Mali : Diomaye Faye réaffirme la solidarité du Sénégal et souhaite une coopération renforcée

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a effectué, mardi, une visite de travail et de solidarité de vingt-quatre heures au Mali, où il s’est entretenu avec le président de la Transition, le général Assimi Goïta. Placée sous le signe de l’amitié, de la coopération et de la solidarité, cette rencontre a permis aux deux chefs d’État de réaffirmer leur volonté de renforcer leur partenariat face aux défis sécuritaires, économiques et régionaux.

Accueilli à l’aéroport international Président Modibo-Keïta de Bamako avec les honneurs militaires, Bassirou Diomaye Faye a été reçu par son homologue malien avant un entretien en tête-à-tête, suivi d’une séance de travail élargie aux délégations des deux pays. Si aucun accord bilatéral n’a été signé à l’issue de la rencontre, les échanges ont porté sur plusieurs dossiers jugés prioritaires.

Le chef de l’État sénégalais a d’abord exprimé la solidarité du Sénégal envers le peuple malien après les récentes attaques ayant coûté la vie à plusieurs soldats. Il a présenté les condoléances de Dakar aux autorités maliennes et condamné avec fermeté les violences qui continuent d’affecter le pays.

« Ces menaces ne connaissent pas de frontières et se renforcent avec nos divisions », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, estimant que la lutte contre le terrorisme exige une coopération plus étroite entre les États de la sous-région.

Les deux dirigeants ont ainsi échangé sur les moyens de renforcer la coopération sécuritaire, d’améliorer le partage d’informations et de consolider les efforts communs face aux groupes armés qui continuent d’opérer dans le Sahel.

Au-delà des questions sécuritaires, la rencontre a également mis l’accent sur les relations économiques entre les deux pays. Les discussions ont notamment porté sur le transport des marchandises entre Dakar et Bamako, un enjeu stratégique pour le Mali, dont une grande partie des importations transite par le port de Dakar avant d’emprunter le corridor routier reliant les deux capitales.

Les deux chefs d’État ont convenu de poursuivre les efforts visant à améliorer la fluidité de cet axe commercial essentiel, confronté à des difficultés liées à l’état des infrastructures, aux coûts logistiques et aux défis sécuritaires.

Cette visite intervient quelques jours seulement après l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Toutefois, le déplacement à Bamako s’est déroulé dans un cadre strictement bilatéral et ne constituait pas une mission officielle de l’organisation régionale.

Le contexte demeure sensible depuis le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2025 et la création de la Confédération des États du Sahel (AES). Malgré cette nouvelle configuration régionale, Dakar et Bamako affichent leur volonté de préserver un dialogue politique direct et des relations de coopération étroites.

Il s’agissait du deuxième déplacement de Bassirou Diomaye Faye au Mali depuis son accession à la magistrature suprême. Déjà reçu par Assimi Goïta en mai 2024, le président sénégalais poursuit ainsi une démarche de dialogue avec les autorités maliennes, dans la continuité des échanges engagés entre les deux pays.

À l’issue de cette visite, les deux dirigeants ont fait état d’une convergence de vues sur les principaux enjeux abordés. Sans annoncer de nouvelles mesures concrètes, cette rencontre aura surtout permis de réaffirmer la volonté de Dakar et de Bamako de renforcer leur coopération sécuritaire, de préserver leurs intérêts économiques communs et de maintenir un canal de concertation permanent dans un contexte régional en profonde mutation.

Sénégal : la visite de Diomaye Faye au Mali et le dossier Ismaïla Madior Fall dominent la presse nationale

La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Bamako et les développements judiciaires concernant l’ancien garde des Sceaux Ismaïla Madior Fall occupent les principaux titres de la presse sénégalaise ce mercredi 29 juillet.

En déplacement officiel au Mali, le chef de l’État sénégalais a réaffirmé la solidarité du Sénégal envers son voisin confronté à la menace terroriste. Reçu par le président de la Transition, le général Assimi Goïta, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour un renforcement de la coopération sécuritaire, économique et régionale entre les deux pays.

Pour plusieurs quotidiens, cette visite revêt une portée particulière puisqu’elle constitue le premier déplacement à l’étranger du président sénégalais depuis son accession, le 19 juillet dernier à Freetown, à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Les échanges entre les deux dirigeants ont notamment porté sur la lutte contre le terrorisme, la sécurisation des corridors commerciaux, le développement des relations bilatérales et les enjeux liés à la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Dans un contexte marqué par les recompositions géopolitiques entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel (AES), cette visite est perçue comme un signal en faveur du dialogue régional.

L’autre sujet largement commenté concerne la procédure engagée devant la Haute Cour de justice contre l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall.

Poursuivi pour association de malfaiteurs, corruption, tentative d’extorsion de fonds, concussion et prise illégale d’intérêts, l’ancien garde des Sceaux a comparu mardi devant la juridiction spéciale. L’examen du fond du dossier a toutefois été renvoyé à l’issue des vacances judiciaires.

En revanche, la Haute Cour de justice a accédé à une demande de la défense en ordonnant la levée de son assignation à résidence ainsi que le retrait du bracelet électronique auquel il était soumis dans le cadre de son contrôle judiciaire. Cette décision constitue une première victoire procédurale pour les avocats d’Ismaïla Madior Fall, même si les poursuites engagées contre lui restent maintenues en attendant la reprise de l’audience.

À travers ces deux dossiers, la presse sénégalaise met en lumière, d’une part, le rôle diplomatique que cherche à jouer Bassirou Diomaye Faye sur la scène ouest-africaine et, d’autre part, la poursuite des procédures judiciaires visant plusieurs anciens responsables de l’État dans le cadre de la politique de reddition des comptes.

JOJ Dakar 2026 : Ziguinchor lance la mobilisation nationale à moins de 100 jours des Jeux

Le Sénégal a officiellement lancé le compte à rebours des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. À moins de cent jours de l’ouverture de cet l’événement, la ville de Ziguinchor, en Casamance, a accueilli une cérémonie marquant le début d’une vaste mobilisation nationale destinée à associer l’ensemble du pays à l’organisation des premiers JOJ organisés sur le continent africain.

Réunis au stade Aline Sitoé Diatta, les autorités administratives, les élus locaux, les représentants du Comité d’organisation des JOJ (COJOJ), ainsi que de nombreux acteurs du sport, de la culture et de la jeunesse ont participé au lancement officiel du compte à rebours, en présence de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly.

La cérémonie a été marquée par la participation des athlètes de Special Olympics, un symbole fort de l’engagement du Sénégal en faveur de l’inclusion et de l’accessibilité, deux valeurs que les organisateurs souhaitent placer au cœur de Dakar 2026.

Originaire de la Casamance, la ministre a tenu à faire de Ziguinchor le point de départ de cette mobilisation nationale. Elle a rappelé que les Jeux ne concernent pas uniquement les sites de compétition de Dakar, Diamniadio ou Saly, mais l’ensemble des régions du pays.

« Ces Jeux appartiennent à toute la jeunesse sénégalaise », a-t-elle déclaré, invitant chaque citoyen à contribuer au succès de cet événement mondial.

Pour Djirèye Clotilde Coly, les JOJ Dakar 2026 représentent une occasion unique de mettre en valeur un Sénégal uni, dynamique et tourné vers l’avenir. Elle a encouragé les jeunes à s’investir pleinement à travers les programmes de volontariat, les formations et les initiatives culturelles prévues dans le cadre des Jeux.

« Ne soyez pas de simples spectateurs. Soyez-en les acteurs, les ambassadeurs, les bénévoles et les champions », a lancé la ministre, appelant la jeunesse à faire de cette compétition une réussite collective.

Elle a également salué les atouts de la Casamance, qu’elle a qualifiée de terre d’énergie, de courage, de richesse culturelle et d’excellence sportive, estimant que la région a un rôle majeur à jouer dans la réussite des JOJ.

En marge de la cérémonie, la ministre a rencontré les responsables des ligues sportives régionales ainsi que des représentants d’organisations socio-économiques. Les échanges ont porté sur les besoins en infrastructures, le développement des disciplines sportives et l’accompagnement des jeunes talents.

À moins de cent jours de l’ouverture officielle des Jeux olympiques de la jeunesse, le Sénégal entre ainsi dans la phase finale de ses préparatifs avec l’ambition de faire de Dakar 2026 une vitrine de son savoir-faire organisationnel, de sa jeunesse et de son rayonnement sur la scène internationale.

Diomaye Faye à Bamako : une visite stratégique pour relancer le dialogue entre la CEDEAO et l’AES

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est arrivé ce mardi à Bamako pour une visite d’amitié et de travail, à l’invitation du président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta. Ce déplacement intervient quelques jours seulement après son accession à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans un contexte de recomposition des relations entre l’organisation régionale et la Confédération des États du Sahel (AES).

Premier déplacement régional du chef de l’État sénégalais depuis son élection à la tête de la CEDEAO, le 19 juillet dernier à Freetown, cette visite traduit la volonté de Dakar de maintenir un dialogue avec Bamako malgré les évolutions institutionnelles intervenues ces derniers mois en Afrique de l’Ouest.

Il s’agit toutefois de la deuxième visite de Bassirou Diomaye Faye au Mali depuis son arrivée au pouvoir. Le président sénégalais s’était déjà rendu à Bamako le 30 mai 2024, quelques semaines après son investiture, pour échanger avec le général Assimi Goïta sur les relations bilatérales, la situation sécuritaire et l’avenir des rapports entre la CEDEAO et les pays dirigés par des transitions militaires.

Selon la présidence sénégalaise, cette nouvelle rencontre s’inscrit dans le prolongement des liens historiques de fraternité, de voisinage et de coopération qui unissent le Sénégal et le Mali. Les discussions devraient porter aussi bien sur les relations bilatérales que sur les grands dossiers régionaux, notamment la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la paix et l’intégration sous-régionale.

Cette visite revêt une importance particulière alors que les relations entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — connaissent une phase de redéfinition. En prenant la tête de l’organisation régionale, Bassirou Diomaye Faye a affiché sa volonté de favoriser le dialogue et de préserver les liens entre les États ouest-africains.

Lors du sommet de Freetown, le président sénégalais avait plaidé pour une CEDEAO plus autonome sur le plan financier, un renforcement de la coopération sécuritaire ainsi que l’opérationnalisation de la force régionale de lutte contre le terrorisme.

Cette nouvelle dynamique intervient également dans un contexte où le Sénégal renforce son influence au sein de l’organisation communautaire, avec la désignation du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO, en remplacement d’Omar Alieu Touray.

À travers cette visite à Bamako, Bassirou Diomaye Faye entend ainsi réaffirmer la place du Sénégal comme acteur de dialogue en Afrique de l’Ouest et contribuer à la recherche de nouveaux mécanismes de coopération entre la CEDEAO et les États de la Confédération de l’AES.

Touba : Bassirou Diomaye Faye lance les travaux de l’Hôpital international Hijama

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a posé, lundi à Ngabou, dans la commune de Touba, la première pierre de l’Hôpital international Jalibatoul Marakhib-Hijama, un projet sanitaire évalué à 32 milliards de FCFA. Cette infrastructure, réalisée dans le cadre d’un partenariat public-privé, ambitionne de renforcer l’offre de soins spécialisés au Sénégal.

Érigé sur une superficie de 10 000 m², le futur établissement disposera d’un plateau technique moderne destiné à répondre aux besoins croissants des populations. Il intégrera notamment un centre de cancérologie, une unité de cardiologie interventionnelle, des services de chirurgie générale et orthopédique, de gynécologie-obstétrique, ainsi qu’un service des urgences fonctionnant 24 heures sur 24.

L’hôpital comprendra également un centre d’imagerie médicale complet et un laboratoire de biologie médicale, avec l’objectif d’améliorer la prise en charge des pathologies nécessitant des soins spécialisés. Lors de la cérémonie, le chef de l’État a présenté ce projet comme une illustration de la stratégie portée par la Vision Sénégal 2050, qui mise sur une mobilisation accrue de l’investissement privé aux côtés des efforts publics.

Selon Bassirou Diomaye Faye, ce modèle de partenariat doit permettre au pays de développer des infrastructures sanitaires de référence, de limiter les évacuations médicales vers l’étranger et de rapprocher les soins de pointe des citoyens.

Au-delà des habitants de Touba et de la région de Diourbel, l’établissement est également appelé à jouer un rôle stratégique dans la prise en charge des millions de fidèles qui se rendent chaque année dans la cité religieuse, notamment lors du Grand Magal de Touba.

Cette pose de première pierre intervient au terme d’une visite de deux jours du président sénégalais dans la ville sainte. La veille, Bassirou Diomaye Faye avait été reçu par le khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, avant une visite au mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme.

À travers ce projet, les autorités sénégalaises entendent faire de l’accès aux soins spécialisés un levier majeur de transformation du système sanitaire national.

UCAD : Boubacar Camara annonce la levée de la suspension des amicales d’étudiants

Le gouvernement sénégalais s’apprête à lever la suspension des amicales d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), une mesure destinée à restaurer le dialogue au sein des établissements d’enseignement supérieur et à apaiser durablement le climat universitaire.

L’annonce a été faite, lundi à Fatick, par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, en marge de la cérémonie de livraison des infrastructures du campus pédagogique de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN).

« Nous allons lever la suspension de toutes les amicales, nous retrouver autour d’une table avec les représentants des étudiants », a déclaré le ministre, précisant que cette décision s’inscrit dans la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de garantir aux étudiants un environnement propice aux études.

Les amicales avaient été suspendues en février 2026 par le Conseil académique de l’UCAD à titre conservatoire, à la suite des violences ayant secoué le campus après le décès de l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Pour Boubacar Camara, leur réhabilitation doit permettre de rétablir un cadre de concertation permanent entre les autorités universitaires et les représentants des étudiants. Elle vise également à renforcer leur participation à la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur.

Dans cette dynamique, le ministre a annoncé l’élaboration prochaine d’un « pacte social » destiné à prévenir les tensions et à instaurer des mécanismes de dialogue capables de résoudre les différends avant qu’ils ne dégénèrent en crises.

Ce dispositif associera les étudiants, les enseignants ainsi que les personnels administratifs, avec pour objectif de favoriser une meilleure compréhension des préoccupations de chaque acteur et de promouvoir des solutions concertées aux difficultés rencontrées dans les universités. Le ministre a également insisté sur la nécessité de garantir une représentation effective des étudiants dans les différentes instances universitaires. Il a, en outre, réaffirmé son attachement aux libertés syndicales des enseignants tout en invitant l’ensemble des acteurs à privilégier le dialogue.

« Pas de grève, pas de combat. On va prévenir l’ensemble des conflits et on trouvera des solutions », a assuré Boubacar Camara, estimant que l’université doit rester un espace dédié au savoir, à la formation et à l’excellence académique.

Cette annonce intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à améliorer durablement le climat social dans les universités, régulièrement confrontées à des mouvements de protestation liés aux conditions d’études, aux infrastructures, aux œuvres universitaires et à la représentation des étudiants.

La levée prochaine de la suspension des amicales marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement de renouer le dialogue avec les organisations estudiantines et de consolider la stabilité au sein de l’enseignement supérieur sénégalais.

Sénégal : la recomposition politique domine la Une de la presse nationale

La recomposition du paysage politique sénégalais continue de monopoliser l’attention de la presse nationale. Dans les éditions de ce mardi 28 juillet, les quotidiens reviennent largement sur les conséquences de la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko, ainsi que sur les nouveaux équilibres qui se dessinent à l’approche des prochaines échéances électorales.

Le quotidien Le Soleil s’intéresse au défi de la structuration du nouveau parti présidentiel, Kiiraay-Les Patriotes Républicains, officiellement lancé le 25 juillet. Le journal souligne que cette nouvelle formation, dont la devise est « La patrie d’abord », rassemble déjà 437 mouvements et organisations appelés à fusionner. Toutefois, le principal enjeu reste désormais sa capacité à se massifier et à s’implanter durablement sur l’ensemble du territoire.

De son côté, L’As estime que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko occupent désormais l’essentiel de l’espace politique sénégalais. Le journal considère que l’affaiblissement des partis traditionnels pourrait conduire à l’émergence d’un bipartisme de fait, si aucune troisième force politique crédible ne parvient à s’imposer dans le débat public.

L’avenir de l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, retient également l’attention de Le Quotidien. Le journal décrit une formation fragilisée depuis la perte du pouvoir en 2024, confrontée au départ de plusieurs de ses responsables vers la majorité présidentielle et à des tensions internes. Entre les ambitions internationales de Macky Sall et les défis de la restructuration du parti, l’APR chercherait désormais à redéfinir sa stratégie avant les prochaines consultations électorales.

Pour sa part, L’Info met en avant ce qu’il qualifie de « grand mercato politique ». Le quotidien observe une multiplication des mouvements politiques et citoyens, alimentée par la séparation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Selon le journal, cette dynamique s’accompagne de nombreux repositionnements d’anciens responsables de l’APR et de l’émergence de nouvelles ambitions politiques, illustrant l’ouverture d’un nouveau cycle dans la vie politique sénégalaise.

À travers ces différentes analyses, la presse sénégalaise met en évidence une profonde reconfiguration du paysage politique national, marquée par la montée en puissance de Kiiraay-Les Patriotes Républicains, la nouvelle position du Pastef conduit par Ousmane Sonko et les difficultés rencontrées par les formations traditionnelles dans un contexte de fortes recompositions politiques.

Bassirou Diomaye Faye lance « Kiiraay », son propre parti et acte sa rupture avec Ousmane Sonko

Une nouvelle page s’ouvre dans la vie politique sénégalaise. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé, samedi 25 juillet 2026 à Dakar, son parti politique baptisé « Kiiraay-Les Patriotes Républicains », confirmant ainsi une rupture désormais assumée avec son ancien allié, Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale.

Présenté lors d’une assemblée générale constitutive, ce nouveau mouvement voit le jour dans un climat de tensions persistantes entre les deux figures qui avaient pourtant porté ensemble l’alternance politique. Sa création est l’aboutissement d’un processus de restructuration engagé dès novembre 2025 sous la supervision d’Aminata Touré, chargée de rassembler les soutiens du chef de l’État au sein d’une formation politique unifiée.

À cette occasion, Bassirou Diomaye Faye a décrit Kiiraay-Les Patriotes Républicains comme un projet appelé à s’inscrire dans la durée, fondé sur les valeurs de patriotisme, de proximité et de rassemblement. « Aujourd’hui, nous fondons une maison commune. Fonder, c’est semer une graine », a déclaré le chef de l’État devant ses partisans.

S’appuyant sur son parcours personnel et ses origines rurales, le président sénégalais a invité ses soutiens à privilégier le travail de terrain plutôt que les polémiques politiques. « Le temps est le plus honnête des juges. Chez nous, un paysan ne passe pas sa saison à maudire l’herbe folle… Me voici donc au champ », a-t-il lancé, présentant Kiiraay comme une « semence nouvelle » destinée à s’enraciner dans toutes les communes du Sénégal ainsi qu’au sein de la diaspora.

Le lancement de cette nouvelle formation marque un tournant dans la recomposition du camp présidentiel. Lors de son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye avait quitté le poste de secrétaire général du PASTEF afin de respecter le principe de séparation entre la fonction présidentielle et la direction d’un parti politique. Avec la naissance de Kiiraay-Les Patriotes Républicains, plusieurs ministres et responsables de la majorité, jusque-là membres de différentes formations politiques, sont désormais appelés à clarifier leur position en rejoignant exclusivement cette nouvelle structure.

Les dirigeants du parti ont annoncé qu’un congrès national se tiendra à la fin de l’hivernage afin de mettre en place les instances dirigeantes. Cette échéance sera précédée d’une tournée nationale destinée à mobiliser les militants dans toutes les régions du Sénégal ainsi qu’au sein de la diaspora.

En créant sa propre formation politique, Bassirou Diomaye Faye franchit une étape décisive de son parcours et affirme sa volonté de poursuivre son action sous une bannière distincte de celle du PASTEF. Cette évolution intervient alors que les tensions institutionnelles se poursuivent entre les deux anciens compagnons politiques. Fin juin, l’Assemblée nationale, présidée par Ousmane Sonko, avait adopté une loi visant à interdire au chef de l’État de diriger un parti politique ou une coalition. Moins de deux semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a invalidé cette disposition, ouvrant ainsi la voie à la création officielle de Kiiraay – Les Patriotes Républicains.

Le gouvernement sénégalais dément une contamination généralisée du riz aux aflatoxines

Les autorités sénégalaises veulent mettre un terme aux inquiétudes suscitées par les récentes informations sur une supposée contamination généralisée du riz aux aflatoxines. Dans un communiqué de mise au point, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que les conclusions relayées dans certains médias reposent sur une étude pilote limitée et ne permettent en aucun cas d’évaluer la qualité du riz consommé à l’échelle nationale.

Selon le ministère, cette étude, financée par la FAO et conduite sous la supervision du Comité national du Codex, s’est appuyée sur seulement 200 échantillons prélevés à Dakar, Thiès et Kaolack, principalement auprès de restauratrices. Un échantillonnage jugé insuffisant pour tirer des conclusions représentatives de l’ensemble du marché sénégalais.

Les autorités soulignent également que les résultats ont été interprétés en se référant au seuil fixé par l’Union européenne, établi à 4 microgrammes par kilogramme (µg/kg), alors que le Sénégal applique la norme internationale du Codex Alimentarius. Cette dernière autorise jusqu’à 20 µg/kg d’aflatoxines totales pour le riz décortiqué. Or, la concentration la plus élevée relevée par l’étude est de 18,6 µg/kg, un niveau qui demeure inférieur à la limite retenue par le Codex.

Le ministère réfute par ailleurs les affirmations selon lesquelles la moitié du riz produit localement serait contaminée. Il précise qu’aucun des échantillons analysés ne provenait des principales zones de production nationale, notamment de la vallée du fleuve Sénégal. Dans ces conditions, toute conclusion faisant état d’une contamination massive du riz local est, selon lui, dépourvue de fondement scientifique.

Les autorités rappellent que tous les produits alimentaires commercialisés au Sénégal, qu’ils soient importés ou issus de la production nationale, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise sur le marché, puis à une surveillance régulière. Entre janvier et juin 2026, la Direction du Commerce intérieur a enregistré 2 059 analyses portant sur différents produits alimentaires, avec l’appui de laboratoires spécialisés tels que le LANAC, l’ITA, l’Institut Pasteur, l’IESP et le CÉRES-Locustox.

S’agissant du riz, les dispositifs de surveillance portent principalement sur la recherche de métaux lourds, notamment l’arsenic, les autorités rappelant que la présence d’aflatoxines est généralement beaucoup plus rare dans cette céréale que dans des produits comme l’arachide.

Le ministère assure enfin que les mécanismes de contrôle sanitaire demeurent pleinement opérationnels. Les inspections menées par le Laboratoire national d’analyses et de contrôle (LANAC), l’Institut de technologie alimentaire (ITA) et la Direction du Commerce intérieur ont été renforcées afin de garantir la sécurité des consommateurs. Tout produit non conforme aux normes sanitaires est retiré du marché et ses responsables s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation.

À travers cette mise au point, le gouvernement entend rassurer la population et affirme que les données actuellement disponibles ne permettent pas de conclure à une contamination généralisée du riz ni à un risque sanitaire généralisé pour les consommateurs sénégalais.

Sénégal : Diomaye Faye annonce un investissement de 60 milliards FCFA pour lutter contre les inondations à Touba

En visite officielle à Touba, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé un ambitieux programme d’investissement de 60 milliards de FCFA sur quatre ans destiné à renforcer durablement la lutte contre les inondations dans la cité religieuse. Cette nouvelle enveloppe vient consolider les efforts déjà engagés après le lancement d’un premier programme de 15 milliards de FCFA consacré à l’amélioration de la gestion des eaux pluviales.

Face aux inondations récurrentes qui frappent Touba à chaque hivernage, le chef de l’État a demandé au gouvernement d’accélérer la mise en œuvre des différents chantiers afin d’apporter des réponses durables aux populations. Les travaux prévus concernent notamment la réhabilitation des bassins de rétention de Darou Rahmane, Pofdi et Keur Kabb, la construction de l’exutoire de Ndock pour faciliter l’évacuation des eaux pluviales, ainsi que plusieurs aménagements aux abords de la Grande Mosquée.

Cette annonce est intervenue au cours de la visite de 48 heures que le président effectue dans le département de Mbacké, en prélude au Grand Magal de Touba 2026. À cette occasion, Bassirou Diomaye Faye a également sollicité les prières des guides religieux pour la paix, la cohésion nationale, la stabilité et le développement du Sénégal.

Reçu par le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le chef de l’État a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les investissements dans les secteurs prioritaires de Touba, notamment l’hydraulique, l’assainissement et les infrastructures publiques.

Au nom du khalife, son porte-parole, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, a salué les initiatives engagées par les autorités dans les domaines de l’accès à l’eau, de l’assainissement et de l’enseignement supérieur. Il a également rappelé la portée spirituelle du Grand Magal, qui commémore le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, et demeure l’un des plus importants rassemblements religieux d’Afrique de l’Ouest.

La visite présidentielle doit se poursuivre ce lundi avec la pose de la première pierre d’un hôpital privé à Ngabou, avant un recueillement au mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba, moment fort de ce déplacement placé sous le signe des investissements et du dialogue avec les autorités religieuses.