Sénégal : un comité officiel des créanciers attendu dans les prochaines semaines

Le Sénégal avance dans les discussions avec ses créanciers en vue du traitement de sa dette. Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé jeudi 1er octobre 2026 que les autorités sénégalaises avaient déjà engagé des échanges avec plusieurs créanciers bilatéraux et qu’un accord avait été trouvé pour mettre en place un comité officiel des créanciers dans les prochaines semaines.

Lors d’une conférence de presse, la porte-parole du FMI, Julie Kozack, a également indiqué qu’aucune date n’était encore arrêtée pour l’examen par le conseil d’administration du Fonds du futur programme de prêts destiné au Sénégal.

Le FMI doit toutefois prendre part à une réunion prévue le 6 octobre entre les autorités sénégalaises et leurs créanciers extérieurs. À cette occasion, l’institution présentera notamment l’accord conclu au niveau des services du FMI avec Dakar ainsi que certains éléments de sa politique de prêts.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des « bons offices » proposés par le FMI afin de faciliter le partage d’informations et les échanges entre le Sénégal et ses créanciers. L’institution précise cependant que les négociations portant sur les modalités précises du traitement de la dette restent du ressort du débiteur et de ses créanciers.

Parmi les points encore en discussion figure notamment la question de la comparabilité du traitement, qui doit déterminer la manière dont les différents créanciers seront pris en compte dans le processus de traitement de la dette.

En septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises étaient parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques susceptibles de soutenir un nouvel accord au titre de la Facilité élargie de crédit. Dakar avait parallèlement annoncé son intention de solliciter un traitement de sa dette afin de rétablir sa viabilité.

Le calendrier de présentation du futur programme au conseil d’administration du FMI reste donc à définir, tandis que les discussions entre le Sénégal et ses créanciers se poursuivent.

Sénégal : le Gouvernement envisage de saisir le Conseil constitutionnel sur les crédits spéciaux

Le bras de fer se poursuit entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi relative aux crédits spéciaux. À l’issue de la séance plénière, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a annoncé que l’Exécutif envisageait de saisir le Conseil constitutionnel après l’adoption du texte par les députés.

Cité par Le Soleil, le ministre a expliqué que le Gouvernement contestait le rejet de deux amendements qu’il avait proposés au cours de l’examen de la loi. « Ils ont rejeté nos deux amendements malgré le vote bloqué demandé par le gouvernement », a-t-il déclaré.

Selon Me Moussa Sarr, le recours pourrait être introduit auprès du Conseil constitutionnel dès que la loi votée sera officiellement transmise au Gouvernement. Au cours des débats, l’Exécutif avait soumis trois amendements. Le premier a finalement été retiré, l’Assemblée nationale ayant déjà pris en compte les observations formulées par le chef de l’État. Les deux autres amendements portaient notamment sur l’article 14 du texte. Le Gouvernement souhaitait supprimer la référence spécifique aux crédits spéciaux et modifier les dispositions relatives au contrôle parlementaire.

Pour l’Exécutif, ces changements devaient notamment permettre d’éviter un chevauchement entre les prérogatives du Parlement et celles de la Cour des comptes. Le Gouvernement estimait également nécessaire d’assurer la conformité du dispositif avec la directive communautaire de l’Uemoa.

L’Exécutif avait par ailleurs demandé l’application du vote bloqué sur l’ensemble du texte accompagné de ses amendements. Cette demande n’a toutefois pas été retenue par l’Assemblée nationale, qui a finalement adopté la proposition de loi.

Le Gouvernement envisage désormais de porter le texte devant le Conseil constitutionnel, ouvrant ainsi une nouvelle étape dans la procédure autour des crédits spéciaux.

Presse sénégalaise : les annonces d’Abdourahmane Diouf sur les hydrocarbures dominent les unes

La presse quotidienne sénégalaise place l’énergie au premier plan ce vendredi 2 octobre. Les journaux reviennent largement sur les annonces du ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadj Abdourahmane Diouf, lors d’une rencontre avec des journalistes jeudi à Dakar.

Le ministre a notamment réaffirmé la volonté des autorités de réduire la dépendance du Sénégal aux combustibles liquides. Selon Le Soleil, cette orientation doit s’appuyer sur les ressources énergétiques nationales afin de contribuer à une baisse du coût de l’électricité.

Cette rencontre a également permis à Abdourahmane Diouf d’aborder plusieurs dossiers sensibles du secteur. Parmi eux figure le retrait de Kosmos Energy du bloc gazier Yaakaar-Teranga, dont les conditions font désormais l’objet d’un examen par l’Inspection générale d’État.

WalfQuotidien rapporte que le président Bassirou Diomaye Faye a saisi l’IGE afin de faire la lumière sur les circonstances du retrait de Kosmos Energy de Yaakaar-Teranga. Le départ de la compagnie aurait occasionné une perte de 30 milliards de francs CFA pour l’État du Sénégal.

Vox Populi cite également le ministre, qui affirme avoir lui-même été auditionné par l’IGE. Abdourahmane Diouf indique avoir transmis les informations et les documents dont il dispose aux enquêteurs. Selon le ministre, les auditions des différents acteurs concernés sont en cours. Vox Populi rapporte par ailleurs sa volonté de lever les zones d’ombre entourant certains blocs pétroliers et gaziers.

Sur ces questions, le ministre assure que les procédures sont conduites avec rigueur et méthode. Les explications fournies interviennent alors que le secteur des hydrocarbures occupe une place croissante dans les débats économiques et énergétiques au Sénégal.

Enquête résume cette séquence avec le titre « Abdourahmane Diouf ouvre les dossiers ». Le quotidien revient notamment sur les difficultés d’approvisionnement de la Senelec et sur les perspectives de réduction des tarifs de l’électricité. Le ministre s’est également exprimé sur le désaccord avec British Petroleum concernant l’accès au gaz naturel liquéfié. Le prix d’approvisionnement du marché local en GNL figure également parmi les sujets évoqués.

Le dossier Yaakaar-Teranga reste par ailleurs ouvert. Le gouvernement recherche de nouveaux partenaires pour poursuivre le développement du bloc gazier, selon les informations rapportées par Enquête. Les Echos retient de son côté une prise de parole destinée à clarifier plusieurs dossiers du secteur. Le quotidien titre « Abdourahmane Diouf met les points sur les +i+ », tandis que Source A parle du « Grand oral » du ministre de l’Énergie.

L’électrification rurale figure également parmi les annonces mises en avant. Pour résorber le déficit observé dans ce domaine, un programme nécessitant environ 400 milliards de francs CFA de financement est envisagé, selon les propos du ministre rapportés par Source A.

Les annonces d’Abdourahmane Diouf donnent ainsi une place centrale aux questions d’approvisionnement, de production, de coût de l’électricité et de développement des infrastructures énergétiques. En parallèle de cette actualité énergétique, les quotidiens reviennent sur un autre dossier institutionnel : le vote par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi organique visant à renforcer le contrôle parlementaire des crédits et fonds spéciaux.

Sud Quotidien titre « L’heure du contrôle » et présente ce vote comme un nouvel épisode des désaccords entre le gouvernement et la majorité parlementaire sur l’encadrement des fonds spéciaux. Les députés ont adopté la proposition sans retenir les amendements défendus par le ministre de la Justice. Ils ont également rejeté le recours au vote bloqué avant d’adopter l’article unique du texte portant modification de la loi relative aux lois de finances.

Vox Populi rapporte que le gouvernement devrait saisir le Conseil constitutionnel après réception de la loi adoptée. Source A souligne, de son côté, que l’Exécutif se dit favorable à l’objectif de contrôle recherché par les parlementaires, tout en ayant formulé plusieurs observations sur le contenu du texte.

Pour ce journal, le gouvernement souhaite notamment que l’intégration des crédits spéciaux parmi les dotations soit articulée avec les dispositions existantes concernant les crédits destinés à l’exercice des missions constitutionnelles des institutions.

Mais ce dossier institutionnel reste secondaire dans les unes par rapport aux annonces du ministre de l’Énergie. Entre hydrocarbures, approvisionnement en gaz, électricité et électrification rurale, les journaux sénégalais consacrent ainsi une large place aux choix et aux dossiers qui structurent actuellement le secteur énergétique.

Sénégal : le nouveau Codes du Travail et de la Sécurité sociale entrent en vigueur

Le cadre juridique du travail et de la protection sociale évolue au Sénégal. Adoptés par l’Assemblée nationale en séance plénière le 18 août 2026, le nouveau Codes du Travail et de la Sécurité sociale sont désormais entrés en vigueur après leur promulgation le 3 septembre 2026.

Le nouveau Code du Travail, institué par la loi n°2026-18 du 3 septembre 2026, a été publié dans le numéro spécial du Journal officiel du 17 septembre 2026. Il remplace ainsi le précédent Code, en vigueur depuis 1997. Le texte introduit plusieurs évolutions destinées à mieux encadrer les relations professionnelles. Il fixe notamment de nouvelles dispositions relatives aux contrats de travail, aux conditions d’exercice de l’activité professionnelle, à la santé et à la sécurité des travailleurs ainsi qu’à leur protection.

Le nouveau Code tient également compte des transformations du monde professionnel avec la prise en considération de nouvelles formes d’organisation du travail, notamment le télétravail. Autre évolution majeure : la durée du congé de maternité est portée de 14 à 18 semaines pour les travailleuses relevant du Code du Travail.

Le Code de la Sécurité sociale connaît lui aussi une refonte. Le nouveau texte établit de nouvelles règles relatives aux droits des travailleurs et à leur protection sociale, avec l’objectif de renforcer le cadre juridique applicable dans ce domaine.

Avec l’entrée en vigueur de ces deux textes, le Sénégal se dote ainsi d’un nouveau dispositif juridique destiné à encadrer les relations entre employeurs et travailleurs et à renforcer les mécanismes de protection sociale.

Sénégal : l’Assemblée nationale au cœur d’un nouveau bras de fer avec l’Exécutif

Les tensions entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale se sont de nouveau invitées au cœur des travaux parlementaires au Sénégal. Lors de la séance plénière du mardi 29 septembre 2026, deux textes majeurs ont été successivement bloqués ou renvoyés, illustrant les divergences persistantes autour de plusieurs dossiers sensibles.

Premier épisode de cette journée mouvementée : le projet de loi n°21/2026 relatif à la prorogation de la durée de validité de la carte d’identité biométrique CEDEAO a été renvoyé en commission. La décision a été prise à la demande du président de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, Abdoulaye Tall, sur la base de l’article 84 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Le texte devait notamment modifier la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 afin de permettre la prorogation de la validité de certaines cartes arrivant à expiration. Mais pour Abdoulaye Tall, les explications apportées par le gouvernement n’étaient pas suffisantes. Le député a soulevé plusieurs interrogations dans un contexte pré-électoral, notamment autour de la clause de « force majeure », dont il craint qu’elle puisse ouvrir la voie à des reports des échéances électorales.

D’autres préoccupations ont également été évoquées, concernant le coût et le financement de la confection des cartes, l’attribution du marché, la souveraineté des données biométriques ainsi que les conséquences pour les Sénégalais établis à l’étranger. Le texte doit désormais être réexaminé par la commission avant un éventuel retour en séance plénière.

L’après-midi, un autre dossier sensible a connu un nouveau développement. L’examen de la proposition de loi n°37/2026 portant modification du Code pétrolier, initialement inscrit à l’ordre du jour, a été reporté après la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement.

L’information a été annoncée par le troisième vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, qui présidait la séance. Le recours vise à faire déclarer irrecevable la proposition de loi, portée par des députés de Pastef.

Cette initiative parlementaire entend notamment soumettre les contrats pétroliers et gaziers à l’examen de l’Assemblée nationale avant leur signature par l’Exécutif. Le gouvernement conteste cette démarche et mise désormais sur l’arbitrage du Conseil constitutionnel.

Le débat intervient dans un contexte où les questions liées à l’énergie et à la gestion des hydrocarbures occupent une place importante dans le débat public sénégalais. Les difficultés du secteur électrique, les préoccupations autour du coût de l’électricité, la situation financière de la Senelec et les interrogations sur les retombées des projets pétroliers et gaziers de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim alimentent notamment les discussions.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, doit faire face à la presse nationale et internationale ce jeudi 1er octobre 2026. La rencontre, prévue au Musée des civilisations noires à Dakar, aura pour thème « Enjeux, réformes et perspectives du secteur de l’Énergie et des Hydrocarbures ».

Le ministre devrait notamment être interpellé sur les délestages, le coût de l’électricité, les retombées du pétrole et du gaz, la transparence dans la gestion des contrats pétroliers et gaziers, ainsi que sur la situation de Senelec et la politique de mix énergétique. Les perspectives liées aux projets Sangomar et GTA figurent également parmi les sujets attendus lors de cette rencontre.

Alors que l’Assemblée nationale doit par ailleurs ouvrir sa session ordinaire unique 2026-2027 le 13 octobre prochain, les prochains arbitrages institutionnels devraient donc être particulièrement suivis.

ONU : Macky Sall reste à 5 voix après le quatrième vote indicatif

La course à la succession d’Antonio Guterres se poursuit, mais la candidature de Macky Sall peine pour l’heure à progresser. Lors du quatrième vote indicatif organisé mardi 29 septembre par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ancien président sénégalais a conservé cinq avis favorables, contre neuf défavorables, selon les résultats rapportés après le scrutin.

Ce quatrième test intervient après un troisième tour qui avait déjà marqué un recul pour le candidat du Sénégal. Le 18 septembre, Macky Sall avait obtenu cinq voix favorables, neuf défavorables et une abstention, après avoir recueilli six soutiens lors des deux premiers tours.

Sa candidature reste donc, à ce stade, au même niveau que lors du précédent scrutin. Les votes indicatifs constituent toutefois des consultations informelles et ne valent pas décision définitive dans le processus de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies.

Pendant ce temps, Rebeca Grynspan conserve une position centrale dans les consultations. La candidate costaricienne a obtenu dix voix favorables, trois défavorables et deux avis sans opinion lors du quatrième tour. La Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi figurent également parmi les candidatures qui recueillent un nombre important de soutiens.

L’Ougandais Olara Otunnu figure lui aussi parmi les candidats africains engagés dans la course. Sa candidature, présentée par l’Ouganda en juillet 2026, est officiellement enregistrée par les Nations unies, au même titre que celle de Macky Sall, portée par le Burundi.

Le processus doit aboutir à la recommandation d’un candidat par le Conseil de sécurité, avant sa nomination formelle par l’Assemblée générale. Le choix devra tenir compte de la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui disposent du droit de veto.

Macky Sall poursuit ses consultations à New York

Dans ce contexte, Macky Sall poursuit ses rencontres en marge de la Semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’ancien président sénégalais a notamment été reçu à New York par Cheikh Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale et président de l’Organisation des savants musulmans. La rencontre s’est tenue à la résidence du dignitaire religieux. La Ligue islamique mondiale a confirmé cette audience, consacrée à plusieurs sujets d’intérêt commun.

Les deux hommes ont échangé dans un cadre présenté comme placé sous le signe du dialogue et de l’ouverture, alors que New York accueille les principales activités de la 81e Assemblée générale de l’ONU.

Cette rencontre intervient alors que Macky Sall mène sa campagne pour la succession d’Antonio Guterres. Sa candidature a été officiellement présentée par le Burundi le 2 mars 2026 et figure sur la liste des candidatures publiée par les Nations unies.

À ce stade, les votes indicatifs ne constituent pas le verdict final. Plusieurs étapes doivent encore intervenir avant que le Conseil de sécurité ne transmette une recommandation à l’Assemblée générale. Le processus reste donc ouvert, même si les résultats successifs permettent aux membres du Conseil de mesurer l’évolution du soutien accordé à chacun des candidats.

Sénégal : le Parlement panafricain plaide pour l’accélération de la ratification des textes de l’UA

La ratification et la mise en œuvre des instruments juridiques de l’Union africaine étaient au cœur des échanges entre le Parlement panafricain (PAP) et les autorités sénégalaises. La délégation du Groupe régional de l’Afrique de l’Ouest, conduite par l’Honorable Lazare Yao Yao, a notamment rencontré le ministre sénégalais de la Justice, Me Moussa Sarr.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mission de plaidoyer menée par le PAP au Sénégal. L’objectif est de promouvoir l’adhésion des États membres aux différents instruments juridiques adoptés au niveau continental et d’encourager leur application effective dans les législations nationales.

Avec Me Moussa Sarr, les discussions ont porté sur les enjeux liés à la ratification de ces textes africains et à leur mise en œuvre au niveau national. Les échanges ont notamment concerné les questions de gouvernance ainsi que la promotion et la protection des droits fondamentaux.

Cette séance de travail fait suite à une précédente rencontre de la délégation avec le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités. Les discussions avaient alors porté sur les instruments de l’Union africaine consacrés à la protection des droits et à l’inclusion sociale.

La délégation du Parlement panafricain a également profité de cette mission pour se rendre sur l’île de Gorée. Haut lieu de mémoire, le site a constitué une étape symbolique de cette visite, notamment autour des notions de dialogue et de réconciliation.

Cette deuxième journée de mission a ainsi été rythmée par plusieurs rencontres institutionnelles entre les représentants du PAP et les autorités sénégalaises. Ces échanges visent à renforcer le dialogue autour des priorités de l’intégration africaine et du rôle des États dans la mise en œuvre des engagements pris au niveau continental.

À travers cette mission au Sénégal, le Groupe régional de l’Afrique de l’Ouest du Parlement panafricain entend notamment encourager les États à accélérer la ratification et l’application effective des instruments juridiques de l’Union africaine au niveau national.

Sénégal : 1,5 kg de cocaïne saisis à Kédougou, les Douanes renforcent la surveillance

Une nouvelle saisie de cocaïne vient d’être réalisée dans le sud-est du Sénégal. Les Douanes sénégalaises ont intercepté 68 boulettes représentant un poids total de 1,5 kilogramme, mercredi 23 septembre 2026, à Kédougou, selon une source douanière.

L’opération s’est déroulée aux environs de 17 heures, au niveau d’un poste de contrôle situé près du village de Kénioto, sur l’axe reliant Kédougou à Saraya. Les agents, qui agissaient sur la base de renseignements et dans un contexte de vigilance renforcée, ont ciblé un passager voyageant à bord d’un bus. Les premières constatations ont ensuite été confirmées par les analyses du Laboratoire national d’analyse des drogues (LNAD) de la Police technique et scientifique. Celles-ci ont établi qu’il s’agissait de cocaïne pure.

Une enquête a été ouverte pour remonter la chaîne d’approvisionnement, déterminer la provenance de la drogue et identifier d’éventuels membres du réseau impliqué. Dans le même temps, une autre opération menée par les services des Douanes de Kédougou a permis de mettre la main sur une cargaison de cyanure. Au total, 150 sacs, représentant 7,5 tonnes, ont été interceptés.

Cette seconde saisie fait suite à des informations faisant état de l’implication de ressortissants étrangers dans un trafic transfrontalier de substances utilisées notamment dans le cadre de l’exploitation aurifère clandestine.

Des saisies de cocaïne qui se multiplient

La saisie réalisée à Kédougou intervient dans un contexte marqué par plusieurs interceptions de quantités nettement plus importantes sur le territoire sénégalais. En juin 2026, les Douanes avaient notamment découvert 970,6 kg de cocaïne sur l’axe Koumpentoum-Koungheul, à hauteur d’Ida Mouride. La drogue était conditionnée en 844 plaquettes et dissimulée dans un compartiment aménagé à l’intérieur d’un camion en provenance d’un pays voisin.

Les opérations avaient déjà permis de saisir d’importantes quantités en 2025. En août, 643 kg avaient été interceptés à Rufisque, avant la saisie de 272,25 kg à Kalifourou, dans la région de Kolda, en septembre. En octobre, 115 kg supplémentaires avaient été saisis au même poste frontalier.

En novembre 2024, les Douanes avaient également intercepté 235 kg de cocaïne à Koungheul. Au total, 2,114 tonnes avaient été saisies entre mars et novembre de la même année sur le corridor Dakar-Kidira. Ces opérations nationales s’inscrivent dans un environnement régional où les flux de cocaïne connaissent une progression documentée par plusieurs organismes internationaux.

L’Afrique de l’Ouest au cœur des routes vers l’Europe

Dans son Rapport mondial sur les drogues 2025, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) indique que la production mondiale de cocaïne a atteint un niveau record de 3 665 tonnes en 2023. Sur la même période, les saisies ont triplé en dix ans.

L’Afrique de l’Ouest y est notamment présentée comme une importante zone de transit pour la cocaïne destinée aux marchés européens. L’ONUDC relève également une progression de la demande de cocaïne sur le continent africain. Au moins 4 550 personnes ont été prises en charge pour des troubles liés à cette substance au cours des dernières années, principalement en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et en Afrique australe.

La Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) documente elle aussi cette évolution. Dans une étude publiée en septembre 2025, l’organisation présente l’Afrique de l’Ouest comme un espace stratégique pour le transit, le stockage et la conteneurisation de cocaïne à destination de l’Europe.

Selon cette analyse, des réseaux des Balkans occidentaux, en lien avec le Primeiro Comando da Capital (PCC) brésilien, exploitent notamment les infrastructures portuaires du Sénégal, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone.

La GI-TOC estime que la part de la cocaïne transitant par l’Afrique de l’Ouest pourrait représenter jusqu’à 50 % de la consommation européenne d’ici 2030. Dans ce dispositif régional, le port de Dakar est notamment identifié comme un point stratégique pour les exportations vers l’Espagne et d’autres marchés européens.

En juin 2026, une autre analyse de l’organisation, consacrée à la saisie de 30,2 tonnes de cocaïne à bord du cargo Arconian, est revenue sur le rôle croissant de l’Afrique de l’Ouest comme espace de stockage et de redistribution vers l’Europe.

Selon cette étude, la cargaison interceptée par les autorités espagnoles aurait probablement été chargée en Sierra Leone avant d’être acheminée par voie maritime vers l’Europe.

Presse sénégalaise : le bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale s’intensifie

Les relations entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale continuent de retenir l’attention de la presse sénégalaise. Les quotidiens de ce mercredi reviennent largement sur les événements de la séance plénière du mardi 29 septembre, marquée par deux nouveaux désaccords autour de textes soumis aux députés.

Le Quotidien ouvre sa une sur un « Rebelote ! », en référence à ce qu’il présente comme une nouvelle étape dans la bataille entre les deux pouvoirs. Le journal relève que la séance plénière s’est soldée par le renvoi en commission du projet de loi sur la carte d’identité biométrique et par le blocage de l’examen de la réforme du Code pétrolier.

Le premier épisode concerne le projet de loi n°21/2026 portant prorogation de la durée de validité de la carte d’identité biométrique CEDEAO. Alors que son adoption était prévue, le texte a finalement été renvoyé en commission après plusieurs interrogations soulevées par les députés, rapporte Sud Quotidien.

Le Quotidien présente ce renvoi comme le premier moment fort d’une journée parlementaire déjà tendue. Le texte devra ainsi faire l’objet d’un nouvel examen en commission avant de pouvoir revenir devant les députés.

L’après-midi, les débats ont été de nouveau interrompus, cette fois autour de la proposition de loi n°37/2026 portant modification du Code pétrolier. Alors que les députés devaient examiner le texte, la séance a été ajournée à la suite d’une saisine en urgence du Conseil constitutionnel par le gouvernement.

Selon les informations rapportées par Le Quotidien, le gouvernement a introduit un recours en irrecevabilité après le rejet du texte en commission. La saisine du Conseil constitutionnel a entraîné la suspension de l’examen de la proposition de loi.

WalfQuotidien revient également sur cet épisode. Le journal précise que la proposition portée par Pastef prévoit notamment que les contrats pétroliers soient approuvés par l’Assemblée nationale avant leur signature par le ministre et le président de la République.

Cette nouvelle séquence parlementaire intervient dans un contexte que plusieurs journaux décrivent comme marqué par des désaccords persistants entre l’Exécutif et la majorité parlementaire. EnQuête évoque ainsi un « désaccord politique » et une « défiance croissante », sur fond de débat autour des compétences respectives des deux institutions.

Sud Quotidien décrit pour sa part une séance plénière particulièrement mouvementée lors de cette troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Le quotidien retient les deux principaux événements de la journée : le renvoi en commission du texte sur la carte d’identité biométrique et le report de l’examen du Code pétrolier après la saisine du Conseil constitutionnel.

WalfQuotidien estime également que le bras de fer entre les deux pouvoirs ne connaît pas de répit. La proposition de modification du Code pétrolier constitue désormais l’un des principaux dossiers au centre de cette confrontation institutionnelle.

Au-delà de ces tensions, les journaux évoquent également l’installation du Conseil consultatif de la jeunesse. La cérémonie s’est tenue mardi à Dakar en présence du président Bassirou Diomaye Faye.

Le Conseil compte 1 277 membres. À cette occasion, le chef de l’État a appelé les jeunes à s’engager dans la transformation du pays et à adopter des comportements responsables, notamment dans l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux.

Le Soleil rapporte notamment les recommandations du président de la République, qui a invité les membres du Conseil à devenir des acteurs du changement. Bassirou Diomaye Faye les a également encouragés à ne pas se limiter à une utilisation passive de l’intelligence artificielle face aux mutations technologiques.

Dans cette livraison de la presse sénégalaise, l’actualité institutionnelle reste toutefois le principal sujet. Le renvoi du texte sur la carte d’identité biométrique et la saisine du Conseil constitutionnel autour du Code pétrolier constituent les deux nouveaux épisodes d’un désaccord entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale que plusieurs quotidiens continuent de suivre de près.

CAN 2027 : le Sénégal bat l’Éthiopie mais laisse encore planer le doute

Le Sénégal tient sa première victoire dans sa campagne de qualification pour la CAN 2027. Ce mardi 29 septembre 2026, les Lions se sont imposés 1-0 face à l’Éthiopie lors de la 2e journée, après leur nul 1-1 concédé au Mozambique. Un succès qui permet aux hommes de Patrick Vieira de prendre trois points, mais qui ne dissipe pas les interrogations autour du contenu proposé.

Le Sénégal a souffert, parfois sérieusement, mais a finalement obtenu l’essentiel à Addis-Abeba. Titulaire pour cette rencontre, Ibrahim Mbaye a rapidement placé les Lions sur les bons rails. Servi dans la profondeur par Nicolas Jackson, l’ailier d’Aston Villa a ajusté sa frappe et trouvé le chemin des filets dès la 11e minute.

Après cette ouverture du score, les Sénégalais ont semblé contrôler les débats pendant une partie de la première période. Mais l’Éthiopie a progressivement élevé son niveau d’intensité. Gugsa a notamment placé une tête au-dessus du but sénégalais, avant que Fikre ne manque de peu le cadre dans le temps additionnel.

La deuxième période a ensuite tourné à l’avantage des Éthiopiens. Portés par leur public, ces derniers ont imposé davantage de rythme et contraint les Lions à reculer. Le Sénégal a éprouvé des difficultés à ressortir proprement le ballon et à construire des offensives dangereuses.

Les hommes de Patrick Vieira ont dû attendre les dernières minutes pour se procurer une véritable occasion de faire le break. Nicolas Jackson n’a toutefois pas réussi à convertir cette opportunité, laissant l’Éthiopie dans la partie jusqu’au coup de sifflet final.

Malgré cette prestation compliquée, le Sénégal repart avec les trois points et une cage inviolée. Un clean-sheet particulièrement important pour une équipe qui n’avait remporté qu’un seul de ses sept derniers matchs, un succès 5-0 contre l’Irak.

Au classement du groupe J, les Lions occupent désormais la deuxième place avec quatre points, à égalité avec le Mozambique. Les Mozambicains ont largement dominé le Soudan (4-1) lors de cette deuxième journée.

Cette victoire permet donc au Sénégal de lancer véritablement sa campagne, mais la prestation face à l’Éthiopie laisse encore quelques interrogations. En deuxième période, les Éthiopiens ont plusieurs fois frôlé l’égalisation et mis la défense sénégalaise sous pression.

Patrick Vieira et ses joueurs auront une nouvelle occasion de travailler leurs automatismes et de rassurer le 4 octobre prochain. Les Lions affronteront les Comores en match amical au stade Vélodrome, avec un double objectif : confirmer le succès obtenu en Éthiopie et afficher davantage de maîtrise dans le jeu.