JOJ Dakar 2026 : la Police nationale renforce ses préparatifs pour sécuriser les Jeux

À quelques semaines du rendez-vous sportif international, Dakar entre progressivement dans la phase décisive de ses préparatifs. Sur le terrain, la Police nationale affine déjà son dispositif de sécurité pour les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Dans cette perspective, le Commissaire divisionnaire de Police Mamadou Tendeng, Commissaire central de Dakar, a effectué une reconnaissance des différents sites retenus pour accueillir les compétitions et les activités hors compétition.

Accompagné de la composante police, le responsable sécuritaire a parcouru les espaces concernés afin d’en évaluer les particularités et d’anticiper les contraintes susceptibles de se présenter pendant les Jeux. Cette visite vise notamment à déterminer les besoins opérationnels et à adapter le dispositif destiné à protéger les athlètes, les délégations, les officiels et le public attendu durant l’événement.

Sur chacun des sites, l’objectif était de permettre aux responsables de mieux cerner la configuration des lieux et les exigences propres à leur sécurisation. Cette reconnaissance de terrain doit contribuer à préparer une réponse adaptée aux différents scénarios pouvant survenir pendant les activités sportives et institutionnelles.

Mamadou Tendeng, qui assure également les fonctions de Chef du Poste de commandement opérationnel (PCO) de Dakar et de Président de la Commission Planification-Conduite du CNS JOJ, a profité de cette mission pour rappeler l’importance de la préparation des personnels. Il a notamment demandé aux chefs de sites de tenir régulièrement des briefings avec leurs équipes.

Ces rencontres devront servir à rappeler aux agents les règles propres au sport international, mais aussi les attitudes et comportements attendus des personnels engagés dans la sécurisation des Jeux. Pour la Police nationale, la qualité du dispositif dépend autant de la présence sur le terrain que de la préparation des hommes et des femmes chargés de l’assurer.

Au terme de la visite, le Commissaire central de Dakar s’est déclaré satisfait du déroulement de la mission et des mesures déjà engagées. Il a insisté sur la nécessité d’une préparation rigoureuse afin que les JOJ puissent se tenir dans les meilleures conditions de sécurité.

À travers cette reconnaissance des sites, la Police nationale poursuit donc la construction de son dispositif pour Dakar 2026. La protection des sportifs, des délégations, des officiels et du public constitue un enjeu central de cet événement international. Sur le terrain comme dans les salles de préparation, les forces de sécurité cherchent ainsi à anticiper chaque détail pour permettre aux Jeux olympiques de la Jeunesse de se dérouler dans un environnement sécurisé.

Chérif Ndiaye quitte les Lions après deux années marquées par un titre de champion d’Afrique

L’aventure internationale de Chérif Ndiaye s’arrête là où elle avait atteint son sommet. À 30 ans, l’attaquant sénégalais, récemment engagé par le PAOK Salonique, a annoncé dimanche soir sa décision de ne plus porter le maillot des Lions de la Teranga. Un choix mûrement réfléchi que le joueur a expliqué sur ses réseaux sociaux, en rendant hommage à une sélection dont il dit avoir été particulièrement fier de défendre les couleurs.

Dans son message, Chérif Ndiaye a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’une décision prise à la légère. « Il y a des décisions qu’on ne prend jamais à la légère (…) Je quitte le maillot, jamais mon pays », a-t-il écrit, résumant en quelques mots la séparation entre son parcours international et son attachement au Sénégal. Pour l’attaquant, porter le maillot national aura représenté « l’un des plus grands honneurs » de sa carrière.

Son histoire avec les Lions avait pourtant commencé tardivement. Sa première apparition sous les couleurs du Sénégal remonte à juin 2024, à l’occasion d’un match contre la RD Congo conclu sur un score de 1-1. En seulement deux années, Ndiaye aura toutefois connu plusieurs rendez-vous majeurs avec la sélection.

Son bilan international s’arrête à 20 sélections et quatre buts. Mais au-delà des statistiques, son passage restera associé à un titre particulièrement prestigieux : celui de champion d’Afrique 2026, décroché au Maroc avec les Lions. Il a également participé à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, ajoutant une expérience mondiale à une aventure internationale finalement courte.

Le départ de Chérif Ndiaye intervient donc après une période condensée, mais riche en événements. Arrivé sur le tard en sélection, l’attaquant aura eu le temps de vivre les grandes émotions du football international avant de choisir une nouvelle direction. Désormais tourné vers sa carrière en club avec le PAOK Salonique, il referme le chapitre des Lions avec un trophée continental majeur dans son palmarès et une volonté clairement affichée : quitter le maillot, mais pas son pays.

Ministère sénégalais de la Santé  : près de 390 millions de FCFA détournés dans une fraude aux allocations de stage

Pendant plusieurs années, un mécanisme frauduleux aurait fonctionné au sein du ministère sénégalais de la Santé, à l’abri des regards. Depuis 2021, près de 390 millions de francs CFA destinés aux allocations de stage de supposés étudiants en 7ème année de médecine auraient ainsi été détournés, rapporte le journal Libération.

L’affaire a commencé à émerger à la suite de plaintes déposées par certains bénéficiaires. En poste depuis juin 2025, le gestionnaire de la Direction des ressources humaines a entrepris des vérifications sur les fichiers concernés. Ses contrôles ont finalement permis de mettre au jour un système qui serait actif depuis plusieurs années.

Au centre du dispositif se trouvaient deux agents du ministère, Pape Abdourahmane Diakhaté, âgé de 40 ans, et Alioune Sy, 47 ans. Tous deux ont été interpellés par la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de faire la lumière sur les opérations présumées frauduleuses.

Les enquêteurs soupçonnent les deux hommes d’avoir manipulé le fichier utilisé pour effectuer les transferts d’argent aux bénéficiaires des allocations. Plusieurs numéros de téléphone appartenant à leurs proches auraient notamment été ajoutés à leurs propres coordonnées. Ce procédé aurait permis de créer des bénéficiaires fictifs et de faire parvenir les allocations à des personnes qui n’étaient pas les véritables destinataires.

Le système ne se serait toutefois pas arrêté au versement des fonds. Entendus par les enquêteurs, plusieurs proches dont les numéros auraient été utilisés ont reconnu avoir retiré l’argent avant de le remettre aux deux agents. Leurs déclarations auraient ainsi permis aux investigations de reconstituer un circuit organisé de récupération des sommes versées.

Confrontés aux éléments recueillis, Pape Abdourahmane Diakhaté et Alioune Sy auraient finalement reconnu les faits. Les deux agents auraient toutefois expliqué qu’une partie de l’argent détourné aurait servi à financer des « œuvres sociales » dans les quartiers de Grand-Dakar et de Mbao. Cette version doit encore être vérifiée par les enquêteurs.

Ce dossier vient une nouvelle fois placer la gestion financière du ministère de la Santé sous les projecteurs. Le département avait déjà été concerné par l’affaire des fonds Covid, dans laquelle plusieurs hauts cadres avaient été convoqués par la DIC. Ce précédent dossier portait notamment sur des soupçons de surfacturations et de dépenses dépourvues de justification.

Pour l’heure, les investigations se poursuivent. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer le montant exact des sommes détournées et à identifier l’ensemble des proches qui auraient participé, directement ou indirectement, au dispositif de collecte des fonds.

Moody’s dégrade encore le Sénégal et alerte sur les risques liés au refinancement de la dette

Le Sénégal voit une nouvelle fois sa situation financière se tendre sur les marchés internationaux. Vendredi, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note souveraine du pays de « Caa1 » à « Caa2 », maintenant par la même occasion une perspective négative. Cette décision intervient alors qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne à Dakar depuis le 19 août et doit y rester jusqu’au 1er septembre.

Pour Moody’s, le principal signal d’alerte vient désormais des difficultés croissantes auxquelles l’État pourrait être confronté pour refinancer sa dette. L’agence estime que les marges disponibles pour réduire le niveau d’endettement restent limitées, tandis que les pressions sur les liquidités renforcent le risque de défaut.

Dans son analyse, Moody’s évoque ainsi une probabilité accrue de défaut souverain. L’agence n’écarte pas non plus le scénario d’une restructuration de la dette qui impliquerait des créanciers privés.

Au cœur de cette dégradation figure notamment l’absence prolongée d’un nouveau programme avec le FMI. Cette situation contraint davantage le Sénégal à se tourner vers le marché financier régional pour couvrir ses besoins de financement, estimés à environ 25 % du PIB. Une dépendance qui, selon Moody’s, accroît à la fois le risque de refinancement et le poids des intérêts, dans un contexte budgétaire déjà marqué par le niveau élevé des subventions aux carburants.

L’agence revoit également ses projections concernant l’endettement public. Malgré la poursuite annoncée des efforts de consolidation budgétaire par les autorités sénégalaises, Moody’s prévoit désormais une stabilisation de la dette autour de 100 % du PIB jusqu’en 2028.

Cette nouvelle dégradation intervient après celle opérée par S&P plus tôt cette année. L’autre grande agence de notation avait elle aussi alerté sur l’augmentation de la dette sénégalaise et les risques croissants liés à son refinancement.

Le Sénégal se retrouve ainsi sous une pression accrue alors que les discussions avec le FMI se poursuivent à Dakar. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de restaurer la confiance financière et de réduire les risques pesant sur la soutenabilité de la dette. Mais avec une note désormais fixée à « Caa2 » et une perspective toujours négative, Moody’s maintient la pression sur les finances publiques sénégalaises.

Sénégal : quatre suspects arrêtés à Toubab Dialaw dans une affaire présumée de faux billets

Une opération de la Brigade de recherches de Dakar a permis de mettre la main sur quatre ressortissants sénégalais soupçonnés d’être liés à une affaire présumée de contrefaçon de billets de banque. L’intervention, menée le 29 août 2026, s’inscrit dans le cadre des opérations engagées contre la criminalité financière.

L’enquête a commencé à partir d’un renseignement transmis aux gendarmes. Celui-ci faisait état des activités suspectes d’un groupe qui détiendrait des coupures de 100 dollars américains et chercherait un technicien capable de réaliser leur prétendu « lavage », en échange d’une rémunération importante.

Les enquêteurs ont alors installé un dispositif de surveillance avant de suivre les mouvements des personnes signalées. La piste les a d’abord conduits à Diamniadio, puis jusqu’à Toubab Dialaw, où les suspects se sont retrouvés dans un appartement.

D’après les premiers éléments recueillis, le logement devait servir de laboratoire pour mener l’opération présentée comme un « lavage des billets noirs ». Les gendarmes ont finalement procédé à une intervention coordonnée sur place, permettant l’arrestation des quatre individus.

La perquisition effectuée dans le cadre de l’opération a conduit à la découverte de billets noirs en coupures de 100 dollars. Leur contre-valeur est estimée à 47,76 millions de francs CFA. Deux véhicules de marque Ford, qui auraient été utilisés pour les déplacements des suspects, ont également été saisis.

À l’issue de leur interpellation, les quatre Sénégalais ont été placés en garde à vue. Ils sont soupçonnés d’association de malfaiteurs, de tentative d’escroquerie et de détention de matières destinées à la contrefaçon de billets de banque ayant cours légal.

L’enquête se poursuit désormais à la Brigade de recherches de Dakar. Les investigations doivent permettre de déterminer l’étendue du réseau présumé, de rechercher d’éventuels autres protagonistes et d’établir l’ensemble des responsabilités dans cette affaire.

Sénégal : la nouvelle dégradation de Moody’s domine les unes de la presse quotidienne

La nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s demeure l’un des principaux sujets de la presse quotidienne de ce lundi. De nombreux journaux reviennent sur le passage de la note de Caa1 à Caa2, une dégradation qui intervient alors que les discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI) arrivent à leur terme.

À sa une, Tribune résume la situation avec ce titre : « Sans accord avec le FMI, la note du Sénégal chute encore ». Le journal rappelle que Moody’s justifie cette décision par « une pression constante sur le refinancement » du Sénégal, mais aussi par l’absence prolongée d’un nouveau programme avec le FMI.

L’As revient également sur cette décision et titre sur la dégradation de la note souveraine de Caa1 à Caa2. Le quotidien souligne surtout le calendrier de cette annonce, intervenue à moins de 24 heures de la fin des discussions entre les autorités sénégalaises et la mission du FMI présente à Dakar.

Pour Les Echos, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un climat marqué par des tensions entre l’exécutif et le législatif. Le journal estime que ces facteurs participent au contexte ayant conduit à cette nouvelle dégradation, qu’il présente comme une plongée du pays « dans les abysses économiques ». Il insiste également sur la persistance des tensions budgétaires, alors que Dakar cherche parallèlement à restaurer la confiance des investisseurs avec la présence des équipes du FMI dans la capitale.

Le Quotidien choisit, comme à son habitude, le jeu de mots pour illustrer la situation. « Un pays toujours Moody’s », affiche le journal, qui considère que le Sénégal se retrouve désormais « coincé au quatrième sous-sol ». La publication souligne que cette nouvelle alerte intervient alors que le FMI séjourne à Dakar, que l’agence Standard & Poor’s reste attentive à la situation et que le coût de la vie demeure élevé. Le journal rappelle surtout l’ampleur de la dégradation enregistrée en une année, la note du Sénégal étant passée de B1 à Caa2, avec une perspective négative.

Dans cette atmosphère, Walfquotidien décrit un Sénégal pris « dans un tourbillon ». Le journal met en parallèle la dégradation de la note souveraine, le renvoi de la Déclaration de politique générale du Premier ministre et le report des élections locales. Selon la publication, le pays traverse une période particulièrement difficile, avec une situation socio-économique marquée par une nouvelle dégradation de sa notation et un front social sous tension. Sur le terrain politique, elle relève également l’incertitude entourant la Déclaration de politique générale et le calendrier des élections locales.

Le tableau dressé par la presse n’est toutefois pas exclusivement négatif. Le Soleil relève notamment que le Sénégal est parvenu, le 28 août, à lever 77 milliards de francs CFA sur le marché des titres publics, malgré un contexte jugé tendu et un marché en resserrement. Le quotidien précise que cette opération porte à 2 075 milliards de francs CFA le montant mobilisé par le pays sur ce marché depuis le début de l’année 2026.

La Déclaration de politique générale du Premier ministre reste par ailleurs au centre des interrogations. Sud Quotidien rapporte les observations du député Amadou Ba, membre de Pastef-Les Patriotes, pour qui aucune date ne peut être retenue avant le respect des procédures prévues par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Le juriste-consultant El Amath Thiam apporte une lecture juridique similaire. Interrogé par Sud Quotidien, il estime que le droit ne permet pas de mettre en place une « motion de censure express » à l’occasion de cette Déclaration de politique générale. Le quotidien rappelle, en s’appuyant sur son analyse, que deux jours francs doivent s’écouler entre le dépôt d’une motion de censure, son inscription à l’ordre du jour et son vote.

Ainsi, entre les inquiétudes liées à la notation financière, les négociations avec le FMI, les tensions institutionnelles et les incertitudes sur le calendrier politique, la presse sénégalaise décrit un pays confronté à plusieurs fronts simultanés. La capacité de Dakar à restaurer la confiance financière tout en stabilisant son environnement politique apparaît désormais comme l’un des principaux enjeux des prochains mois.

Le Sénégal réaffirme son soutien à la Palestine lors de la session extraordinaire de l’OCI à Djeddah

À Djeddah, le Sénégal a renouvelé jeudi son engagement en faveur de la cause palestinienne. Le pays a participé à la 23ᵉ session extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), avec une délégation conduite par Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

Face à ses homologues des États membres de l’organisation, le chef de la diplomatie sénégalaise a rappelé la position de Dakar sur la question palestinienne. Le Sénégal continue de défendre le droit du peuple palestinien à disposer d’un « État indépendant, juste et viable, coexistant en paix avec Israël, conformément au droit international », selon une note publiée par le ministère sur ses réseaux sociaux.

La rencontre de Djeddah a également été marquée par un changement à la tête de l’organisation. Les représentants des États membres ont élu à l’unanimité le diplomate mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed au poste de Secrétaire général de l’OCI. Âgé de 66 ans, l’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères succède au Tchadien Hissein Brahim Taha, dont le mandat devait officiellement s’achever en novembre.

Le nouveau responsable de l’organisation dispose d’une longue expérience diplomatique. Il a notamment passé plus de trente ans au sein des Nations unies et exercé les fonctions d’envoyé spécial pour le Yémen. Il prend désormais la direction d’une organisation qui compte 57 États membres.

Au nom du président de la République et du gouvernement sénégalais, Cheikh Niang a adressé ses félicitations au nouveau Secrétaire général et lui a souhaité plein succès dans l’accomplissement de ses nouvelles responsabilités.

Cette participation intervient alors que l’OCI examine les derniers développements dans les territoires palestiniens occupés, avec une attention particulière portée à Gaza et à Al-Qods. Pour Dakar, cette présence à Djeddah traduit ainsi la volonté de rester engagé aux côtés de l’organisation dans la défense de ses principes de paix, de solidarité et de coopération.

Sadio Mané veut transformer Bambali en pôle agro-industriel avec un investissement de 8,7 milliards de FCFA

À Bambali, le nom de Sadio Mané pourrait bientôt résonner bien au-delà des terrains de football. L’international sénégalais veut poursuivre son engagement pour le développement de sa région natale à travers un important projet agricole et agro-industriel. Porté par sa marque SM10 Agro, le Parc Agro-Industriel de Bambali représente un investissement annoncé de 8,7 milliards de FCFA, selon plusieurs sources concordantes.

Le projet doit voir le jour dans la zone de Boudhié Mar, à environ cinq kilomètres de Bambali, dans la région de Sédhiou. L’ambition affichée est de créer un vaste complexe dédié à la production et à la transformation des fruits, avec la mangue au cœur du dispositif. Le site devrait s’étendre sur 500 hectares et accueillir notamment une plantation de manguiers de variété Kent ainsi qu’une plateforme industrielle consacrée à la valorisation des récoltes.

Les chiffres annoncés donnent la mesure du projet. Le parc devrait disposer d’une capacité de production annuelle de 50 000 tonnes, tandis que ses installations industrielles pourraient traiter jusqu’à 10 500 tonnes chaque année. La production ne serait donc plus destinée uniquement à la vente sous forme de fruits frais. Une partie pourrait être transformée en pulpe, en mangues séchées ou encore en beurre de mangue, avec des débouchés envisagés au Sénégal comme sur les marchés extérieurs.

Présenté récemment aux populations et acteurs locaux de Sédhiou et de Bambali, le projet entend ainsi s’attaquer à l’un des problèmes récurrents de la filière fruitière : la conservation et la transformation des productions. En développant une chaîne industrielle directement autour des récoltes, SM10 Agro ambitionne de donner davantage de valeur aux productions locales et de diversifier leurs débouchés.

Derrière les hectares de manguiers et les futures unités de transformation se trouve également un enjeu social majeur. Les projections présentées font état de 1 000 emplois dès le démarrage du parc, avec une montée en puissance pouvant porter ce chiffre à près de 2 500 emplois à terme.

La dynamique devrait concerner plusieurs catégories d’acteurs. Producteurs agricoles, transporteurs, techniciens et ouvriers pourraient être mobilisés tout au long de la chaîne de production. Les jeunes, les femmes et les entrepreneurs locaux devraient également pouvoir trouver de nouvelles opportunités dans les activités liées à l’agriculture et à l’agro-industrie.

Le calendrier du projet commence lui aussi à se préciser. La pose de la première pierre est annoncée pour septembre 2026, avant une phase de travaux dont la durée prévisionnelle est fixée à 18 mois.

Mais au-delà des chiffres et des infrastructures annoncées, le véritable défi sera de faire fonctionner durablement cette chaîne de valeur. La gouvernance du projet, la transparence dans la gestion des investissements, la formation et l’insertion des jeunes, l’intégration des producteurs locaux, la préservation de l’environnement et la viabilité économique du complexe seront autant de paramètres déterminants pour sa réussite.

Après avoir construit une carrière au sommet du football africain et international, Sadio Mané veut donc inscrire une nouvelle étape de son parcours à Bambali. Avec le Parc Agro-Industriel, son ambition dépasse désormais le terrain sportif : créer autour de la production fruitière un véritable moteur économique pour sa région natale.

Sénégal : le calendrier des élections locales toujours dans le flou

La question du calendrier des élections territoriales continue de tenir en haleine la scène politique sénégalaise. Ce vendredi 28 août, les quotidiens reviennent largement sur le rejet, la veille, par la Cour suprême, d’une requête visant à contraindre le président Bassirou Diomaye Faye à fixer la date des élections départementales et municipales.

« Le calendrier électoral en suspens », relève Sud Quotidien, qui rappelle que la haute juridiction a rejeté la demande du Collectif Noo Lank. Celui-ci souhaitait que le chef de l’État fixe par décret, avant le 25 août 2026, la date des prochains scrutins locaux. Pour le journal, cette décision entretient le doute sur la possibilité d’organiser les élections avant l’expiration des mandats concernés.

L’Observateur analyse pour sa part la décision sous l’angle du rapport entre la justice et l’exécutif. Le quotidien estime que la Cour suprême refuse de « forcer la main au président Diomaye ». Saisie en référé par le collectif citoyen Ñoo Lank, elle a rejeté la requête qui visait à imposer au pouvoir l’adoption d’un calendrier électoral. En s’appuyant notamment sur la séparation des pouvoirs et l’absence de décret officiel susceptible d’être contesté, la juridiction laisse désormais à la présidence la responsabilité du calendrier.

Cette situation nourrit davantage les interrogations alors que les mandats des conseillers municipaux et départementaux doivent arriver à leur terme en janvier 2027. Le Quotidien parle ainsi de « flou sur le calendrier électoral » et présente Bassirou Diomaye Faye comme le « seul maître du jeu électoral ». Le journal évoque plusieurs hypothèses, dont celle d’une dissolution de l’Assemblée nationale en fin d’année qui pourrait être suivie d’un couplage des élections législatives et territoriales.

La pression ne faiblit pourtant pas autour du pouvoir. L’As souligne que les responsables politiques, les organisations de la société civile et des citoyens continuent de réclamer la fixation de la date du scrutin. Malgré ces appels, le régime conserve sa position et ne dévoile pas ses intentions. Le rejet de la requête introduite par Seydina Mouhamadou Malal Diallo, secrétaire général du Collectif Noo Lank, vient désormais conforter cette posture.

WalfQuotidien va dans le même sens et estime que le président sénégalais dispose désormais d’une marge de manœuvre importante concernant les prochaines élections territoriales. Le journal considère que la Cour suprême a laissé à l’Exécutif la décision concernant la tenue ou le report du scrutin.

La presse ne s’arrête toutefois pas aux questions électorales. Le Soleil emmène également ses lecteurs en Casamance, à la découverte du bolong d’Essaout, présenté comme l’un des trésors naturels de cette partie du Sénégal. Entre les rizières et les palétuviers, ce bras de mer serpente jusqu’à la Guinée-Bissau et accompagne depuis plusieurs générations la vie des populations du département d’Oussouye.

Au fil des marées, le bolong rythme les activités des habitants. Entre février et avril, les femmes y récoltent les huîtres, qui représentent une source importante de revenus. Le reste de l’année, les pêcheurs prennent le relais et y capturent notamment des carpes, des barracudas et des capitaines destinés aux marchés d’Oussouye et de la région de Ziguinchor.

Derrière cette richesse naturelle, Le Soleil met aussi en lumière une autre réalité sociale. Pour une partie de la jeunesse locale, la pêche constitue une véritable alternative au chômage. Le bolong d’Essaout apparaît ainsi à la fois comme un espace de ressources, un patrimoine naturel et un moyen de subsistance pour les communautés qui vivent à ses abords.

Le Sénégal prépare son leadership à la Cédéao autour de l’intégration, de la sécurité et du dialogue avec l’AES

À Dakar, les contours du nouveau leadership sénégalais au sein de la Cédéao commencent à se dessiner. Ce jeudi, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu au Palais de la République le général Birame Diop, appelé à prendre les commandes de la Commission de l’organisation régionale le 1er septembre prochain. Les deux hommes ont consacré leur rencontre aux priorités du mandat sénégalais et aux principaux dossiers qui attendent la communauté ouest-africaine.

Le général Birame Diop a profité de cette audience pour remercier le chef de l’État sénégalais pour la confiance placée en lui. Il a également exprimé sa reconnaissance aux chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao qui ont confirmé sa désignation à la tête de la Commission pour le mandat 2026-2030.

Sur la table, plusieurs dossiers économiques et institutionnels se sont imposés. Le lancement de l’ECO, projet de monnaie commune, figure parmi les grandes ambitions à concrétiser. Les deux responsables ont aussi évoqué la nécessité d’améliorer le versement des prélèvements communautaires et de faciliter davantage la circulation des personnes et des biens dans l’espace Cédéao.

Mais derrière ces enjeux d’intégration économique se trouve une autre urgence : la sécurité. L’opérationnalisation de la brigade de lutte contre le terrorisme fait partie des chantiers prioritaires évoqués lors de l’entretien. Pour l’organisation régionale, il s’agit de renforcer la capacité de réponse collective face aux menaces qui continuent de peser sur l’Afrique de l’Ouest.

Cette rencontre intervient quelques semaines après la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, organisée à Lungi, en Sierra Leone. Le Sénégal y a obtenu la présidence de la Commission pour la période 2026-2030, avec la désignation du général Birame Diop. Bassirou Diomaye Faye a, lui, été porté à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Dakar se retrouve ainsi au centre des deux principaux pôles de décision de l’organisation.

Le dialogue avec l’AES parmi les priorités

Cette nouvelle responsabilité sénégalaise devra également composer avec la rupture provoquée par le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao. Réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, ces trois pays constituent désormais l’un des principaux dossiers politiques de l’organisation.

Le rapprochement avec l’AES devrait donc compter parmi les chantiers du nouveau président de la Commission. La question vient s’ajouter aux efforts attendus dans la lutte contre le terrorisme et à la nécessité de relancer la dynamique d’intégration régionale.

La crise en Guinée-Bissau a également été évoquée. Dakar ayant été désigné comme facilitateur dans ce dossier, le général Birame Diop estime que les échanges avec Bassirou Diomaye Faye permettront à la Commission de mieux anticiper les évolutions de la situation. Il entend, le moment venu, accompagner le Sénégal de manière « pragmatique et efficace » dans cette mission.

À travers cette première rencontre de travail, le président sénégalais et le futur patron de la Commission ont donc posé les bases de leur collaboration. Depuis Dakar, ils auront désormais la responsabilité de faire avancer des dossiers aussi sensibles que l’ECO, la libre circulation, la lutte contre le terrorisme, les relations avec l’AES et la gestion des crises régionales. Une séquence nouvelle s’ouvre ainsi pour la Cédéao, avec le Sénégal aux commandes de ses deux principaux organes de gouvernance.