Alassane Diallo et Ibrahim Issa bénéficient d’un non-lieu dans l’affaire du marché de 119,87 millions FCFA

L’ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (Dage) du ministère des Mines, Alassane Diallo, et le chef d’entreprise Ibrahim Issa ne feront finalement pas face à des poursuites pour détournement de deniers publics dans une affaire portant sur un marché de 119,87 millions de F CFA.

Le troisième cabinet d’instruction de Dakar a rendu une ordonnance de non-lieu en leur faveur. Cette décision a ensuite été confirmée par la Chambre d’accusation de Dakar dans un arrêt rendu le 3 septembre 2026. Le dossier trouve son origine dans les constatations du rapport de la Cour des comptes consacré à la gestion du fonds « Force Covid » sur la période 2020-2021. Il concernait un marché destiné à la construction et à l’équipement d’une unité de traitement gravimétrique à Kédougou, au profit des orpailleurs.

Au total, 119,87 millions de F CFA avaient été décaissés par le Trésor public au bénéfice de la Société commerciale du Groupe Issa (SCGI). Sur cette somme, 73,2 millions de F CFA avaient été réglés alors que les travaux de construction n’avaient pas encore commencé sur le site.

Au cours de l’instruction, Alassane Diallo et Ibrahim Issa ont expliqué que ce paiement anticipé avait pour objectif de préserver les fonds publics, alors menacés d’annulation avec la clôture de la gestion budgétaire 2020.

L’opération reposait sur une déclaration sur l’honneur du prestataire ainsi que sur des factures jugées régulières. Le démarrage des travaux restait toutefois conditionné à la mise à disposition d’un terrain de 1 000 m² par le gouverneur de la région de Kédougou.

Les investigations ont par ailleurs établi que le matériel d’équipement, évalué à 80 millions de F CFA, avait bien été acquis auprès du fournisseur du prestataire. Un procès-verbal de constat dressé par un huissier a contribué à établir cette acquisition.

Ces équipements ont ensuite été acheminés et livrés à Kédougou sur instruction de la tutelle ministérielle. Dans son ordonnance, le juge d’instruction a retenu l’existence d’un début d’exécution du marché. Il a également constaté que l’arrêt du projet était lié à l’indisponibilité du site prévu pour accueillir l’unité.

Le paiement avant la réalisation du service constituait bien une irrégularité sur le plan de la procédure administrative. Toutefois, le cabinet d’instruction n’a pas retenu l’existence d’une intention de détourner ou de soustraire les deniers publics.

L’absence d’élément moral permettant de caractériser l’infraction prévue par l’article 152 du Code pénal a conduit le juge à abandonner les charges visant les deux hommes. L’ordonnance de non-lieu a ensuite été confirmée par la Chambre d’accusation de Dakar le 3 septembre 2026.

Sénégal : la presse scrute les nouveaux partenariats économiques et les réformes en cours

Les relations entre Dakar et Abu Dhabi, les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), la dette publique et les réformes économiques occupent une place importante dans les quotidiens sénégalais parvenus ce jeudi. La presse revient également sur la nouvelle session extraordinaire de l’Assemblée nationale et sur les difficultés du secteur privé.

Le Soleil ouvre le dossier économique avec la visite d’État de Bassirou Diomaye Faye aux Émirats arabes unis. Le président sénégalais s’est entretenu mercredi avec le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, président de la Fédération des Émirats arabes unis.

Le quotidien voit dans cette rencontre une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre Dakar et Abu Dhabi. Il rappelle que cette coopération s’est déjà traduite par plusieurs projets structurants, dont la construction du port de Ndayane, situé à 50 kilomètres au sud de Dakar. Le journal insiste sur les perspectives de consolidation de l’axe Dakar-Abu Dhabi.

L’As s’intéresse pour sa part aux contours du nouveau partenariat économique envisagé entre les deux pays. Les discussions portent sur plusieurs secteurs, dont les finances, les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la logistique et le numérique.

L’Observateur résume cette dynamique en titrant sur les bases d’un « grand deal économique » entre Bassirou Diomaye Faye et Mohammed bin Zayed. Avant son déplacement aux Émirats arabes unis, le président sénégalais était à Washington. Il y a rencontré mardi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Selon Le Soleil, celle-ci a exprimé sa disposition à accompagner les efforts de réforme engagés par le Sénégal.

Tribune relève de son côté que la responsable du FMI a salué les progrès économiques du pays et confirmé la préparation d’un nouveau programme pour Dakar.

EnQuête s’attarde davantage sur la question de la dette. Le journal observe que la restructuration de la dette du Sénégal « sort du discours » du FMI. Il estime que les échanges de Washington mettent plutôt l’accent sur la restructuration de la liquidité et sur la viabilité de la dette. La publication souligne également que le Cadre commun du G20 et la restructuration ne figurent pas dans les communications officielles relatives aux rencontres du président sénégalais à Washington.

Sur le front institutionnel, plusieurs quotidiens se penchent sur la nouvelle session extraordinaire de l’Assemblée nationale prévue vendredi. Le Quotidien annonce l’examen de plusieurs textes législatifs, portant notamment sur la modification du Code pétrolier, les lois de finances et la santé en milieu carcéral. Les propositions de loi devraient y occuper une place importante.

Les Echos revient plus particulièrement sur la réglementation des crédits spéciaux. Après l’invalidation par le Conseil constitutionnel d’une proposition de loi portée par Pastef sur l’encadrement de ces fonds, des députés du parti majoritaire reviennent avec une nouvelle initiative. Selon le journal, ils souhaitent maintenir leur volonté de limiter les fonds spéciaux du chef de l’État à certaines dépenses, notamment la défense nationale, la sécurité intérieure et extérieure, le renseignement et les actions diplomatiques. La proposition vise également à faire entrer ces fonds dans le domaine de la loi et à renforcer le rôle de l’Assemblée nationale et de sa commission des finances dans leur contrôle.

WalfQuotidien aborde le même dossier sous l’angle du contrôle des fonds sociaux et spéciaux. Le journal rapporte que le bureau de l’Assemblée nationale a adopté un arrêté portant réglementation de ses dépenses spéciales.

Sud Quotidien indique pour sa part que le Forum du justiciable demande la publication de ce texte afin que les parlementaires, les organes de contrôle et les citoyens puissent en prendre connaissance. Les préoccupations économiques ne s’arrêtent pas aux relations internationales et aux réformes institutionnelles. WalfQuotidien revient sur la cherté de la vie et la situation économique du pays, en soulignant les difficultés auxquelles le président Bassirou Diomaye Faye doit faire face pour contenir la grogne sociale.

Le Quotidien s’intéresse enfin à la rencontre prévue ce jeudi entre le Premier ministre Ahmadou Al Aminnou Lô et le secteur privé. L’apurement de la dette intérieure, la relance de l’économie et le poids de la fiscalité sur les entreprises doivent figurer au menu des échanges.

Le journal décrit une rencontre particulièrement attendue, alors que les entreprises privées font face à d’importantes créances détenues sur l’État. L’objectif affiché est de dégager des solutions permettant de soulager leur trésorerie et de favoriser la reprise de l’investissement.

JOJ Dakar 2026 : les médailles racontent le Sénégal entre héritage et modernité

Aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les médailles ne se limiteront pas à récompenser les performances sportives. Elles porteront également une histoire, celle du Sénégal et d’une jeunesse africaine réunie autour d’un événement olympique inédit sur le continent.

Conçues comme un dialogue entre plusieurs univers, leurs deux faces associent des symboles familiers du Sénégal aux références de l’Olympisme et de la modernité. Le lion et le baobab occupent une place centrale dans cette représentation.

Sur l’avers, le lion s’impose au centre de la médaille. Figure emblématique du Sénégal, il renvoie à la force et au courage, des valeurs étroitement associées à la pratique sportive. Le dessin apporte toutefois une dimension supplémentaire à cette représentation. La crinière du félin est composée de deux visages inspirés de l’artisanat sénégalais. Leur disposition symétrique évoque l’équité entre les compétiteurs. Des lauriers d’olivier complètent le motif, en référence à la tradition olympique et aux valeurs de victoire, de paix et d’excellence.

Cette création porte le nom de « The Roar of Youth », soit « le rugissement de la jeunesse ». Elle est signée par la designer espagnole Pilar Barbadillo Vicario. Âgée de 26 ans au moment de sa sélection, elle a été choisie à l’issue d’un appel à propositions lancé à l’échelle mondiale par le Comité international olympique.

Au revers, le lion cède sa place au baobab. Symbole majeur du Sénégal et du continent africain, l’arbre évoque la longévité, la sagesse et la transmission. Dans l’univers des JOJ, il représente également une jeunesse tournée vers l’avenir sans se détourner de ses racines.

Le traitement graphique du baobab introduit cependant une autre lecture. Ses branches et ses racines se déploient dans un mouvement de courbes et de contre-courbes. Certaines lignes évoquent même des câbles électriques.

Le choix traduit l’idée d’un patrimoine capable d’évoluer avec son époque. Le baobab devient le lien entre une mémoire ancienne et un avenir marqué par les nouvelles technologies. Cette rencontre entre héritage et modernité rejoint directement le thème « De l’Histoire à l’Avenir » associé aux JOJ Dakar 2026. Le lion rappelle la force et l’identité, tandis que le baobab renvoie aux racines et à la transmission. Les références olympiques et numériques ouvrent, elles, cette identité sur la compétition internationale et le monde contemporain.

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux, les médailles donnent donc une première représentation concrète de l’esprit de Dakar 2026. Elles associent la jeunesse, le sport et l’identité du pays hôte dans un même objet.

Sur les podiums, elles viendront distinguer les performances des jeunes athlètes. Elles constitueront également les témoins d’un moment historique pour le continent africain, avec l’organisation pour la première fois des Jeux olympiques de la jeunesse en Afrique.

Sénégal : l’Assemblée nationale ouvre sa troisième session extraordinaire de l’année ce vendredi

L’Assemblée nationale du Sénégal se réunira en troisième session extraordinaire au titre de l’année 2026. L’ouverture est prévue le vendredi 18 septembre à 10 heures, selon un communiqué de l’institution parlementaire publié mardi.

La décision a été prise par le bureau de l’Assemblée nationale, qui a convoqué cette nouvelle session et arrêté son ordre du jour. Cette réunion intervient après une première session extraordinaire consacrée à plusieurs textes législatifs.

Au cours de sa réunion, le bureau a également adopté un « arrêté de Bureau relatif aux dépenses spéciales », précise le communiqué. La première session extraordinaire de 2026 avait porté sur l’examen de trois projets de loi et de huit propositions de loi. Parmi ces textes figurait une proposition relative aux régimes juridiques des crédits spéciaux.

La troisième session extraordinaire doit donc s’ouvrir vendredi 18 septembre à 10 heures, conformément à la décision prise par le bureau de l’Assemblée nationale.

Sénégal : la relance pétrogazière, le dossier FMI et les fortes pluies dominent les journaux

Les quotidiens sénégalais parvenus mercredi 16 septembre consacrent une large place à trois sujets majeurs. La relance de l’exploration pétrolière et gazière, les résultats de la visite de Bassirou Diomaye Faye aux États-Unis et les conséquences des fortes pluies enregistrées mardi occupent l’essentiel des unes.

Sur le front pétrogazier, Le Soleil revient sur le protocole d’accord signé entre le ministère de l’Énergie et du Pétrole et le groupe italien Eni. Le partenariat prévoit l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier du Sénégal à travers cinq blocs offshore.

Le quotidien présente cette opération, financée par le groupe italien, comme un retour de l’exploration au centre de la stratégie nationale et comme un signal adressé aux investisseurs internationaux.

L’Observateur revient également sur cet accord, signé en marge du salon international Gastech 2026, organisé à Bangkok. Le journal y voit une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement de relancer l’exploration pétrolière et gazière, de promouvoir le bassin sédimentaire sénégalais et d’attirer de nouveaux investissements dans l’amont pétrolier.

La visite de Bassirou Diomaye Faye à Washington occupe également une place importante dans les journaux. Le Soleil met en avant la rencontre entre le chef de l’État et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), sous le titre « Le dialogue se consolide ». Le quotidien rapporte que les deux parties souhaitent avancer rapidement vers l’approbation, par le conseil d’administration du FMI, de l’accord technique portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars.

L’Observateur revient également sur cette audience et rappelle que le Sénégal et le FMI ont conclu début septembre un accord technique ouvrant la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 240 milliards de francs CFA. L’objectif annoncé est de redresser les finances publiques et de relancer l’économie.

WalfQuotidien résume pour sa part les enjeux liés à ce dossier sous le titre « Course contre la montre ». Le journal s’intéresse au traitement de la dette sénégalaise et aux discussions engagées par Bassirou Diomaye Faye avec le FMI et la Banque mondiale.

Les Echos affirme de son côté que le président sénégalais a réussi à faire avancer le dossier du pays jusqu’au conseil d’administration du FMI. Le quotidien souligne que des financements sont attendus pour apporter un soutien au secteur privé.

Vox Populi rapporte également une déclaration de Bassirou Diomaye Faye dans laquelle le président assure vouloir poursuivre ses efforts jusqu’à ce que les Sénégalais constatent une amélioration de leurs conditions de vie. Le voyage présidentiel est également abordé sous l’angle des relations avec le secteur privé américain. Source A relève que le chef de l’État a obtenu 300 millions de dollars destinés au numérique et participé à trois audiences avec des acteurs économiques américains. Le quotidien souligne que ces échanges ont été inscrits dans la politique de souveraineté défendue par le président.

À côté de ces questions économiques, les fortes pluies enregistrées mardi matin occupent une autre partie de la presse. L’Info titre « Le ciel s’ouvre, Dakar et Thiès sombrent », pour décrire les perturbations provoquées par les précipitations.

Yoor-Yoor revient sur les routes coupées, les commerces paralysés et les habitations envahies par les eaux. Le quotidien met en avant les difficultés persistantes liées à l’évacuation des eaux pluviales, particulièrement dans la capitale.

Sud Quotidien titre « Dakar noyée par ses vieux démons ». Le journal rapporte que les rafales de vent accompagnées de fortes précipitations ont perturbé les déplacements dans plusieurs quartiers de Dakar. Des axes routiers ont été paralysés, tandis que des habitations ont été touchées par les eaux.

Entre la relance de l’exploration pétrogazière, les discussions avec les institutions financières internationales et les difficultés provoquées par les pluies, la presse sénégalaise met donc en lumière des enjeux qui touchent à la fois les perspectives économiques du pays et les préoccupations immédiates des populations.

Bassirou Diomaye Faye invite les entreprises américaines à investir dans les secteurs prioritaires au Sénégal

À Washington, Bassirou Diomaye Faye poursuit son offensive auprès du secteur privé américain. Le président sénégalais a échangé lundi 14 septembre 2026 avec une délégation de la Chambre de commerce des États-Unis, à laquelle il a présenté les opportunités offertes par le Sénégal et appelé les entreprises américaines à renforcer leurs investissements dans les secteurs prioritaires du pays.

La rencontre était conduite par Kendra Gaither, présidente du U.S.-Africa Business Center. Elle réunissait notamment son vice-président, Dr Guevera Yao, ainsi que des dirigeants d’entreprises américaines, parmi lesquels des représentants de Motorola Solutions et de Kosmos Energy.

Cette audience constituait le deuxième rendez-vous du chef de l’État avec le secteur privé américain au cours de la matinée, après celui accordé à la société Cybastion. Elle intervient dans le prolongement de plusieurs échanges engagés entre Dakar et le patronat américain depuis plus d’un an.

La Chambre de commerce des États-Unis avait notamment reçu Bassirou Diomaye Faye à Washington en juillet 2025, avant de poursuivre les discussions à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Depuis, l’organisation a continué de mobiliser ses membres autour de plusieurs priorités économiques sénégalaises, notamment dans l’énergie, la santé et le numérique.

Face à ses interlocuteurs américains, le président sénégalais a présenté les éléments qui, selon lui, doivent conforter l’attractivité du Sénégal. Il a notamment mis en avant la stabilité des institutions, l’expérience démocratique du pays, l’État de droit et la protection des contrats, ainsi que l’ouverture de l’économie.

La position géographique du Sénégal a également été présentée comme un avantage. Dakar se situe à environ sept à huit heures de vol des États-Unis, un atout que le chef de l’État entend mettre davantage en valeur dans sa stratégie d’attraction des investisseurs américains.

Bassirou Diomaye Faye a aussi abordé la situation des finances publiques. Il a rappelé le choix fait par son gouvernement de mettre en lumière l’état des comptes publics et d’engager les mesures nécessaires à leur assainissement.

Dans ce contexte, l’accord technique conclu avec le Fonds monétaire international est présenté comme un élément susceptible de renforcer la confiance des partenaires du Sénégal. Pour le chef de l’État, les efforts engagés doivent permettre au pays de repartir sur des bases économiques plus solides et de créer un environnement davantage favorable à l’investissement.

Le président sénégalais souhaite désormais transformer cette dynamique en projets concrets. Il a invité les entreprises américaines à s’engager notamment dans l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, la santé et le numérique.

Pour Dakar, l’objectif n’est toutefois pas de rechercher des capitaux à n’importe quel prix. Bassirou Diomaye Faye défend l’idée de partenariats durables, dans lesquels les intérêts de l’investisseur doivent pouvoir rejoindre ceux de l’économie sénégalaise. Les projets recherchés sont ainsi ceux capables de générer des emplois qualifiés, de favoriser le transfert de compétences et d’améliorer l’accès des populations aux services essentiels.

Le chef de l’État a également inscrit cette ambition dans la continuité de certaines expériences déjà menées avec les États-Unis, notamment à travers le Millennium Challenge Account et l’AGOA. Il souhaite que ces acquis servent de base à une relation économique davantage orientée vers le commerce et l’investissement.

De son côté, la Chambre de commerce des États-Unis a réaffirmé l’intérêt de ses membres pour le marché sénégalais. L’organisation s’est également dite disponible pour contribuer à la mise en place de partenariats public-privé solides.

À Washington, Bassirou Diomaye Faye poursuit donc une démarche destinée à rapprocher davantage le Sénégal du secteur privé américain. Après les échanges avec Cybastion et la Chambre de commerce des États-Unis, Dakar cherche à convertir l’intérêt affiché par les entreprises américaines en investissements dans des secteurs jugés essentiels à son développement.

L’enjeu est désormais de transformer ces discussions en engagements concrets, avec l’ambition affichée de faire de l’investissement américain un levier de création d’emplois, de transfert de compétences et de transformation économique au Sénégal.

Sénégal : la diphtérie fait neuf morts sur 76 cas recensés dans 11 régions

La diphtérie continue de faire l’objet d’une surveillance renforcée au Sénégal. Au 13 septembre 2026, le pays comptabilise 76 cas de cette maladie infectieuse, dont neuf décès, selon un communiqué du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Les cas recensés sont répartis dans 24 districts sanitaires relevant de 11 régions du pays. La région de Kédougou concentre à elle seule 28 infections, ce qui en fait le principal foyer identifié à ce stade. Le district de Kédougou compte 18 cas, contre huit à Saraya et deux à Salémata.

Dakar arrive ensuite avec 12 cas. La situation y est notamment marquée par le district de Guédiawaye, qui en totalise sept. Thiès compte pour sa part 10 cas, suivie de Louga avec neuf infections. Diourbel enregistre huit cas, tandis que Kaolack en compte trois.

La maladie a également été signalée dans plusieurs autres régions. Matam compte deux cas. Fatick, Kolda, Saint-Louis et Tambacounda enregistrent chacune un cas. Face à ce bilan, les autorités sanitaires rappellent que la diphtérie est une maladie infectieuse et contagieuse, mais qu’elle peut être évitée grâce à la vaccination. Le ministère appelle ainsi les parents à respecter le calendrier vaccinal du Programme élargi de vaccination et à vérifier régulièrement le statut vaccinal de leurs enfants.

Cette vérification doit notamment permettre d’identifier les éventuelles doses manquantes et de procéder aux rattrapages nécessaires. Pour les autorités, la vaccination constitue un moyen essentiel de prévention face à cette maladie. Le ministère demande également à la population de ne pas attendre en cas de symptômes évocateurs. Un mal de gorge, une fièvre, des difficultés à avaler, un enrouement ou un gonflement du cou doivent conduire à consulter rapidement une structure de santé. La présence de membranes grisâtres dans la gorge constitue également un signe nécessitant une prise en charge médicale rapide.

Avec neuf décès déjà enregistrés, les autorités sanitaires appellent donc à une vigilance accrue, particulièrement autour de la vaccination et de la détection précoce des cas. Le ministère rappelle que toute personne souhaitant obtenir des informations peut joindre gratuitement les services compétents au 800 00 50 50, au 1919 ou au 1515 pour le SAMU.

Caisse des dépôts et consignations du Sénégal : Fadilou Keita démis de ses fonctions par décret présidentiel

Le départ de Fadilou Keita de la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est désormais officiel. Le chef de l’État a mis fin à ses fonctions par décret, daté du 10 septembre 2026.

Fadilou Keita a lui-même annoncé la décision ce mardi, après avoir reçu la notification du texte présidentiel. Il a précisé que le décret met également en place une période de transition à la tête de l’institution, avec la nomination du Secrétaire général comme directeur général par intérim.

« J’ai reçu ce matin la notification d’un décret antidaté du 10 septembre 2026 mettant fin à mes fonctions de Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et nommant le Secrétaire général comme Directeur général par intérim », a-t-il indiqué dans une publication sur Facebook.

À la suite de cette décision, l’ancien patron de la CDC a adressé ses remerciements aux membres de la Commission de surveillance, aux directeurs des filiales et aux partenaires de l’institution. Il a également salué l’ensemble du personnel du Groupe CDC pour la collaboration durant son passage à la direction.

Fadilou Keita affirme quitter ses fonctions sans amertume. Il dit partir « sans aucun regret » et avec « le sentiment du devoir accompli ». Dans son message, il a également revendiqué une position fondée sur ses convictions. « Je quitte mes fonctions en me rangeant du côté des hommes d’honneur et de conviction. Je vous donne rendez-vous après ma passation de service, Insha Allah », a-t-il conclu.

En attendant la nomination d’un nouveau directeur général, le Secrétaire général de la Caisse des dépôts et consignations assurera donc la direction de l’institution à titre intérimaire.

Cybastion annonce 300 millions de dollars pour accélérer la digitalisation du Sénégal

Le numérique pourrait franchir un nouveau cap au Sénégal. À Washington, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu lundi une délégation de la société américaine Cybastion, qui a annoncé la mobilisation d’environ 300 millions de dollars pour accompagner plusieurs projets structurants dans le pays.

La délégation de Cybastion était conduite par son président-directeur général, Thierry Wandji. À l’issue des échanges avec le chef de l’État sénégalais, l’entreprise américaine a annoncé son intention de financer des projets portant notamment sur la cybersécurité, les centres de données, le transfert de technologies et le renforcement des capacités nationales.

Cette enveloppe doit ainsi contribuer au développement des infrastructures et des compétences nécessaires à la transformation numérique du Sénégal. Les projets prévus ne seront par ailleurs pas exclusivement portés par des acteurs étrangers. Des start-up sénégalaises doivent être associées à leur mise en œuvre, selon la présidence sénégalaise.

Au cours de la rencontre, Bassirou Diomaye Faye a rappelé les grandes orientations de sa politique en matière de souveraineté économique et technologique. Le président sénégalais a appelé à privilégier des partenariats « gagnant-gagnant », permettant au pays de tirer davantage de bénéfices des investissements et des transferts de compétences.

L’enjeu est également social. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de créer davantage d’emplois pour les jeunes et d’améliorer les services proposés aux populations grâce aux outils numériques.

La séquence américaine s’est poursuivie avec une rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et une délégation de la Chambre de commerce des États-Unis. Celle-ci était conduite par Kendra Gaither, présidente du U.S.-Africa Business Center, en présence de dirigeants d’entreprises américaines déjà actives au Sénégal dans les domaines de l’énergie, de la santé et du numérique.

Face à ces investisseurs, le président sénégalais a présenté les principaux atouts du pays. Il a notamment mis en avant son cadre institutionnel, l’ouverture de son économie ainsi que sa position géographique, autant d’éléments destinés à renforcer son attractivité auprès du secteur privé américain.

Bassirou Diomaye Faye a également invité les entreprises américaines à s’intéresser davantage aux secteurs considérés comme prioritaires pour le développement du Sénégal. Il a, dans ce cadre, insisté sur la transparence et la rigueur dans la gestion des finances publiques.

L’annonce de Cybastion intervient ainsi dans une démarche plus large de recherche de partenariats économiques et technologiques engagée par Dakar. Avec les 300 millions de dollars annoncés, le gouvernement entend accélérer la transformation numérique tout en favorisant le développement des compétences locales et la participation des start-up sénégalaises.

Au-delà du financement, l’enjeu pour le Sénégal sera désormais de transformer ces annonces en infrastructures, en compétences et en emplois, afin que la digitalisation contribue directement aux objectifs de souveraineté technologique et de développement économique du pays.

La visite de Bassirou Diomaye Faye à Washington et l’arrivée de Patrick Vieira dominent les journaux

La visite de travail de Bassirou Diomaye Faye à Washington et l’arrivée de Patrick Vieira à la tête de l’équipe nationale de football occupent une place centrale dans les quotidiens sénégalais de ce mardi 15 septembre 2026. Les journaux s’intéressent à la fois aux enjeux économiques et financiers du déplacement présidentiel aux États-Unis et aux premiers pas attendus du nouveau sélectionneur des Lions.

Le Soleil met en avant les résultats de la visite du chef de l’État auprès des partenaires américains. Le quotidien rapporte que le Sénégal a obtenu la confirmation de la disponibilité de la Banque mondiale à poursuivre son accompagnement au cours des prochaines années. Cet appui doit notamment contribuer à préserver la stabilité du cadre macroéconomique et à accélérer les transformations structurelles de l’économie. Le journal revient également sur les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et des investisseurs américains, parmi lesquels des responsables de la Chambre de commerce des États-Unis. L’emploi, l’énergie et la protection sociale figuraient notamment parmi les priorités évoquées. Ces acteurs ont réaffirmé leur intérêt pour le Sénégal et les opportunités offertes par son économie.

Le Quotidien s’attarde davantage sur le rendez-vous annoncé entre le président sénégalais et Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international. La rencontre prévue ce mardi intervient à la veille d’une réunion jugée cruciale du conseil d’administration du FMI consacrée au Sénégal. Le journal présente cette étape comme l’un des principaux enjeux du séjour présidentiel à Washington. Il relève également que Bassirou Diomaye Faye mène une offensive auprès du patronat américain et des grandes entreprises technologiques, avec notamment une promesse d’investissement de 300 millions de dollars. Mais pour Le Quotidien, le principal enjeu reste la rencontre avec la patronne du FMI, qui pourrait contribuer à accélérer le décaissement des crédits annoncés au profit du Sénégal, pour un montant de l’ordre de 2,2 milliards de dollars.

Sur le front sportif, l’arrivée de Patrick Vieira à la tête des Lions occupe également une large place dans les journaux. Record consacre sa Une au technicien franco-sénégalais avec le titre « Enfin, Patrick Vieira se dévoile ». Le quotidien spécialisé annonce la présentation officielle du nouveau sélectionneur par la Fédération sénégalaise de football vendredi au stade Léopold Sédar Senghor. Cette présentation doit mettre fin à une période de flottement autour de la sélection et sera accompagnée de la publication de la première liste de joueurs convoqués par Vieira depuis sa nomination.

L’ancien international français, nommé le 18 août dernier, se dit « honoré et fier de rejoindre le Sénégal », rapporte Record. Il affiche également son impatience de rencontrer le groupe et de commencer son travail à la tête de l’équipe nationale.

L’As souligne justement l’ampleur de la tâche qui attend le nouveau sélectionneur. Selon le quotidien, Patrick Vieira se dit « impatient » de découvrir son groupe, mais fait face à « un immense chantier » qui commence dès cette semaine. La première trêve internationale post-Coupe du monde constituera ainsi sa première véritable occasion de poser les bases de son projet avec les Lions.

Sud Quotidien considère de son côté que la présentation officielle de Patrick Vieira marquera « le véritable coup d’envoi de son aventure » à la tête de la sélection. Le journal attend notamment la publication de sa première liste, qui donnera une première indication sur ses choix et ses orientations.

Au-delà de Washington et de la sélection nationale, les journaux abordent également plusieurs dossiers politiques et économiques. L’As s’intéresse à la situation de l’Alliance pour la République, le parti de l’ancien président Macky Sall. Face aux départs, aux repositionnements individuels et aux ralliements à la mouvance présidentielle, le quotidien estime que l’APR « se désagrège dans le silence ». Il observe que les signes de fragilisation se multiplient depuis plusieurs mois, sans qu’une réaction collective de l’ancien parti au pouvoir soit véritablement perceptible.

Walfquotidien se penche pour sa part sur la fusion des agences et la rationalisation des dépenses publiques. Le journal estime que la logique politique pourrait désormais peser sur les orientations annoncées par Bassirou Diomaye Faye. Les prochaines élections locales et législatives ainsi que les ralliements vers la mouvance présidentielle pourraient, selon cette publication, pousser le chef de l’État à revoir certaines ambitions de rationalisation de l’appareil public afin de répondre aux nouvelles réalités politiques.

La question de l’entretien des infrastructures publiques est enfin soulevée par Sud Quotidien. Sous le titre « Le Sénégal construit, mais n’entretient pas », le journal met en évidence les limites d’une politique qui privilégie la construction de nouveaux ouvrages sans toujours assurer suffisamment leur maintenance. Routes, écoles, hôpitaux, réseaux d’assainissement, marchés, infrastructures électriques et ouvrages de transport seraient concernés par cette problématique.

Pour Sud Quotidien, le Sénégal dispose aujourd’hui d’un patrimoine public important, mais celui-ci se dégrade faute d’entretien et de renouvellement suffisants. Une situation qui pose la question de la durabilité des investissements réalisés par l’État et de la nécessité d’intégrer davantage la maintenance dans les politiques publiques.

Entre les négociations économiques et financières engagées à Washington, les premiers pas très attendus de Patrick Vieira et les interrogations sur la vie politique et la gestion des infrastructures, la presse sénégalaise offre ainsi ce mardi un regard croisé sur les principaux enjeux du pays.