Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : trois agents du COUD inculpés, leurs collègues dénoncent une décision injustifiée

Cinq mois après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), la procédure judiciaire connaît un nouveau développement. Selon des informations relayées par la RFM, trois agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger ». Une décision qui suscite une vive contestation au sein de leurs collègues.

Le 9 février 2026, Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, avait perdu la vie après une chute du quatrième étage d’un bâtiment de l’UCAD, au cours d’affrontements opposant les forces de l’ordre à des étudiants qui réclamaient le paiement d’arriérés de bourses. À l’issue des premières investigations, le procureur du tribunal de Dakar avait écarté l’hypothèse d’une intervention policière, concluant à une chute accidentelle. Désormais, ce sont trois agents du COUD qui devront répondre de cette affaire devant la justice.

Réunis en assemblée générale ce jeudi, les membres de l’Intersyndicale des agents du COUD ont vivement dénoncé ces inculpations, qu’ils considèrent comme dénuées de fondement. Sans dévoiler la nature des actions envisagées, ils annoncent toutefois une mobilisation pour soutenir leurs collègues.

Pour Emmanuel Sène, membre de l’Intersyndicale, les agents du COUD ne sauraient être tenus pour responsables du drame. « Ce qui s’est passé le 9 février à l’université, les agents du COUD n’en sont nullement responsables. Au contraire, nous avons sauvé des vies. Nous avons bravé les gaz lacrymogènes. Il ne peut y avoir de responsabilités des agents du COUD sur la mort de l’étudiant », a-t-il déclaré.

Le responsable syndical estime par ailleurs que les images enregistrées le jour des faits permettraient d’établir les responsabilités. Selon lui, si les autorités exploitent ces vidéos, elles pourront « facilement déduire qui est responsable de la mort » d’Abdoulaye Ba.

Un professeur de droit estime que rien ne s’oppose juridiquement au retour de Macky Sall au Sénégal

Le professeur de droit pénal à l’UCAD, Ousseynou Samba, estime qu’aucun obstacle juridique ne s’oppose actuellement au retour de l’ancien président Macky Sall au Sénégal. Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’universitaire affirme que l’ex-chef de l’État ne fait l’objet d’aucune procédure susceptible de l’empêcher de rentrer dans son pays.

« Sur le plan judiciaire, Macky Sall peut revenir sans être inquiété, il n’y a aucune pression qui pèse sur lui », soutient le juriste, qui écarte l’hypothèse de poursuites judiciaires. Selon lui, aucune infraction caractérisée ne peut être retenue contre l’ancien président, qualifiant de « ridicule » toute tentative de l’inculper pour crimes contre l’humanité.

Abordant les dossiers liés à la gestion de l’État, le professeur Ousseynou Samba rappelle que les faits survenus lors des événements de 2021 à 2023 sont, selon lui, couverts par la loi d’amnistie. L’universitaire minimise également la portée politique des manifestations hostiles visant l’ancien chef de l’État, qu’il attribue à des « campagnes organisées par Pastef ».

Réaffirmant sa position, il conclut : « S’ils inventent, les juges leur feront comprendre que c’est ridicule », estimant qu’il n’existe, à ce stade, aucun fondement juridique à d’éventuelles poursuites contre Macky Sall.

Le Sénégal suspend les importations de riz pour accélérer l’écoulement de la production locale

Le gouvernement sénégalais a adopté, mercredi 8 juillet, une série de mesures destinées à soutenir la commercialisation du riz local et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Réunis au ministère de l’Industrie et du Commerce sous la présidence du ministre Dr Serigne Guèye Diop, les représentants de la Primature, des ministères concernés, de la SAED, des organisations de commerçants et des principaux acteurs de la filière rizicole ont validé un plan d’urgence articulé autour de la régulation du marché, du soutien financier aux industriels et d’un suivi renforcé de la commercialisation.

Le marché régulé pour donner la priorité au riz local

Parmi les décisions phares figure la suspension, avec effet immédiat et pour une durée d’un mois, de la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA). Cette mesure vise à limiter l’arrivée de riz importé sur le marché afin de faciliter l’écoulement des stocks de production nationale.

Le gouvernement met également en place un mécanisme d’indexation des quotas d’importation. Désormais, les opérateurs économiques devront justifier de l’achat de quantités déterminées de riz local avant de pouvoir prétendre à de nouveaux quotas d’importation.

Les autorités ont, en outre, arrêté le principe d’une répartition des 37 000 tonnes de riz blanc actuellement disponibles, selon les estimations de la SAED, entre les différents importateurs. Parallèlement, les prévisions de transformation pour la prochaine campagne sont évaluées à 64 000 tonnes de riz blanc au niveau des rizeries.

Un appui financier pour renforcer la compétitivité

Afin d’améliorer la compétitivité du riz produit au Sénégal, le prix d’achat par les importateurs a été fixé à 280 FCFA le kilogramme. Les rizeries bénéficieront également d’une subvention de 50 FCFA par kilogramme pour compenser une partie des coûts de production et de transformation.

Le ministère de l’Économie et des Finances est chargé de mettre en place les dispositions administratives nécessaires afin d’assurer la couverture budgétaire de cette mesure.

Une campagne nationale et un suivi rapproché

Le plan gouvernemental prévoit aussi le lancement d’une vaste campagne nationale de promotion du riz local, pilotée par le ministère chargé du Commerce, afin d’encourager les consommateurs à privilégier durablement la production nationale.

Sur le terrain, les enlèvements des stocks de riz local par les opérateurs économiques doivent débuter dès la semaine prochaine. Conformément aux orientations du Premier ministre, les achats institutionnels des ministères, des administrations et des autres structures publiques feront l’objet d’un suivi rigoureux pour garantir la priorité accordée au riz produit au Sénégal.

Enfin, le comité de suivi de la commercialisation du riz local tiendra des réunions hebdomadaires et transmettra régulièrement des rapports aux autorités afin de veiller à la mise en œuvre effective des mesures arrêtées.

Dette intérieure et riz local : les inquiétudes des entreprises et des producteurs dominent la presse sénégalaise

La dette intérieure de l’État et les difficultés d’écoulement du riz local occupent largement les Unes des quotidiens sénégalais ce jeudi. Entre les mises en garde du patronat sur les risques de licenciements et les mesures annoncées par le gouvernement pour soutenir la filière rizicole, la presse met en lumière deux dossiers aux importantes implications économiques.

La question de la dette intérieure retient particulièrement l’attention. Citant le président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, Le Quotidien rapporte que les entreprises sénégalaises pourraient être contraintes de procéder à des licenciements si l’État n’accélère pas le règlement de ses arriérés. Selon lui, les entreprises ont déjà fait preuve de suffisamment de patience et les charges qu’elles supportent sont désormais devenues « insupportables ».

Cette alerte a été lancée lors d’une rencontre avec la vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’Économie sociale, Yolanda Díaz. D’après L’As, Baïdy Agne a salué la décision des autorités de relancer les chantiers du secteur du BTP tout en appelant le gouvernement à accélérer l’apurement de la dette intérieure afin de soulager les entreprises.

Dans la même dynamique, WalfQuotidien évoque une « pression maximale » exercée sur l’État par le secteur privé. Le journal souligne que le patronat continue d’attendre des actes concrets après les annonces gouvernementales, Baïdy Agne affirmant espérer que les engagements pris récemment en Conseil des ministres seront rapidement suivis d’effets.

L’autre grand sujet de la revue de presse concerne la mévente du riz local, devenue, selon Enquête, un véritable casse-tête pour les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal. Le quotidien souligne le paradoxe d’un pays qui demeure l’un des principaux importateurs de riz en Afrique de l’Ouest alors que la production nationale peine à trouver des débouchés. Les producteurs dénoncent notamment une concurrence qu’ils jugent faussée par les subventions accordées au riz importé et s’interrogent sur la progression continue des importations malgré les annonces de récoltes records.

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de suspendre pendant un mois la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA), principal document autorisant les importations de riz. Le Soleil explique que cette mesure, adoptée à l’issue d’une réunion entre les autorités, les commerçants et les acteurs de la filière, vise à favoriser l’écoulement de la production nationale.

Pour Le Quotidien, cette décision marque un tournant dans la stratégie des pouvoirs publics. Le journal souligne que la suspension temporaire des importations s’accompagne d’un futur mécanisme liant les quotas d’importation à l’achat du riz local, ainsi que d’un soutien accru aux rizeries. Une approche destinée à réduire les stocks invendus et à renforcer durablement la place du riz produit au Sénégal sur le marché national.

Oumar Sow appelle Macky Sall à clarifier sa position avant une éventuelle rencontre avec Bassirou Diomaye Faye

À la suite des informations évoquant une possible rencontre entre l’ancien président Macky Sall et le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, l’ancien ministre Oumar Sow est sorti de son silence. Dans un message publié sur sa page Facebook, il interpelle directement l’ex-président de la République et l’invite à clarifier sa position vis-à-vis de ses militants, estimant qu’ils « méritent la vérité » face aux spéculations suscitées par cette éventuelle entrevue.

 

Dans une publication au ton particulièrement ferme, Oumar Sow revient sur les relations tendues entre le pouvoir actuel et l’ancien régime. Il rappelle que, selon lui, plusieurs responsables de l’ancien pouvoir ont été emprisonnés, contraints à l’exil ou victimes de représailles, tandis que Macky Sall a été désigné comme le principal responsable des difficultés du pays. Il souligne également que, durant cette période, l’ancien chef de l’État s’est consacré à sa carrière internationale avec le soutien de ses militants et sympathisants.

L’ancien ministre affirme que ceux qui dirigent aujourd’hui le Sénégal avaient refusé d’apporter leur soutien à Macky Sall, l’accusant d’être à l’origine des difficultés rencontrées par les Sénégalais. Il relève ensuite que le président Bassirou Diomaye Faye travaille désormais à la structuration de son propre parti politique tout en cherchant, selon lui, à rallier des responsables, maires et élus issus de l’ancien camp présidentiel. C’est dans ce contexte qu’il s’interroge sur le sens d’une éventuelle rencontre entre les deux hommes, évoquée par le journaliste Madiambal Diagne.

« Cette rencontre est-elle une simple courtoisie institutionnelle ou une stratégie politique destinée à légitimer la transhumance ? Est-ce la continuité du protocole du Cap Manuel ? Ou bien les intérêts personnels et familiaux ont-ils fini par prendre le dessus sur les engagements politiques ? », écrit-il.

S’adressant directement à Macky Sall, Oumar Sow affirme que les militants de l’ancien pouvoir ont continué à résister malgré son absence, rappelant que certains auraient payé un lourd tribut à travers des emprisonnements, des licenciements, des intimidations ou d’autres sacrifices. Il estime qu’un éventuel soutien, même indirect, au pouvoir actuel pourrait être difficilement compris par cette base militante.

« Si cette rencontre devait servir à offrir un soutien, même indirect, au pouvoir actuel, je crains que vous n’ayez davantage à perdre qu’à gagner. Et si tel est votre choix, dites-le clairement à vos militants. Ils méritent la vérité », écrit-il encore.

En conclusion, Oumar Sow affirme que les responsables refusant toute transhumance politique sauront, selon lui, se rassembler au sein d’un large mouvement d’opposition afin de proposer une alternative aux Sénégalais. Il termine son message par une déclaration de principe : « La loyauté ne se négocie pas. Les convictions ne se vendent pas. Le peuple, lui, n’oublie jamais. »

Amadou Chérif Diouf nommé conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale

Amadou Chérif Diouf a annoncé sa nomination au poste de conseiller spécial auprès du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Dans un message publié à cette occasion, il a fait part de sa satisfaction et de sa reconnaissance pour la confiance que lui accorde le président de l’institution parlementaire.

« J’ai le grand plaisir de vous annoncer ma nomination comme conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré, avant d’adresser « sa profonde gratitude » à Ousmane Sonko « pour la confiance placée en moi ». Pour Amadou Chérif Diouf, cette désignation représente « un immense honneur » et marque une nouvelle étape de son parcours au sein des institutions.

Le nouveau conseiller spécial s’est également dit fier de rejoindre l’Assemblée nationale aux côtés de celui qu’il présente comme le « Guide de la Révolution ». Il a enfin réaffirmé « son engagement et sa loyauté » envers Ousmane Sonko, assurant vouloir mettre toute son énergie au service des missions qui lui sont désormais confiées.

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye saisit le Conseil constitutionnel contre la révision de la Constitution

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a engagé une nouvelle étape dans le dossier de la révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin 2026. Selon une source judiciaire citée par l’Agence de presse sénégalaise, le chef de l’État a déposé, ce mardi, un recours en inconstitutionnalité contestant la procédure ayant conduit à l’adoption du texte.

D’après le chef du Greffe du Conseil constitutionnel, Maître El Hadji Macky Barro, le recours a été introduit par Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour, agissant au nom et pour le compte du président de la République. La requête vise une « violation de la procédure de révision constitutionnelle » concernant la loi n°18/2026 adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin dernier. Le dossier a été enregistré le même jour au greffe du Conseil constitutionnel sous le numéro 6/C/26.

Le recours a été déposé en procédure d’urgence. Dans son courrier de transmission, le président de la République a invoqué les dispositions de l’alinéa 5 de l’article 17 de la loi organique relative au Conseil constitutionnel afin que l’affaire soit examinée dans un délai de huit jours.

Selon le greffe, la requête, signée en deux exemplaires et revêtue du cachet présidentiel, est accompagnée d’une dizaine de pièces justificatives. Parmi celles-ci figurent notamment deux copies de la loi n°18/2026 faisant l’objet du recours, deux copies du courrier du président de l’Assemblée nationale transmettant cette loi au chef de l’État, ainsi que deux copies de l’avis n°594 du 19 juin 2026 adressé par le président de la République au président de l’Assemblée nationale.

Le dossier comprend également plusieurs documents relatifs au déroulement de la procédure législative, notamment les courriers portant transmission des amendements du gouvernement, le décret désignant le ministre de la Justice comme représentant du gouvernement lors de l’examen du texte, les amendements présentés en commission et en séance plénière, ainsi que le discours prononcé par le garde des Sceaux devant les députés le 29 juin.

Enfin, le recours est complété par deux copies du procès-verbal de transmission des images et des enregistrements de la séance plénière du 29 juin 2026, établi le 3 juillet par des huissiers de justice à Dakar. Le Conseil constitutionnel est désormais appelé à se prononcer sur la conformité de la procédure ayant conduit à l’adoption de cette révision de la Constitution.

Réformes du travail au Sénégal : le FSDT annonce une grève générale de 24 heures le 10 juillet

À Dakar, le climat social s’alourdit autour des projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Réuni en assemblée générale ce week-end, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a décidé de durcir le ton en annonçant une grève générale de 24 heures, prévue pour le vendredi 10 juillet 2026, sur l’ensemble du territoire national. Une décision qui intervient en réaction à des réformes que la plateforme syndicale estime élaborées sans véritable concertation avec les partenaires sociaux.

Dans sa déclaration, le FSDT accuse le gouvernement de s’éloigner des principes du dialogue social, pourtant inscrits dans le Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. Pour les syndicats, les textes en préparation contiendraient des dispositions susceptibles de remettre en cause certains acquis des travailleurs et d’affaiblir leurs conditions de travail ainsi que leur protection sociale. Malgré plusieurs démarches entreprises auprès des autorités pour obtenir un cadre de concertation inclusif, le Front affirme n’avoir obtenu aucune réponse satisfaisante, dénonçant une conduite jugée unilatérale des réformes, pourtant déterminantes pour les relations professionnelles et l’équilibre du système de sécurité sociale.

Au-delà de son opposition aux projets de textes, le FSDT formule également un ensemble de revendications sociales précises. Le syndicat réclame notamment la réintégration des 911 travailleurs licenciés dans les secteurs public et parapublic, l’extension de l’indemnité de logement aux agents contractuels de la santé, mais aussi aux personnels des universités et des entreprises parapubliques qui en sont exclus. Il appelle également à l’ouverture de négociations tripartites entre l’État, les organisations syndicales et le patronat, dans l’objectif d’aboutir à un consensus sur les réformes en cours.

Prévue de zéro heure à minuit le 10 juillet, la grève devrait concerner l’ensemble des secteurs public, parapublic et privé. Le FSDT appelle les travailleurs à une forte mobilisation, présentant ce mot d’ordre comme une réponse à ce qu’il qualifie d’absence de dialogue social sincère et de non-respect des engagements des autorités. Cette montée de tension intervient alors que le gouvernement affiche sa volonté de moderniser le cadre juridique du travail et de la protection sociale afin de l’adapter aux mutations économiques et aux nouveaux défis du marché de l’emploi. Une démarche que les syndicats jugent néanmoins impossible sans un accord préalable avec les partenaires sociaux, estimant qu’un passage en force risquerait d’aggraver les tensions.

Dans ce contexte déjà tendu, le FSDT prévient que cette journée de grève pourrait ne constituer qu’une première étape, si le processus de révision n’est pas suspendu et si des discussions jugées crédibles ne sont pas rapidement engagées avec les représentants des travailleurs.

La Fédération Sénégalaise de Football entend porter plainte contre plusieurs médias locaux

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) passe à l’offensive judiciaire. L’instance dirigeante du football sénégalais a annoncé avoir déposé une plainte contre plusieurs médias locaux à la suite de la publication d’un article mettant en cause le comportement de ses dirigeants durant la Coupe du monde 2026. La Fédération rejette catégoriquement ces accusations, qu’elle qualifie de mensongères, diffamatoires et attentatoires à sa réputation, et affirme vouloir obtenir que toute la lumière soit faite par la justice.

Dans un communiqué, la FSF explique que cette procédure intervient après la large diffusion d’un article intitulé « Mondial des fédéraux aux USA : soirées de gala, bouteilles d’alcool millésimées, présence de “galante compagnie” au menu ». Selon elle, les faits rapportés sont totalement infondés et portent gravement atteinte à l’honneur de ses dirigeants ainsi qu’à l’image de l’institution auprès du public, de ses partenaires et des instances internationales du football.

La Fédération précise avoir confié cette procédure à son président, Abdoulaye Fall, assisté de son conseil, Me Mohamed Seydou Diagne. Une plainte pénale a été déposée le 3 juillet 2026 auprès du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

La FSF indique que les poursuites visent notamment des faits présumés de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles. Elle affirme avoir transmis au parquet les éléments qu’elle estime nécessaires afin qu’une enquête permette d’identifier les auteurs et éventuels complices des publications incriminées.

Voici l’intégralité du communiqué de la Fédération, reproduit sans modification :

«La Fédération Sénégalaise de Football tient à informer le peuple sénégalais, ainsi que l’opinion publique nationale et internationale, des graves dérives médiatiques survenues à la suite de la participation de la sélection nationale à la Coupe du Monde de la FIFA 2026 co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Depuis hier, un article calomnieux intitulé « Mondial des fédéraux aux USA : soirées de gala, bouteilles d’alcool millésimées, présence de « galante compagnie » au menu » a été publié et massivement relayé sur les réseaux sociaux et supports numériques.

Le contenu de cette publication impute de manière péremptoire aux dirigeants de la FSF des comportements d’une gravité extrême, totalement contraires à la probité, à l’éthique et à la dignité de leurs charges.

La FSF conteste formellement et catégoriquement la matérialité de ces affirmations mensongères, dont le seul et unique but est de jeter le discrédit sur l’institution.

Face à cette campagne médiatique coordonnée qui porte une atteinte majeure à sa réputation auprès du Peuple sénégalais, des familles, de la FIFA, de la CAF, de ses partenaires économiques et des sponsors officiels, l’instance fédérale a décidé d’agir avec la plus grande fermeté par la voie légale.

En conséquence, la FSF, agissant par l’organe de son Président, Monsieur Abdoulaye FALL, et par le biais d’un de ses conseils, Maître Mohamed SEYDOU DIAGNE, Avocat à la Cour, a déposé ce jour, vendredi 03 juillet 2026, une plainte pénale formelle entre les mains de Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

Les infractions visées, reposant sur les articles 255, 258, 260 et 262 du Code Pénal ainsi que sur les dispositions du Code de la Presse, concernent notamment:

  1. La diffamation;
  2. La diffusion de fausses nouvelles.

La FSF a transmis au Parquet l’ensemble des éléments de preuve nécessaires afin qu’une enquête préliminaire exhaustive soit immédiatement ordonnée pour identifier et poursuivre tous les auteurs et complices de ces publications diffamatoires. Tout en réaffirmant son respect absolu pour la liberté de la presse et le droit à l’information, la FSF rappelle que l’exercice du journalisme doit impérativement se conformer aux règles élémentaires de la déontologie et de la vérification factuelle. Aucune entreprise de déstabilisation visant à saboter la sérénité requise pour la gestion du football sénégalais ne sera tolérée. La Fédération Sénégalaise de Football réitère sa confiance totale en la justice sénégalaise pour rétablir l’honneur de ses dirigeants bénévoles et professionnels.»

Diomaye Faye veut créer son parti : la presse sénégalaise décrypte une recomposition politique

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de transformer la coalition Diomaye Président en un parti politique continue de dominer les colonnes de la presse sénégalaise. Au lendemain de son audience avec 306 maires issus des quatorze régions du pays, les quotidiens analysent les conséquences d’une initiative qui pourrait redessiner les équilibres de la majorité présidentielle.

 

Pour Le Soleil, cette volonté répond avant tout à un objectif d’organisation. Le chef de l’État souhaite doter sa mouvance d’une structure politique unifiée capable de mieux défendre son action et celle du gouvernement. Le journal souligne que cette évolution vise à renforcer la cohésion de la majorité autour du président.

De son côté, Sud Quotidien voit dans cette annonce une étape décisive de la consolidation du pouvoir présidentiel. Le quotidien relève toutefois que la revendication du soutien de 306 maires a immédiatement suscité une réaction de l’opposition. Les responsables de Alliance pour la République (APR) contestent ce chiffre et dénoncent ce qu’ils qualifient d’opération de communication politique.

L’analyse de Le Quotidien va plus loin. Selon le journal, cette initiative marque le début d’une véritable recomposition politique. En créant sa propre formation, Bassirou Diomaye Faye chercherait à s’émanciper de l’influence de PASTEF, son parti d’origine dirigé par Ousmane Sonko, tout en ouvrant sa future structure aux élus et cadres déçus de l’APR de Macky Sall.

Dans le même temps, L’Info relaie le rejet catégorique de cette initiative par la Chambre des élus de l’APR, qui considère les chiffres avancés par la coalition présidentielle comme une manipulation politique destinée à gonfler artificiellement son influence.

Le ton est plus critique dans Tribune, qui oppose les priorités politiques aux préoccupations sociales à travers une manchette dénonçant un peuple laissé de côté pendant que le président prépare son parti et que son ancien Premier ministre poursuit le développement de sa propre formation politique.

À l’inverse, WalfQuotidien met en avant le soutien affiché par Abdourahmane Diouf et son parti Awalé, qui approuvent sans réserve la création d’un grand parti présidentiel dirigé par Bassirou Diomaye Faye.

Le quotidien nuance toutefois la portée électorale de cette stratégie. Dans son analyse, il rappelle que l’histoire politique du Sénégal montre que le ralliement massif d’élus locaux ne garantit pas une victoire présidentielle. Le chroniqueur cite notamment les précédents d’Abdou Diouf, d’Abdoulaye Wade et de la majorité soutenant Macky Sall, estimant que les alliances de circonstance n’ont jamais suffi, à elles seules, à assurer le maintien ou la conquête du pouvoir.

Au fil de ces analyses, la presse sénégalaise s’accorde sur un point : l’annonce présidentielle ouvre une nouvelle séquence politique dont les effets pourraient durablement remodeler le paysage partisan du pays, entre consolidation de la majorité, repositionnements internes et affrontements avec une opposition qui conteste déjà la légitimité de cette nouvelle dynamique.