Bassirou Diomaye Faye au Qatar pour les obsèques de l’ancien Émir Hamad bin Khalifa Al Thani

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce mardi pour Doha, où il prendra part aux obsèques de Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, ancien Émir du Qatar et père de l’actuel souverain, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.

Ce déplacement du chef de l’État s’inscrit dans le cadre des hommages rendus à l’ancien dirigeant qatari, figure majeure de l’histoire contemporaine du pays. À Doha, Bassirou Diomaye Faye représentera le Sénégal lors de cette cérémonie funéraire aux côtés de plusieurs dirigeants et représentants étrangers attendus dans la capitale qatarie.

Selon la Présidence de la République, le chef de l’État regagnera Dakar à l’issue de cette visite officielle, le 15 juillet 2026.

Par sa participation à ces obsèques, le président sénégalais témoigne de la solidarité du Sénégal envers l’État du Qatar et réaffirme les relations d’amitié et de coopération qui unissent les deux pays.

Assainissement : le Sénégal partage son expertise avec la RDC pour accélérer les infrastructures en Afrique

Le Sénégal veut faire de son expérience en matière d’assainissement un levier de coopération pour le continent. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a accueilli, le lundi 13 juillet, une mission de benchmarking de la Cellule d’exécution des projets (Cep-o) de la République démocratique du Congo, avec l’ambition de renforcer les échanges africains autour du financement des infrastructures, du recouvrement des coûts et des partenariats public-privé.

À travers cette visite, l’Onas entend partager les mécanismes qui ont permis au Sénégal de développer plusieurs projets structurants dans le secteur de l’assainissement. Pour le directeur général de l’institution, Séni Diène, cette rencontre représente bien plus qu’une simple mission technique.

En accueillant la délégation congolaise, il a salué le choix porté sur le Sénégal pour cette mission consacrée au financement des infrastructures, aux systèmes de subvention, au recouvrement des coûts et aux partenariats public-privé. Selon lui, les pays africains sont confrontés à des défis similaires et gagneraient à s’inspirer mutuellement des solutions déjà expérimentées.

« Les missions de benchmarking permettent aux pays de gagner du temps, de capitaliser les bonnes pratiques et d’éviter de réinventer la roue », a déclaré Séni Diène devant les représentants de la Cep-o.

Le directeur général de l’Onas voit dans cette initiative les bases d’une coopération appelée à s’inscrire dans la durée.

« Ce n’est que le début prometteur d’un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il affirmé, tout en réitérant la disponibilité de l’Office à accompagner la République démocratique du Congo dans le développement de son secteur de l’assainissement.

Pour illustrer cette volonté de coopération, Séni Diène a rappelé l’expérience acquise par l’Onas dans le cadre du projet Rasop-Africa, porté par l’Association africaine de l’eau avec l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates. Ce programme a permis d’accompagner plusieurs villes africaines dans l’amélioration de leurs systèmes d’assainissement autonome et de gestion des boues de vidange.

À ses yeux, cette expérience confirme que la coopération Sud-Sud constitue aujourd’hui un outil majeur pour accélérer l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Le responsable de l’Onas a également insisté sur le fait que la réussite d’une politique d’assainissement ne dépend pas uniquement de la qualité des infrastructures, mais aussi de leur capacité à être exploitées et entretenues dans le temps.

Dans cette perspective, il a présenté plusieurs projets structurants engagés au Sénégal, notamment le renouvellement du collecteur Hann-Fann, développé selon un modèle de partenariat public-privé, ainsi que le Projet de dépollution du nord de Dakar et celui de la baie de Hann.

Ce dernier est présenté comme la plus importante opération de dépollution industrielle en Afrique de l’Ouest. Le projet combine des financements sous forme de prêts et de subventions tout en intégrant des innovations technologiques dans le traitement des effluents industriels, la valorisation des boues et la production de biogaz.

Selon Séni Diène, ces installations devraient, à terme, couvrir jusqu’à 60 % de leurs besoins énergétiques grâce à la cogénération, tout en améliorant durablement le cadre de vie de plus de 500 000 habitants répartis dans les neuf communes concernées.

Au-delà des réalisations techniques, le directeur général de l’Onas a plaidé pour une meilleure reconnaissance de l’assainissement comme un investissement stratégique. Il estime que les pouvoirs publics doivent considérer ce secteur comme un moteur de développement, capable de réduire les dépenses de santé, de préserver la productivité des populations et de renforcer la résilience des territoires face aux crises sanitaires.

Senelec : les syndicats suspendent leur menace de grève, mais maintiennent la pression sur la prime des bénéfices

Le climat social s’apaise, au moins provisoirement, au sein de la Senelec. La Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (CSTS), qui regroupe les différentes organisations syndicales de l’entreprise, dont le SUTELEC, a annoncé la suspension de son mot d’ordre de grève lancé le 13 juillet. Une décision qui reste toutefois étroitement liée à l’issue des discussions avec les autorités sur le maintien de la prime sur les bénéfices.

Ce revirement intervient après une invitation du ministre de l’Énergie à prendre part à des concertations prévues ce mardi, ainsi qu’à la suite d’une rencontre programmée avec la Direction générale de la Senelec. Les syndicats disent vouloir privilégier le dialogue, tout en restant fermes sur leurs revendications.

Au cœur du différend figure la prime sur les bénéfices de l’entreprise, un acquis social instauré en 2020. Les représentants des travailleurs rappellent qu’un accord prévoit le versement d’une prime équivalant à 10 % des bénéfices réalisés par la Senelec. Selon eux, cette disposition a toujours été appliquée, y compris depuis l’arrivée de l’actuel régime.

Pour la CSTS, il n’est pas question de renoncer à cet avantage. Son coordonnateur, Habib Aidara, prévient que l’avenir du mouvement dépendra des engagements qui seront pris par les pouvoirs publics.

« Si le gouvernement s’engage à payer la prime, nous renoncerons au mot d’ordre de grève. En revanche, si l’État maintient son refus, nous poursuivrons notre plan d’action qui pourrait aboutir à une grève », a déclaré le responsable syndical.

Avant d’opter pour cette suspension, les travailleurs avaient déjà entamé une série d’actions destinées à faire entendre leurs revendications. Leur mobilisation s’était notamment traduite par une déclaration publique, une conférence de presse ainsi qu’une journée de port de brassards observée sur l’ensemble du territoire.

Les responsables syndicaux espèrent désormais que les échanges avec le ministère de l’Énergie et la Direction générale permettront de trouver un terrain d’entente, d’éviter une nouvelle montée des tensions sociales et de préserver un avantage salarial qu’ils considèrent comme un droit acquis.

Sénégal : les importations de sucre reprennent dès le 15 juillet

Après sept mois de suspension, le Sénégal s’apprête à rouvrir son marché aux importations de sucre. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé que les autorisations d’importation reprendront à compter du mercredi 15 juillet 2026, une décision destinée à garantir l’approvisionnement du pays à l’approche des grandes fêtes religieuses.

Dans un communiqué, le ministère rappelle qu’aucune importation de sucre, ni aucune Déclaration d’importation de produits alimentaires (DIPA) relative à cette denrée, n’a été autorisée depuis le 15 décembre 2025. Cette mesure avait été mise en place afin de permettre à la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) d’écouler sa production sur le marché national.

Les autorités estiment toutefois que le contexte actuel justifie une réouverture du marché. Selon le ministère, cette décision vise à assurer des approvisionnements complémentaires afin de prévenir toute rupture de stock et de répondre à la demande des consommateurs.

« Le ministère ouvrira le marché à compter du 15 juillet 2026, pour faciliter les approvisionnements complémentaires nécessaires. Cette ouverture vise uniquement à sécuriser l’approvisionnement et à garantir la continuité de la distribution pour l’ensemble des consommateurs », précise le communiqué.

Le département de l’Industrie et du Commerce explique que cette mesure intervient notamment en prévision du Magal et du Gamou, deux importantes célébrations religieuses qui entraînent traditionnellement une forte hausse de la consommation de sucre. Le ministère assure également que toutes les dispositions seront prises pour maintenir un approvisionnement régulier du marché tout en préservant la stabilité des prix.

Selon les chiffres communiqués, la Compagnie sucrière sénégalaise, l’un des principaux employeurs privés du pays, produit environ 140 000 tonnes de sucre par an, tandis que la consommation nationale moyenne atteint près de 25 000 tonnes chaque mois.

Les autorités indiquent par ailleurs qu’au 13 juillet 2026, les stocks de sucre de la CSS avaient fortement diminué. Elles rappellent également que les besoins des mois d’août, septembre, octobre et novembre sont habituellement couverts par des importations venant compléter la production locale. Le ministère invite ainsi la Compagnie sucrière sénégalaise et l’ensemble des acteurs de la filière à poursuivre une collaboration étroite avec les pouvoirs publics afin de renforcer durablement la production nationale.

En revanche, il prévient qu’il restera ferme face à toute tentative susceptible de compromettre l’intérêt général, de perturber le fonctionnement du marché ou de remettre en cause les mesures adoptées pour protéger les consommateurs.

Diomaye Faye recevra Macky Sall au Palais : une rencontre très attendue depuis l’alternance de 2024

Plus de deux ans après la passation de pouvoir d’avril 2024, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à recevoir son prédécesseur, Macky Sall, au Palais de la République. Prévue le vendredi 17 juillet à Dakar, cette audience marquera le premier tête-à-tête officiel entre les deux hommes depuis l’alternance et suscite déjà une vive attention en raison de sa forte portée symbolique.

Selon les informations rapportées par le journaliste Madiambal Diagne, Macky Sall est attendu à Dakar le 17 juillet à 15 heures en provenance de Londres. Une heure plus tard, à 16 heures, il sera reçu par le chef de l’État au Palais de la République pour une rencontre qui intervient dans un contexte politique particulièrement observé.

L’ancien président ne devrait toutefois effectuer qu’un passage éclair dans la capitale sénégalaise. Toujours selon la même source, il est attendu à bord d’un vol à destination des États-Unis dès 18 heures, où il poursuivra ses activités sur la scène internationale.

Actuellement candidat au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Macky Sall mène une campagne diplomatique qui le conduit à multiplier les déplacements et les rencontres. Cette candidature pourrait d’ailleurs figurer parmi les sujets évoqués au cours de son entretien avec Bassirou Diomaye Faye.

Au-delà de son caractère protocolaire, cette audience pourrait offrir aux deux dirigeants l’occasion d’échanger sur plusieurs questions d’intérêt national et international. Les enjeux institutionnels, la situation politique du Sénégal ainsi que les dossiers diplomatiques pourraient ainsi alimenter les discussions entre les deux hommes.

Cette rencontre sera suivie de près par la classe politique et l’opinion publique. Première entrevue officielle entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall depuis la transmission du pouvoir en 2024, elle intervient dans un contexte où chacun de leurs gestes et de leurs échanges sera scruté avec une attention particulière.

Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne et fiasco des Lions : les deux dossiers qui dominent la presse sénégalaise

La nomination d’Ousmane Diagne à la présidence du Conseil constitutionnel et les explications de la Fédération sénégalaise de football après l’élimination des Lions au Mondial 2026 occupent largement les colonnes de la presse quotidienne sénégalaise de ce mardi 14 juillet.

Au lendemain de sa désignation par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pour succéder à feu Mamadou Badio Camara à la tête du Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne suscite de nombreux commentaires dans les rédactions. Si plusieurs journaux saluent le parcours d’un magistrat expérimenté, d’autres s’interrogent sur la portée politique de cette nomination.

Pour Le Soleil, cette désignation vient récompenser « une carrière riche dans la magistrature », marquée par « l’intégrité et l’indépendance » de l’ancien garde des Sceaux, des qualités qui, selon le quotidien, font l’unanimité parmi ses pairs.

Sud Quotidien souligne de son côté que « le gardien de la Constitution change de visage », tandis que WalfQuotidien choisit un angle plus interrogatif avec le titre : « Un choix, mille questions ». Le journal estime que, malgré le professionnalisme et la réputation d’intégrité d’Ousmane Diagne, la décision du chef de l’État soulève plusieurs interrogations. Selon cette publication, cette nomination intervient dans un contexte marqué par des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, ce qui nourrit les analyses autour de la portée politique de cette désignation.

Le quotidien L’As qualifie cette nomination de décision « tout sauf banale ». Le journal rappelle qu’Ousmane Diagne avait quitté le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, estimant que sa conception de la justice ne correspondait pas à celle portée par le tandem Diomaye-Sonko. Le même journal souligne qu’au moment où certains responsables du pouvoir et des militants de Pastef réclamaient une justice plus offensive à l’encontre des acteurs de l’ancien régime de Macky Sall, Ousmane Diagne avait choisi, selon lui, de préserver l’indépendance de la justice en refusant de s’immiscer dans les procédures judiciaires.

Le Quotidien met quant à lui en avant le parcours « d’un grand serviteur de l’État et homme de loi chevronné », désormais appelé à garantir le respect de la Constitution, la régularité des scrutins et la crédibilité du processus électoral. Dans le même esprit, Tribune insiste sur la réputation « d’intransigeance et d’intégrité » du nouveau président du Conseil constitutionnel, qu’il présente comme un magistrat profondément attaché à l’indépendance de la justice et au renforcement des institutions.

Parallèlement à ce dossier institutionnel, la presse revient largement sur la conférence de presse tenue la veille par le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, venu s’expliquer après l’élimination du Sénégal lors de la Coupe du monde 2026. WalfQuotidien parle d’un « grand déballage » et estime que, malgré une longue intervention, le président de la FSF n’a pas réussi à convaincre l’opinion.

Les Échos rappelle qu’Abdoulaye Fall faisait face à une forte pression après les critiques suscitées par le parcours des Lions et les déclarations du secrétaire général de la Fédération, Abdoulaye Saydou Sow. Pendant plus de trois heures, le dirigeant fédéral est revenu sur les difficultés ayant entouré la préparation du Sénégal, abordant notamment l’encadrement médical, les choix logistiques, la préparation de l’équipe ainsi que les responsabilités du staff technique.

L’un des points marquants de cette conférence concerne sa relation avec l’ancien sélectionneur national, Pape Thiaw. Abdoulaye Fall a reconnu une rupture de confiance entre les deux hommes.

« Pape est mon petit-frère mais il a changé. Il y a eu des interférences entre lui et nous », a-t-il notamment déclaré, selon plusieurs quotidiens, dont Record.

Le Quotidien indique que le président de la Fédération a imputé l’échec des négociations contractuelles à des exigences financières qu’il jugeait excessives ainsi qu’à une rupture de communication durant la campagne américaine.

Dans la même veine, Le Soleil estime qu’Abdoulaye Fall a largement détaillé les raisons ayant conduit à la rupture du contrat de Pape Thiaw. Le journal souligne que le patron du football sénégalais est revenu sur les conditions de la signature du contrat, les difficultés rencontrées durant le Mondial et les conséquences du licenciement du sélectionneur, quelques jours seulement après son officialisation.

Ousmane Diagne nommé président du Conseil constitutionnel par Bassirou Diomaye Faye

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a un nouveau visage à sa tête. Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à la nomination de Monsieur Ousmane Diagne comme membre et président de la haute juridiction, selon un communiqué publié par la Présidence de la République.

Cette désignation intervient à travers le décret n°2026-1318 du 13 juillet 2026. Ousmane Diagne succède ainsi à feu Mamadou Badio Camara, qui occupait jusque-là les fonctions de président du Conseil constitutionnel.

Magistrat de carrière, le nouveau président du Conseil constitutionnel arrive à ce poste avec une longue expérience au sein de l’appareil judiciaire sénégalais. Au cours de son parcours, il a notamment occupé les fonctions de Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, puis celles de Premier avocat général près la Cour suprême.

Son expérience l’a également conduit au sommet de l’exécutif, puisqu’il a été nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux, avant cette nouvelle désignation à la tête de l’une des institutions majeures de la République.

Désormais aux commandes du Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne aura la responsabilité de diriger une institution centrale dans le fonctionnement démocratique du pays. Cette juridiction est notamment chargée de veiller à la conformité des lois à la Constitution, de trancher les contentieux électoraux et de proclamer les résultats définitifs des scrutins.

Aliou Sané met en garde Diomaye Faye contre un accueil de Macky Sall au Palais : « Une insulte à la mémoire des victimes »

L’éventualité d’une présence de Macky Sall au Palais de la République continue de susciter des réactions au Sénégal. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Aliou Sané, coordonnateur du mouvement citoyen Y’en a Marre, se fait particulièrement critique. Dans une publication rendue publique, il interpelle directement le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, l’appelant à ne pas poser un acte qu’il juge susceptible de heurter la mémoire des victimes des violences politiques enregistrées sous l’ancien régime.

Pour Aliou Sané, un accueil officiel réservé à l’ancien président de la République, Macky Sall, dans l’enceinte du Palais serait un symbole difficilement acceptable tant que les zones d’ombre entourant les événements tragiques des dernières années n’ont pas été éclaircies.

« Plus de deux ans après votre arrivée au pouvoir, dérouler aujourd’hui le tapis rouge du palais de la République à Macky Sall, alors qu’aucune lumière n’est faite sur les morts, les cas de torture, les emprisonnements de son régime, serait la pire insulte que vous puissiez faire à la mémoire de tous ces concitoyens tombés sous son règne », a déclaré le responsable de Y’en a Marre.

Dans sa prise de parole, Aliou Sané rappelle le poids des attentes encore présentes chez de nombreuses familles de victimes. Selon lui, plusieurs proches attendent toujours que justice soit rendue sur les décès, les arrestations et les accusations de torture qui ont marqué les années de tensions politiques avant l’alternance intervenue en 2024.

Le coordonnateur du mouvement citoyen revient également sur la « loi d’interprétation », un texte qui, selon lui, avait déjà provoqué incompréhension et colère auprès d’une partie de la population. À ses yeux, une éventuelle réception officielle de Macky Sall au Palais constituerait une nouvelle blessure pour les familles touchées et pour les citoyens qui portent encore les conséquences de cette période.

« Un autre pied de nez aux familles éplorées, aux Sénégalaises et aux Sénégalais qui portent encore les stigmates de la prison », a-t-il dénoncé, appelant ainsi les autorités actuelles à prendre en compte la douleur de ceux qui réclament encore vérité et justice.

Sénégal : Ousmane Sonko accuse l’ambassadrice de France d’ingérence dans les affaires intérieures

Le président de Pastef et ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, a accusé l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, de s’être immiscée dans les affaires intérieures du pays. Ces déclarations ont été faites lors d’une rencontre avec ses partisans à Mbacké, selon une vidéo diffusée par le média « Exclusif » sur Dailymotion.

Évoquant la polémique autour des passeports diplomatiques, Ousmane Sonko a d’abord tenu à préciser qu’il n’avait jamais été chargé de leur gestion lorsqu’il dirigeait le gouvernement.

« Même les enfants savent que le Premier ministre ne gère pas les passeports diplomatiques. C’est le président de la République qui en a la responsabilité », a-t-il déclaré.

Le leader de Pastef a rappelé que, selon lui, le président Bassirou Diomaye Faye avait décidé, dès son arrivée au pouvoir en 2024, de durcir les conditions d’attribution des passeports diplomatiques afin d’en préserver la crédibilité. Il a toutefois estimé que certaines catégories de citoyens, notamment les hommes d’affaires, les dignitaires religieux ou encore les personnes nécessitant des soins médicaux, pouvaient légitimement bénéficier de ce document.

Ousmane Sonko a ensuite mis en cause l’ambassadrice de France, affirmant qu’elle aurait entrepris des démarches auprès de chefs religieux en proposant, selon ses dires, une procédure accélérée de délivrance de visas en réponse au durcissement des conditions d’octroi des passeports diplomatiques sénégalais.

« Je lui ai dit : “Madame l’ambassadrice, restez dans votre rôle. Je ne veux plus que vous interveniez dans les affaires intérieures du Sénégal” », a-t-il déclaré devant ses partisans.

Poursuivant son intervention, il a dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence diplomatique, estimant qu’une telle démarche serait impensable si elle était entreprise par un ambassadeur sénégalais en France. À ce stade, l’ambassade de France à Dakar n’a pas réagi publiquement à ces déclarations.

Cette sortie intervient dans un contexte où les relations entre certaines autorités sénégalaises et la représentation diplomatique française ont déjà connu des épisodes de tension. En décembre 2025, le ministère sénégalais de la Justice avait critiqué des déclarations de Christine Fages relatives à la procédure d’extradition du journaliste Madiambal Diagne, estimant qu’elles relevaient d’une intervention inappropriée dans une affaire interne.

Al Amine Lo lance un proverbe en wolof visant Sonko : « Gàtt xël weesu wul »

La tension politique entre le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, dit Al Amine Lô, et son prédécesseur Ousmane Sonko franchit un nouveau palier. Quelques heures après une virulente sortie du président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef, le chef du gouvernement a réagi publiquement, rejetant l’idée que le patriotisme puisse être revendiqué par un seul camp politique.

Dans un message publié sur le réseau social X, Al Amine Lô a livré une réponse sans citer nommément Ousmane Sonko. « Chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir », a-t-il écrit, accompagnant son propos d’un proverbe en wolof qu’il présente comme une invitation à l’humilité et au dépassement des postures partisanes.

Cette prise de parole constitue la première réponse publique aussi directe du Premier ministre aux critiques de son prédécesseur depuis son entrée en fonction. Jusqu’ici, Al Amine Lô avait observé une certaine réserve institutionnelle dans ses interventions concernant le président de Pastef.

L’échange trouve son origine dans un discours prononcé par Ousmane Sonko, le 12 juillet à Touba, lors de l’inauguration du nouveau siège de Pastef. Devant ses partisans, le président de l’Assemblée nationale a affirmé avoir été informé de propos que le Premier ministre aurait tenus au cours d’une réunion à huis clos.

Selon Ousmane Sonko, Al Amine Lô aurait indiqué que sa priorité était désormais l’amélioration du climat des affaires afin de répondre aux attentes des investisseurs et des partenaires économiques occidentaux. Le leader de Pastef a présenté cette orientation comme une remise en cause des réformes qu’il affirme avoir engagées lorsqu’il dirigeait le gouvernement, notamment dans les secteurs du pétrole, du gaz et des phosphates.

Estimant que cette ligne constituerait une rupture avec les engagements pris devant les Sénégalais, Ousmane Sonko a menacé d’utiliser les prérogatives de l’Assemblée nationale contre le gouvernement.

« Nous allons faire des séries de motions de censure si Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Al Amine Lô ne reculent pas dans cette posture de sabotage », a-t-il déclaré devant les militants de son parti.

Cette nouvelle confrontation s’inscrit dans un climat de relations de plus en plus tendues entre les deux anciens collaborateurs. Ces dernières semaines, les désaccords se sont multipliés autour de la conduite des réformes économiques et de l’orientation de l’action gouvernementale.

Ousmane Sonko avait notamment invité son successeur à « rester un technocrate » et à « se limiter aux chiffres », tandis qu’à sa prise de fonctions, Al Amine Lô avait insisté sur la nécessité de placer « la Patrie et la République au-dessus de toute considération partisane ».

À mesure que les questions économiques et institutionnelles occupent le devant de la scène, ces échanges publics illustrent l’approfondissement des divergences entre les deux responsables politiques et confirment l’existence d’une fracture désormais assumée au sommet de l’État sénégalais.