Sénégal : plus de 6 milliards FCFA de faux billets saisis à Dakar

Les Douanes sénégalaises ont frappé un grand coup contre le faux monnayage. Une opération menée à Thiaroye Azur a permis la saisie d’une importante quantité de devises falsifiées.

Les services des Douanes sénégalaises ont mis la main sur une importante cargaison de faux billets étrangers, estimée à plus de 6 milliards de francs CFA, lors d’une opération conduite dans la banlieue de Dakar.

Selon un communiqué officiel, la Brigade mobile des Douanes de Pikine a mené l’intervention le 15 avril aux environs de 17 heures dans une auberge située à Thiaroye Azur. Sur place, un individu a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à procéder au « lavage » de billets.

Au total, les agents ont saisi 35 000 coupures de devises étrangères, composées de 15 000 billets de 500 euros et de 20 000 billets de 100 dollars. L’ensemble représente une contrevaleur estimée à 6 milliards 24 millions de francs CFA.

D’après l’administration douanière, cette opération est le résultat de près de deux semaines de travail de renseignement, de surveillance et de filature, ayant permis d’identifier et de localiser le suspect.

L’homme arrêté, de nationalité sénégalaise, se présenterait comme guérisseur traditionnel. Les premières investigations indiquent qu’il serait impliqué dans un réseau criminel transfrontalier opérant entre le Sénégal et un pays voisin.

La Direction générale des Douanes souligne qu’il s’agit de la plus importante saisie de faux billets jamais réalisée par ses services dans le cadre de la lutte contre le faux monnayage.

Les autorités ont salué le professionnalisme des agents engagés dans cette opération et réaffirmé leur engagement à intensifier la lutte contre la criminalité économique et financière, notamment les réseaux de faussaires actifs dans la sous-région.

Sénégal : un artiste et un marabout arrêtés pour trafic de faux billets

L’auteur compositeur Mbaye Dieng et son ami Bouna Counta ont été interpellés pour trafic de faux billets de banque au Sénégal.

Tout est parti, selon Rewmi Quotidien, d’un renseignement anonyme informant les policiers des activités illicites de Bouna Counta. Interpellé à son domicile, sis à Mbao, le jeune marabout confie qu’il vendait du mercure à ses faussaires dont, son ami d’enfance Mbaye Dieng. Ce dernier tombe dans la souricière des limiers et tente de les corrompre avec un montant de 500.000 francs. Les flics vont de suite découvrir 193 billets à son domicile.

Auditionné, l’auteur-compositeur révèle qu’il vend 1 million de faux billets à 300.000 francs. Devant le tribunal correctionnel de Dakar, les prévenus tentent de se soustraire à leur responsabilité pénale. « Après avoir trouvé le mercure destiné à mes activités de marabout, les policiers ont fouillé mon téléphone, avant de me demander de coopérer. Mais, il n’a jamais été question de commande de faux billets », a contesté Bouna Counta.

Condamné en 2016 pour détention d’un faux billet de 10.000 francs, son co-inculpé déclare que la commande devait être faite auprès d’une de ses connaissances. « Je n’ai jamais acheté du mercure auprès de Bouna. Je ne confectionne pas, je ne vends pas de faux billets », s’est-il lavé à grande eau. Pour ce qui est de l’imprimante trouvée chez lui, l’artiste soutient qu’il sert à confectionner des affiches

L’avocate de la société, qui a dénoncé la mauvaise foi des mis en cause, a requis trois ans d’emprisonnement ferme contre Bouna Counta, poursuivi pour détention de matière servant à la contrefaçon de signes monétaires. S’agissant de la répression de Mbaye Dieng, attrait pour contrefaçon et mise en circulation de signes monétaires et chez qui tout un arsenal a été découvert, la représentante du Ministère public a sollicité des peines de sept ans de réclusion criminelle et deux ans ferme ainsi que la destruction des matières saisies.

Pour la défense, Mbaye Dieng ne peut pas être poursuivi puisque dans cette affaire, « Nous sommes en réalité dans une incitation à l’infraction. Si Counta n’avait pas appelé mon client, celui-ci ne serait pas à la barre. Il a été sollicité non pas pour confectionner mais pour photocopier des faux billets », a allégué  Me Khalilou Sèye. À défaut d’une relaxe pour Bouna Counta, Me Abdoul Gningue a sollicité la clémence. Alpagués le 28 janvier 2021, les prévenus connaîtront leur sort le 13 janvier 2022.