

Malgré ces initiatives, des tensions sont apparues au sommet de l’État, notamment au sein du tandem exécutif. Lors de l’installation du Conseil national du PASTEF, le 10 juillet 2025, Ousmane Sonko a évoqué des pressions et des tentatives de division, tout en réaffirmant son soutien au président. Il a également exprimé des préoccupations liées à la gestion de certains dossiers judiciaires, notamment ceux relatifs aux violences politiques.

Malgré ces critiques, il a écarté toute hypothèse de démission. Les divergences entre les deux hommes ont toutefois refait surface publiquement. Le 8 novembre, lors d’un rassemblement à Dakar, Ousmane Sonko a dénoncé certaines orientations au sein de la coalition « Diomaye Président », tout en renouvelant sa confiance à Aïda Mbodji. Il a également pointé les lenteurs judiciaires et la gestion des dossiers liés aux événements politiques survenus entre mars 2021 et mars 2024.

En réponse, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de Aïda Mbodji à la tête de la coalition, en confiant la restructuration à Aminata Touré. Cette décision a contribué à accentuer les divergences entre les deux figures de l’exécutif. De son côté, Ousmane Sonko poursuit la mobilisation de ses partisans au sein de la coalition APTE, Alliance patriotique pour le travail et l’éthique.

Abass Fall élu nouveau maire de Dakar avec 49 voix

Le Conseil municipal de Dakar a élu ce lundi Abass Fall avec 49 voix sur 88, à la suite de la révocation de Barthélémy Toye Dias. Le ministre du Travail promet une gouvernance inclusive, au service de tous les Dakarois.

 

Une élection exceptionnelle après la révocation de Barthélémy Toye Dias

Ce lundi, le Conseil municipal de Dakar a choisi son nouveau maire. Abass Fall, ministre du Travail et membre du parti Pastef, a remporté l’élection dès le premier tour avec 49 voix sur 88, devançant Ngoné Mbengue (30 voix) et les autres candidats, à la suite de la révocation de Barthélémy Toye Dias.

Quatre candidats pour un fauteuil convoité

La séance extraordinaire du Conseil municipal a réuni 88 votants, le seuil pour l’emporter étant fixé à 45 voix. Les candidats en lice comprenaient Ngoné Mbengue, candidate de la coalition Taxawu Sénégal dirigée par l’ancien maire Khalifa Sall, ainsi qu’Abass Fall, Daouda Guèye et Mouhamed Massamba Sèye. Le dépouillement a donné : Sèye 1 voix, Guèye 8 voix, Mbengue 30 voix et Fall 49 voix, offrant au ministre Pastef la victoire dès le premier tour.

Contexte de la révocation

La Cour suprême ayant confirmé sa culpabilité dans l’affaire du meurtre du nervi Ndiaga Diouf en 2011, les autorités ont déchu Barthélémy Toye Dias de ses fonctions. Le commissaire de police Ismaïla Goudiaby a officialisé cette décision, sur la base d’une correspondance du préfet attestant de son inéligibilité.

Un maire au service de tous les Dakarois

Installé officiellement par le préfet de Dakar, Abass Fall a promis une gouvernance inclusive : « Je ne serai pas le maire d’une chapelle politique, mais celui des Dakaroises et des Dakarois ». Il a également salué la transparence du processus électoral ayant conduit à son élection.

Dakar : tensions et enjeux au cœur de l’élection du nouveau maire

Ce lundi 25 août 2025, Dakar vit un moment politique sous haute tension. Les divisions au sein de Taxawu Dakar et l’attente d’une décision cruciale de la Cour suprême bousculent l’élection du nouveau maire, initialement prévue. Au cœur de cette bataille, anciens alliés et partis en embuscade s’affrontent pour contrôler l’hôtel de ville, faisant de cette journée un véritable test pour la scène politique sénégalaise.

 

Un scrutin sous haute tension

Ce lundi matin, les conseillers municipaux de Dakar sont appelés à élire le nouveau maire de la capitale sénégalaise. Mais le processus se déroule dans un climat incertain, alors que la Cour suprême doit statuer sur la suspension du scrutin suite à une requête de Barthélémy Dias.

Fractures au sein de Taxawu Dakar

La bataille pour l’hôtel de ville met en lumière les divisions internes de la coalition Taxawu Dakar et l’éclatement de Yewwi Askan Wi. Plusieurs candidatures issues du camp de Khalifa Sall affaiblissent son influence, ouvrant potentiellement la voie au parti Pastef d’Ousmane Sonko, en embuscade pour s’emparer d’un poste jamais conquis par l’APR.

Une guerre froide entre anciens alliés

Les tensions entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias sont désormais visibles. Le camp de Barthélémy accuse celui de Khalifa de trahison, tandis que les conseillers municipaux naviguent entre loyauté et respect de la légalité. Les débats juridiques sur la validité de l’installation du maire pèsent lourd sur la scène politique.

Ngoné Mbengue, choix stratégique de Taxawu

Face à ces tensions, Taxawu Sénégal a décidé de soutenir Ngoné Mbengue, présentée comme loyale et dévouée. Son nom est désormais au centre de la course pour la mairie, et sa candidature incarne à la fois un choix stratégique et un symbole d’apaisement interne.