Sénégal : Ousmane Sonko face aux députés pour une séance de vérité attendue

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est attendu ce mardi devant les députés pour une séance de questions d’actualité. Un exercice institutionnel scruté de près, sur fond de tensions sociales et de sujets sensibles.

 

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, fera face aux députés ce mardi 24 février 2026 à partir de 10 heures, dans le cadre d’une séance de questions d’actualité au gouvernement qui s’annonce dense et suivie.

Cette rencontre s’inscrit dans le respect de l’article 104 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Sénégal, qui impose au chef du gouvernement de répondre, chaque trimestre, aux interpellations des parlementaires. Elle participe également à la consolidation de la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Contrairement à certaines séances précédentes marquées par l’absence de l’opposition, les députés opposants ont cette fois confirmé leur participation. Une présence qui devrait donner plus d’intensité aux échanges et renforcer l’intérêt autour de cette session.

Plusieurs sujets sensibles devraient être au cœur des discussions. Il s’agit notamment de la situation dans les universités, après le décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ, mais aussi de la cherté de la vie et des réformes économiques engagées par l’exécutif.

Cette séance constitue la deuxième du genre au cours de l’actuelle session ordinaire unique. Selon la porte-parole du gouvernement, Marie Rose Fatou Khady Faye, elle illustre la volonté des autorités de respecter les dispositions en vigueur et de consolider les mécanismes de contrôle parlementaire.

Elle a également souligné que cette démarche traduit un engagement affirmé en faveur de la transparence, du dialogue entre institutions et de la redevabilité, conformément aux principes de l’État de droit.

Sénégal : justice et tensions politiques dominent l’actualité

L’actualité politique au Sénégal est marquée par une double séquence sous haute tension : l’avancée de la procédure judiciaire visant d’anciens ministres et la comparution très attendue du Premier ministre devant les députés.

 

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi un cap important en validant la mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice. L’ancien ministre de la Communication devra répondre des faits liés à l’aménagement du projet « Sénégal Connect Park ».

En revanche, le dossier d’Abdoulaye Diouf Sarr a été jugé incomplet. Il est renvoyé pour complément d’information, ralentissant ainsi la procédure à son encontre.

Ces poursuites s’inscrivent dans une dynamique de reddition des comptes engagée après la gestion du fonds Covid-19 sous l’ancien président Macky Sall. Plusieurs anciens responsables sont visés par des enquêtes liées à l’utilisation de ces ressources publiques.

Parallèlement, le climat politique reste tendu. Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l’hémicycle pour une séance de questions d’actualité. Un exercice démocratique qui s’annonce délicat.

Malgré une majorité confortable, le chef du gouvernement devra faire face à des sujets sensibles. Parmi eux : la criminalisation de l’homosexualité ou encore des affaires judiciaires ayant suscité une vive émotion dans l’opinion.

Dans ce contexte, l’opposition promet de ne rien laisser passer. Elle exige un débat respectueux et menace de quitter la salle en cas de dérapage.

Sur un autre front, les autorités durcissent également le ton sur la sécurité routière. Dès le 3 mars, une vaste opération de contrôle technique sera lancée. Elle ciblera les véhicules de transport en commun de 12 à 19 places, notamment les célèbres minicars « Cheikhou Cherifou ».

Le ministre des Transports a déjà entamé des visites de terrain à Dakar et à Diamniadio pour superviser le dispositif. Environ 7 000 véhicules sont concernés par cette opération.

Entre justice, politique et sécurité publique, le Sénégal entre dans une phase où chaque décision pourrait avoir des répercussions majeures sur le climat national.

 

Dakar se mobilise pour ses supporters détenus au Maroc

Une manifestation est annoncée dans la capitale sénégalaise pour réclamer la libération ou le transfèrement de ressortissants condamnés au Maroc.

 

Une mobilisation est annoncée ce samedi 28 février 2026 à Dakar pour exiger la libération de dix-huit supporters sénégalais incarcérés au Maroc. Le rassemblement est prévu à partir de 10 heures au rond-point Liberté 5, avant une marche en direction du rond-point du Jet d’eau, selon les initiateurs.

À travers cette action, les manifestants veulent interpeller les autorités sénégalaises et marocaines sur le sort de ces citoyens, interpellés le 18 janvier 2026 puis condamnés par la justice marocaine. Les organisateurs dénoncent une détention qu’ils jugent injustifiée et appellent à une mobilisation pacifique, mais massive, afin d’obtenir leur libération ou leur transfèrement vers le Sénégal.

Des condamnations prononcées par la justice marocaine

Les dix-huit supporters sénégalais ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Rabat, au Maroc. À l’issue du procès, ils ont écopé de peines de prison ferme allant de trois mois à un an, selon les cas. Ces décisions sont désormais définitives.

Depuis lors, familles, proches et acteurs de la société civile sénégalaise multiplient les initiatives pour tenter d’obtenir une issue favorable. La manifestation annoncée à Dakar s’inscrit dans cette dynamique de pression, afin d’éviter que cette affaire ne s’enlise.

L’appel des juristes et la piste du transfèrement

Dans un communiqué adressé à la presse, l’Association des juristes africains section Sénégal indique suivre « avec une attention particulière » la situation des ressortissants détenus au Maroc.

L’organisation met en avant l’accord de coopération judiciaire signé en 2004 entre le Sénégal et le Maroc. Ce cadre prévoit notamment des mécanismes de transfèrement des personnes condamnées, permettant à celles-ci d’exécuter leur peine dans leur pays d’origine, sous certaines conditions.

Une option que les juristes estiment pertinente et qui pourrait être explorée par les autorités compétentes pour désamorcer la situation.

Sénégal : incendie sur un site minier, Eramet Grande Côte ouvre une enquête

Un incendie s’est déclaré dans une unité stratégique d’Eramet Grande Côte, sans faire de victimes, mais suscitant des interrogations sur l’impact industriel.

Le groupe minier et métallurgique Eramet, à travers sa filiale Eramet Grande Côte, a annoncé l’ouverture d’enquêtes pour faire la lumière sur l’incendie survenu dimanche, aux environs de 14 heures, sur son site d’extraction de zircon situé à Diogo, sur la façade nord-ouest du Sénégal.

Dans un communiqué officiel, le groupe indique que des investigations seront engagées afin d’identifier l’origine du sinistre et d’en mesurer les répercussions sur les activités du site. Il précise par ailleurs qu’aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Le feu a pris naissance au niveau de la WCP (Wet Concentration Plant), une installation clé du dispositif industriel où s’opère la séparation des minerais par voie humide, traitant une part importante de la production.

Selon l’entreprise, cette unité, implantée sur une barge flottante, a été évacuée sans délai dès le déclenchement de l’incendie. Un périmètre de sécurité a également été mis en place afin de prévenir tout risque supplémentaire. Eramet Grande Côte assure que la sécurité des employés, des partenaires et des populations riveraines reste une priorité absolue. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos ont montré d’épaisses fumées noires s’élevant du site, sous le regard d’agents équipés de casques et de tenues de sécurité.

Le groupe précise que les autorités administratives et territoriales ont été informées immédiatement. L’incendie a pu être maîtrisé grâce à l’intervention conjointe des équipes internes d’urgence (ERT), appuyées par les sapeurs-pompiers venus de Kébémer, Guéoul, Louga et Saint-Louis. Après avoir été circonscrit, le feu a été totalement éteint. Les équipes restent mobilisées pour refroidir les installations et sécuriser l’ensemble du site. Le groupe affirme demeurer pleinement engagé dans la gestion de cet incident, mettant en avant une approche fondée sur la responsabilité et la transparence.

Filiale sénégalaise du groupe Eramet, Eramet Grande Côte est spécialisée dans l’exploitation et le traitement de sables minéraliers, notamment l’ilménite, le rutile, le leucoxène et le zircon.

Sénégal : deux anciens ministres de Macky Sall face à la Haute Cour de justice

L’Assemblée nationale du Sénégal examine ce lundi des projets de résolution visant la mise en accusation de deux ex-ministres, dans un contexte de reddition des comptes.

La commission des lois de l’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce lundi pour se pencher sur des projets de résolution portant sur la mise en accusation de deux anciens ministres du régime de Macky Sall (2012-2024).

Les personnalités concernées sont Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam. La procédure a été enclenchée le 10 février dernier par le bureau de l’Assemblée nationale, à la suite d’une saisine introduite par la ministre de la Justice, Yacine Fall.

Dans le détail, Me Moussa Bocar Thiam est cité dans le dossier relatif à l’aménagement du Parc des technologies numériques, désormais connu sous l’appellation « Sénégal Connect Park ». Cette affaire avait déjà conduit à l’arrestation de plusieurs responsables du ministère de la Communication et des Télécommunications sous l’ancien régime.

Pour sa part, Abdoulaye Diouf Sarr, ancien maire de Yoff, est mis en cause sur la base d’éléments issus du rapport 2022 de la Cour des comptes du Sénégal, portant sur la gestion des fonds alloués à la lutte contre la Covid-19.

Ces nouvelles procédures s’inscrivent dans la continuité d’une première vague de poursuites ayant déjà abouti à la saisine de la Haute Cour de justice du Sénégal pour cinq anciens ministres, parmi lesquels Mansour Faye, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall.

L’examen des dossiers par la commission des lois constitue une étape clé de la procédure. Celle-ci pourrait aboutir à leur renvoi devant la Haute Cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Kédougou : coup de filet contre l’orpaillage clandestin et un réseau de trafic de mineurs démantelé

Une opération d’envergure menée par la gendarmerie à Kédougou a permis de démanteler plusieurs sites d’orpaillage illégal et de mettre la main sur un suspect impliqué dans un réseau de trafic de migrants, dont des mineurs.

 

La Légion de gendarmerie de Kédougou a conduit, le samedi 21 février 2026, une opération de grande ampleur visant l’exploitation illégale des ressources minières. L’intervention a abouti au démantèlement de trois sites d’orpaillage clandestin et à l’arrestation d’un individu suspecté de trafic de migrants et de traite de personnes, selon une source sécuritaire.

Mobilisés entre 10 heures et 17 heures dans les zones de Gamba-Gamba et Saeinsoutou, les éléments du GARSI-2 ont procédé à la destruction de trois sites localisés dans les villages de Bantanko, Bondala et Mouran.

Le bilan matériel est conséquent. Les forces de sécurité ont saisi 14 groupes électrogènes, six marteaux-piqueurs, huit motopompes, cinq machines-pompes, deux panneaux solaires ainsi qu’une pompe à eau. Sur les différents sites, les gendarmes ont également procédé à la destruction de 25 machines cracheuses, cinq équipements de forage électrique, sept motopompes et plusieurs installations précaires servant d’abris.

Trafic de migrants

Dans le cadre de cette même opération, la Section de recherches de Kédougou a interpellé un individu impliqué dans des faits présumés de trafic de migrants et de traite de personnes.

Cinq mineurs ont été auditionnés dans le cadre de l’enquête. Ils ont été identifiés comme étant entrés au Sénégal en provenance du Mali, avec pour objectif de travailler sur des sites d’orpaillage moyennant rémunération.

D’après leurs témoignages, ces mineurs appartiendraient à une même famille. Leur déplacement aurait été organisé depuis le Burkina Faso par leurs parents, en lien avec le suspect, chargé de les prendre en charge à la frontière sénégalo-malienne. Face aux enquêteurs, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés, toujours selon la même source.

Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ampleur du réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Sénégal : entre tensions politiques, scandales sociaux et drame dans le football

Au Sénégal, l’actualité reste marquée par une recomposition politique autour du pouvoir, une recrudescence de la fraude à l’état-civil et un drame qui secoue le monde du football. La presse nationale revient largement sur ces faits qui agitent l’opinion.

 

L’audience accordée aux coordonnateurs départementaux du Pastef par le président Bassirou Diomaye Faye, la fraude à l’état-civil ainsi que le décès du joueur de l’AS Saloum, El Hadji Youssou Diouf, à la suite d’un malaise, figurent parmi les principaux sujets traités par les quotidiens reçus ce lundi.

« Un climat nouveau semble s’installer entre le président de la République et sa formation politique, le Pastef, après les tensions observées à la suite du meeting du 8 novembre 2025 », rapporte Sud Quotidien.

À en croire le journal, le chef de l’État, également ancien secrétaire général du parti, a rencontré, le vendredi 20 février, les coordonnateurs départementaux du Pastef autour d’un ndogou, dans un cadre d’échanges.

Intervenant dans ses colonnes, Ayib Daffé, responsable du groupe parlementaire du Pastef, a précisé que cette rencontre visait à « renforcer la concertation interne et faire le point sur la situation nationale ». Il a, par ailleurs, rejeté les rumeurs évoquant une absence du Premier ministre Ousmane Sonko à cette réunion.

Sous le titre « Bassirou Diomaye Faye sur deux voix », Le Quotidien souligne que cette rencontre a fortement animé le débat public, dans un contexte marqué par des divergences au sommet de l’État. Le journal indique que cette séance, tenue au Palais, s’inscrit dans une démarche de dialogue direct avec la base militante ayant soutenu la candidature présidentielle de 2024.

Pour certains observateurs, cette rencontre, qualifiée de « ndogou politique », pourrait contribuer à resserrer les rangs entre le président et son Premier ministre. Toutefois, des interrogations persistent quant à la solidité de cette entente et à la restructuration en cours de la coalition « Diomaye Président ».

De son côté, L’As évoque un « flou stratégique » au sein du tandem exécutif. Le journal estime que les divergences apparentes entre les deux têtes de l’Exécutif pourraient relever d’une stratégie politique difficile à décrypter.

Même lecture chez WalfQuotidien, qui affiche à sa Une : « La rupture attendra ». Le journal s’interroge sur la tenue régulière de rencontres politiques au Palais présidentiel, estimant qu’elles s’éloignent de la promesse de rupture portée par les autorités actuelles.

Par ailleurs, L’Observateur met en lumière les conséquences sociales de l’affaire d’homosexualité présumée qui agite le pays. Selon le journal, plusieurs personnalités publiques citées dans ce dossier subissent une forme de condamnation sociale avant même toute décision judiciaire.

Sur un autre registre, Le Soleil alerte sur la multiplication des cas de fraude à l’état-civil. Sous le titre « Faux actes, vrai péril », le quotidien évoque des réseaux organisés, impliquant parfois des agents administratifs. Face à cette situation, l’État entend renforcer les mécanismes de contrôle, notamment par des solutions numériques.

Enfin, L’Info rapporte un drame survenu dans le football local. L’attaquant de l’AS Saloum, El Hadji Youssou Diouf, est décédé dimanche à Thiès après un malaise, à l’issue d’un match contre Amitié FC. Ce décès relance le débat sur la prise en charge médicale des joueurs dans les stades sénégalais.

Tivaouane : l’ONAS s’assure de l’avancée des travaux d’assainissement des eaux pluviales

Le directeur général de l’ONAS, Séni Diène, a visité le chantier d’assainissement des eaux pluviales de Tivaouane et a constaté 15 % d’avancement des travaux.

 

Le 18 février 2026, le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Séni Diène, s’est rendu sur le chantier d’assainissement des eaux pluviales de Tivaouane. Après trois mois de travaux, l’entreprise en charge affiche un taux de réalisation de 15 % sur l’ensemble du tracé.

Dans le sud de la ville, où est implanté le premier exutoire, cinq ouvrages ont été inspectés. Sur place, les équipes de l’entreprise Kélimane procédaient à des fouilles et à la pose de canaux. Sur ce tronçon, 850 mètres linéaires de dalots préfabriqués sont déjà posés, sur un total de 3,600 km de grands dalots et 3,800 km de petits dalots. Dans la partie nord, les travaux concernent 2,600 km de réseau principal, complétés par 1,5 km de réseau secondaire en cours de réalisation.

Un kilomètre linéaire a été achevé sur les 3,4 km prévus, soit 15 % d’avancement, seulement trois mois après l’installation de l’entreprise et un mois après le lancement officiel du chantier par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, le 10 novembre 2025. Cette visite a permis à Séni Diène de saluer la cadence de l’exécution et de rappeler que, si le rythme se maintient, le projet sera achevé à temps pour le Gamou 2026.

Pour accélérer les travaux, le directeur général de l’ONAS a recommandé d’augmenter le nombre d’équipes de 12 à 20. Mamadou Ngom, directeur des travaux de Kélimane, a assuré que toutes les mesures seront prises pour ne pas perdre le rythme actuel et respecter les délais fixés.

CAN 2025 : 03 mois à un an de prison ferme pour les 18 supporters sénégalais, la tension monte

Après les violences lors de la finale de la CAN 2025, la justice marocaine condamne 18 supporters sénégalais à des peines jugées sévères.

Le verdict est tombé ce jeudi devant le tribunal de première instance de Rabat. Les dix-huit supporters sénégalais, arrêtés depuis le 19 janvier à la suite des violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 opposant le Maroc au Sénégal, ont été condamnés à des peines de prison ferme comprises entre trois mois et un an.

L’audience, prévue à 13 heures, s’est déroulée en présence de la représentation diplomatique et consulaire sénégalaise, ainsi que de l’avocat des prévenus, Me Patrick Kabou. À la barre, les différentes parties ont présenté leurs arguments dans une atmosphère particulièrement tendue, marquée par une forte attente du verdict du côté des familles et des proches.

Selon la décision rendue par le tribunal, les sanctions ont été prononcées de manière différenciée. Neuf supporters ont écopé d’un an de prison ferme assorti d’une amende de 5 000 dirhams, soit environ 500 euros. Six autres ont été condamnés à six mois de détention, accompagnés d’une amende de 2 000 dirhams. Les trois derniers ont reçu une peine de trois mois de prison, avec une amende de 1 500 dirhams.

D’après le ministère public, les mis en cause auraient « volontairement cherché à perturber le déroulement normal de la rencontre » et se seraient rendus coupables d’actes de violence, largement relayés en direct à la télévision.

Un verdict contesté par la défense

Les faits remontent aux dernières minutes de la finale, après un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, quelques instants après un but refusé au Sénégal. La situation avait rapidement dégénéré, avec des tentatives d’envahissement de la pelouse et des jets de projectiles, provoquant une interruption prolongée du match.

À l’issue des débats, le tribunal a reconnu les 18 supporters coupables de voies de fait et a retenu des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. Le juge a ainsi suivi en partie les réquisitions du parquet, qui avait sollicité des sanctions plus lourdes, pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement.

Cette décision suscite toutefois une vive contestation. Du côté de la défense et des proches des condamnés, le verdict est jugé particulièrement sévère. Selon leur avocat, l’annonce de la sentence a provoqué une forte émotion dans la salle d’audience, au point qu’un des détenus aurait été victime d’un malaise.

Désormais, la question d’un éventuel recours reste posée. Pendant ce temps, les familles, encore sous le choc, tentent d’appréhender les conséquences de cette décision judiciaire dans cette affaire de Sénégal supporters condamnés, qui continue de susciter de vives réactions.

Justice : Les 18 supporters sénégalais sont condamnés à des peines de prison ferme au Maroc

SENEGAL-REVUE de PRESSE

Dakar, 20 février. Les quotidiens sénégalais expriment leur indignation après le verdict rendu par la justice marocaine contre des supporters sénégalais arrêtés et détenus au Maroc depuis le 18 janvier, à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée dans le royaume.

Les 18 supporters sénégalais ont écopé de sanctions jugées “particulièrement lourdes”, allant de trois mois à un an de prison ferme selon leur degré d’implication supposée, rapporte le quotidien Source A.

Parmi eux, neuf ont été condamnés à un an de prison ferme, précise le journal, qui indique également qu’un des supporters a fait un malaise après l’annonce du verdict, nécessitant une prise en charge médicale.

“Des sanctions très lourdes pour des supporters déjà éprouvés”, déplore le quotidien Tribune. De son côté, Libération estime que cette issue était “presque attendue”, au regard du déroulement de la procédure judiciaire marocaine.

Les titres de la presse sont sans équivoque. WalfQuotidien affiche “Le Maroc brandit son trophée”, tandis que L’As évoque “un Maroc inamical avec le Sénégal”. Le journal Le Quotidien souligne, en une, que les magistrats marocains “ont eu la main lourde”, ajoutant que cette décision “plonge encore plusieurs familles dans l’angoisse”.

À ce sujet, Source A rapporte que des manifestations ont éclaté à Rufisque, en périphérie de Dakar, où des habitants sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère. Le journal précise que Dangou figure parmi les quartiers les plus touchés. Sur les 18 condamnés, six sont originaires de Rufisque, dont quatre appartiennent au groupe de supporters Lébougui.

“À Rufisque, bastion de l’ASC Lébougui, la contestation a quitté les réseaux sociaux pour s’exprimer dans la rue, dans une ambiance de forte tension”, confirme L’Observateur. De son côté, Vox Populi estime que le Maroc, défait par le Sénégal en finale, “se venge sur les 18 supporters sénégalais” à travers cette décision judiciaire.

“Rabat tranche, Dakar gronde”, titre Sud Quotidien, qui qualifie également le verdict de sévère, en soulignant qu’il s’accompagne d’amendes importantes. Selon le journal, cette décision ravive les tensions nées d’une finale particulièrement agitée.

Pour rappel, les dix-huit supporters sénégalais avaient été interpellés à la suite des incidents ayant éclaté lors de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et les Lions de la Téranga, le 18 janvier à Rabat. Ils étaient notamment poursuivis pour des faits assimilés à du hooliganisme. Le parquet avait requis jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun d’eux.

Les troubles ont éclaté après un penalty accordé au Maroc dans les dernières minutes du match, juste après un but refusé au Sénégal. Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, avait alors demandé à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre l’arbitrage.

Dans les tribunes, les supporters sénégalais se sont opposés aux forces de l’ordre et aux agents de sécurité. Dix-huit d’entre eux ont été arrêtés dans la foulée et sont détenus au Maroc depuis ces événements.