Sénégal : l’État renforce les préparatifs du Gamou 2026

À l’approche du Gamou 2026, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, multiplie les échanges avec les familles religieuses pour préparer l’accueil des pèlerins.

Mardi 18 août, le ministre a reçu successivement les représentants de la famille Ndiéguène de Thiès et ceux de la famille d’El Hadj Rawane Ngom de Mpal. Les discussions ont porté sur les préparatifs de cette importante manifestation religieuse et sur les mesures nécessaires à la sécurité des fidèles.

Mouhamadou Makhtar Cissé a réaffirmé l’engagement de l’État à mobiliser les services concernés pour accompagner les cités religieuses dans l’organisation du Gamou.

Le ministre a notamment assuré que les dispositifs seront renforcés afin de permettre aux fidèles de célébrer l’événement dans de bonnes conditions, avec une attention particulière portée à leur sécurité et à leur accueil.

Les comités d’organisation ont salué la disponibilité des autorités. Ils ont également apprécié l’accompagnement du ministère de l’Intérieur dans la prise en charge des préoccupations liées aux préparatifs. Ces rencontres s’inscrivent dans le dispositif de préparation du Gamou 2026, alors que les autorités et les familles religieuses travaillent à assurer le bon déroulement des célébrations.

À l’issue des échanges, les différents chefs religieux ont formulé des prières pour la paix, la stabilité et la prospérité du Sénégal. Ils ont également prié pour la réussite du président de la République dans l’exercice de sa mission.

Sénégal : le bras de fer autour des crédits spéciaux domine toujours la presse nationale

La presse nationale ce jeudi 20 août 2026 revient largement sur les tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire autour de la réforme du régime juridique des crédits spéciaux.

Au lendemain de la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement, le parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, a vivement réagi. Selon Sud Quotidien, la formation politique conteste à la fois le fondement juridique du recours et sa portée politique. Lors d’un point de presse tenu mercredi, les responsables de Pastef ont accusé l’exécutif de chercher à limiter le pouvoir de contrôle du Parlement sur les fonds spéciaux. Ils estiment également que le gouvernement revient sur certains engagements pris devant les Sénégalais.

Walfquotidien résume la situation à sa une par la formule : « Des gnons pour des histoires de pognon ». Le journal déplore une confrontation politique autour des fonds politiques, secrets et spéciaux, alors que d’autres priorités économiques et sociales attendent le pays.

L’Info titre de son côté : « Pastef sort les griffes et défend sa transparence ». Le quotidien revient sur le point de presse du Bureau politique du parti, au cours duquel plusieurs sujets ont été abordés, notamment la hausse des prix des hydrocarbures, la gestion des fonds sociaux, la déclaration de patrimoine et les tensions politiques.

La colère de Pastef contre l’exécutif

Le quotidien L’As affiche « Le Pastef fonce sur Diomaye ». Le journal rapporte la colère de la majorité parlementaire après la suspension de la séance consacrée à la proposition de loi sur les crédits spéciaux. Selon les députés de la majorité, cette suspension ne serait prévue par aucun texte. Ils considèrent également que la démarche de l’exécutif constitue une tentative de blocage du processus parlementaire. La question des crédits spéciaux s’inscrit ainsi dans un climat de tensions institutionnelles qui oppose désormais ouvertement le gouvernement et sa propre majorité parlementaire.

Sur un autre registre, Tribune s’intéresse aux conditions économiques dans lesquelles se prépare l’édition 2026 du Mawlid, célébrant la naissance du prophète Mouhammad (PSL). Le quotidien estime que la hausse des prix et la crise économique pèsent sur les préparatifs de cette célébration religieuse. Le pouvoir d’achat des ménages continuerait ainsi de se dégrader, compliquant les dépenses liées à l’événement.

Le Soleil emmène pour sa part ses lecteurs en Casamance, à la découverte de l’île de Hilol, située dans les îles Karone, à Kafountine, dans le département de Bignona. Le journal revient sur l’histoire de cette île qui aurait résisté à la progression coloniale française. Il rappelle notamment la mort du capitaine Aristide Protêt, officier de l’infanterie de marine française, atteint par une flèche lors d’un affrontement avec un guerrier koroninka.

Aujourd’hui, accéder à Hilol demeure une véritable aventure, entre routes difficiles et transport fluvial à travers les bolongs de la Casamance.

Sénégal : l’Assemblée nationale suspend la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux

L’Assemblée nationale du Sénégal a décidé de suspendre la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux, initialement prévue ce mercredi 19 août 2026.

Dans un communiqué publié mardi 18 août, le Parlement explique cette décision par la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement. L’Exécutif demande aux « Sages » de déterminer si certaines dispositions du texte relèvent du domaine réglementaire.

Pour l’Assemblée nationale, cette démarche intervient dans un contexte d’« obstruction systématique » au processus législatif engagé pour renforcer la transparence dans la gestion des deniers publics. Le Parlement relève toutefois que la Constitution ne prévoit pas explicitement d’effet suspensif lié à ce type de recours. Malgré cela, les députés ont choisi de suspendre la séance afin de préserver « la stabilité, l’élégance républicaine et le dialogue entre les Institutions ».

Cette décision intervient alors que le débat sur les crédits spéciaux oppose de plus en plus ouvertement l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Le gouvernement estime que certaines dispositions du texte empiètent sur son pouvoir réglementaire, tandis que la majorité parlementaire défend la nécessité d’un encadrement législatif de ces fonds.

La suspension reste toutefois limitée à cette proposition de loi. L’Assemblée nationale assure que les autres activités prévues à son calendrier parlementaire se poursuivront normalement. Les travaux relatifs à la ratification des propositions de résolution portant création de commissions d’enquête parlementaire sont ainsi maintenus pour jeudi 20 août. Le Parlement prévoit également de poursuivre l’examen du projet de loi n°25/2026 consacré à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique.

Le différend sur les crédits spéciaux reste donc suspendu à la décision du Conseil constitutionnel. Celle-ci devra permettre de déterminer la frontière entre les compétences du législateur et celles du pouvoir réglementaire dans l’encadrement de ces fonds.

Sénégal : le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel sur l’affaire des crédits spéciaux

Alors que l’Assemblée nationale devait examiner ce mercredi 19 août la proposition de loi sur les crédits spéciaux, le gouvernement sénégalais a décidé de saisir le Conseil constitutionnel. L’exécutif conteste la recevabilité de certaines dispositions du texte, estimant qu’elles relèvent du pouvoir réglementaire.

Le gouvernement a saisi mardi le Conseil constitutionnel pour arbitrer le différend qui l’oppose à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi n°34/2026 relative au régime juridique des crédits spéciaux. Adopté en commission, le texte devait être soumis aux députés en séance plénière mercredi 19 août à partir de 10 heures. Mais l’exécutif estime que certaines de ses dispositions empiètent sur le domaine réglementaire qui lui est réservé.

La Primature s’appuie notamment sur les articles 67 et 76 de la Constitution. Elle a donc opposé l’irrecevabilité au texte avant de saisir le Conseil constitutionnel, conformément à l’article 83 de la Loi fondamentale. Le différend porte essentiellement sur la frontière entre le domaine de la loi et celui du règlement. Le gouvernement considère que le Parlement ne peut pas fixer certaines modalités relatives aux crédits spéciaux, celles-ci devant plutôt être déterminées par voie réglementaire.

En commission, l’exécutif avait déjà proposé de limiter le texte aux crédits spéciaux attribués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature. Il souhaitait également renvoyer les modalités de leur contrôle à un décret.

Cette nouvelle bataille institutionnelle intervient dans un contexte déjà marqué par le débat sur la transparence et le contrôle des fonds spéciaux. Elle survient surtout au lendemain d’un vote majeur de l’Assemblée nationale sur la déclaration de patrimoine des principaux responsables de l’État.

Lundi, les députés ont adopté par 133 voix contre 2 une proposition de modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte prévoit notamment que le président de la République déclare et rende public son patrimoine au début et à la fin de son mandat.

Le gouvernement souhaite désormais que le Conseil constitutionnel tranche la question de la recevabilité de la proposition de loi sur les crédits spéciaux. Les « Sages » devront déterminer si les dispositions contestées relèvent bien du domaine de la loi ou si elles empiètent sur les compétences réglementaires de l’exécutif.

Pour la Primature, cette démarche vise à préserver « l’ordre juridique républicain ». Elle s’appuie également sur l’article 69, alinéa 8, de la loi organique n°2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. La décision du Conseil constitutionnel sera donc déterminante pour la suite de l’examen du texte. Elle pourrait également contribuer à préciser les limites des compétences respectives de l’exécutif et du Parlement dans l’encadrement des crédits spéciaux.

Sénégal : les crédits spéciaux au cœur d’un nouveau bras de fer entre l’exécutif et l’Assemblée

Le bras de fer institutionnel se poursuit au Sénégal autour de l’encadrement des crédits spéciaux. Alors que les députés devaient examiner ce mercredi la proposition de loi portant sur leur régime juridique, le gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel pour en contester la recevabilité.

Selon plusieurs quotidiens, l’exécutif estime que certaines dispositions du texte relèvent du domaine réglementaire et non du domaine de la loi. Il s’appuie notamment sur les articles 67 et 76 de la Constitution, qui définissent les compétences respectives du législateur et du pouvoir réglementaire.

Saisi par le gouvernement, le Conseil constitutionnel devra donc se prononcer sur la conformité du texte au regard de la répartition des compétences prévue par la Constitution. Dans l’attente de cette décision, l’Assemblée nationale a suspendu la séance plénière prévue ce 19 août pour examiner la proposition de loi. Pour Le Quotidien, cette nouvelle situation constitue un « nouveau bras de fer au sommet de l’État », les députés considérant la démarche de l’exécutif comme une forme d’obstruction.

La suspension ne signifie toutefois pas l’arrêt de l’ensemble des activités parlementaires. Elle concerne principalement l’examen du texte sur les crédits spéciaux, désormais soumis à l’arbitrage des « Sages ». Cette nouvelle confrontation intervient quelques jours seulement après l’adoption par l’Assemblée nationale de la réforme portant sur la déclaration de patrimoine. Le texte avait été approuvé à une large majorité avant que le président Bassirou Diomaye Faye n’annonce son intention de le soumettre à référendum.

Le dossier des crédits spéciaux ajoute ainsi une nouvelle tension aux relations entre l’exécutif et une Assemblée nationale dominée par Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko.

Le débat prend également une tournure politique avec les accusations portées contre le président de l’Assemblée nationale par Aminata Touré. La superviseure générale de Kiiraay accuse l’ancien Premier ministre d’avoir bénéficié de fonds non justifiables lorsqu’il dirigeait la Primature.

Selon les propos rapportés par plusieurs journaux, Aminata Touré affirme notamment qu’Ousmane Sonko aurait utilisé 3,7 milliards de FCFA issus de fonds destinés à la Casamance et logés à la Primature. Elle l’accuse également d’avoir eu recours aux fonds politiques de la présidence et d’avoir demandé des rallonges.

Ces accusations interviennent alors que le président de l’Assemblée nationale défend publiquement depuis plusieurs jours la nécessité d’un meilleur encadrement et d’un contrôle accru des fonds spéciaux. Le débat sur la transparence financière prend donc une dimension politique de plus en plus forte. D’un côté, l’exécutif conteste la compétence de l’Assemblée à légiférer sur certaines dispositions relatives aux crédits spéciaux. De l’autre, la majorité parlementaire défend sa volonté d’encadrer ces fonds.

Au-delà de la bataille juridique, c’est désormais le rapport de force entre les deux pôles du pouvoir qui se joue. Et la décision du Conseil constitutionnel pourrait constituer une nouvelle étape majeure dans cette confrontation institutionnelle.

Patrick Vieira : un pari risqué après quatre séparations en cinq clubs

La Fédération sénégalaise de football a choisi Patrick Vieira pour diriger les Lions pendant quatre ans. Un choix ambitieux, mais qui intervient avec un parcours récent en club marqué par plusieurs séparations avant le terme des projets engagés.

Le nouveau sélectionneur du Sénégal est désormais connu. La FSF a officialisé la nomination de Patrick Vieira après plusieurs semaines de discussions depuis le départ de Pape Thiaw. Le technicien de 50 ans arrive avec un contrat de quatre ans et une mission claire : maintenir les Lions au plus haut niveau du football africain.

Né à Dakar, champion du monde 1998 avec l’équipe de France et ancienne figure emblématique d’Arsenal, Vieira dispose d’un profil qui ne laisse pas indifférent. Son expérience du très haut niveau et son statut d’ancien international constituent des arguments importants pour la Fédération.

Mais derrière le prestige du nom, une question demeure : Patrick Vieira est-il le technicien capable d’inscrire son travail dans la durée ?

Son parcours récent en club invite à la prudence. Après son passage à la tête des U23 de Manchester City, le Français a dirigé New York City FC, l’OGC Nice, Crystal Palace, le RC Strasbourg puis le Genoa. Sur ces cinq dernières expériences, quatre se sont terminées par une séparation prématurée ou négociée. Son passage à Nice s’est achevé par un licenciement le 4 décembre 2020. À Crystal Palace, il a été démis de ses fonctions le 17 mars 2023.

Son aventure au Genoa s’est également terminée par une mise à l’écart. Seul son départ de Strasbourg est intervenu dans le cadre d’une séparation négociée. Un bilan qui contraste avec la durée de quatre ans du contrat proposé par la FSF.

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Ce parcours ne suffit évidemment pas à remettre en cause les qualités du technicien. Mais il constitue un élément à prendre en compte au moment où le Sénégal lui confie une sélection habituée aux résultats. Depuis le départ d’Aliou Cissé, qui avait conduit les Lions à leur premier sacre continental en 2022, puis celui de Pape Thiaw, champion d’Afrique en 2025, la FSF ouvre une nouvelle page. Le choix de Vieira traduit donc une volonté de changement dont les contours sportifs restent encore à préciser.

Autre inconnue : l’ancien milieu de terrain va pour la première fois diriger une sélection nationale. Sa carrière d’entraîneur s’est jusqu’ici construite exclusivement en club. Il devra donc apprendre à travailler avec un groupe qu’il ne retrouvera que ponctuellement, tout en assurant la continuité d’une équipe nationale composée de cadres expérimentés et de jeunes talents.

Le défi sera également humain. Vieira devra rapidement gagner la confiance du vestiaire, établir son projet de jeu et maintenir la compétitivité d’une sélection qui fait désormais partie des références du football africain.

Le pari de la FSF est donc double. Miser sur l’aura, l’expérience et le vécu international de Patrick Vieira, tout en espérant que son passage sur le banc des Lions s’inscrive cette fois dans la durée. Sur le papier, le choix est ambitieux. Sur le terrain, les quatre prochaines années permettront de déterminer s’il s’agissait d’un pari réussi.

Sénégal : Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions

Patrick Vieira est officiellement le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale A du Sénégal. Sa nomination a été entérinée à l’unanimité par le Comité d’Urgence de la Fédération sénégalaise de football (FSF), réuni lundi 17 août 2026.

Le Comité d’Urgence s’est réuni en session extraordinaire par visioconférence. Tous ses membres statutaires ont participé aux échanges, à l’exception de Cheikh Ahmet Tidiane Seck, sixième vice-président, dont l’absence avait été excusée. À l’issue des discussions, les membres de l’instance ont approuvé à l’unanimité la nomination de Patrick Vieira à la tête des Lions. Pour la FSF, ce choix répond à une volonté de renforcer l’encadrement technique de la sélection avec un profil de haut niveau. La Fédération entend ainsi poursuivre les ambitions sportives affichées par le Sénégal.

L’arrivée de Patrick Vieira intervient toutefois alors que certains détails restent encore à régler. Les modalités administratives et contractuelles de sa prise de fonction sont toujours en discussion entre les différentes parties. La Fédération sénégalaise de football n’a donc pas encore annoncé la date de présentation officielle du technicien français. Elle précise que les prochaines étapes de son installation seront communiquées ultérieurement.

Patrick Vieira prend ainsi la succession de Pape Thiaw et ouvre une nouvelle ère sur le banc des Lions du Sénégal. L’ancien international français devra désormais s’inscrire dans la continuité des ambitions d’une sélection qui entend rester au sommet du football africain.

Fonds spéciaux à la Primature : Macodou Sène conteste la version d’Ousmane Sonko sur l’affaire des 3 milliards de FCFA

Le débat autour de la gestion de 3 milliards de FCFA évoqués dans le dossier des fonds à la Primature prend une nouvelle tournure. Invité ce mardi sur la TFM, l’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), Macodou Sène, a livré une version qui contredit celle avancée par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Sur le fond, l’ancien responsable de la Primature affirme n’avoir jamais eu la charge de fonds spéciaux ou de ressources soustraites aux procédures habituelles de justification. Selon lui, les fonds qu’il gérait dans ses fonctions étaient encadrés par des règles précises et accompagnés des pièces justificatives nécessaires.

« En tant que DAGE, je n’ai jamais géré de fonds spéciaux. Les fonds que j’ai gérés étaient soumis à justification et les pièces sont là-bas. Moi, je n’en connais pas », a-t-il déclaré. Macodou Sène demande par ailleurs que des preuves soient produites pour étayer les accusations portées contre lui : « Celui qui a dit ça n’a qu’à sortir des preuves. »

Mais le démenti de l’ancien DAGE ne s’arrête pas à la nature des fonds qu’il aurait administrés. Il porte également sur ses éventuels échanges avec le chef du gouvernement autour de cette affaire.

Interrogé sur une possible interpellation directe d’Ousmane Sonko concernant ces ressources, Macodou Sène affirme que le Premier ministre ne l’a jamais questionné sur ce sujet. Cette déclaration vient ainsi remettre en cause la version jusque-là associée à son nom dans le débat sur les fonds de la Primature.

L’ancien responsable assure également n’avoir jamais demandé à Ousmane Sonko de se rapprocher de Cheikh Diba, alors ministre des Finances et du Budget. Il explique qu’il ne disposait tout simplement pas d’informations sur l’existence de fonds politiques ou de fonds spéciaux qu’il aurait été chargé de gérer.

Ses déclarations ouvrent ainsi un nouveau chapitre dans une affaire déjà marquée par des versions contradictoires. Alors que le débat sur l’encadrement et la gestion des fonds spéciaux se poursuit au Sénégal, l’ancien DAGE de la Primature entend désormais défendre publiquement sa propre version des faits.

Sénégal : une information judiciaire ouverte après la découverte de surfacturations de plus de 2,2 milliards de FCFA au Caco

Une nouvelle affaire financière arrive devant la justice sénégalaise. Le Pool judiciaire financier (PJF) a ouvert une information judiciaire concernant le Consortium africain de Conseil et d’Organisation (Caco), une filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Au cœur du dossier, des paiements de factures qui ne correspondraient à aucune prestation effectivement réalisée, avec un préjudice présumé dépassant 2,2 milliards de FCFA.

L’affaire a commencé par une plainte déposée auprès de la Division des investigations criminelles (DIC). Le 18 novembre 2024, le directeur général du Caco avait saisi les enquêteurs afin de signaler les opérations suspectes.

Les investigations ont progressivement fait apparaître plusieurs irrégularités. Selon le parquet financier, les enquêteurs ont notamment identifié « plusieurs cas de surfacturations », portant sur un montant supérieur à 2,2 milliards de francs CFA.

Face à l’importance des sommes en jeu et à la nature des faits relevés, le dossier vient désormais de franchir une nouvelle étape judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte contre deux agents du Caco ainsi que X.

Les personnes visées devront répondre de plusieurs qualifications pénales présumées. Le parquet financier évoque notamment l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, le détournement de deniers publics et le blanchiment de capitaux. La complicité de détournement de deniers publics figure également parmi les faits visés.

L’ouverture de cette information judiciaire doit désormais permettre d’aller plus loin dans l’examen des opérations concernées. Le juge devra notamment déterminer comment les paiements litigieux ont été effectués, établir l’étendue exacte du préjudice et identifier les éventuelles responsabilités.

À ce stade, la procédure vise donc à faire toute la lumière sur ces faits présumés. Les investigations devront permettre de confirmer ou non les irrégularités relevées et de déterminer les suites judiciaires à donner à l’affaire.

Sénégal : la réforme de la déclaration de patrimoine et l’affaire ASER dominent les Unes de la presse

À Dakar, la réforme de la déclaration de patrimoine du chef de l’État franchit une nouvelle étape. Réunis en séance plénière, les députés de la 15e législature ont adopté à une large majorité, par 133 voix contre 2, la proposition de loi modifiant l’article 37 de la Constitution. Mais au-delà du vote parlementaire, c’est surtout l’annonce d’un prochain référendum qui retient l’attention des journaux sénégalais parus ce mardi.

Le texte prévoit désormais que l’obligation de déclaration de patrimoine ne concerne plus uniquement le président de la République. Un amendement introduit par le gouvernement étend également cette exigence au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Tous devront déposer une déclaration au début de leurs fonctions, puis une nouvelle déclaration à leur terme.

Pour le chef de l’État, la procédure prévoit le dépôt d’une déclaration écrite auprès du Conseil constitutionnel dans les trois mois suivant la prestation de serment. Une seconde déclaration devra être effectuée dans les trois mois suivant la fin du mandat. Les mêmes dispositions s’appliqueront désormais aux deux autres principales autorités concernées.

C’est toutefois l’annonce faite par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, qui donne une nouvelle dimension au dossier. À l’issue du vote, il a indiqué que le président Bassirou Diomaye Faye avait décidé de soumettre le texte à un référendum. Une décision qui, selon les quotidiens, pourrait inscrire cette réforme dans une transformation constitutionnelle plus large.

Le gouvernement souhaite notamment aller plus loin en faisant de la déclaration de patrimoine une pièce constitutive du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Son absence pourrait ainsi entraîner l’irrecevabilité d’une candidature, selon les orientations présentées par le ministre de la Justice.

Cette perspective occupe une place importante dans les unes. L’As résume le choix présidentiel par « Diomaye opte pour le référendum », tandis que Sud Quotidien place déjà « Le référendum en ligne de mire ». Derrière cette procédure, les journaux voient une volonté d’instaurer davantage de transparence avant, pendant et après l’exercice des responsabilités publiques.

La réforme de l’article 37 n’est toutefois pas le seul dossier judiciaire et politique qui domine l’actualité sénégalaise. Les quotidiens reviennent également sur l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire du marché d’électrification rurale impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale et la société espagnole AEE Power.

Après une enquête préliminaire menée par les services de recherche, le Pool judiciaire financier a décidé de poursuivre les investigations. Plusieurs qualifications pénales sont évoquées dans le dossier, notamment le détournement de deniers publics, le blanchiment de capitaux, le faux et usage de faux, ainsi que d’autres infractions présumées.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en octobre 2025 par le député Thierno Alassane Sall. Depuis, les accusations et contre-accusations ont alimenté le débat autour de ce marché. Désormais, l’ouverture d’une information judiciaire fait entrer le dossier dans une nouvelle phase.

Les manchettes traduisent la gravité accordée à cette procédure. Tribune évoque la « traque des détourneurs des 37 milliards de l’ASER », tandis que Walfquotidien parle d’une « machine judiciaire » qui s’emballe. Libération souligne, de son côté, les nombreuses incriminations visées contre AEE Power Espagne, ses dirigeants ainsi que la filiale sénégalaise.

Le parquet financier a également sollicité plusieurs mesures pour approfondir les investigations. Une commission rogatoire internationale doit notamment être engagée en Espagne, tandis qu’une délégation judiciaire doit accompagner les recherches au Sénégal. Des mesures conservatoires ont aussi été demandées.

Entre réforme constitutionnelle et accélération de la procédure judiciaire, la presse sénégalaise place ainsi sous les projecteurs deux dossiers liés à une même exigence : le contrôle de l’action publique et la question de la responsabilité des dirigeants et des acteurs économiques.