Sénégal : démantèlement d’un réseau de trafic de migrants vers les Canaries

La police sénégalaise a interpellé neuf personnes impliquées dans un réseau de trafic de migrants par voie maritime, selon une opération menée par la DNLT.

 

La police nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 23 avril 2026, le démantèlement d’un réseau de trafic de migrants opérant par voie maritime, avec neuf personnes déférées devant le parquet. L’opération a été menée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées, une unité spécialisée de la police nationale chargée de lutter contre les réseaux de migration irrégulière. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui, escroquerie et usurpation d’identité.

Selon les autorités policières, l’enquête a été ouverte après l’interception, le 16 avril 2026, d’une pirogue transportant 132 migrants en direction des îles Canaries. Les passagers, originaires du Sénégal, de Gambie et de Guinée, ont été pris en charge après leur interception par la Marine nationale.

Les investigations ont permis d’identifier neuf individus comme membres de l’équipage. Huit d’entre eux ont reconnu leur participation à la manœuvre de l’embarcation, tout en affirmant avoir agi comme simples suppléants du capitaine.

Ils ont toutefois désigné un neuvième suspect comme principal organisateur du réseau, présenté comme recruteur et capitaine de la pirogue. Les sommes versées pour la traversée sont estimées entre 200 000 et 300 000 francs CFA par personne.

Le principal suspect, pour sa part, a rejeté les accusations, niant toute implication financière ou opérationnelle. Mais les enquêteurs affirment que des éléments techniques et numériques ont contredit sa version. Les traces de transactions financières, notamment via des services de mobile money, auraient permis de relier certains flux à des comptes ouverts sous de fausses identités, selon la police. L’analyse des déplacements du suspect a également révélé des entrées régulières sur le territoire sénégalais sans enregistrements de sorties officielles, laissant penser à un réseau organisé de convoyage maritime.

Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin de démanteler l’ensemble de la filière et d’identifier d’éventuels complices.

Sénégal : trafic de migrants, un policier et des agents de sécurité interpellés

Plusieurs personnes dont un policier et autres agents de sécurité sont entre les mains de la police républicaine pour trafic de migrants, faux et usage de faux.

Un réseau de trafic de migrants vient d’être démantelé à l’aéroport international Blaise Diane de Diass. Selon les informations communiquées par les médias locaux, de nombreux présumés trafiquants se trouvent entre les mains des autorités en charge de l’ordre et de la sécurité publique. Parmi eux, un policier.

Plusieurs chefs d’accusation sont avancés à leur encontre. Association de malfaiteurs, escroquerie, faux et usage de faux, trafic de migrants. Le policier de la bande avait pris l’habitude de prélever 600 000 francs à chaque candidat sollicitant effectuer un voyage à l’étranger.

Les autres présumés trafiquants sont, selon La Nouvelle Tribune, des agents de sécurité de Amarante. Leur opération, semblable à celle du policier, consistait à prendre 300 à 800 000 FCFA aux voyageurs. Une fois le candidat introduit dans ce réseau de malfaiteurs, son voyage revenait à 4 millions de FCFA environ.

Dans le même circuit un membre de l’équipe se chargeait de fabriquer un faux carnet de vaccination contre la Covid-19. Les différents montants perçus pour le compte du voyage servaient aussi à payer les services de ce dernier. La personne est tout comme les autres, entre les mains des autorités.

 

930 milliards FCFA transférés par les migrants sénégalais

C’est la moyenne que les migrants sénégalais ont transféré dans leur pays par an entre 2008 et 2017

Les migrants sénégalais ont annuellement transférés entre 2008 et 2017 quelque 930 milliards FCFA qui ont contribué au bien-être des ménages bénéficiaires, a indiqué, jeudi à Saly-Portudal (Mbour), Lanfia Diané, coordonnateur du processus d’élaboration de la politique nationale des migrations du Sénégal (PNMS).

« La migration n’est pas négative, parce que ces dix dernières années, de 2008 à 2017, on a en moyenne, par an, 930 milliards de francs CFA en transferts. Ce qui n’est pas négligeable, si l’on se réfère à l’impact de ces transferts sur le bien-être des ménages bénéficiaires », a-t-il notamment dit lors d’un atelier régional sur les migrations mixtes.

Initiée par la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Ouest (CEDEAO), la rencontre vise à améliorer la coordination régionale sur les migrations mixtes.

M. Diané a appelé à davantage orienter une partie de ces transferts vers des investissements productifs, créateurs d’emplois afin de lutter contre le chômage.

Il a également fait mention de la dimension transfert de connaissances, indiquant que « les migrants peuvent participer, à distance ou à leur retour définitif, au renforcement du capital humain national ou local ».

« La migration est une activité complexe et multidimensionnelle dont la gestion nécessite une approche globale, responsable et solidaire, aussi bien à l’échelle internationale, nationale que locale », a fait observer le coordonnateur du PNMS.

« Face à une question complexe, il faut une approche globale, coordonnée et intelligente pour aborder une question aussi sensible et complexe que celle des migrations » a-t-il dit.

Selon lui, « de 1960 à 2018, le Sénégal n’avait pas de politique nationale de migration, alors que l’importance d’une politique nationale, c’est de donner une vision commune à l’ensemble des acteurs avec des orientations stratégiques consensuelles qui vont permettre d’être plus efficaces et de ne pas cautionner les redondances et les inefficacités ».

« Nous avons élaboré une politique nationale qui a été validée par un comité de pilotage et le processus de validation politique est en cours », a expliqué Lanfia Diané.

« Une publication de la division de la population des Nations-Unies a démontré que d’ici 2030, la population de l’Union européenne (UE) va décroître de 17%. Et que l’UE n’aura d’autre choix que de recourir à la migration pour espérer combler son déficit en main d’œuvre et pour maintenir son taux annuel de croissance à long terme » a-t-il rapporté.