À Abuja, Guy Marius Sagna interpelle la CEDEAO sur le Mali

Le député sénégalais Guy Marius Sagna s’est fait remarquer lors des travaux parlementaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest tenus le 8 mai 2026 à Abuja, au Nigeria. À travers plusieurs interventions marquées par un ton direct, l’élu sénégalais a interpellé les États membres sur les défis sécuritaires, énergétiques et diplomatiques auxquels fait face la sous-région.

Le Mali au centre des préoccupations sécuritaires

Au cours des débats, Guy Marius Sagna a particulièrement insisté sur la situation sécuritaire au Sahel, notamment au Mali. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une réaction insuffisante face à la persistance des attaques terroristes dans le pays.

Selon lui, l’instabilité malienne représente une menace directe pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Le parlementaire a estimé que la sécurité de plusieurs pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal, reste étroitement liée à celle du Mali.

Il a averti qu’un affaiblissement durable de l’État malien pourrait entraîner un effet domino dans toute la région ouest-africaine.

Des inquiétudes sur les coupures d’électricité

Le député sénégalais a également interpellé la délégation ivoirienne sur les difficultés récurrentes observées dans le secteur de l’électricité.

Évoquant plusieurs épisodes de perturbations enregistrés ces dernières années, notamment en 2021, 2024 et 2026, Guy Marius Sagna a demandé davantage d’explications sur les causes profondes de ces pénuries énergétiques.

Pour lui, ces difficultés révèlent les limites des infrastructures actuelles et soulignent l’urgence de renforcer la souveraineté énergétique des États membres de la CEDEAO.

Appel à la solidarité africaine

Sur le plan diplomatique, Guy Marius Sagna a salué les initiatives prises par le Ghana après les violences xénophobes enregistrées en Afrique du Sud.

Le parlementaire a appelé les pays de la CEDEAO à adopter une position commune afin de mieux protéger les ressortissants ouest-africains vivant à l’étranger.

Il a rappelé le rôle historique joué par les pays d’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre l’apartheid, estimant que cet engagement historique devrait aujourd’hui se traduire par davantage de solidarité et de respect envers les citoyens de la région.

Une interpellation sur les fragilités régionales

À travers ses différentes prises de parole à Abuja, Guy Marius Sagna a remis en avant les fragilités structurelles auxquelles reste confrontée l’Afrique de l’Ouest.

Le député a plaidé pour une coopération régionale plus forte et des réponses collectives plus efficaces face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux qui affectent l’espace communautaire.

Patrimoine des autorités publiques : l’OFNAC révèle que huit ministres et institutions ne sont pas à jour de leurs déclarations

Déclaration de patrimoine au Sénégal : l’OFNAC révèle de nombreux retards parmi les ministres et chefs d’institutions

Le président de L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption, Moustapha Ka, a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés rencontrées dans l’application de la loi relative à la déclaration de patrimoine. Invité de l’émission « Point de vue » animée par Omar Gningue, le magistrat a révélé qu’une partie des ministres et des responsables d’institutions publiques ne s’est toujours pas conformée à cette obligation légale.

Selon les chiffres communiqués par l’OFNAC, 1 594 personnes sont actuellement soumises à l’obligation de déclaration de patrimoine. Pourtant, seules 558 déclarations ont été effectivement enregistrées jusqu’à présent, traduisant un faible niveau de conformité.

Le responsable de l’institution a également indiqué que huit ministères et institutions n’ont toujours pas transmis leurs listes nominatives à l’OFNAC, une formalité pourtant essentielle pour assurer le contrôle et le suivi des déclarations.

Des membres du gouvernement toujours en retard

Moustapha Ka a reconnu avoir privilégié jusqu’ici une démarche basée sur la sensibilisation et la pédagogie avant l’application des sanctions prévues par la loi. Il a toutefois confirmé que plusieurs ministres ne sont toujours pas à jour dans leurs obligations déclaratives.

Le président de l’OFNAC a également précisé que certains chefs d’institutions figurent parmi les responsables concernés par ces manquements. Il a lancé un appel solennel afin qu’ils régularisent rapidement leur situation, tout en avertissant que les sanctions légales pourront être appliquées en cas de refus persistant.

Des sanctions financières et pénales prévues par la loi

Depuis la réforme adoptée en 2025, l’OFNAC dispose de nouveaux moyens de contrainte. L’institution peut notamment imposer une retenue sur salaire correspondant au quart de la rémunération de l’assujetti après une mise en demeure restée sans réponse. Cette mesure peut être maintenue tant que la personne concernée refuse de se conformer à la loi.

Le texte prévoit également des sanctions pénales allant de six mois à quatre ans de prison pour défaut de déclaration de patrimoine. Les contrevenants s’exposent aussi à une amende équivalente au tiers du patrimoine concerné ainsi qu’à une éventuelle interdiction d’exercer des fonctions publiques.

Les noms des défaillants pourront être publiés

Sur la question de la transparence, Moustapha Ka a rappelé que la législation sénégalaise n’autorise pas la publication détaillée des patrimoines des ministres et chefs d’institutions, contrairement au président de la République, conformément aux dispositions constitutionnelles.

En revanche, l’OFNAC pourra publier les noms des responsables qui refusent de respecter leurs obligations déclaratives. Ces listes pourront être diffusées sur les supports officiels de l’institution, au Journal officiel ou par d’autres moyens de communication publique.

Les noms des personnalités ayant respecté leurs obligations pourraient également être rendus publics afin d’encourager les bonnes pratiques en matière de transparence et de gouvernance.

« Nul n’est censé ignorer la loi »

Le président de Office national de lutte contre la fraude et la corruption a enfin insisté sur la responsabilité individuelle des personnes concernées. Selon lui, l’absence de transmission des listes par certains ministères ne peut justifier le non-respect des délais légaux, la loi ayant été adoptée et publiée officiellement.

L’OFNAC affirme désormais suivre l’évolution de la situation à travers un tableau de bord interne et assure que les mesures prévues par la réglementation seront appliquées « le moment opportun ».

Érosion côtière à Saint-Louis : le Sénégal accélère le relogement des populations avec de nouveaux logements sociaux à Djougop

Le gouvernement sénégalais poursuit le déploiement de sa stratégie de résilience face à l’érosion côtière qui fragilise depuis plusieurs années la ville de Saint-Louis. En visite ce samedi à Djougop, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Moussa Bala Fofana, a remis les clés de nouveaux logements sociaux aux bénéficiaires et inauguré plusieurs infrastructures réalisées dans le cadre du Projet de Relèvement d’Urgence et de Résilience (SERRP).

Cette initiative s’inscrit dans le programme de relocalisation des populations touchées par l’avancée de la mer dans la Langue de Barbarie, l’une des zones les plus exposées aux phénomènes d’érosion et de submersion marine au Sénégal. À travers ce projet conduit par Agence de Développement Municipal, les autorités veulent offrir des solutions durables aux familles confrontées à la dégradation progressive du littoral.

Le programme prévoit la construction de 436 logements sociaux répartis en plusieurs catégories. Il comprend 257 villas de plain-pied, 135 habitations de type R+1 et 44 logements de type R+2. À ce stade, 307 unités ont déjà été achevées et livrées aux bénéficiaires, soit environ 70 % du programme global.

Au-delà des logements, le projet intègre également plusieurs équipements destinés à améliorer le cadre de vie des populations relogées. Les autorités ont notamment inauguré un poste de santé doté d’une maternité multifonctionnelle construite sur une superficie de 1 700 m² afin de renforcer l’accès aux soins dans cette nouvelle zone d’habitation.

Un marché moderne a également été mis en service à Djougop. Implantée sur un espace de 8 000 m², cette infrastructure commerciale comprend 12 boutiques, 28 cantines ainsi que différents espaces réservés aux activités économiques et communautaires. Plusieurs équipements socioculturels ont aussi été réalisés pour accompagner l’installation des populations.

À travers cette opération, l’État sénégalais entend promouvoir une nouvelle approche dans la gestion des projets publics. Selon Moussa Bala Fofana, les autorités souhaitent renforcer l’efficacité des politiques publiques, améliorer la gouvernance des projets et recentrer l’action de l’État sur les besoins prioritaires des populations.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’une gestion axée sur les résultats, la transparence et l’efficacité, dans un contexte où les défis liés à l’aménagement du territoire et à l’adaptation au changement climatique deviennent de plus en plus importants au Sénégal.

Sénégal : le meeting de Mbour relance les spéculations autour de Bassirou Diomaye Faye et du pouvoir

L’absence du chef de l’État au meeting de la coalition Diomaye Président alimente les débats sur les recompositions politiques en cours au Sénégal.

L’actualité politique sénégalaise reste dominée par les interrogations autour du meeting organisé samedi à Mbour par la coalition Diomaye Président, dans un contexte marqué par des tensions persistantes au sommet de l’État. Plusieurs quotidiens sénégalais ont largement commenté l’absence du président Bassirou Diomaye Faye à cette rencontre politique présentée comme une démonstration de force de son camp.

Le journal L’AS évoque un « faux bond » du chef de l’État à ses militants, tandis que L’EnQuête souligne que le président ne s’est finalement pas rendu à Mbour malgré une forte mobilisation. Selon plusieurs médias, le chef de l’État a invoqué sa participation au sommet Africa Forward organisé à Nairobi pour justifier son absence. Il s’est adressé aux militants par visioconférence depuis le palais présidentiel.

Le quotidien Le Quotidien parle d’un « rendez-vous raté », alors que WalfQuotidien et Sud Quotidien mettent davantage l’accent sur la mobilisation des partisans du président et les perspectives politiques autour d’un éventuel second mandat. Cette séquence intervient dans un climat politique marqué par des spéculations croissantes autour des relations entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Plusieurs observateurs évoquent des recompositions internes au sein du pouvoir, sur fond de débats autour du leadership politique et des échéances électorales futures. La réforme du Code électoral continue également d’alimenter les discussions. Adoptée en seconde lecture par l’Assemblée nationale, la loi place désormais le président face à la question de sa promulgation. Certains analystes évoquent le risque d’une crise institutionnelle en cas de refus présidentiel.

Parallèlement, d’autres formations politiques tentent de se repositionner. Le congrès de Khalifa Ababacar Sall et les activités politiques du PASTEF ont également marqué le week-end politique sénégalais.

Le quotidien Le Soleil évoque ainsi une période de « forte effervescence politique », illustrant l’intensité des recompositions en cours sur la scène politique nationale.

Sénégal / Code électoral : Diomaye sollicite une deuxième lecture de la proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale

Le Sénégal traverse une séquence politique inédite marquée par de nouvelles tensions au sommet de l’État. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de demander une seconde lecture de la proposition de loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral, un texte pourtant adopté par la majorité parlementaire du Pastef malgré l’opposition des groupes adverses et les réserves exprimées par le chef de l’État lui-même.

Cette décision, annoncée jeudi 7 mai 2026, intervient après plusieurs critiques formulées par l’opposition, notamment par Aïssata Tall Sall, qui avait appelé le président à « prendre ses responsabilités » face à ce dossier sensible. À l’origine de cette nouvelle délibération figure une erreur reconnue par l’Assemblée nationale. Selon El Malick Ndiaye, le texte transmis au président pour promulgation ne correspondait pas à la version intégrant les amendements adoptés lors des débats parlementaires. Le Parlement affirme avoir rapidement corrigé cette situation en envoyant une version rectifiée au chef de l’État.

Malgré ces explications, le président Bassirou Diomaye Faye a estimé nécessaire de renvoyer le texte devant les députés afin d’éviter toute ambiguïté juridique et institutionnelle. Dans un message lu à l’Assemblée nationale par El Malick Ndiaye, le chef de l’État a indiqué vouloir garantir que le texte final reflète fidèlement la volonté exprimée par les parlementaires, conformément à l’article 73 de la Constitution sénégalaise.

Cette nouvelle étape intervient dans un contexte politique déjà tendu. Après l’adoption du texte, les députés non-inscrits n’étaient pas parvenus à réunir les signatures nécessaires pour saisir le Conseil constitutionnel. De son côté, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal avait finalement renoncé à déposer un recours, affirmant ne pas vouloir s’immiscer dans les divisions internes de la majorité au pouvoir.

Face à cette situation, le président de l’Assemblée nationale a annoncé la tenue d’une réunion du bureau parlementaire afin de définir la suite de la procédure et les modalités d’une éventuelle nouvelle délibération sur cette réforme électorale.

Sénégal : Dakar renforce sa stratégie énergétique face à la flambée du pétrole

Face à la hausse des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, le Sénégal veut accélérer la valorisation de ses ressources gazières et pétrolières pour protéger son économie.

Le gouvernement sénégalais veut renforcer sa résilience énergétique face aux turbulences des marchés mondiaux. Lors du Conseil des ministres du 6 mai 2026, les autorités ont présenté une nouvelle orientation stratégique destinée à limiter l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie nationale.

Dans sa communication, le Premier ministre Ousmane Sonko a évoqué une conjoncture internationale marquée par de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles de provoquer une hausse durable des coûts énergétiques. Bien que le Sénégal ait commencé à exploiter ses ressources pétrolières et gazières, le pays reste encore dépendant des importations d’hydrocarbures. Cette situation expose l’économie à une augmentation de la facture énergétique et à des pressions sur les finances publiques.

Face à ces risques, l’exécutif entend accélérer l’exploitation et la valorisation des ressources nationales. Le gouvernement prévoit notamment de renforcer l’utilisation du gaz local, de promouvoir les énergies renouvelables et de diversifier le mix énergétique.

Les autorités veulent également mettre en place une politique de sobriété énergétique afin de réduire la consommation et protéger les ménages les plus vulnérables. Un « bouclier énergétique » devrait ainsi être instauré pour soutenir les secteurs stratégiques face aux fluctuations internationales. Dans cette dynamique, Dakar souhaite aussi renforcer sa veille géopolitique sur les marchés mondiaux et diversifier ses sources d’approvisionnement afin de mieux absorber les chocs extérieurs.

Ces mesures interviennent dans un contexte de forte volatilité des cours du pétrole. Selon plusieurs analyses internationales, le baril de Brent évolue actuellement autour de 100 dollars sous l’effet des tensions dans le détroit d’Ormuz et des inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.

Cette stratégie énergétique s’appuie également sur les premières retombées des projets pétroliers et gaziers sénégalais. Le champ pétrolier Sangomar, exploité depuis juin 2024, a déjà produit plus de 47 millions de barils, générant d’importantes recettes d’exportation pour le pays. De son côté, le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim a permis plusieurs exportations de gaz naturel liquéfié vers les marchés internationaux, contribuant à la réduction du déficit commercial sénégalais. En décembre 2025, le gouvernement avait déjà procédé à une baisse des prix des carburants grâce aux performances du secteur énergétique national.

À travers ces nouvelles orientations, les autorités sénégalaises cherchent désormais à faire des ressources énergétiques un véritable levier de souveraineté économique et de stabilité sociale.=

Sénégal : économie, opposition et tensions au sommet dominent la presse

La presse sénégalaise du 7 mai met en avant les orientations économiques du président Bassirou Diomaye Faye, les appels à l’unité de l’opposition et les tensions persistantes au sein du pouvoir.

Les quotidiens sénégalais parvenus ce jeudi à l’Agence de presse sénégalaise accordent une large place aux décisions prises en Conseil des ministres ainsi qu’aux nouvelles initiatives politiques de l’opposition. Lors du Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye a donné plusieurs orientations liées à la relance économique, à l’organisation de la Tabaski, au pèlerinage de Popenguine et à la prévention des inondations.

Selon le quotidien Le Soleil, le chef de l’État a demandé la finalisation, avant fin juin 2026, du projet de loi sur le patriotisme économique ainsi que des nouveaux Codes des Douanes et des Impôts. Ces réformes s’inscrivent dans la stratégie de transformation économique portée par les autorités sénégalaises. Le Premier ministre Ousmane Sonko a, de son côté, insisté sur la nécessité de renforcer la sécurisation des documents administratifs.

Sur le plan politique, plusieurs journaux s’intéressent à la dernière résolution publiée par le Front pour la défense de la démocratie et de la République. Cette plateforme de l’opposition appelle à la création d’une large coalition électorale en vue des élections territoriales prévues d’ici janvier 2027. Dans son texte, le FDR critique sévèrement la gestion du régime dirigé par Pastef, évoquant des « dérives autoritaires », un « échec total » et des « manœuvres électorales ».

Selon Sud Quotidien et Le Quotidien, cette initiative vise à fédérer les différentes composantes de l’opposition face au pouvoir en place, dans un contexte politique de plus en plus tendu. Parallèlement, les médias continuent de commenter les relations compliquées entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. WalfQuotidien évoque notamment des « relations heurtées » entre les deux dirigeants et s’interroge sur les conséquences politiques de cette rivalité.

Pour plusieurs observateurs, ces tensions fragilisent progressivement la majorité présidentielle et pourraient avoir un impact sur les futurs équilibres politiques au Sénégal.

Takku Wallu renonce à saisir le Conseil constitutionnel sur la réforme du code électoral au Sénégal.

Le groupe parlementaire Takku Wallu a annoncé, dans un communiqué publié le 5 mai 2026, qu’il renonçait à saisir le Conseil constitutionnel du Sénégal au sujet de la récente révision du code électoral.

 

Dans un premier temps, cette formation politique avait pourtant envisagé de contester la loi adoptée par la majorité, notamment les modifications introduites au niveau des articles L29 et suivants. Une procédure en inconstitutionnalité était alors à l’étude.

Mais à l’issue de concertations internes et après une évaluation du climat politique, le groupe a choisi de suspendre cette initiative. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une intervention du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a récemment pris position sur le dossier et annoncé des mesures à venir concernant ces dispositions.

Dans son communiqué, Takku Wallu Sénégal explique vouloir éviter toute implication dans les tensions internes qui traversent le camp au pouvoir. Le groupe affirme ne pas souhaiter alimenter des affrontements politiques qu’il juge éloignés des priorités nationales.

Il indique ainsi préférer laisser la majorité assumer pleinement les conséquences de ses choix législatifs, tout en maintenant une vigilance sur le respect des principes démocratiques.

Enfin, le groupe réaffirme sa volonté de poursuivre son action au sein de l’Assemblée nationale, en se positionnant comme une opposition engagée, attachée à son rôle de contrôle et de défense des institutions républicaines.

 

 

Sénégal : opposition divisée sur le Code électoral, scandale à l’état-civil

Entre désaccords sur le recours contre la réforme électorale et la révélation d’une fraude à l’état-civil, l’actualité sénégalaise est marquée par des tensions politiques et des dérives administratives.

À Dakar, les quotidiens parvenus ce mercredi mettent en lumière deux sujets majeurs : les divisions au sein de l’opposition sur la réforme du Code électoral et une affaire de fraude à l’état-civil dans la banlieue de la capitale.

Sur le plan politique, la question d’un recours contre la modification des articles L.29 et L.30 du Code électoral divise profondément les députés de l’opposition. Le groupe parlementaire Takku Wallu a finalement décidé de ne pas saisir le Conseil constitutionnel, après plusieurs discussions internes.

Selon Vox Populi, cette décision vise à éviter toute interférence dans les tensions internes du parti au pouvoir, Pastef, et à laisser la majorité assumer ses choix politiques. Toutefois, cette position ne fait pas l’unanimité. Le député Thierno Alassane Sall s’oppose à cette ligne et maintient sa volonté de saisir le Conseil constitutionnel. Il estime qu’il s’agit d’un « devoir » face à une loi qu’il juge potentiellement inconstitutionnelle.

D’autres élus non-inscrits, comme Pape Djibril Fall, partagent cette position, malgré les difficultés à réunir le nombre de voix requis pour engager une telle procédure. Cette situation illustre une opposition fragmentée, incapable de parler d’une seule voix sur un sujet pourtant central pour la démocratie sénégalaise.

Parallèlement à ces tensions politiques, un scandale à l’état-civil attire l’attention. Selon L’Observateur, une fraude impliquant le lutteur Bébé Diène a été mise au jour dans la commune de Wakhinane Nimzatt. D’après les révélations, un officier d’état-civil aurait permis à cet individu, dont le véritable nom est Amadou Cheikhou Diallo, d’obtenir frauduleusement la nationalité sénégalaise sous une identité fictive.

L’enquête menée par la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF) a également révélé l’existence d’un registre parallèle non authentifié, utilisé pour régulariser illégalement la situation de plusieurs personnes, dont au moins huit déjà identifiées.

Le quotidien Libération évoque, de son côté, l’existence d’un réseau organisé, impliquant notamment des ressortissants étrangers ayant obtenu des documents administratifs sénégalais de manière frauduleuse. Trois individus ont déjà été interpellés et remis à la Sûreté urbaine pour la poursuite de l’enquête.

Entre divisions politiques et dérives administratives, ces deux affaires traduisent un climat marqué par des tensions et des défis en matière de gouvernance au Sénégal.

Sénégal : le limogeage d’Ousseynou Ly révèle les tensions au sommet de l’État

Le remplacement d’Ousseynou Ly par Abdoulaye Tine à la présidence alimente les spéculations sur une recomposition du pouvoir entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Le départ d’Ousseynou Ly intervient dans un contexte politique marqué par des frictions croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Figure historique du Pastef et proche compagnon de lutte des deux hommes, Ousseynou Ly est remplacé par Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la coalition Diomaye Président. Ce changement, perçu comme un signal politique fort, a rapidement suscité de nombreuses réactions.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs militants de Pastef dénoncent une « dépastefisation de l’État ». D’autres y voient plutôt une volonté du chef de l’État de réorganiser son cercle de confiance et d’affirmer son autorité.

Pour certains observateurs, ce limogeage marque le début d’une recomposition du pouvoir autour du président. Le militant des droits humains Alioune Tine évoque même le « premier acte du divorce » entre les deux têtes de l’exécutif, mettant en question le slogan de campagne « Diomaye moy Sonko ».

La tension s’est accentuée à la suite de déclarations publiques des deux dirigeants. Le 4 mai, Ousmane Sonko, lors d’une intervention devant la jeunesse du Pastef, a rappelé la vocation idéologique du parti tout en mettant en garde contre la « course aux postes ». La veille, le président Bassirou Diomaye Faye avait, de son côté, revendiqué son rôle dans la création du parti et de sa devise : « Le don de soi pour la patrie ».

Ces prises de position traduisent une rivalité désormais visible au sommet de l’État. Pour de nombreux analystes, le chef de l’État cherche à affirmer son autonomie politique dans un contexte où les équilibres internes du pouvoir semblent évoluer.

Au-delà de sa portée administrative, ce limogeage met en lumière les tensions d’un tandem exécutif dont la cohésion, longtemps mise en avant, apparaît aujourd’hui fragilisée.