Chemin de fer sénégalais : la relance d’un levier stratégique longtemps négligé

Longtemps marginalisé au profit du transport routier, le chemin de fer sénégalais revient au cœur des priorités publiques. Face aux défis de compétitivité, d’intégration régionale et d’aménagement du territoire, les autorités misent sur une relance progressive d’un outil stratégique, plombé par des décennies de sous-investissement et de choix politiques hasardeux.

 

L’État du Sénégal affiche désormais une volonté claire de remettre sur les rails un secteur longtemps relégué au second plan : le chemin de fer. Jadis pilier du désenclavement territorial et de l’intégration économique, le réseau ferroviaire national revient au centre des priorités publiques, dans un contexte où la stratégie de développement par pôles territoriaux gagne en importance. Mais derrière cette ambition, subsistent les séquelles de décennies de décisions politiques peu cohérentes et d’un déficit chronique d’investissements.

Autrefois moteur de croissance et d’intégration sous-régionale, le rail sénégalais a progressivement perdu de son influence. Supplanté par le transport routier, fragilisé par le sous-financement et des réformes institutionnelles inachevées, il s’est marginalisé. Aujourd’hui, alors que les nouvelles autorités entendent positionner le Sénégal comme un hub logistique régional et un levier de croissance en Afrique de l’Ouest, la relance ferroviaire apparaît comme un impératif stratégique plutôt qu’un simple choix sectoriel.

Lors du Conseil des ministres du 4 février dernier, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rappelé que le développement des chemins de fer constitue une priorité nationale, inscrite dans la politique d’aménagement et d’attractivité du territoire. Il a instruit le ministre des Transports terrestres et aériens d’évaluer l’état d’avancement des projets et réformes du secteur ferroviaire. Le chef de l’État a surtout insisté sur la nécessité d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar–Tambacounda, d’achever l’élaboration de la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux du dialogue social et des revendications des agents du secteur.

Pour Joseph Gabriel Sambou, ancien directeur général des Petits Trains de Banlieue, un chemin de fer performant demeure un instrument stratégique pour un pays comme le Sénégal. Il permet de réduire significativement les coûts logistiques, notamment dans le transport de marchandises à grande échelle. Au-delà de l’aspect économique, souligne-t-il, le rail joue un rôle social déterminant en structurant les territoires, en soutenant les villes de l’intérieur comme Thiès, Guinguinéo, Tambacounda ou Kidira, et en favorisant une mobilité plus sûre et plus respectueuse de l’environnement que le transport routier.

Abdou Aziz Thiaw, spécialiste des questions ferroviaires, met en avant les bénéfices macroéconomiques qu’un réseau ferroviaire fonctionnel pourrait générer. Selon lui, le rail permet des économies d’échelle considérables, avec des coûts de transport bien inférieurs à ceux de la route. Cette baisse des charges logistiques renforcerait la compétitivité des entreprises sénégalaises et pourrait contribuer à une augmentation du PIB national de deux points, voire davantage. Il estime également que le développement de corridors multimodaux renforcerait le rôle du Sénégal comme plateforme logistique régionale.

Aujourd’hui, note-t-il, le corridor Est Sénégal–Mali concentre plus de 95 % du trafic de transit du Port de Dakar. Parallèlement, le corridor Nord reliant la Mauritanie au Sénégal, dominé par les flux miniers et agroalimentaires, enregistre un trafic quotidien d’environ 200 camions. Le rail offrirait une alternative crédible à ce transport routier intensif, en limitant l’usure des infrastructures, la congestion urbaine et les risques d’accidents. Dans le secteur minier, notamment pour l’exploitation des phosphates de Matam, le transport ferroviaire apparaît comme la solution la plus rationnelle face aux contraintes environnementales et logistiques du transport par camions.

Le corridor Dakar–Bamako, axe stratégique de relance

À titre illustratif, explique Abdou Aziz Thiaw, le transport de 135 millions de tonnes de phosphates par la route nécessiterait environ 4 545 camions, en supposant une capacité moyenne de 30 tonnes par rotation. Long de près de 1 200 kilomètres, le corridor Dakar–Bamako incarne ainsi les enjeux et le potentiel d’un chemin de fer performant. Pour Joseph Gabriel Sambou, cet axe historique doit constituer l’ossature de toute stratégie de relance ferroviaire. Sa dégradation, estime-t-il, a eu des répercussions directes sur les économies locales, le commerce sous-régional et la compétitivité du Port de Dakar.

Selon lui, la réhabilitation progressive de cette ligne est indispensable, non pas dans une logique de grande vitesse, mais dans une approche pragmatique axée sur le transport fiable et massif de marchandises. Une telle dynamique permettrait au Port de Dakar de préserver un avantage compétitif, en attendant la mise en service du port de Ndayane.

Au-delà du Mali, le rail offre au Sénégal des perspectives d’ouverture vers d’autres marchés régionaux. Abdou Aziz Thiaw souligne le potentiel du corridor Est Sénégal–Mali–Burkina Faso–Niger, qui représente plus de 95 % du trafic de transit du Port de Dakar. Actuellement, Dakar capte près de 68 % du transit vers le Mali, contre 23 % pour Abidjan. Le développement du transport ferroviaire renforcerait cette position, tout en réduisant les coûts logistiques et la dégradation du réseau routier.

Pour Joseph Gabriel Sambou, la volonté politique affichée est encourageante, mais elle doit s’accompagner de choix clairs et réalistes. À court terme, il plaide pour un plan d’urgence visant à sécuriser l’exploitation, à réhabiliter les points critiques de la voie, à renforcer le parc de locomotives et à investir dans la formation des ressources humaines.

Partir de l’existant pour bâtir l’avenir

Abdou Aziz Thiaw partage cette approche, estimant que la priorité doit être donnée à la remise à niveau des infrastructures existantes, notamment la ligne Dakar–Bamako, tout en améliorant les connexions avec les pôles agricoles, miniers, halieutiques et pastoraux. Cette orientation favoriserait l’industrialisation, la transformation locale des matières premières et la création d’emplois qualifiés.

La relance du rail, poursuit-il, aurait également un impact social majeur, en dynamisant les zones rurales, en améliorant l’accessibilité des régions enclavées et en contribuant à un meilleur équilibre territorial. À moyen terme, il appelle à un modèle institutionnel rénové, reposant sur des sociétés de patrimoine, un organe de régulation indépendant et une concession recentrée sur l’exploitation. À long terme, le chemin de fer devra être pleinement intégré dans une politique nationale et régionale de transport, soutenue par une vision cohérente et des partenariats financiers solides.

Décès d’un étudiant à l’UCAD : le gouvernement sénégalais annonce des mesures pour apaiser les campus

Après la mort tragique d’un étudiant en médecine à l’UCAD, le gouvernement sénégalais promet des mesures rapides, une enquête approfondie et un nouveau cadre de dialogue pour apaiser les tensions dans les universités publiques.

 

Quelques heures après un communiqué officiel annonçant le décès d’un étudiant en médecine, l’exécutif sénégalais a présenté, à la Primature, une série de mesures sécuritaires et de concertation, réaffirmant sa détermination à faire toute la lumière sur ce drame survenu en milieu universitaire.

Le gouvernement du Sénégal a dévoilé, mardi, un ensemble de dispositions structurelles et préventives destinées à calmer les tensions universitaires au Sénégal, au lendemain de la mort d’un étudiant lors de heurts à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Cette sortie gouvernementale s’est tenue à la Primature, en présence des ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Elle est intervenue quelques heures après la publication, mardi matin, d’un communiqué officiel de l’exécutif.

Dans ce texte, les autorités avaient confirmé le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de licence en médecine, survenu lundi aux environs de 18 heures, à la suite d’affrontements liés à des revendications estudiantines. Le gouvernement avait adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches et à la communauté universitaire, tout en assurant que « toute la lumière sera faite » sur les circonstances de cette disparition.

Face à la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mise en œuvre, « dans un délai d’une semaine », de mesures structurelles et préventives. Celles-ci incluent notamment une révision du protocole d’intervention des forces de défense et de sécurité (FDS) en milieu universitaire, dans un contexte marqué par des tensions universitaires au Sénégal.

« Notre objectif est clair et partagé : assurer la sécurité des étudiants et du personnel, et faire de l’université un espace apaisé, propice à l’apprentissage », a-t-il déclaré. Il a également annoncé la mise en place d’une cellule permanente de dialogue entre les étudiants et les FDS.

Le ministre a par ailleurs confirmé l’ouverture d’une enquête afin d’établir les faits et situer les responsabilités. « Tout comportement relevé lors des événements de lundi fait l’objet d’investigations susceptibles de conduire à des sanctions », a-t-il averti.

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a exhorté les étudiants à faire preuve de calme, de retenue et à rejeter toute forme de violence. « La vie humaine est sacrée. C’est dans l’apaisement et la responsabilité que nous honorerons la mémoire de l’étudiant disparu », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’engager des réformes structurelles pour améliorer durablement le système universitaire.

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a pour sa part assuré que la vérité sera établie et que les responsabilités seront situées « sans faiblesse ni protection ». Intervenant à son tour, le ministre des Forces armées, Birame Diop, a rappelé que le Sénégal demeure un pays de dialogue et de concertation. Il a assuré que les forces de sécurité continueront d’opérer avec professionnalisme, dans le respect du principe de proportionnalité et des droits fondamentaux des citoyens.

Les affrontements de lundi ont affecté aussi bien l’intérieur du campus de l’UCAD que l’avenue Cheikh Anta Diop et la corniche ouest de Dakar, entraînant d’importantes perturbations de la circulation. Les étudiants dénoncent notamment la fermeture de restaurants universitaires et une réforme annoncée du système de bourses. Des mouvements de protestation ont également été signalés dans d’autres universités publiques, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, illustrant l’ampleur des tensions universitaires au Sénégal.

Ce drame remet en mémoire de précédents décès survenus lors de contestations étudiantes au Sénégal, notamment ceux de Bassirou Faye en 2014 à l’UCAD et de Fallou Sène en 2018 à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Mort d’un étudiant à l’UCAD : la presse sénégalaise dissèque la parole gouvernementale

REVUE de PRESSE

Les quotidiens parvenus, mercredi, à l’Agence de presse sénégalaise (APS) accordent une large place au point de presse du gouvernement consacré au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lundi lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

L’exécutif a animé, à la Primature, une conférence de presse en lien avec la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Ont pris part à cet exercice de communication la ministre de la Justice, garde des Sceaux, le ministre des Forces armées, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

« Un mort, la République secouée », titre Sud Quotidien à sa Une, estimant que « la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors des violences à l’UCAD a provoqué une onde de choc à l’échelle nationale. Face à l’émotion et à l’indignation, le gouvernement promet de faire toute la lumière sur les circonstances du drame et annonce l’ouverture d’enquêtes judiciaires et administratives ».

Selon le journal, « des questions de sécurité publique à la justice, en passant par l’enseignement supérieur et les forces armées, les autorités appellent à l’apaisement, au dialogue et à la responsabilité collective ». Mais, ajoute Sud Quotidien, « ce drame remet sur la table le débat sur la gestion des crises universitaires, la réponse sécuritaire et l’avenir d’une institution appelée à demeurer un sanctuaire du savoir et de la vie humaine ».

Libération souligne que « l’État promet la lumière » sur la mort d’Abdoulaye Ba et « met en cause des influences extérieures ». Le quotidien rapporte que, lors de la conférence de presse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a diffusé des vidéos, tandis que le ministre de l’Enseignement supérieur a évoqué de possibles « remises d’argent ».

La garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, s’est engagée « devant le peuple à faire toute la clarté sur cette affaire », écrit Libération.

Pour Vox Populi, « le gouvernement s’explique, annonce des enquêtes et des poursuites, et fait des révélations ». Le journal mentionne la découverte de grenades lacrymogènes ainsi que d’armes blanches et contondantes lors de fouilles dans des chambres d’étudiants à l’UCAD, des éléments avancés pour justifier l’intervention des forces de l’ordre sur le campus social.

Les Echos relève que « face à une opinion publique profondément choquée, le ministre de l’Intérieur a livré une communication mêlant compassion officielle, justification sécuritaire et rappel ferme de l’autorité de l’État ».

Selon le quotidien, Mouhamadou Bamba Cissé « a condamné les violences policières tout en pointant la responsabilité de certains étudiants ».

Le Soleil note que le gouvernement « appelle à l’apaisement », précisant que le ministre de l’Intérieur a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le journal, qui s’est rendu au campus social, décrit un climat de « consternation » et de « désolation ».

« Au lendemain des violences qui ont secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba, le campus social s’est progressivement vidé de ses occupants dans une atmosphère lourde. Sommés de quitter les lieux avant midi, sur décision du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), des milliers d’étudiants ont quitté le campus dans la précipitation, laissant derrière eux un espace marqué par la tristesse et un profond sentiment de désillusion », écrit Le Soleil.

De son côté, L’Observateur rapporte que « les autorités ont pris la parole pour exprimer leur compassion et livrer leur lecture des événements ». Les ministres de l’Enseignement supérieur, de l’Intérieur et de la Justice ont, selon le journal, insisté sur la nécessité d’identifier les responsabilités et de préserver l’université en tant qu’espace de savoir.

Pour Le Quotidien, « l’origine des affrontements ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba au campus social de l’UCAD ne saurait être réduite à la question des franchises universitaires ou au paiement des rappels de bourses ». Le journal précise que « les ministres intervenus lors du point de presse ont condamné les violences ayant conduit à ce drame, tout en promettant que toute la lumière sera faite sur cette affaire ».

OGC Nice : Yehvann Diouf bousculé dans la cage après l’arrivée de Claude Puel

À l’OGC Nice, l’arrivée de Claude Puel a redistribué les rôles dans les cages. Yehvann Diouf, pourtant solide en première partie de saison, a perdu sa place au profit de Maxime Dupé, relançant le débat sur son avenir immédiat.

 

Un vent nouveau souffle sur la Côte d’Azur. Depuis la prise de fonctions de Claude Puel sur le banc de l’OGC Nice, fin décembre, la hiérarchie des gardiens a été profondément réaménagée. Maxime Dupé, longtemps cantonné au rôle de remplaçant, s’est installé comme titulaire, reléguant le portier sénégalais Yehvann Diouf sur le banc.

Un contexte profondément remanié

Avant la trêve hivernale, Yehvann Diouf (26 ans) faisait partie des rares motifs de satisfaction d’un début de saison compliqué pour le Gym. Aligné à seize reprises en Ligue 1, le gardien sénégalais avait affiché une constance appréciable et multiplié les arrêts décisifs. Sa cote avait également grimpé sur la scène continentale lors de la CAN 2025 au Maroc, où, remplaçant d’Édouard Mendy, il s’était distingué par son attitude solidaire, protégeant le matériel du gardien titulaire sous la pression marocaine, une séquence largement relayée.

Mais son départ pour la CAN a coïncidé avec un changement majeur au club. Franck Haise, l’entraîneur qui l’avait recruté et installé comme numéro un, a quitté Nice. Dans la foulée, Claude Puel a été nommé à la tête de l’équipe. Un tournant décisif.

L’effet Claude Puel

À son arrivée, Claude Puel a dû faire sans Diouf, engagé avec la sélection sénégalaise. Il a alors accordé sa confiance à Maxime Dupé (32 ans), gardien expérimenté, titularisé lors de cinq rencontres de Ligue 1. Solide et rassurant, Dupé a répondu présent. À un poste aussi exposé, la stabilité reste primordiale. Pragmatique, le nouvel entraîneur a choisi de maintenir le joueur qui donnait satisfaction.

Interrogé sur la gestion de ses portiers, Claude Puel s’est voulu sobre : « Le gardien est un élément du onze. J’ai observé les deux joueurs et nous avons fait le point. » Une sortie qui confirme une concurrence ouverte, sans garantie de retour automatique pour Diouf.

Une équation complexe pour Diouf

Pour Yehvann Diouf, la situation s’annonce délicate. Troisième dans la hiérarchie des gardiens en équipe nationale du Sénégal, une position déjà surprenante, il nourrit l’ambition de s’imposer durablement chez les Lions. Peut-il se contenter d’un rôle de doublure en club, à quelques mois de la Coupe du monde aux Amériques ? La question est posée.

À 26 ans, le temps reste un allié, mais le poste de gardien réclame rythme et exposition. Sans temps de jeu, difficile de franchir un palier et de convaincre les sélectionneurs. Le Sénégalais devra désormais saisir la moindre opportunité pour rappeler à Claude Puel qu’il a le profil d’un numéro un.

La rivalité entre Dupé et Diouf pourrait s’inscrire dans la durée. Si l’expérience et la dynamique actuelle favorisent Dupé, le potentiel et les qualités du portier sénégalais demeurent incontestables. Le changement d’entraîneur a rebattu les cartes. Reste à savoir si Yehvann Diouf saura reprendre l’ascendant… et conserver les gants.

UCAD : le gouvernement sénégalais annonce un point de presse après la mort d’un étudiant

Un point de presse est prévu ce mardi à la Primature pour faire la lumière sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors d’affrontements à l’UCAD, qui ont également provoqué des manifestations dans plusieurs villes sénégalaises.

 

Le gouvernement sénégalais tiendra un point de presse ce mardi à 16h30 à la Primature, pour faire le point sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lundi lors d’affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

« Compte tenu de la gravité des faits et dans un souci de transparence, un point de presse se déroulera ce mardi 10 février 2026 à 16h30 à la Primature, en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, du ministre des Forces armées, du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation », précise le communiqué publié par la porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye.

Le gouvernement insiste sur son attachement à la manifestation de la vérité et au respect de l’État de droit, s’engageant à « faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame et à établir les responsabilités éventuelles conformément aux lois et règlements en vigueur ».

« Le gouvernement réaffirme également sa détermination à garantir la sécurité du campus et la protection de tous les étudiants. Des mesures immédiates et appropriées seront prises à cet effet », ajoute le communiqué.

L’étudiant Abdoulaye Ba a trouvé la mort lundi dans des échauffourées impliquant les forces de l’ordre, qui se sont déroulées à l’intérieur de l’université, sur l’avenue Cheikh-Anta-Diop et la corniche ouest de Dakar. Les mouvements de protestation étudiante dénoncent la fermeture des restaurants universitaires et la réforme annoncée du système de bourses. Des manifestations similaires ont été signalées dans d’autres universités publiques du pays, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor.

Décès d’un étudiant à l’UCAD : l’État promet toute la lumière

Le décès d’un étudiant lors d’affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar plonge la communauté universitaire dans l’émoi. Le gouvernement promet de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame, sur fond de tensions persistantes.

 

Le gouvernement sénégalais a fait part de sa vive émotion après le décès d’un étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, tout en assurant que les responsabilités seront situées, dans un climat marqué par de nouvelles tensions sur le campus.

Les autorités sénégalaises ont réagi, mardi, à la mort d’un étudiant de l’UCAD, survenue la veille à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, à la suite d’affrontements liés à des revendications estudiantines. Dans un communiqué transmis à APA, l’exécutif a promis que « toute la lumière sera faite » sur les circonstances de ce drame.

Dans ce document officiel, le gouvernement a confirmé le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de licence en médecine. Il a également adressé ses condoléances à la famille de la victime, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire.

L’exécutif a appelé l’ensemble des acteurs concernés à la retenue, à la responsabilité et à l’apaisement, tout en réaffirmant son attachement au respect de l’État de droit.

Il a par ailleurs assuré que les circonstances de la mort de l’étudiant de l’UCAD seront établies conformément aux lois et règlements en vigueur. Des mesures immédiates ont été annoncées afin de renforcer la sécurité du campus social et garantir la protection des étudiants. Un point de presse est prévu ce mardi à la Primature, en présence notamment des ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Selon des sources concordantes, le décès de l’étudiant est survenu aux environs de 18 heures. L’information a été confirmée par Serigne Saliou Fall, responsable de la commission sociale de l’Amicale des étudiants de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de l’UCAD, dans une déclaration à Radio Futurs Médias (privée).

Ce nouveau drame ravive le souvenir de précédents décès liés aux mouvements de contestation estudiantine au Sénégal. En août 2014, l’étudiant Bassirou Faye avait perdu la vie lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à l’UCAD, sur fond de manifestations liées au paiement des bourses. En mai 2018, la mort de Fallou Sène à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, touché par balle lors d’une intervention sécuritaire, avait profondément choqué l’opinion et relancé le débat national sur la gestion des crises universitaires.

Les heurts de lundi se sont déroulés à l’intérieur du campus universitaire, mais également sur l’avenue Cheikh Anta Diop et la corniche ouest de Dakar, provoquant d’importantes perturbations de la circulation.

Les étudiants protestent notamment contre la fermeture de restaurants universitaires et une réforme annoncée du système de bourses. Des mouvements de contestation ont aussi été signalés dans d’autres universités publiques, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, selon l’APS, dans un contexte où la mort étudiant UCAD continue de susciter une vive émotion.

UCAD : la colère estudiantine vire au drame

La mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, lors des affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, secoue la presse sénégalaise. Les quotidiens décrivent une journée de violences inédites ayant plongé la communauté universitaire dans l’émoi et l’indignation.

 

Les quotidiens parvenus, ce mardi reviennent largement sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lundi lors des violents affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), un drame qui remet au premier plan la question de la mort étudiant UCAD.

« Du feu, du gaz et la… mort d’un étudiant », titre Vox Populi. « Un mort, le chaos », affiche L’As. « Une mort de trop », souligne Libération.

« L’irréparable » s’est produit à l’UCAD, estime L’Observateur, qui retrace la « chronique d’une journée de fureur ayant coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba ».

« La crise estudiantine a basculé dans le drame, hier lundi 9 février 2026, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Alors que de violents heurts ont opposé étudiants et Forces de défense et de sécurité (FDS) dans plusieurs zones du campus et sur les axes avoisinants, des blessés ont été enregistrés et la mort d’un étudiant a été annoncée par ses camarades, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation », écrit L’Obs.

« En l’espace de quelques heures, la stupeur a traversé l’UCAD, figée dans une douleur immense. Abdoulaye Ba, âgé d’une vingtaine d’années, étudiant en deuxième année de Médecine dentaire, nourrissait pourtant de grands espoirs pour l’avenir », souligne le quotidien.

Pour WalfQuotidien, c’est le « chaos total à l’UCAD ». « Alors que les étudiants avaient observé une journée morte sans manifestation, les forces de l’ordre ont fait irruption lundi matin à l’intérieur du campus, procédant à des tirs massifs de gaz lacrymogène, y compris dans les pavillons. Une situation jugée inhumaine par la communauté estudiantine, déjà éprouvée par la fermeture prolongée des restaurants universitaires et l’absence de prise en charge médicale », rapporte le journal.

Le Soleil évoque, pour sa part, le retour des « vieux démons » à l’UCAD. « La tension est montée d’un cran à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où les restaurants du campus social sont quasiment fermés depuis vendredi, à la suite des “journées sans tickets” décrétées par le Collectif des amicales pour exiger le paiement des arriérés de bourses. Hier, l’UCAD a encore connu une journée particulièrement tendue, marquée par l’intervention des forces de l’ordre dans le périmètre du Centre des œuvres universitaires (COUD), aux environs de 10 heures », note la publication.

« Gaz lacrymogène, pavillons en flammes, l’université transformée en champ de bataille », affiche Sud Quotidien à sa Une.

« Les manifestations étudiantes ont dégénéré en véritables scènes de guérilla, plongeant l’opinion sénégalaise dans la stupeur et l’inquiétude. Ce qui n’était au départ qu’une mobilisation revendicative a rapidement tourné au chaos, une situation rarement observée sur le campus », analyse Sud.

Le Quotidien parle d’un « dérapage mortel », soulignant que « les scènes vécues lundi à l’UCAD ont marqué les esprits par leur brutalité extrême ».

« Des grenades lacrymogènes tirées jusque dans les résidences universitaires, des forces de sécurité pénétrant dans les chambres pour en expulser les occupants ont semé la panique. Un étudiant, violemment interpellé, s’est retrouvé étendu au sol pour recevoir des soins d’urgence, tandis qu’une autre séquence montre un jeune battu à coups de pied sous les yeux de ses camarades, suscitant une vague d’indignation », décrit le journal, dans un contexte toujours marqué par la mort étudiant UCAD.

Sénégal : la levée de l’immunité de Farba Ngom au cœur d’une nouvelle enquête judiciaire

L’Assemblée nationale a constitué une commission pour statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, impliqué dans de nouvelles accusations liées à des téléphones portables détenus en prison et à un blanchiment de capitaux.

 

L’Assemblée nationale sénégalaise a validé, lundi 9 février 2026, la liste des dix membres de la commission ad hoc chargée d’examiner la levée de l’immunité parlementaire du député de l’opposition Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, désormais visé par de nouvelles poursuites judiciaires.

Une commission mixte pour statuer sur l’immunité de Farba Ngom

La commission comprend les députés Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao, Ansoumana Sarr (Pastef, majorité), Djimo Souaré (Takku Wallu, opposition) et Moussa Hamady Sarr (non-inscrit). Après la ratification, les membres doivent se réunir pour élire leur bureau et examiner, dès lundi prochain, le projet de résolution relatif à la levée de l’immunité de Farba Ngom.

Nouvelles accusations contre le député

Détenu depuis février 2025 dans le cadre d’une affaire présumée de blanchiment de capitaux, le député est désormais visé par des accusations de « trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public », après la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule.

Lors d’un point de presse le 13 janvier, la ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a indiqué que Farba Ngom, maire d’une commune de la région de Matam et proche de l’ex-président Macky Sall, aurait diffusé des procès-verbaux confidentiels, partagé des contenus pornographiques et mené des échanges politiques susceptibles de perturber l’ordre public.

Selon Mme Fall, malgré sa détention dans une cellule réservée aux prisonniers malades, le député utilisait les téléphones pour communiquer avec des journalistes, des avocats, des personnalités politiques et des contacts à l’international (États-Unis, Autriche, Maroc, Mali et Bangladesh). L’exploitation des appareils aurait révélé la possession de documents judiciaires confidentiels et de contenus illicites.

Une affaire de blanchiment de capitaux de 125 milliards FCFA

Farba Ngom est également accusé de blanchiment de capitaux portant sur 125 milliards de francs CFA, selon le Pool judiciaire financier (PJF). Il reste sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, après sa deuxième comparution devant le collège des juges d’instruction. Son co‑prévenu, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, a été placé sous liberté provisoire avec contrôle judiciaire.

La nouvelle enquête vise à déterminer la responsabilité de Farba Ngom dans ces faits graves et à situer l’impact de ses actions sur l’ordre public et le respect de la législation pénitentiaire.

Chelsea : Mamadou Sarr de retour avec de grandes ambitions

De retour à Chelsea après l’arrêt prématuré de son prêt à Strasbourg durant le mercato hivernal, Mamadou Sarr retrouve un environnement où son talent est clairement reconnu. Le manager des Blues, Liam Rosenior, s’est montré satisfait de pouvoir intégrer le jeune défenseur sénégalais, tout en insistant sur le niveau d’exigence qui l’attend.

 

Dans un entretien accordé au site officiel de Chelsea, le technicien britannique de 41 ans a salué la décision prise par la direction du club. « Je suis très heureux de l’avoir avec nous. Je remercie les directeurs sportifs et les propriétaires d’avoir soutenu ce que je considérais comme la meilleure option, à la fois pour l’équipe et pour la progression de sa carrière », a confié Rosenior.

L’entraîneur londonien a également souligné l’évolution notable du joueur, observée aussi bien en club qu’en sélection nationale. « J’ai vu une réelle progression chez Mamadou, y compris lors de sa prestation en finale de la CAN. Il a franchi un cap sur le plan physique et tactique. C’est aussi un secteur où nous avions besoin de renforts », a-t-il expliqué, évoquant ainsi Mamadou Sarr.

Pour autant, Liam Rosenior n’a pas éludé la forte concurrence qui règne au sein de l’effectif. « Il aura des opportunités, mais il sait qu’il devra les mériter. La concurrence est rude, car nous disposons de nombreux défenseurs centraux de grande qualité », a-t-il averti.

L’un des principaux atouts de Mamadou Sarr reste toutefois sa grande polyvalence. « Trevoh Chalobah peut évoluer à plusieurs postes, Wesley Fofana aussi, Mamadou est capable de jouer sur les trois positions défensives, tout comme Josh Acheampong. Cette flexibilité est précieuse, notamment dans notre manière de construire le jeu », a détaillé le coach.

Pour le manager des Blues, le défenseur sénégalais dépasse largement un rôle figé. « Je ne considère pas un joueur comme simplement axial, droit ou gauche. Mamadou peut occuper tous les postes défensifs et le faire à un niveau très élevé », a conclu Rosenior, rappelant une polyvalence déjà démontrée en sélection sénégalaise lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Maroc.

Sénégal oriental : Diomaye Faye promet un développement plus juste et équilibré

En tournée économique à Tambacounda et Kédougou depuis le 5 février, le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa détermination à réduire les inégalités territoriales et à renforcer la justice sociale, tout en saluant l’engagement des populations et des Forces de défense et de sécurité.

 

Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé sa ferme volonté de lutter contre les disparités sociales et territoriales, tout en œuvrant à un développement « plus équitable », à l’issue de sa tournée économique entamée le 5 février dans les régions de Tambacounda et de Kédougou.

« Je conclus ma tournée à Tambacounda et à Kédougou avec un profond sens du devoir et de gratitude […] Je quitte le Sénégal oriental avec une détermination encore plus forte : celle de poursuivre, avec rigueur et constance, les réformes engagées afin de transformer concrètement le quotidien des populations, réduire les inégalités et promouvoir un développement plus juste, mieux réparti et plus humain », a-t-il déclaré dans un message publié sur le réseau social X, évoquant ainsi la tournée Diomaye Faye.

Le président de la République a tenu à exprimer sa reconnaissance aux populations de ces deux « magnifiques régions » pour l’accueil qui lui a été réservé, saluant la chaleur humaine et la sincérité des échanges.

« Leur écoute attentive, leur patience et leur confiance illustrent combien la relation entre l’État et les citoyens repose sur le respect mutuel et une présence effective sur le terrain », a-t-il souligné.

Au fil des différentes étapes de cette tournée Diomaye Faye, le chef de l’État indique avoir recueilli des préoccupations « légitimes et récurrentes », notamment en matière d’emploi, d’accès aux services sociaux de base, de désenclavement, de formation professionnelle et de sécurité.

Selon lui, ces attentes traduisent « une aspiration profonde à l’équité territoriale et à la justice sociale », rappelant que le développement ne peut être pertinent que s’il bénéficie à toutes les populations, sans discrimination géographique ou sociale, et qu’aucune région ne doit rester en marge de l’effort national. Par ailleurs, le président Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à l’administration territoriale, pour leur engagement constant, leur professionnalisme et leur sens élevé du devoir.

Il a estimé que la présence des Forces de défense et de sécurité, leur vigilance et leur proximité avec les citoyens constituent « un pilier fondamental de la stabilité, de la cohésion nationale et du développement durable », insistant sur le fait que la République leur doit « reconnaissance et soutien permanents », partout où elles sont déployées, notamment dans le cadre de la tournée Diomaye Faye.