À Dakar, les regards se tournent d’abord vers les discussions attendues avec le Fonds monétaire international. Alors qu’une mission de l’institution est annoncée dans la capitale sénégalaise, les quotidiens du pays décrivent un moment décisif pour une économie confrontée à d’importants défis financiers.
Pour L’Observateur, ce nouveau rendez-vous intervient dans un contexte où la restructuration de l’économie sénégalaise alimente de nombreux débats. Le journal relaie notamment les analyses de spécialistes qui s’interrogent sur les conséquences des choix à venir pour les finances publiques et les besoins de financement du pays.
Dans les colonnes de Sud Quotidien, le constat est tout aussi préoccupant. Le quotidien rappelle qu’un an et demi après le gel du programme conclu avec le FMI, le Sénégal se trouve à un tournant. Entre les exigences de transparence, les discussions autour des subventions et des négociations qui peinent à avancer, le pays évolue dans un climat d’incertitude.
Le journal revient également sur les explications du professeur Thierno Thioune, qui qualifie la situation d’inédite. Selon cette analyse, le programme de 1,8 milliard de dollars a été suspendu après la révélation d’un important « misreporting ». Le rapport de la Cour des comptes publié en février 2025 a notamment fait apparaître un niveau d’endettement nettement supérieur aux chiffres précédemment communiqués, avec une dette publique ayant atteint près de 119 % du PIB en 2024, puis estimée à 132 %, sur fond d’une dette cachée accumulée entre 2019 et 2024.
Sur le front politique, c’est la crise interne du Parti socialiste qui retient l’attention. Vox Populi rapporte que les tensions entre les deux principales tendances du parti ont dégénéré lors de l’Assemblée générale des secrétaires généraux de coordination.
Ce qui devait être une réunion politique s’est transformé en scène d’affrontements. Selon le quotidien, des militants fidèles à la direction conduite par Aminata Mbengue Ndiaye et des membres du courant « Dundal PS » se sont opposés dans de violents échanges, faisant plusieurs blessés et provoquant d’importants dégâts matériels. L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis d’éviter une escalade plus grave.
Le journal explique que les incidents auraient éclaté après l’interdiction faite à certains responsables du parti, dont les anciens ministres Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, d’accéder à la salle où devait se tenir la rencontre.
Les Échos évoque également une assemblée générale qui a tourné aux affrontements. Le quotidien décrit des jets de pierres, une intervention policière appuyée par l’usage de grenades lacrymogènes et une secrétaire générale du parti qui pointe directement la responsabilité d’Alioune Ndoye dans les événements.
À côté de ces préoccupations économiques et politiques, Le Soleil met en lumière un autre enjeu majeur : le don de sang. Le quotidien souligne que le Sénégal enregistre une progression de 34 % des dons volontaires entre 2020 et 2024, une évolution encourageante qui reste toutefois insuffisante pour couvrir les besoins nationaux.
Le pays a besoin d’environ 180 000 dons de sang chaque année pour répondre aux demandes des établissements de santé publics et privés. En 2024, le Centre national de transfusion sanguine et le réseau transfusionnel national ont collecté 136 347 dons, laissant un déficit de plus de 43 000 poches de sang, soit près d’un quart des besoins annuels.
Entre les négociations économiques qui s’annoncent décisives, les fractures politiques qui se creusent et les défis sanitaires qui persistent, la presse sénégalaise dresse ainsi le portrait d’un pays confronté à plusieurs fronts simultanément.




