Dakar : la municipalité équipe ses nouvelles écoles afin d’améliorer les conditions d’apprentissage

À Dakar, la construction des établissements scolaires ne s’arrête pas aux murs. La municipalité veut désormais s’assurer que ces nouvelles infrastructures offrent réellement aux élèves et aux enseignants les conditions nécessaires pour apprendre et travailler.

Sur instruction du maire de Dakar, Abass Fall, la Direction de l’Éducation et de l’Aide à l’Insertion a effectué une visite de terrain dans plusieurs établissements récemment construits par la Ville. Cette tournée devait notamment permettre de vérifier leur niveau d’équipement et leur capacité à accueillir les élèves dans de bonnes conditions. Selon la municipalité, le bilan dressé à l’issue de la visite est satisfaisant.

Les établissements concernés disposent désormais d’équipements modernes, présentés comme adaptés aux besoins de la communauté éducative. Le dispositif comprend notamment du mobilier scolaire, ainsi que des bureaux et des chaises destinés aux enseignants. La municipalité a également prévu des équipements informatiques et audiovisuels. Du matériel de laboratoire vient compléter ces acquisitions. Des systèmes de vidéosurveillance ont aussi été installés dans les établissements concernés.

Les espaces administratifs et les centres de documentation bénéficient également d’équipements spécifiques. Pour la Ville de Dakar, cette démarche vise à garantir le fonctionnement effectif des infrastructures nouvellement réalisées. L’objectif est ainsi de dépasser la seule construction des bâtiments. La municipalité veut créer un environnement scolaire fonctionnel, capable de répondre aux besoins quotidiens des élèves et du personnel éducatif.

Dans le cadre de ce programme, la Ville de Dakar annonce un investissement de 693 milliards de francs CFA. Ce montant, sous réserve de confirmation de son périmètre et de sa ventilation, témoigne de l’importance accordée au secteur éducatif par l’équipe municipale. Pour les autorités locales, l’enjeu consiste donc à augmenter les capacités d’accueil, mais aussi à améliorer la qualité des espaces d’apprentissage. La politique engagée entend ainsi créer un cadre plus favorable à la réussite scolaire.

À travers ces investissements, Dakar affiche une ambition plus large. La municipalité souhaite faire de l’éducation un outil de développement local et un investissement durable en faveur de la jeunesse dakaroise.

Birame Diop prend la tête de la Cedeao avec l’ambition de raviver l’unité ouest-africaine

Une nouvelle étape s’ouvre à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Le général sénégalais Birame Diop a officiellement pris ses fonctions de président de la Commission, lundi 31 août 2026, à Abuja, au Nigeria. Ancien ministre sénégalais des Forces armées, il succède au Gambien Omar Alieu Touray, arrivé au terme de son mandat de quatre ans. Pour le nouveau responsable de l’exécutif communautaire, son mandat devra être placé sous le signe de l’unité, de la solidarité et du renforcement de l’intégration régionale.

La transition s’est déroulée dans les locaux du nouveau siège de la Commission. La cérémonie réunissait les responsables entrants et sortants autour d’un moment à la fois protocolaire et symbolique. Les documents officiels de passation ont été signés par les présidents et vice-présidents concernés. Birame Diop a également reçu le recueil consacré aux réalisations de l’équipe précédente.

Dès son premier discours, le nouveau président a donné le ton de son mandat. Il a fait de l’unité l’un de ses principaux axes d’action. Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à plusieurs défis, il a appelé les responsables, le personnel de la Commission et les différentes parties prenantes à travailler autour d’une même ambition. Celle d’une organisation communautaire plus cohérente, plus unie et plus efficace. « Je vous lance à tous un appel solennel : ouvrez la voie à l’unité et à la solidarité, fondées sur le respect mutuel », a déclaré le général Birame Diop.

Pour le nouveau patron de la Commission, l’avenir de l’intégration régionale dépendra largement de la capacité des États membres à préserver une dynamique collective. Il entend ainsi inscrire son mandat dans une volonté de consolidation des liens entre les pays ouest-africains. « Un nouveau chapitre s’est ouvert pour l’intégration ouest-africaine. Travaillons ensemble pour en faire un chapitre de paix, de dignité et de prospérité partagée », a-t-il lancé.

Cette cérémonie de passation a également marqué l’installation de plusieurs nouveaux responsables au sein de l’architecture communautaire. Le Nigérian Anthony Ogunjimi devient ainsi vice-président de la Commission. Il remplace la Togolaise Damtien Tchintchibidja. D’autres commissaires ont également pris leurs fonctions dans différents secteurs stratégiques. L’Ivoirien Kalilou Sylla prend en charge les Services internes. La Sierra-Léonaise Francess Alghali hérite des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité. Le Libérien Dehpue Yenpea Zuo est chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture. Le Ghanéen Amin Amidu Sulemani prend, lui, la responsabilité des Infrastructures, de l’Énergie et de la Numérisation.

Le Béninois Nassirou Bako-Arifari dirigera le Développement humain et les Affaires sociales. La Cap-Verdienne Carla Maria Borges Bettencourt devient vérificatrice générale des institutions de la Cedeao. Le Togolais Palokinam Pitche prend la direction générale de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas). À la tête du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), le Gambien Mam Cherno Jallow entre également en fonction.

Pour Omar Alieu Touray, cette cérémonie marque la fin d’un cycle de quatre années à la tête de la Commission. Au moment de passer le relais, le responsable gambien a défendu le bilan de son équipe. Il a estimé que celle-ci ne laisse pas seulement « des souvenirs, des discours et des décisions », mais aussi un ensemble de réalisations institutionnelles et régionales. Désormais, la responsabilité revient au général Birame Diop. Son premier défi sera de transformer son appel à l’unité en une dynamique capable de renforcer l’action collective de la Cedeao et son projet d’intégration ouest-africaine.

FMI-Sénégal : Ousmane Sonko livre sa position sur l’accord avec Dakar

L’accord de principe trouvé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) n’a pas tardé à susciter des réactions à Dakar. Au lendemain de la mission menée du 19 août au 1er septembre 2026, l’institution financière a annoncé une entente avec les autorités sénégalaises sur un nouveau programme de 36 mois. Le dispositif doit être conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1,54 milliard de droits de tirage spéciaux (DTS).

Quelques heures seulement après cette annonce, Ousmane Sonko a pris la parole. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, le président de l’Assemblée nationale a demandé davantage de précisions au gouvernement sur le contenu de l’accord. Il rappelle d’abord que l’entente annoncée par le FMI et les autorités sénégalaises reste technique. Sa validation définitive dépend encore de l’approbation du conseil d’administration du Fonds.

Pour Ousmane Sonko, cette première annonce ne permet toutefois pas de mesurer précisément les obligations qui pourraient incomber au Sénégal. Il estime que le langage diplomatique utilisé par les deux parties ne renseigne pas suffisamment sur les détails du projet. Une question lui paraît particulièrement importante : celle du traitement de la dette sénégalaise.

L’ancien Premier ministre demande également que les principales réformes envisagées soient rendues publiques. Il cite notamment les mesures destinées à assurer la viabilité des finances publiques, protéger les ménages vulnérables et renforcer la mobilisation des ressources intérieures. La rationalisation des dépenses, les mécanismes de protection sociale et la supervision des entreprises publiques figurent également parmi les sujets qu’il souhaite voir détaillés. Il ajoute à cette liste les mesures concernant l’environnement des affaires ainsi que les audits internationaux de la dette précédemment exigés.

À ses yeux, ces engagements ne concernent pas seulement les autorités qui ont négocié l’accord. Ils engagent l’ensemble des Sénégalais, qui devront en supporter les conséquences présentes et futures. Ousmane Sonko affirme d’ailleurs avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions avec le FMI. Il dit connaître certaines des orientations retenues et estime qu’elles pourraient, selon lui, reproduire des erreurs du passé. Il réclame donc une « transparence absolue » sur le contenu des négociations.

Dans cette logique, le président de l’Assemblée nationale évoque un document central dans les négociations avec le FMI : le mémorandum de politiques économiques et financières. Selon lui, ce document formalise les engagements validés par les deux parties. Il demande ainsi au gouvernement de le rendre public afin de permettre aux citoyens de prendre connaissance des mesures envisagées et d’ouvrir un débat sur leurs conséquences. À défaut d’une publication, il souhaite que le document soit transmis à l’Assemblée nationale, au nom de sa mission de représentation populaire.

Le gouvernement apporte pour sa part une précision importante sur la question de la dette. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, assure que le Sénégal n’a pas choisi la voie d’une restructuration classique. Selon lui, le plan envisagé pour traiter la dette ne correspond pas à une restructuration « au sens classique du terme ». L’exécutif privilégierait plutôt une solution susceptible de s’étaler davantage dans le temps. Cette approche viserait notamment à éviter les conséquences que le gouvernement associe à une restructuration traditionnelle.

Entre l’annonce d’un financement potentiel de plusieurs milliards de dollars et les interrogations sur les engagements pris par Dakar, le nouvel accord avec le FMI ouvre donc une nouvelle séquence. Pour Ousmane Sonko, sa portée réelle ne pourra être appréciée qu’à la lumière du contenu précis des engagements sénégalais. Le gouvernement, lui, insiste sur une approche différente du traitement de la dette, alors que la validation définitive du programme reste encore attendue.

Sénégal : la Déclaration de politique générale du Premier ministre fixée au 8 septembre

Le rendez-vous est désormais fixé. Le Premier ministre sénégalais Mouhamed Al Aminou Lo présentera sa Déclaration de politique générale (DPG) le mardi 8 septembre 2026 à 10 heures. La présentation aura lieu devant l’Assemblée nationale. La date a été arrêtée mardi par la Conférence des présidents de l’institution parlementaire.

Cette programmation intervient quelques jours après l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année. Celle-ci avait été convoquée à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le 1er septembre, les députés s’étaient réunis pour ouvrir officiellement la session. La séance avait également permis de constater le quorum avant la levée des travaux.

La DPG avait pourtant été initialement annoncée pour cette même journée du 1er septembre. Le Bureau de l’Assemblée nationale avait ensuite apporté des précisions sur le calendrier. Il avait rappelé que les règles parlementaires imposaient un délai minimum de huit jours entre l’ouverture d’une session extraordinaire et la séance consacrée à la Déclaration de politique générale.

La Conférence des présidents a donc retenu le mardi 8 septembre à 10 heures. Cette décision s’appuie sur les articles 22 et 77 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le calendrier n’est cependant pas totalement figé. Le président de la République conserve la possibilité de modifier cette date dans le délai réglementaire de six jours.

Nommé Premier ministre le 25 mai 2026, Mouhamed Al Aminou Lo s’apprête ainsi à franchir une étape importante de son mandat. Face aux députés, il devra exposer les principales orientations de son gouvernement. Il présentera également les priorités qui guideront l’action de l’exécutif.

Cette Déclaration de politique générale constituera donc un moment institutionnel majeur. Elle permettra au chef du gouvernement de dévoiler sa feuille de route et de préciser les ambitions de l’exécutif pour la suite de son mandat.

Sénégal : la presse salue l’accord avec le FMI, mais s’interroge sur le traitement de la dette

À Dakar, l’annonce de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) occupe largement les unes de la presse ce mercredi 2 septembre. Après plusieurs mois de discussions, les autorités sénégalaises et l’institution financière sont finalement parvenues à un compromis. À la clé, un programme de 1 243 milliards de francs CFA destiné à accompagner le pays dans ses réformes économiques et financières au cours des trois prochaines années.

Pour les quotidiens sénégalais, cette conclusion marque un tournant. Mais derrière le soulagement affiché, plusieurs journaux s’attardent déjà sur les contreparties et les zones d’ombre liées à la dette. Le Soleil revient sur les longues négociations qui ont précédé cet accord. Le quotidien met en avant un programme de 1 243 milliards de francs CFA, associé à un dispositif consacré au traitement de la dette sénégalaise. Le journal rapporte également les assurances du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba. Celui-ci insiste sur un point sensible du dossier : selon lui, « le plan de traitement de la dette du Sénégal n’est pas une restructuration ». De son côté, le représentant résident du FMI au Sénégal, Majdi Debbich, estime que l’accord vient couronner « deux années de collaboration étroite » entre Dakar et l’institution de Bretton Woods.

Sud Quotidien choisit une formule particulièrement symbolique : « Le FMI rouvre le crédit ». Le quotidien accueille donc favorablement le dénouement, tout en rappelant que le financement annoncé n’est pas encore totalement acquis. Le programme doit encore recevoir l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. Dakar devra aussi appliquer des mesures correctrices et obtenir les garanties de financement nécessaires auprès de ses partenaires.

Le Quotidien insiste, lui, sur la durée du nouveau programme. Les 1 243 milliards de francs CFA doivent soutenir les réformes économiques et financières du Sénégal pendant trois ans. Walfquotidien adopte un ton beaucoup plus enthousiaste. « Enfin le jackpot ! », lance le journal, qui présente l’accord comme une « bonne nouvelle » pour un pays exposé au risque de défaut de paiement. Plus de 1 200 milliards de francs CFA doivent ainsi rejoindre les caisses de l’Etat.

Derrière cette bouffée d’oxygène financière, L’As regarde surtout les objectifs affichés par le nouveau programme. Le quotidien évoque la volonté de restaurer la stabilité économique et la viabilité de la dette. Il relève également la nécessité de réduire les fragilités budgétaires et extérieures. Le programme doit enfin favoriser une croissance davantage tirée par le secteur privé.

La question de la dette reste toutefois au centre des préoccupations. L’Observateur rappelle que sa viabilité à moyen terme figure parmi les exigences du FMI. Dans un entretien accordé au journal, Majdi Debbich détaille les contours du nouveau programme. Il évoque notamment le poids du traitement de la dette. Il revient aussi sur le dossier sensible des subventions à l’énergie, qui pourraient dépasser 800 milliards de francs CFA cette année.

Les Echos adopte une lecture plus critique de l’accord. Sa manchette résume le débat en quelques mots : « 1243 milliards en 3 ans pour une restructuration non assumée ». Tribune choisit également un angle politique. Le quotidien titre : « Sonko limogé, le FMI “offre” 1200 milliards à Diomaye », établissant ainsi un lien direct entre le contexte politique sénégalais et le dénouement des discussions financières.

Avec « Un accord, mille questions », Enquête se montre plus prudent. Le quotidien s’intéresse déjà aux décisions difficiles qui attendent l’Etat. Il met notamment en avant trois dossiers : la dette, les subventions et les entreprises publiques. Pour le journal, l’accord financier ouvre donc une nouvelle séquence, mais celle-ci s’annonce exigeante.

Yoor-Yoor pousse encore plus loin cette lecture critique. Le quotidien estime que les discours sur la souveraineté ne suffisent pas à masquer les contraintes inscrites dans l’accord. Entre les mesures correctrices exigées, le traitement de la dette et les conditions entourant la mise en œuvre du programme, le journal voit se dessiner un processus de restructuration lourd, placé sous surveillance internationale. Ainsi, si les 1 243 milliards de francs CFA apportent un soulagement immédiat à Dakar, la presse sénégalaise rappelle que le véritable enjeu commence désormais : utiliser cette bouffée financière tout en répondant aux exigences du FMI et en maîtrisant le poids de la dette.

SÉNÉGAL : LE SAMES ANNONCE 48 HEURES DE GRÈVE DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) durcit le ton face à l’absence de réponse du gouvernement. Après l’expiration de son préavis de grève le 9 août dernier, le syndicat annonce un arrêt total du travail les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2026.

Le mouvement, prévu pour durer 48 heures, concernera les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes affiliés au syndicat. Le Sames assure toutefois que le service minimum sera maintenu et que la prise en charge des urgences sera garantie. L’annonce a été faite par le secrétaire général du syndicat, Dr Diabel Dramé, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS). Selon lui, des points de presse locaux seront organisés dès le 2 septembre par les bureaux de zone et de section afin de mobiliser les militants.

Le syndicat prévoit également le port du brassard rouge pendant la période de grève. Une évaluation du mouvement est annoncée le 10 septembre par le Bureau exécutif national, qui décidera des éventuelles suites à donner au mouvement. Pour le Sames, cette décision intervient après plusieurs tentatives de dialogue restées sans réponse satisfaisante. « Notre démarche n’est ni une provocation ni un geste ordinaire, mais un acte de responsabilité », a expliqué Dr Diabel Dramé.

Le responsable syndical rappelle que le préavis déposé par l’organisation a expiré le 9 août. Le syndicat affirme avoir attendu une réaction des autorités avant de décider de passer à l’action. Les revendications remontent à la fin de l’année 2023. À l’issue d’une tournée nationale, le Sames avait recensé les principales préoccupations des professionnels de santé avant de les transmettre aux autorités dans une plateforme revendicative.

Les discussions avaient alors débuté avec les autorités de l’époque. Elles ont toutefois été interrompues au cours du premier trimestre 2024, dans un contexte politique et social tendu. Les revendications portent notamment sur les conditions de travail, le régime indemnitaire, la gestion des ressources humaines, la formation des personnels et les infrastructures sanitaires.

Après l’élection présidentielle, le Sames affirme avoir accordé une période de grâce aux nouvelles autorités. Le syndicat souhaitait ainsi leur permettre de prendre leurs marques et de s’approprier les différents dossiers. En 2025, l’organisation avait également accepté de suspendre certains mots d’ordre afin de contribuer à l’apaisement du climat social et de participer à l’élaboration du Pacte de stabilité sociale.

Mais faute d’avancées jugées suffisantes, le syndicat estime désormais nécessaire de reprendre la mobilisation.

Le Sames invoque la santé publique

Pour le secrétaire général du Sames, les revendications des professionnels de santé dépassent les seules questions corporatistes. Elles concernent directement la qualité du système sanitaire et la prise en charge des patients.

« Défendre les conditions de travail des médecins, c’est garantir la qualité des soins », a soutenu Dr Diabel Dramé. Il estime également que l’amélioration des conditions de rémunération des pharmaciens contribue à garantir la disponibilité des médicaments.

Le syndicat met aussi en avant la situation des chirurgiens-dentistes et la nécessité de préserver la santé bucco-dentaire des populations. Selon le Sames, les professionnels de santé exercent parfois dans des conditions difficiles, aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Le syndicat estime qu’un système de santé performant nécessite des personnels « respectés, protégés, motivés et traités avec justice ».

Les 8 et 9 septembre prochains s’annoncent donc comme une nouvelle épreuve pour le système de santé sénégalais. Malgré le maintien du service minimum et des urgences, la grève de 48 heures pourrait perturber plusieurs services hospitaliers et structures sanitaires du pays.

GIABA : MAM CHERNO JALLOW PREND LES COMMANDES ET PROMET DE RENFORCER L’EFFICACITÉ DE L’INSTITUTION

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) change de directeur général, mais entend maintenir le cap engagé ces dernières années. Le Gambien Mam Cherno Jallow a officiellement pris ses fonctions lundi 31 août 2026 à Dakar, à l’issue d’une cérémonie de passation de services avec son prédécesseur, Edwin W. Harris Jr.

Nommé pour un mandat de quatre ans par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, Mam Cherno Jallow arrive à la tête d’une institution qui sort de quatre années de réformes. Son prédécesseur, le Libérien Edwin W. Harris Jr, a notamment piloté une importante phase de restructuration et de renforcement du fonctionnement interne du Giaba. La nomination de Mam Cherno Jallow avait été actée lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, tenue le 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone.

Le nouveau directeur général connaît déjà les rouages de l’institution. Économiste financier disposant de plus de 35 années d’expérience, il est notamment titulaire d’un MBA en banque et finances du Cesag de Dakar. Il avait rejoint le Giaba en 2022 comme chef de la Planification stratégique et de la mobilisation des ressources, avant d’occuper, deux ans plus tard, le poste de directeur de l’Administration et des finances par intérim.

Cette expérience interne devrait lui permettre d’assurer une certaine continuité dans la conduite de l’institution, tout en ouvrant une nouvelle étape dans son développement.

Un bilan marqué par la restructuration

Lors de la cérémonie de passation, Edwin W. Harris Jr a rappelé les principaux chantiers engagés durant son mandat. À son arrivée, le Giaba était notamment engagé dans un programme d’amélioration de son efficacité imposé par le Groupe d’action financière (Gafi).

Dans le même temps, plusieurs États membres, dont le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria, faisaient face aux conséquences de leur inscription sur la liste grise du Gafi. Selon le directeur général sortant, les quatre années de son mandat ont permis de « réajuster, réorganiser, revitaliser et repositionner » le Giaba. Il a notamment cité l’amélioration des résultats d’audit, passés d’une absence d’assurance à une assurance raisonnable. Les taux d’exécution budgétaire ont également progressé.

L’institution aurait par ailleurs renforcé ses effectifs. Le Secrétariat, confronté auparavant au sous-effectif et à une importante charge de travail, dispose désormais de ressources humaines jugées plus adaptées à ses missions.

Cette évolution a également été saluée par le président de la Centif-Sénégal et correspondant national du Giaba, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby. Dans son témoignage, il a estimé qu’Edwin W. Harris Jr laisse une institution « plus outillée et mieux préparée » face aux défis auxquels la région est confrontée. Le responsable sénégalais a notamment souligné le travail réalisé auprès des pays inscrits sur la liste grise du Gafi, le renforcement des capacités des États membres et le lancement du troisième cycle des évaluations mutuelles.

Le Sénégal constitue d’ailleurs l’un des dossiers actuellement suivis par le Giaba. Le pays a accueilli, du 10 au 28 août 2026, une mission d’évaluation composée d’experts de l’institution régionale.

De la conformité à l’efficacité opérationnelle

Pour Mam Cherno Jallow, le changement de direction ne doit pas signifier une rupture. Son ambition est plutôt de consolider les acquis et d’améliorer l’efficacité des dispositifs nationaux.

Le renforcement des capacités techniques et financières des États membres devrait ainsi occuper une place centrale durant son mandat. L’enjeu est notamment d’aider les pays de la région à mieux détecter les flux financiers suspects, à identifier les ressources provenant d’activités criminelles et à renforcer leurs mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Cette mission intervient dans un environnement où les formes de criminalité financière deviennent de plus en plus complexes. Corruption, trafic de drogue, criminalité transnationale et financement du terrorisme s’appuient désormais sur des réseaux financiers sophistiqués, souvent répartis sur plusieurs territoires.

Le nouveau directeur général devra également accompagner les États membres dans le troisième cycle des évaluations mutuelles. L’objectif affiché est de dépasser une simple conformité aux normes internationales pour parvenir à une efficacité réelle des dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites.

À Dakar, la passation de services marque donc moins une rupture qu’une nouvelle étape. Edwin W. Harris Jr quitte une institution qu’il considère renforcée après quatre années de réformes. Mam Cherno Jallow hérite désormais de la responsabilité de préserver ces acquis et de les traduire en résultats durables. Pour le Giaba, le défi est désormais clair : renforcer la capacité des États ouest-africains à combattre efficacement les flux financiers illicites, alors que ceux-ci constituent à la fois une menace économique, financière et sécuritaire pour la région.

SÉNÉGAL : L’ASSEMBLÉE NATIONALE GARDE LA MAIN SUR LE CALENDRIER DE LA DPG DU PREMIER MINISTRE

Le calendrier parlementaire reprend ses droits à la Place Soweto. Alors que l’Exécutif annonçait la tenue imminente de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre, les députés ont décidé de suivre leur propre calendrier.

Convoqués en séance plénière ce mardi 1er septembre 2026 à 10 heures, les députés procéderont uniquement à l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année. Contrairement aux attentes d’une partie de l’opinion, le Premier ministre ne présentera donc pas sa DPG au cours de cette séance.

L’ordre du jour communiqué par la présidence de l’Assemblée nationale porte précisément sur l’ouverture de cette session extraordinaire. La date du passage du chef du gouvernement devant les députés reste, à ce stade, à déterminer. Après la séance d’ouverture, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale doit se réunir pour examiner l’organisation des travaux. Cette instance aura notamment pour mission de fixer la date de la Déclaration de politique générale du Premier ministre.

Cette étape donne ainsi aux parlementaires la maîtrise du calendrier des travaux de l’Hémicycle. Elle rappelle que, si l’Exécutif peut convoquer une session extraordinaire, l’organisation concrète des débats relève de la procédure parlementaire. La question du calendrier de la DPG intervient dans un contexte politique particulièrement sensible au Sénégal. La majorité parlementaire, contrôlée par Pastef, dispose d’un poids important au sein de l’Assemblée nationale.

Le passage du Premier ministre devant les députés constitue donc un rendez-vous institutionnel majeur. Au-delà de la présentation des grandes orientations du gouvernement, la DPG devrait permettre de mesurer les rapports de force entre l’Exécutif et le Parlement.

Pour l’heure, le rendez-vous du 1er septembre se limitera à l’ouverture de la session extraordinaire. La Conférence des présidents devra ensuite arrêter le calendrier du « grand oral » du chef du gouvernement.

Sénégal : les importations d’oignon, la DPG et la dégradation de Moody’s au menu des quotidiens

Les quotidiens sénégalais parus ce mardi 1er septembre 2026 accordent une large place à la levée du gel des importations d’oignon, à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale autour de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, mais aussi aux débats suscités par la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s.

Sur le front économique, la décision du ministère de l’Industrie et du Commerce de mettre fin au gel des importations d’oignon continue de faire réagir. Sud Quotidien rappelle que la mesure, levée lundi 31 août, intervient au terme d’une campagne de commercialisation qui aura duré un peu plus de sept mois. Pour le journal, cette décision ne signifie toutefois pas un retour complet au libre accès des importateurs. Les opérations resteront encadrées, avec des autorisations délivrées sous forme de quotas et susceptibles d’être accordées jusqu’au 31 décembre 2026.

Sud Quotidien parle ainsi d’une « parade », estimant que la mesure intervient dans un contexte de hausse des prix sur les marchés, alors même que la production nationale d’oignons est annoncée à plus de 450 000 tonnes pour 2026.

Le Soleil adopte une lecture davantage centrée sur l’approvisionnement. Le quotidien estime que la levée du gel répond avant tout à la nécessité de garantir une alimentation régulière du marché intérieur. L’objectif serait ainsi de prévenir d’éventuelles tensions sur la disponibilité du produit et de limiter leurs conséquences sur les consommateurs.

L’actualité parlementaire occupe également une place importante dans les journaux. L’As annonce l’ouverture, ce mardi à 10 heures, de la deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Les travaux seront principalement consacrés à la Déclaration de politique générale du Premier ministre.

Après l’ouverture de la session, la conférence des présidents devra déterminer la date du « grand oral » du chef du gouvernement. L’As souligne que cette convocation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Le quotidien s’interroge notamment sur le poids de la majorité parlementaire acquise à Pastef dans les rapports avec le président de la République. Il pose la question de l’influence que cette majorité pourrait exercer sur les choix de l’Exécutif.

Walfquotidien se montre, lui, beaucoup plus critique à l’égard du pouvoir. Le journal estime que la « rupture systémique » annoncée par les nouvelles autorités n’a pas produit les résultats attendus. « Ça tourne en rond », affiche-t-il à sa une, dénonçant ce qu’il considère comme un retour à certaines pratiques des anciens régimes. Le quotidien évoque notamment les affrontements verbaux, les accusations et les contre-accusations qui rythment la vie politique. Il estime que le pouvoir actuel reproduit progressivement certaines méthodes qu’il entendait pourtant dépasser.

Pendant ce temps, L’Observateur s’intéresse au retour progressif d’Amadou Ba sur la scène politique. L’ancien Premier ministre serait engagé dans un « sursaut politique », selon le journal. Après plusieurs mois de retrait relatif, Amadou Ba multiplierait désormais les déplacements et les rencontres, tout en réactivant ses réseaux politiques. L’Observateur y voit les prémices d’une stratégie de reconquête, notamment en perspective des prochaines échéances électorales et de la recomposition de l’opposition.

Enfin, Le Soleil revient sur les conséquences de la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s. Le quotidien élargit le débat à la question de la prime de risque appliquée aux États africains et aux méthodes utilisées par les agences de notation. Cette nouvelle dégradation relance, selon le journal, les interrogations sur la manière dont le risque africain est évalué par les agences internationales. Des experts s’interrogent notamment sur les conséquences financières de ces appréciations, susceptibles d’alourdir le coût auquel les États africains accèdent aux marchés.

Entre tensions sur le marché de l’oignon, affrontement politique autour de la Déclaration de politique générale et inquiétudes liées au coût du financement, la presse sénégalaise met ainsi en évidence les principaux défis économiques et politiques auxquels Dakar fait face en cette rentrée de septembre.

Sénégal : le gel des importations d’oignons officiellement levé après plus de sept mois

Après plus de sept mois de suspension, les importations d’oignons peuvent à nouveau reprendre au Sénégal. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé la levée officielle de la mesure de gel à compter de ce lundi 31 août 2026.

Instaurée le 16 janvier dernier, cette mesure avait été décidée dans une logique de régulation du marché. L’objectif était alors de favoriser l’écoulement de la production nationale et de protéger les débouchés des petits producteurs locaux face à la concurrence des produits importés.

Mais la situation évolue désormais. Selon le ministère, l’amélioration des disponibilités issues de la production locale permet de mettre fin à cette restriction. La reprise des importations doit surtout permettre d’assurer un approvisionnement régulier du marché intérieur et de contribuer à maintenir les prix à un niveau stable pour les consommateurs.

Cette nouvelle étape implique toutefois un encadrement du retour des importateurs sur le marché. Les opérateurs concernés sont ainsi invités à prendre attache avec l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) afin de connaître les dispositions nécessaires à la reprise effective des opérations.

Le ministère appelle par ailleurs les différents acteurs de la chaîne de valeur à faire preuve de professionnalisme et à respecter scrupuleusement les règles établies pour accompagner cette réouverture.

La levée du gel marque ainsi un changement dans la politique de régulation de la filière. Après avoir privilégié pendant plusieurs mois la protection de la production locale, les autorités cherchent désormais à trouver un nouvel équilibre entre disponibilité des produits, stabilité des prix et intérêts des producteurs sénégalais.