Ousmane Sonko menace le gouvernement de motions de censure en cas d’abandon des réformes engagées

En déplacement à Mbacké, le président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a adressé un avertissement appuyé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au Premier ministre, Al Aminou Lo, les appelant à préserver les réformes engagées durant son passage à la tête du gouvernement.

 

Devant ses partisans, il a affirmé que plusieurs contrats avaient été renégociés lorsqu’il occupait les fonctions de Premier ministre et a indiqué avoir été informé de la volonté de son successeur de revenir sur certaines de ces décisions. Estimant que ces réformes ont été conduites dans l’intérêt du Sénégal, il a exhorté les nouvelles autorités à en assurer la continuité plutôt qu’à les remettre en cause.

Ousmane Sonko a prévenu que si cette orientation se confirmait, il n’exclurait pas de faire usage des prérogatives de l’Assemblée nationale. Il a ainsi évoqué la possibilité d’introduire des motions de censure contre le gouvernement si le Premier ministre Al Aminou Lo renonçait à poursuivre les réformes entreprises sous son magistère. Le président de l’Assemblée nationale a précisé que cette mise en garde s’appliquerait également à tout futur chef du gouvernement nommé par le président Bassirou Diomaye Faye qui choisirait, selon lui, d’abandonner les réformes déjà engagées.

À travers cette déclaration prononcée à Mbacké, Ousmane Sonko réaffirme sa volonté de défendre le bilan de son action à la Primature et de maintenir la pression politique afin que les réformes qu’il considère essentielles pour le Sénégal soient poursuivies.

Sénégal : le Front syndical lance une grève générale de 24 heures après l’échec des négociations avec le gouvernement

Le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement sénégalais entre dans une nouvelle phase. Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a entamé, ce vendredi 10 juillet 2026, une grève générale de 24 heures après l’échec des discussions engagées avec le ministère de la Fonction publique et du Travail dirigé par Mamadou Lamine Dianté.

Le mouvement touche plusieurs secteurs essentiels, notamment la santé, l’éducation, la justice et le transport. Dans le domaine sanitaire, des responsables ont toutefois assuré que le service minimum obligatoire sera maintenu grâce à la mobilisation du personnel de garde afin de garantir la continuité des soins.

La décision de maintenir la grève avait été confirmée dans la soirée du jeudi 9 juillet par la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), à l’issue d’une rencontre avec le ministère chargé du Travail jugée infructueuse par les organisations syndicales.

« La réunion n’a rien donné de concret (…) Aussi, voudrions-nous informer tous les camarades travailleurs/euses du maintien de la grève générale pour le vendredi 10 juillet 2026 », avait déclaré Mody Guiro, secrétaire général de la CNTS.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions autour des projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Le FSDT reproche au gouvernement de ne pas avoir instauré un cadre de concertation suffisamment inclusif avec les partenaires sociaux et craint une remise en cause de certains acquis des travailleurs.

Les syndicats réclament notamment l’ouverture de véritables négociations tripartites associant l’État, les organisations syndicales et le patronat afin de trouver un consensus sur les réformes envisagées. Ils demandent également la prise en compte de plusieurs revendications sociales, dont la situation des travailleurs licenciés dans les secteurs public et parapublic.

Après l’annulation de la révision constitutionnelle, Ousmane Sonko convoque le Bureau de l’Assemblée nationale

Au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel annulant la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale, le président de l’institution, Ousmane Sonko, convoque les membres du Bureau pour une réunion ce vendredi 10 juillet 2026.

La rencontre est prévue à 15 heures dans la salle de conférence de la Présidence, située au niveau 4 de l’hémicycle. Dans la convocation adressée aux membres du Bureau, l’ordre du jour est simplement mentionné sous l’intitulé « Informations », sans davantage de précisions sur les sujets qui seront abordés.

Cette réunion intervient dans un contexte institutionnel marqué par la décision n°6/C/2026 rendue jeudi par le Conseil constitutionnel. Saisie par le président Bassirou Diomaye Faye, la haute juridiction a déclaré contraire à la Constitution la loi n°18/2026 portant révision constitutionnelle, adoptée par les députés le 29 juin dernier, estimant que sa procédure d’adoption comportait plusieurs irrégularités.

Face à cette décision, Ousmane Sonko avait appelé ses partisans au calme dans une déclaration publiée mercredi soir, tout en réaffirmant la détermination de l’Assemblée nationale à poursuivre sa mission institutionnelle. « L’Assemblée nationale continuera à exercer pleinement la mission qui lui a été confiée », avait-il déclaré.

La réunion du Bureau de ce vendredi pourrait ainsi constituer une première étape dans la réaction de l’institution parlementaire après le revers juridique infligé à la procédure de révision constitutionnelle portée par la majorité.

Le Conseil constitutionnel invalide la révision constitutionnelle et donne raison à Bassirou Diomaye Faye

Saisi en urgence par le président Bassirou Diomaye Faye, le Conseil constitutionnel a mis un terme au processus de révision constitutionnelle engagé par l’Assemblée nationale en déclarant contraire à la Constitution la loi n°18/2026 adoptée le 29 juin. Dans sa décision n°6/C/2026 rendue jeudi, la haute juridiction estime que la procédure d’adoption du texte est entachée de deux violations majeures des règles constitutionnelles, donnant ainsi gain de cause au chef de l’État.

Le recours, introduit le 6 juillet par le président de la République, contestait la régularité de l’adoption de cette réforme constitutionnelle et sollicitait son examen en procédure d’urgence. Après avoir examiné le dossier, le Conseil constitutionnel a relevé deux irrégularités qu’il juge déterminantes. D’une part, il considère que la proposition de loi créait de nouvelles charges publiques, notamment à travers la mise en place d’un organe unique de gestion des élections et les dispositions relatives à la future Cour constitutionnelle, sans prévoir les ressources nécessaires à leur financement, en violation de l’article 82, alinéa 2, de la Constitution. D’autre part, il estime que l’Assemblée nationale n’a pas respecté la procédure du « vote bloqué » prévue par l’article 82, alinéa 4, alors même que le gouvernement en avait officiellement demandé l’application.

Avant d’examiner le fond du dossier, le Conseil constitutionnel a également rejeté l’exception d’incompétence soulevée par le président de l’Assemblée nationale. Les sages ont affirmé leur compétence pour contrôler la constitutionnalité d’une loi de révision et ont jugé recevable le recours présidentiel, considérant qu’il pouvait être exercé dès l’adoption définitive du texte par les députés.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions institutionnelles entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après son départ du gouvernement en mai. Portée par la majorité parlementaire proche de M. Sonko, la réforme constitutionnelle visait notamment à limiter certaines prérogatives du chef de l’État, en particulier la possibilité pour un président en exercice de diriger un parti politique. Dans le même temps, Bassirou Diomaye Faye a engagé des démarches en vue de créer sa propre formation politique, accentuant la rupture entre les deux anciens alliés à l’approche des élections locales de 2027.

La saisine, enregistrée sous le numéro 6/C/26, avait été déposée par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, agissant au nom du président de la République. Le dossier transmis au Conseil comprenait seize pièces, parmi lesquelles le texte de la loi contestée, les échanges entre la présidence et l’Assemblée nationale, les amendements du gouvernement, les procès-verbaux ainsi que les enregistrements des débats parlementaires.

À la suite de cette décision, la Coalition Diomaye Président a salué, dans un communiqué, une « sanction » infligée aux députés ayant adopté la loi le 29 juin. Elle a félicité le chef de l’État, qu’elle présente comme le « gardien de la Constitution », et l’a encouragé à poursuivre les consultations engagées sur les réformes institutionnelles afin de renforcer la démocratie. Le Pastef, parti dirigé par Ousmane Sonko et majoritaire à l’Assemblée nationale, n’avait pas encore réagi officiellement au moment de la décision.

En censurant la loi n°18/2026, le Conseil constitutionnel réaffirme le caractère impératif des règles procédurales encadrant toute révision de la Loi fondamentale et met un coup d’arrêt à l’initiative constitutionnelle portée par l’Assemblée nationale.

Révision constitutionnelle au Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi adoptée par l’Assemblée nationale

La décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin domine largement les quotidiens sénégalais parus ce vendredi 10 juillet. Saisie en urgence par le président de la République, l’institution a jugé la procédure contraire à la Constitution, estimant que plusieurs irrégularités majeures avaient entaché son adoption.

 

Pour Le Soleil, les sages ont sanctionné de « graves vices de procédure » imputés à l’Assemblée nationale, notamment le non-respect des règles relatives au financement budgétaire ainsi que le refus d’accéder à la demande de « vote bloqué » formulée par l’exécutif.

Même constat dans Sud Quotidien, qui souligne que le Conseil constitutionnel a purement et simplement annulé la loi portée par le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes. WalfQuotidien y voit un désaveu du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, tandis que L’As résume la décision en une formule : « Les sages freinent Sonko ».

Selon Les Échos, la haute juridiction a rejeté l’ensemble des arguments développés dans le mémoire en réponse du président de l’Assemblée nationale. Le quotidien relève que l’un des principaux griefs retenus concerne le refus opposé à la demande du ministre de la Justice d’appliquer la procédure du vote bloqué.

Au-delà de l’aspect juridique, Tribune estime que cette décision revêt une forte portée institutionnelle. Le journal considère qu’elle tranche un bras de fer entre le président de la République et l’Assemblée nationale, en permettant au chef de l’État de faire obstacle à une révision constitutionnelle dont il ne maîtrisait ni le calendrier ni le contenu. Le quotidien souligne également que le Conseil constitutionnel réaffirme, à travers cette décision, que les lois de révision constitutionnelle, y compris lorsqu’elles émanent du Parlement, demeurent soumises au contrôle de constitutionnalité.

De son côté, L’Observateur voit dans cette décision une jurisprudence qui réaffirme les prérogatives du président de la République. Le journal estime qu’elle consacre le vote bloqué comme un levier institutionnel majeur entre les mains du chef de l’État, tout en rappelant la primauté de l’État de droit sur la seule logique de majorité parlementaire.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : trois agents du COUD inculpés, leurs collègues dénoncent une décision injustifiée

Cinq mois après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), la procédure judiciaire connaît un nouveau développement. Selon des informations relayées par la RFM, trois agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger ». Une décision qui suscite une vive contestation au sein de leurs collègues.

Le 9 février 2026, Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, avait perdu la vie après une chute du quatrième étage d’un bâtiment de l’UCAD, au cours d’affrontements opposant les forces de l’ordre à des étudiants qui réclamaient le paiement d’arriérés de bourses. À l’issue des premières investigations, le procureur du tribunal de Dakar avait écarté l’hypothèse d’une intervention policière, concluant à une chute accidentelle. Désormais, ce sont trois agents du COUD qui devront répondre de cette affaire devant la justice.

Réunis en assemblée générale ce jeudi, les membres de l’Intersyndicale des agents du COUD ont vivement dénoncé ces inculpations, qu’ils considèrent comme dénuées de fondement. Sans dévoiler la nature des actions envisagées, ils annoncent toutefois une mobilisation pour soutenir leurs collègues.

Pour Emmanuel Sène, membre de l’Intersyndicale, les agents du COUD ne sauraient être tenus pour responsables du drame. « Ce qui s’est passé le 9 février à l’université, les agents du COUD n’en sont nullement responsables. Au contraire, nous avons sauvé des vies. Nous avons bravé les gaz lacrymogènes. Il ne peut y avoir de responsabilités des agents du COUD sur la mort de l’étudiant », a-t-il déclaré.

Le responsable syndical estime par ailleurs que les images enregistrées le jour des faits permettraient d’établir les responsabilités. Selon lui, si les autorités exploitent ces vidéos, elles pourront « facilement déduire qui est responsable de la mort » d’Abdoulaye Ba.

Un professeur de droit estime que rien ne s’oppose juridiquement au retour de Macky Sall au Sénégal

Le professeur de droit pénal à l’UCAD, Ousseynou Samba, estime qu’aucun obstacle juridique ne s’oppose actuellement au retour de l’ancien président Macky Sall au Sénégal. Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’universitaire affirme que l’ex-chef de l’État ne fait l’objet d’aucune procédure susceptible de l’empêcher de rentrer dans son pays.

« Sur le plan judiciaire, Macky Sall peut revenir sans être inquiété, il n’y a aucune pression qui pèse sur lui », soutient le juriste, qui écarte l’hypothèse de poursuites judiciaires. Selon lui, aucune infraction caractérisée ne peut être retenue contre l’ancien président, qualifiant de « ridicule » toute tentative de l’inculper pour crimes contre l’humanité.

Abordant les dossiers liés à la gestion de l’État, le professeur Ousseynou Samba rappelle que les faits survenus lors des événements de 2021 à 2023 sont, selon lui, couverts par la loi d’amnistie. L’universitaire minimise également la portée politique des manifestations hostiles visant l’ancien chef de l’État, qu’il attribue à des « campagnes organisées par Pastef ».

Réaffirmant sa position, il conclut : « S’ils inventent, les juges leur feront comprendre que c’est ridicule », estimant qu’il n’existe, à ce stade, aucun fondement juridique à d’éventuelles poursuites contre Macky Sall.

Le Sénégal suspend les importations de riz pour accélérer l’écoulement de la production locale

Le gouvernement sénégalais a adopté, mercredi 8 juillet, une série de mesures destinées à soutenir la commercialisation du riz local et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Réunis au ministère de l’Industrie et du Commerce sous la présidence du ministre Dr Serigne Guèye Diop, les représentants de la Primature, des ministères concernés, de la SAED, des organisations de commerçants et des principaux acteurs de la filière rizicole ont validé un plan d’urgence articulé autour de la régulation du marché, du soutien financier aux industriels et d’un suivi renforcé de la commercialisation.

Le marché régulé pour donner la priorité au riz local

Parmi les décisions phares figure la suspension, avec effet immédiat et pour une durée d’un mois, de la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA). Cette mesure vise à limiter l’arrivée de riz importé sur le marché afin de faciliter l’écoulement des stocks de production nationale.

Le gouvernement met également en place un mécanisme d’indexation des quotas d’importation. Désormais, les opérateurs économiques devront justifier de l’achat de quantités déterminées de riz local avant de pouvoir prétendre à de nouveaux quotas d’importation.

Les autorités ont, en outre, arrêté le principe d’une répartition des 37 000 tonnes de riz blanc actuellement disponibles, selon les estimations de la SAED, entre les différents importateurs. Parallèlement, les prévisions de transformation pour la prochaine campagne sont évaluées à 64 000 tonnes de riz blanc au niveau des rizeries.

Un appui financier pour renforcer la compétitivité

Afin d’améliorer la compétitivité du riz produit au Sénégal, le prix d’achat par les importateurs a été fixé à 280 FCFA le kilogramme. Les rizeries bénéficieront également d’une subvention de 50 FCFA par kilogramme pour compenser une partie des coûts de production et de transformation.

Le ministère de l’Économie et des Finances est chargé de mettre en place les dispositions administratives nécessaires afin d’assurer la couverture budgétaire de cette mesure.

Une campagne nationale et un suivi rapproché

Le plan gouvernemental prévoit aussi le lancement d’une vaste campagne nationale de promotion du riz local, pilotée par le ministère chargé du Commerce, afin d’encourager les consommateurs à privilégier durablement la production nationale.

Sur le terrain, les enlèvements des stocks de riz local par les opérateurs économiques doivent débuter dès la semaine prochaine. Conformément aux orientations du Premier ministre, les achats institutionnels des ministères, des administrations et des autres structures publiques feront l’objet d’un suivi rigoureux pour garantir la priorité accordée au riz produit au Sénégal.

Enfin, le comité de suivi de la commercialisation du riz local tiendra des réunions hebdomadaires et transmettra régulièrement des rapports aux autorités afin de veiller à la mise en œuvre effective des mesures arrêtées.

Dette intérieure et riz local : les inquiétudes des entreprises et des producteurs dominent la presse sénégalaise

La dette intérieure de l’État et les difficultés d’écoulement du riz local occupent largement les Unes des quotidiens sénégalais ce jeudi. Entre les mises en garde du patronat sur les risques de licenciements et les mesures annoncées par le gouvernement pour soutenir la filière rizicole, la presse met en lumière deux dossiers aux importantes implications économiques.

La question de la dette intérieure retient particulièrement l’attention. Citant le président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, Le Quotidien rapporte que les entreprises sénégalaises pourraient être contraintes de procéder à des licenciements si l’État n’accélère pas le règlement de ses arriérés. Selon lui, les entreprises ont déjà fait preuve de suffisamment de patience et les charges qu’elles supportent sont désormais devenues « insupportables ».

Cette alerte a été lancée lors d’une rencontre avec la vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’Économie sociale, Yolanda Díaz. D’après L’As, Baïdy Agne a salué la décision des autorités de relancer les chantiers du secteur du BTP tout en appelant le gouvernement à accélérer l’apurement de la dette intérieure afin de soulager les entreprises.

Dans la même dynamique, WalfQuotidien évoque une « pression maximale » exercée sur l’État par le secteur privé. Le journal souligne que le patronat continue d’attendre des actes concrets après les annonces gouvernementales, Baïdy Agne affirmant espérer que les engagements pris récemment en Conseil des ministres seront rapidement suivis d’effets.

L’autre grand sujet de la revue de presse concerne la mévente du riz local, devenue, selon Enquête, un véritable casse-tête pour les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal. Le quotidien souligne le paradoxe d’un pays qui demeure l’un des principaux importateurs de riz en Afrique de l’Ouest alors que la production nationale peine à trouver des débouchés. Les producteurs dénoncent notamment une concurrence qu’ils jugent faussée par les subventions accordées au riz importé et s’interrogent sur la progression continue des importations malgré les annonces de récoltes records.

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de suspendre pendant un mois la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA), principal document autorisant les importations de riz. Le Soleil explique que cette mesure, adoptée à l’issue d’une réunion entre les autorités, les commerçants et les acteurs de la filière, vise à favoriser l’écoulement de la production nationale.

Pour Le Quotidien, cette décision marque un tournant dans la stratégie des pouvoirs publics. Le journal souligne que la suspension temporaire des importations s’accompagne d’un futur mécanisme liant les quotas d’importation à l’achat du riz local, ainsi que d’un soutien accru aux rizeries. Une approche destinée à réduire les stocks invendus et à renforcer durablement la place du riz produit au Sénégal sur le marché national.

Oumar Sow appelle Macky Sall à clarifier sa position avant une éventuelle rencontre avec Bassirou Diomaye Faye

À la suite des informations évoquant une possible rencontre entre l’ancien président Macky Sall et le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, l’ancien ministre Oumar Sow est sorti de son silence. Dans un message publié sur sa page Facebook, il interpelle directement l’ex-président de la République et l’invite à clarifier sa position vis-à-vis de ses militants, estimant qu’ils « méritent la vérité » face aux spéculations suscitées par cette éventuelle entrevue.

 

Dans une publication au ton particulièrement ferme, Oumar Sow revient sur les relations tendues entre le pouvoir actuel et l’ancien régime. Il rappelle que, selon lui, plusieurs responsables de l’ancien pouvoir ont été emprisonnés, contraints à l’exil ou victimes de représailles, tandis que Macky Sall a été désigné comme le principal responsable des difficultés du pays. Il souligne également que, durant cette période, l’ancien chef de l’État s’est consacré à sa carrière internationale avec le soutien de ses militants et sympathisants.

L’ancien ministre affirme que ceux qui dirigent aujourd’hui le Sénégal avaient refusé d’apporter leur soutien à Macky Sall, l’accusant d’être à l’origine des difficultés rencontrées par les Sénégalais. Il relève ensuite que le président Bassirou Diomaye Faye travaille désormais à la structuration de son propre parti politique tout en cherchant, selon lui, à rallier des responsables, maires et élus issus de l’ancien camp présidentiel. C’est dans ce contexte qu’il s’interroge sur le sens d’une éventuelle rencontre entre les deux hommes, évoquée par le journaliste Madiambal Diagne.

« Cette rencontre est-elle une simple courtoisie institutionnelle ou une stratégie politique destinée à légitimer la transhumance ? Est-ce la continuité du protocole du Cap Manuel ? Ou bien les intérêts personnels et familiaux ont-ils fini par prendre le dessus sur les engagements politiques ? », écrit-il.

S’adressant directement à Macky Sall, Oumar Sow affirme que les militants de l’ancien pouvoir ont continué à résister malgré son absence, rappelant que certains auraient payé un lourd tribut à travers des emprisonnements, des licenciements, des intimidations ou d’autres sacrifices. Il estime qu’un éventuel soutien, même indirect, au pouvoir actuel pourrait être difficilement compris par cette base militante.

« Si cette rencontre devait servir à offrir un soutien, même indirect, au pouvoir actuel, je crains que vous n’ayez davantage à perdre qu’à gagner. Et si tel est votre choix, dites-le clairement à vos militants. Ils méritent la vérité », écrit-il encore.

En conclusion, Oumar Sow affirme que les responsables refusant toute transhumance politique sauront, selon lui, se rassembler au sein d’un large mouvement d’opposition afin de proposer une alternative aux Sénégalais. Il termine son message par une déclaration de principe : « La loyauté ne se négocie pas. Les convictions ne se vendent pas. Le peuple, lui, n’oublie jamais. »