Guinée-Bissau : le Sénégal demande la libération des prisonniers après le coup d’État

En déplacement à Bissau, une délégation ministérielle sénégalaise a plaidé pour la libération des prisonniers politiques interpellés à la suite du coup d’État du 26 novembre et a réaffirmé la volonté de Dakar d’accompagner le processus de transition en Guinée-Bissau.

Des responsables sénégalais ont effectué, dimanche, leur première visite officielle en Guinée-Bissau depuis le renversement militaire du 26 novembre, dans un contexte politique sensible marqué par l’ouverture d’une transition. La mission était conduite par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, accompagné du ministre des Forces armées, le général Birame Diop. Les deux hommes étaient porteurs d’un message du président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, adressé aux autorités de transition bissau-guinéennes.

À l’issue de près de trois heures d’échanges avec le président de la transition, le général Horta N’Tam, et les responsables du haut commandement militaire, Cheikh Niang a indiqué que le Sénégal était venu « réaffirmer sa disponibilité à accompagner la Guinée-Bissau pour un retour rapide à la normalité institutionnelle », rappelant les relations historiques de fraternité et de solidarité entre les deux pays.

Selon la délégation sénégalaise, les autorités de transition ont donné une réponse favorable à la demande de Dakar relative à la libération des détenus politiques. Les ministres sénégalais prévoyaient ainsi de rencontrer l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, détenu à la 2e Esquadra, ainsi que d’autres prisonniers politiques. Un échange avec le candidat à la présidentielle Fernando Dias, actuellement réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau, était également au programme.

Cheikh Niang a salué l’attitude « très ouverte et constructive » du président de la transition face à la requête sénégalaise visant la libération de toutes les personnes arrêtées après les événements du 26 novembre. Il a dit espérer des « avancées concrètes et rapides » dans les jours à venir.

Au cours des discussions, les autorités de transition ont remis à la délégation sénégalaise un mémorandum exposant les motivations du soulèvement militaire. Elles ont justifié leur action par la nécessité de prévenir des troubles internes et de lutter contre l’influence de réseaux de narcotrafic. Le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, João Bernardo Vieira, a pour sa part indiqué que le Sénégal s’était engagé à plaider en faveur de la Guinée-Bissau auprès des organisations internationales, afin d’expliquer le contexte du changement de pouvoir et d’éviter l’adoption de sanctions susceptibles d’aggraver la situation du pays.

Selon la diplomatie bissau-guinéenne, la transition entend engager des réformes institutionnelles majeures, notamment sur les plans constitutionnel et électoral, dans le but de rétablir durablement l’ordre démocratique. Dakar a également lancé un appel à l’accompagnement de la communauté internationale, en particulier de la Cédéao, de l’Union africaine et des Nations unies, estimant que la libération des détenus politiques contribuerait à apaiser le climat politique et à faciliter le dialogue national.

Cette visite sénégalaise intervient quelques jours après celle du président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, qui s’était rendu à Bissau pour s’entretenir avec les autorités de transition.

Baie de Hann : la dépollution progresse et redonne espoir aux riverains

Les travaux de dépollution de la baie de Hann, lancés en 2020 par l’État du Sénégal, affichent un niveau d’avancement jugé satisfaisant par les acteurs du projet.

 

Les travaux de dépollution de la baie de Hann, à Dakar, progressent de manière satisfaisante et affichent un niveau d’exécution avancé, a assuré le secrétaire exécutif de l’ONG Eau, Vie et Environnement (EVE) et chef d’équipe d’exécution du projet, Abdou Diouf.

« Le projet évolue bien. Lancé en 2020, il est structuré en sept lots et, à ce jour, un seul n’a pas encore démarré. Les avancées sont réelles et le processus se poursuit normalement », a-t-il indiqué.

Abdou Diouf s’exprimait à l’issue d’une visite communautaire de suivi consacrée à l’état d’avancement des travaux de dépollution de la baie de Hann, longtemps affectée par des rejets industriels et domestiques incontrôlés. Située sur la façade orientale de la presqu’île du Cap-Vert, entre la pointe de Bel-Air et Mbao, la baie de Hann figurait autrefois parmi les plus belles baies du continent africain, avant de subir une dégradation environnementale progressive.

Cette visite de suivi communautaire, organisée sous la coordination de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), vise à informer le public sur l’évolution de ce vaste projet de l’État du Sénégal, dont la mise en œuvre a débuté en 2020.

Le responsable de l’ONG EVE a particulièrement insisté sur la participation active des communautés riveraines directement concernées par le projet de dépollution de la baie de Dakar. Il s’agit notamment des communes de Hann Bel-Air, Dalifort, Guinaw Rails Sud, Guinaw Rails Nord, Thiaroye-sur-Mer, Diamaguène Sicap Mbao et Mbao.

« L’implication des populations locales est pour nous une exigence fondamentale. C’est à la fois un impératif social et une condition essentielle pour la réussite d’un projet qui concerne directement leur cadre de vie », a souligné Abdou Diouf.

Il a également rappelé que ses équipes ont mené, en amont, une large campagne d’information et de sensibilisation afin de favoriser l’appropriation du projet par les populations, dans l’objectif de restaurer durablement la qualité des eaux de la baie de Hann.

Concrètement, le projet repose sur la mise en place d’infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées, avant leur rejet en mer. L’ONAS assure la maîtrise d’ouvrage de ce programme structurant.

À terme, la dépollution de la baie de Hann devrait générer des impacts positifs durables sur les plans économique, sanitaire et social, en particulier pour les populations dont les activités de pêche et de tourisme ont été fortement affectées par la pollution.

Crise en Guinée-Bissau : Dakar joue la carte du pragmatisme

Face à la crise en Guinée-Bissau, le Sénégal défend une approche pragmatique, tandis que la CEDEAO durcit le ton.

Le Sénégal privilégie une démarche pragmatique et souple face à la crise politique en Guinée-Bissau, alors que la CEDEAO maintient une ligne ferme en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Dakar adopte une posture mesurée et réaliste face aux événements en Guinée-Bissau, a affirmé mardi le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, lors d’une intervention sur TFM.

« Nous avons condamné le coup d’État, exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la reprise du processus électoral », a rappelé le chef de la diplomatie sénégalaise, réaffirmant la position de principe du Sénégal.

De son côté, le Premier ministre Ousmane Sonko, s’exprimant devant l’Assemblée nationale, avait qualifié la prise de pouvoir militaire de « manœuvre » et appelé à la poursuite du processus électoral, insistant sur le respect strict de la légalité constitutionnelle.Confronté à la demande des militaires bissau-guinéens d’instaurer une transition d’une durée d’un an, le Sénégal a choisi une voie d’acceptation conditionnée.

« Nous avons fini par accepter, mais dans un cadre strictement encadré », a expliqué Cheikh Niang, mettant en avant la tradition de réalisme et de modération diplomatique du Sénégal, parfois en décalage avec des positions plus rigides défendues au sein de la CEDEAO. Le ministre a également revendiqué un rôle particulier pour Dakar, en raison de la proximité géographique et des relations spécifiques avec la Guinée-Bissau, refusant que des États plus éloignés imposent leurs solutions.

Évoquant la récente tentative de coup d’État au Bénin et l’intervention du Nigéria, Cheikh Niang a insisté sur la dimension transfrontalière des enjeux sécuritaires entre le sud du Sénégal et le nord de la Guinée-Bissau. Il s’est félicité de l’échec du putsch au Bénin et du rétablissement rapide de la stabilité.

À Bissau, le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, a pris le pouvoir après l’interruption du processus électoral, survenue à 24 heures de la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale (CNE). Installé à la tête d’une transition d’un an, il a mis en place un gouvernement et adopté une charte de transition. L’opposant Domingos Simões Pereira, principal soutien de Fernando Dias da Costa, demeure en détention, tandis que ce dernier, qui revendiquait sa victoire au lendemain du scrutin du 23 novembre, s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau.

Dans ce contexte, la CEDEAO a rejeté le calendrier de transition proposé par les militaires. Dans son communiqué final publié à l’issue de la 68ᵉ session ordinaire tenue le 14 décembre à Abuja, l’organisation régionale a rappelé que sa mission d’observation, ainsi que d’autres partenaires internationaux, avaient jugé les élections du 23 novembre « libres, transparentes et pacifiques »

L’institution ouest-africaine exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, la mise en place d’une transition brève conduite par un gouvernement inclusif, ainsi que la protection des responsables politiques et des institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau.

La CEDEAO a mandaté sa Commission pour accompagner pleinement le processus de transition et annoncé l’envoi d’une mission de haut niveau, appuyée par une délégation du Comité des Chefs d’État-Major, afin d’engager un dialogue avec les autorités militaires. Elle avertit que des sanctions ciblées seront imposées à toute personne ou entité entravant le retour à l’ordre constitutionnel, tout en appelant l’Union africaine et les partenaires internationaux à soutenir l’application de ces décisions.

Sénégal : une banque digitale dédiée à la diaspora bientôt opérationnelle

Adossée à la BNDE, la future Banque de la diaspora ambitionne de capter l’épargne des expatriés au service du développement national.

La Banque de la diaspora, une plateforme bancaire entièrement digitale adossée à la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), devrait entrer en service prochainement afin de mobiliser davantage les ressources financières des Sénégalais vivant à l’étranger et de les orienter vers l’investissement productif.

Le Sénégal a engagé, en 2024, le processus de mise en place de cette néo-banque innovante dédiée à sa diaspora, à travers un partenariat stratégique entre la BNDE et la fintech Kopar Express. Selon le secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur, Amadou Chérif Diouf, cette future institution financière marque une étape décisive dans l’implication accrue de la diaspora dans le développement économique national.

L’initiative vise à simplifier l’accès des expatriés aux services bancaires, tout en favorisant l’orientation de leurs ressources vers des investissements structurants au Sénégal. Entièrement numérique, la plateforme permettra aux Sénégalais établis à l’étranger d’ouvrir un compte bancaire à distance, de gérer leurs opérations via leur téléphone mobile et d’effectuer des transferts de fonds à des coûts réduits.

La Banque de la diaspora ambitionne ainsi de mieux capter et canaliser l’épargne des émigrés vers des projets de développement local, contribuant à renforcer l’impact économique des transferts de fonds.

La Banque de la diaspora attend l’aval de la BCEAO

S’exprimant auprès de l’APS, le secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur a indiqué que l’aboutissement du projet reste conditionné à l’obtention du quitus de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’application sera officiellement présentée à l’occasion de la Journée nationale de la diaspora, prévue ce mercredi au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD).

« Ce partenariat avec la BNDE permettra à tous les Sénégalais de l’extérieur, où qu’ils se trouvent, d’ouvrir un compte en ligne, avec la possibilité de disposer d’un compte en euro et d’un autre en franc CFA », a précisé Amadou Chérif Diouf.

Selon lui, la plateforme offrira également aux membres de la diaspora un accès facilité aux Appels publics à l’épargne (APE) ainsi qu’aux mécanismes de financement des grands projets de l’État.

Cédéao : le Sénégal prend les commandes de la Commission en pleine zone de turbulences

Dans un contexte de crises politiques et de fractures régionales, le Sénégal accède à la présidence de la Commission de la Cédéao pour 2026-2030.

Le Sénégal succède à la Gambie à la tête de la Commission de la Cédéao, avec pour mandat de renforcer l’intégration régionale et de faire face aux multiples secousses politiques et sécuritaires. Dans un environnement sous-régional marqué par des transitions anticonstitutionnelles et le retrait de trois États sahéliens, le Sénégal prend la direction de la Commission de la Cédéao pour la période 2026-2030. Une responsabilité majeure pour Dakar, appelée à conduire le processus d’intégration ouest-africain dans un contexte d’instabilité persistante.

La décision a été actée lors de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, tenue à Abuja. Elle constitue une première pour le Sénégal, désormais chargé de diriger l’organe exécutif de l’organisation communautaire dans une phase particulièrement délicate de son histoire.

Une succession de crises politico-sécuritaires

Cette désignation intervient alors que la Cédéao traverse l’une des périodes les plus critiques de son existence, notamment après le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces pays sahéliens accusent l’organisation d’alignement sur les positions françaises, notamment après la menace d’une intervention militaire au Niger pour restaurer l’ordre constitutionnel.

L’espace communautaire a été ébranlé par plusieurs changements anticonstitutionnels ces dernières années. En septembre 2021, la Guinée a vu le président Alpha Condé renversé par le colonel Mamadi Doumbouya, depuis promu général. Plus récemment, la Guinée-Bissau a replongé dans l’instabilité le 26 novembre 2025, lorsqu’un général a interrompu le processus électoral à moins de 24 heures de la proclamation des résultats.

Le 7 décembre, le Bénin, longtemps considéré comme un pôle de stabilité depuis 1972, a frôlé une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon. L’initiative a été rapidement contenue, avec l’appui de la Cédéao, sous l’impulsion du Nigéria, même si la présidence de l’Autorité des Chefs d’État est actuellement assurée par le président sierra-léonais Julius Maada Bio.

La Commission, pilier opérationnel de l’intégration

Dans ce climat de tensions, la Commission de la Cédéao, créée en 2007 pour remplacer le Secrétariat exécutif, s’impose comme l’organe moteur de l’organisation. Basée à Abuja, elle est dirigée par un président, assisté d’une vice-présidente et de cinq commissaires, chargés de mettre en œuvre les décisions des Chefs d’État, de coordonner les politiques communautaires et de conduire les programmes de développement régional.

La Commission prépare les budgets et les plans d’action, supervise leur mise en œuvre et rend compte régulièrement aux instances décisionnelles. Son champ d’action couvre également la prévention et la gestion des crises, avec pour objectif de renforcer la cohésion régionale et d’ancrer l’intégration au bénéfice des quelque 400 millions de citoyens de la Cédéao, dans la perspective de la vision « Cédéao des Peuples : Paix et prospérité pour tous » à l’horizon 2050.

Sous l’autorité de la Conférence des Chefs d’État

La Commission agit sous le contrôle de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, instance suprême de l’organisation, chargée de définir les orientations stratégiques et de superviser le fonctionnement des institutions communautaires. C’est elle qui nomme le président de la Commission et entérine la répartition des portefeuilles.

À l’issue de cette réorganisation, le Nigéria occupera la vice-présidence, la Sierra Leone prendra en charge les Affaires politiques, la Paix et la Sécurité, tandis que le Libéria pilotera les Affaires économiques et l’Agriculture. La Côte d’Ivoire se verra confier les Services internes, le Ghana les Infrastructures, l’Énergie et la Digitalisation, et le Bénin le Développement humain et les Affaires sociales. L’Organisation ouest-africaine de la Santé sera dirigée par le Togo, le GIABA par la Gambie, et le poste d’Auditeur général reviendra au Cabo Verde.

Une consécration diplomatique pour Dakar

Le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a qualifié cette désignation « d’aboutissement d’un processus complexe de concertations » et d’« une reconnaissance forte du rôle central joué par le Sénégal au sein de l’espace communautaire et sur le continent africain ».

Les autorités sénégalaises ont, par ailleurs, réaffirmé leur engagement en faveur du renforcement de la Cédéao et de la promotion durable de la paix, de la stabilité et du développement régional.

Un ressortissant sénégalais succédera ainsi au Gambien Omar Alieu Touray pour un mandat qui s’étendra de 2026 à 2030. Cette présidence sera observée de près, tant pour sa capacité à relancer l’intégration régionale que pour sa gestion des crises et le renforcement des institutions communautaires.

CAN 2025 : Ilay Camara contraint de déclarer forfait avec le Sénégal

Touché aux muscles, le jeune défenseur sénégalais Ilay Camara manquera la CAN Maroc 2025, une première compétition majeure avec les Lions.

Le jeune défenseur sénégalais Ilay Camara ne participera pas à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025, dont le coup d’envoi est prévu ce samedi, en raison d’une blessure, a annoncé mardi matin la Fédération sénégalaise de football (FSF).

Touché lors du match de championnat belge ayant opposé Anderlecht à Saint-Trond, Ilay Camara avait néanmoins rejoint le regroupement de la sélection nationale.

Selon la FSF, des examens médicaux approfondis, notamment une IRM effectuée à Dakar, ont mis en évidence une lésion musculaire de grade II au niveau de l’ischio-jambier droit. « En conséquence, le staff médical a déclaré le joueur inapte à prendre part à la compétition continentale », précise la Fédération.

La FSF a exprimé ses vœux de prompt rétablissement à l’endroit du défenseur, contraint de renoncer à cette échéance majeure avec les Lions de la Téranga. Âgé de 22 ans, Ilay Camara s’apprêtait à disputer sa toute première Coupe d’Afrique des nations sous les couleurs du Sénégal.

Par ailleurs, un premier groupe de huit joueurs, sur les 28 convoqués, a entamé la préparation pour la CAN lundi en début de soirée au stade Maître Abdoulaye Wade de Diamniadio. L’équipe nationale du Sénégal évoluera dans le groupe D, aux côtés du Bénin, du Botswana et de la République démocratique du Congo (RDC).

Basés à Tanger, les partenaires de Sadio Mané y disputeront l’ensemble de leurs rencontres de la phase de groupes.

Le Sénégal inaugure son usine stratégique d’assemblage de véhicules militaires

Le président Bassirou Diomaye Faye inaugure à Diamniadio l’usine ISEVEM, symbole de la montée en puissance industrielle et militaire du Sénégal.

Le chef de l’État sénégalais présidera mardi l’inauguration de l’usine d’assemblage de véhicules militaires ISEVEM à Diamniadio, deux mois après la conclusion d’un protocole d’accord prévoyant une capacité de production de 1 000 unités par an.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, procédera ce mardi à l’inauguration de l’usine d’assemblage de la société ISEVEM (Industrie sénégalaise de véhicules militaires), implantée sur le site industriel de l’APIDIB, à la Plateforme industrielle internationale de Diamniadio, selon un communiqué du ministère des Forces armées.

Cette nouvelle infrastructure est présentée comme « une étape décisive vers l’autonomie industrielle et technologique du pays » et constitue « la première unité industrielle en partenariat public-privé dédiée à l’assemblage de véhicules destinés aux Forces de défense et de sécurité », souligne la même source.

Du protocole de novembre à l’inauguration

Le projet ISEVEM trouve son origine dans le protocole d’accord que l’État du Sénégal et la société ont signé le 7 novembre 2024, initialement prévu pour un déploiement dans la zone industrielle de Touba Mbacké sur 200 hectares. Toutefois, dans une communication publiée en novembre 2024, le ministère du Commerce a indiqué qu’une phase transitoire s’imposerait à l’APROSI de Diamniadio avant le lancement effectif de la production à grande échelle.

À l’occasion de cette signature, le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, avait qualifié ce protocole de « premier jalon dans la construction d’une industrie de défense performante », à même de garantir la sécurité nationale et l’autonomie stratégique du Sénégal.

Pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, avait précisé que l’usine, construite en deux phases, devrait permettre une production annuelle de 1 000 véhicules, tout en générant plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, avec des perspectives importantes pour l’insertion de la jeunesse. L’État sénégalais détient 35 % du capital d’ISEVEM à travers le Fonds souverain d’investissements stratégiques du Sénégal (FONSIS).

Partenariat international et transfert de compétences

Le projet s’inscrit dans le cadre d’une coopération avec la République de Corée. Présent lors de la signature du protocole, l’ambassadeur sud-coréen au Sénégal, Hyuk-woon Kwon, avait annoncé l’arrivée prochaine de véhicules militaires et salué une initiative contribuant à la souveraineté nationale et à la création d’emplois pour les jeunes Sénégalais.

Au-delà de la production, l’usine ISEVEM se veut une véritable plateforme nationale de montée en compétences. Elle intègre des programmes de formation, de transfert de technologies et de renforcement des capacités, permettant aux ingénieurs et techniciens sénégalais d’acquérir un savoir-faire en assemblage, contrôle qualité, essais techniques et maintenance. Le dispositif prévoit également l’implication de sous-traitants locaux, positionnant le projet comme un moteur de développement pour les PME et PMI nationales.

Cette inauguration s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, portée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon le ministère des Forces armées, elle « traduit la volonté du Sénégal de consolider son autonomie et sa capacité de projection », marquant « l’entrée du pays dans une nouvelle phase où souveraineté et innovation s’allient pour construire un avenir industriel durable ».

Diamniadio : le Sénégal inaugure sa première usine de véhicules militaires

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, procédera ce mardi 16 Décembre 2025 à l’inauguration de l’usine d’assemblage de véhicules militaires de la société ISEVEM (Industrie sénégalaise de véhicules militaires), implantée à la Plateforme industrielle internationale de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar, selon une source officielle.

« La cérémonie d’inauguration de l’usine d’assemblage de la société ISEVEM se tiendra sur le site industriel de l’APROSI, à la Plateforme industrielle internationale de Diamniadio, le mardi 16 décembre 2025 à partir de 15 heures, sous la présidence effective de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République », précise un communiqué conjoint du ministère des Forces armées et du ministère de l’Industrie et du Commerce, transmis lundi à l’APS.

Selon le document, cette inauguration constitue un moment symbolique fort, traduisant la vision stratégique et la volonté affichée des autorités sénégalaises de renforcer l’autonomie nationale et les capacités de projection du pays.

La même source souligne qu’il s’agit d’un « jalon majeur vers la souveraineté industrielle et technologique de défense » du Sénégal. L’événement marque ainsi l’entrée du pays dans une nouvelle phase, où souveraineté et innovation se conjuguent pour poser les bases d’un développement industriel durable.

Vers l’autonomie industrielle, technologique et militaire

« Cette infrastructure stratégique représente la première étape vers une autonomie industrielle et technologique accrue. Il s’agit de la toute première unité industrielle publique-privée dédiée à l’assemblage de véhicules destinés aux Forces de défense et de sécurité », indique le communiqué.

Dans le cadre de ce projet, l’État du Sénégal a confié au Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) la mission d’accompagner le développement d’ISEVEM et d’assurer la participation publique au capital de l’entreprise.

Le texte précise que le FONSIS met à contribution son expertise afin de co-construire un modèle économique viable, aligné sur les priorités nationales, et capable de soutenir l’émergence d’une industrie sénégalaise de défense souveraine et durable.

« Au-delà de sa capacité de production, l’usine ISEVEM se positionne comme une véritable plateforme nationale de montée en compétences. Elle intègre des programmes structurés de formation, de transfert de technologies et de renforcement des capacités », poursuit le communiqué. Ces dispositifs permettront à des ingénieurs et techniciens sénégalais d’acquérir des compétences clés dans les domaines de l’assemblage, du contrôle qualité, des essais techniques et de la maintenance des véhicules produits.

La cérémonie d’inauguration sera ponctuée par la coupure du ruban, suivie d’une visite guidée du site par le chef de l’État, conclut la note officielle.

Les Lions du Sénégal entrent en ordre de bataille pour la CAN 2025

À quelques jours du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, les Lions de la Teranga lancent leur préparation à Dakar avant de s’envoler pour Tanger.

L’équipe de football du Sénégal débute, ce lundi après-midi, sa phase de préparation en vue de la CAN. Compétition prévue du 21 décembre au 18 janvier prochain au Maroc. Le sélectionneur des Lions, Pape Bouna Thiaw, a rendu publique, samedi, la liste des 28 joueurs convoqués pour cette CAN 2025. Les premiers internationaux arriveront dans un hôtel de la zone de Diamniadio, dans le département de Rufisque, au cours de la matinée de ce lundi. Le staff a programmé la première séance d’entraînement à 17h30 sur le terrain annexe du stade Maître Abdoulaye Wade. À l’exception des séances de lundi et jeudi, l’encadrement tiendra toutes les autres à huis clos.

Les Lions de la Teranga recevront officiellement le drapeau national mercredi après-midi, lors d’une cérémonie au palais de la République. La délégation sénégalaise quittera Dakar vendredi après-midi à destination de Tanger, ville choisie comme camp de base. Le Sénégal évoluera dans le groupe D. Il sera aux côtés du Bénin, du Botswana et de la République démocratique du Congo (RDC). Basés à Tanger, les partenaires de Sadio Mané disputeront leurs rencontres de poule le 23 décembre face au Botswana. Le 27 décembre contre la RDC. Puis le 30 décembre face au Bénin.

Voici la liste des 28 joueurs retenus pour la CAN :

Gardiens :

Edouard Mendy (Al Ahli/Arabie Saoudite), Mory Diaw (Le Havre/France), Yehvann Diouf (Nice/France)

Défenseurs :

Kalidou Koulibaly (Al Hilal/Arabie Saoudite). Moussa Niakhaté (Lyon/France). Abdoulaye Seck (Maccabi Haifa/Israël). Mamadou Sarr (Strasbourg/France). Antoine Mendy (Nice/France). Ismail Jakobs (Galatasaray/Turquie). El Hadj Malick Diouf (West Ham/Angleterre). Ilay Camara (Anderlecht/Belgique). Krépin Diatta (Monaco/France)

Milieux de terrain :

Pathé Ciss (Rayo Vallecano/Espagne), Pape Matar Sarr (Tottenham/Angleterre), Pape Alassane Guèye (Villarreal/Espagne), Idrissa Gana Guèye (Everton/Angleterre), Lamine Camara (Monaco/France), Habib Diarra (Sunderland/Angleterre)

Attaquants :

Sadio Mané (Al Nassr/Arabie Saoudite), Ismaïla Sarr (Crystal Palace/Angleterre), Chérif Ndiaye (Samsunspor/Turquie), Iliman Ndiaye (Everton/Angleterre), Nicolas Jackson (Bayern Munich/Allemagne), Boulaye Dia (Lazio Rome/Italie), Cheikh Tidiane Sabaly (FC Metz/France), Habib Diallo (Metz/France), Ibrahim Mbaye (PSG/France), Assane Diao (Côme/Italie) Moustapha Mbow, Rassoul Ndiaye, Mamadou Lamine Camara, Ousseynou Niang et Ousmane Sow figurent sur la liste des réservistes.

Le Sénégal accueille le Forum africain des systèmes alimentaires

Le Sénégal se prépare à accueillir, du 31 août au 5 septembre 2025, la 19e édition du Forum africain des systèmes alimentaires. L’événement se tiendra au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Ce rendez-vous est reconnu comme la première plateforme mondiale dédiée aux politiques, aux savoirs et aux investissements sur les systèmes alimentaires africains. Sous le leadership du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le forum veut marquer une étape dans la transformation agricole du continent.

La jeunesse au centre des débats

Le thème retenu pour cette édition est clair : “La jeunesse africaine, fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes agroalimentaires.” Les organisateurs estiment que les jeunes doivent devenir des acteurs centraux dans les choix et stratégies agricoles. Cette orientation reflète les priorités du nouveau Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) 2026–2035. L’objectif affiché est de faire de la jeunesse une force motrice capable d’apporter innovation et résilience face aux défis alimentaires.

Des enjeux économiques majeurs

Environ 6000 participants sont attendus, parmi lesquels des acteurs institutionnels, des entrepreneurs et des experts. Les discussions porteront sur les politiques agricoles nationales, les investissements privés, la promotion des entreprises agroalimentaires et le partage de connaissances. Cette mobilisation illustre l’importance stratégique des systèmes alimentaires pour le développement économique du continent. En effet, l’Afrique importe aujourd’hui plus qu’elle n’exporte, dépensant près de 70 milliards de dollars par an en importations alimentaires.

Une terre d’opportunités agricoles

L’Afrique est souvent décrite comme une terre d’opportunités. Elle détient 60 % des terres arables non cultivées de la planète, des ressources hydriques abondantes et un marché dynamique. Sa population atteindra 2,5 milliards d’habitants en 2050, avec une majorité de jeunes. Ce potentiel nourrit l’espoir de transformer durablement les systèmes agroalimentaires, d’assurer la sécurité alimentaire et de créer des emplois. Cependant, les organisateurs rappellent que malgré ces atouts, un tiers des Africains subsahariens souffre encore de la faim.

Miser sur l’innovation et le leadership

Pour relever ces défis, les experts de l’AFSF soulignent la nécessité de placer les jeunes au cœur des processus décisionnels. Leur créativité, leur ouverture aux nouvelles technologies et leur capacité d’innovation sont considérées comme des leviers essentiels. Selon eux, les chaînes de valeur agroalimentaires offrent un réservoir d’opportunités capable de stimuler l’emploi et l’entrepreneuriat. Ils appellent donc les gouvernements à soutenir concrètement les initiatives portées par la jeunesse.

Un rendez-vous politique et symbolique

Le sommet, co-organisé avec le gouvernement sénégalais, est coordonné par le Groupe des partenaires de l’AFSF. Celui-ci regroupe 36 acteurs majeurs du secteur agroalimentaire africain, unis par la volonté de placer les agriculteurs et les jeunes au cœur des stratégies de transformation. Au-delà des débats, des temps forts viendront rythmer le programme. Un dîner de gala officiel est prévu, ainsi que la cérémonie de remise du Prix africain de l’alimentation. Ce prix prestigieux récompense les initiatives qui transforment l’agriculture africaine en une activité prospère.

Une ambition continentale

Ce forum veut envoyer un signal fort : l’Afrique dispose des ressources et de l’énergie nécessaires pour réinventer ses systèmes alimentaires. Mais cette transformation exige une volonté politique partagée, des investissements soutenus et un engagement constant en faveur de la jeunesse. Pour le Sénégal, hôte de l’événement, l’organisation de ce forum est également l’occasion de conforter sa place comme plateforme régionale incontournable des débats sur l’avenir agroalimentaire.