Sénégal : Bassirou Diomaye Faye dévoile un gouvernement de 30 membres conduit par Ahmadou Alamine Mohamed Lo

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a officialisé lundi la composition du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Alamine Mohamed Lo. La nouvelle équipe gouvernementale comprend 30 personnalités, dont 26 ministres de plein exercice et quatre ministres délégués rattachés à différents départements.

 

La liste des membres du gouvernement a été publiée à travers le décret présidentiel n°2026-1130, signé par le chef de l’État sur proposition du Premier ministre, nommé quelques jours plus tôt.  Au sein de cette nouvelle équipe, Yankhoba Diémé prend les rênes du ministère des Forces armées, tandis que Cheikh Diba conserve le portefeuille de l’Économie, des Finances et du Plan. Mohamedou Makhtar Cissé est chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, alors que Cheikh Niang hérite du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

La Justice est confiée à Moussa Sarr, nommé garde des Sceaux. De son côté, Marie-Angélique Mame Selbé Diouf dirigera le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités. Boubacar Camara prend la tête du département de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Dans les secteurs stratégiques, El Hadji Abdourahmane Diouf est nommé ministre de l’Énergie et du Pétrole, Serigne Guèye Diop prend en charge l’Industrie et le Commerce, tandis que Cheikh Tidiane Dièye est reconduit à l’Hydraulique et à l’Assainissement.

L’équipe gouvernementale comprend également Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation nationale, Ibrahima Sy à la Santé et à l’Hygiène publique, Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme, aux Collectivités territoriales et à l’Aménagement du territoire, ainsi que Dethié Fall aux Infrastructures.

Bakary Sarr est nommé ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, avec la fonction de porte-parole du gouvernement. Alioune Dione hérite du portefeuille de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire.

Les secteurs agricoles et numériques sont respectivement confiés à Cheikh Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, et à Samba Diouf, ministre des Télécommunications et du Numérique.

Mamoudou Lamine Dianté prend la tête de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public. Djireye Clotilde Coly est chargée de la Jeunesse et des Sports, tandis qu’Alpha Thiam dirige le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Idrissa Samb est nommé ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique. Cheikh Oumar Ciss prend les Mines et la Géologie, Aliou Gory Diouf l’Environnement et la Transition écologique, Abdou Khadre Ndiaye les Transports terrestres et aériens, et Ami Mbengue Ndao les Pêches et l’Économie maritime.

Quatre ministres délégués viennent compléter l’architecture gouvernementale. Il s’agit de Bassirou Sarr au Budget, Alenard Diop à l’Économie, au Plan et à la Coopération, Ousmane Diagne chargé de l’Élevage, ainsi que Mame Coumba Diop chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique.

Parallèlement, Papa Assane Touré a été désigné ministre secrétaire général du gouvernement. Cette nomination intervient dans un contexte politique particulier, marqué par l’annonce du parti Pastef-Les Patriotes de ne pas intégrer le nouvel exécutif. Dans une déclaration publiée quelques heures avant la formation du gouvernement, le président du parti, Ousmane Sonko, a indiqué que sa formation politique ne disposerait d’aucun représentant au sein de cette équipe ministérielle.

Le nouveau gouvernement tiendra son premier Conseil des ministres le 5 juin prochain sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Le Gouvernement Sénégalais obtient 350 milliards de FCFA du FMI

Le Sénégal a obtenu du Fonds monétaire international (FMI) un financement de 453 millions de DTS (Droits de tirages spéciaux). Il s’agit d’environ 650 millions de dollars ou 350 milliards de FCFA, pour soutenir la riposte face à la crise sanitaire et promouvoir la relance de l’économie.

« Les services du FMI ont conclu avec les autorités sénégalaises un accord concernant les mesures économiques et financières. Ceux-ci pourraient permettre l’approbation de la troisième revue du programme appuyé par l’instrument de coordination de la politique économique (ICPE) et soutenir un accord de financement sur dix-huit mois au titre de la facilité de crédit de confirmation (FCC) et du mécanisme d’accord de confirmation, pour un montant total de 453 millions de DTS (environ 650 millions de dollars ou 350 milliards de FCFA) », indique le fonds dans un communiqué émis jeudi.

En outre, il précise que l’ exécution de cet accord de financement sera en  parallèle à l’ICPE. Par ailleurs, une équipe des services du FMI, dirigée par Corinne Deléchat, a effectué une mission virtuelle du 6 au 27 avril 2021.

L’objectif était de « conduire la troisième revue du programme appuyé par l’instrument de coordination de la politique économique (ICPE) ». Et ensuite, il fallait examiner « la requête des autorités d’un accord de financement combiné sur dix-huit mois au titre de la FCCet du mécanisme d’accord de confirmation.

 

Le M2D prend acte de la création d’une commission d’enquête

Le Mouvement pour la défense de la démocratie (M2D), acteurs de l’opposition et de la société civile, indique avoir ‘’pris acte’’ de la décision du gouvernement de mettre sur pied une commission d’enquête indépendante sur les manifestations du mois de mars.

« Le M2D a pris acte de la décision annoncée du gouvernement de donner suite à un point important de son mémorandum à savoir la création d’une commission d’enquête indépendante sur les crimes commis lors de la répression violente des manifestations du mois de mars dernier’’, rapporte un communiqué.

Le mouvement fait part de son « scepticisme ». En effet, il relève le fait que dans « son mémorandum, le gouvernement a conclu son long réquisitoire par la désignation d’un coupable tout trouvé : Ousmane Sonko ».

Il rappelle que « selon les standards internationaux, cette commission devrait avoir deux missions : enquêter sur les crimes commis et identifiés comme violations du droit international des droits de l’homme : meurtres, tortures, arrestations arbitraires et illégales, disparitions forcées, usage excessif de la force, interdiction de manifestations ».

Le M2D présentera dans  les jours à venir, son mémorandum sur « les faits en question ». Il continuera par ailleurs d’exiger du gouvernement la libération des otages restants et la diligence dans la mise en place, dans les mêmes formes, de la Commission en charge de l’indemnisation des victimes et de leurs familles. En enfin, il appelle le gouvernement au sens des responsabilités et renouvelle sa confiance aux forces de défenses et de sécurité reconnues pour leur professionnalisme et leur esprit républicain.

L’électricité pour tous : Le gouvernement sénégalais à la recherche de financement

Le gouvernement sénégalais organise ce mardi et jeudi, par visioconférence, une table ronde pour recueillir 732 milliards de francs CFA destinés au financement de projets structurants en milieu rural et péri urbain pour « atteindre l’objectif de l’accès universel à l’électricité en 2025 ».

En effet, cette table ronde à laquelle vont participer les partenaires techniques et financiers « a pour objectif principal de présenter la stratégie du Gouvernement pour atteindre l’accès universel à une énergie en qualité et en quantité suffisante, à moindre coût et durable en 2025 », précise un communiqué.

C’est pour réussir ce pari que le Sénégal a décidé de « recueillir les engagements financiers des partenaires techniques et financiers, du secteur privé pour accompagner sa mise en œuvre ».

Dans son communiqué, le ministère du Pétrole et des Energies souligne que la table ronde « s’inscrit en droite ligne des actions identifiées pour la mise en œuvre du Plan complémentaire pour l’accès universel à l’électricité ».

Le Sénégal figure parmi les pays ayant réalisé les plus grandes performances en matière d’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest, avec un taux de 76% à l’échelle nationale en fin 2019.

Il existe cependant de « grandes disparités entre populations urbaines et populations rurales », dont les taux d’accès à l’électricité s’élèvent respectivement à 94% et 53,9%.