Sénégal : à l’Assemblée nationale, Abdou Mbow charge violemment la réforme constitutionnelle et appelle à interrompre l’échéance

La séance plénière consacrée à la révision de la Constitution a pris ce matin une tournure particulièrement électrique à l’Assemblée nationale du Sénégal. À la tribune, le député de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow, a livré une intervention d’une rare intensité contre la proposition de loi portée par la majorité parlementaire Pastef, allant jusqu’à invoquer une question préalable fondée sur l’article 83 du règlement intérieur afin de demander qu’il n’y ait pas lieu de délibérer.

Face au ministre de la Justice et à ses collègues députés, l’élu de l’opposition a d’abord insisté sur la gravité du moment, décrivant la séance comme un épisode « d’une portée exceptionnelle dans l’histoire politique et institutionnelle » du Sénégal. Très vite, son intervention a pris la forme d’une remise en cause frontale du processus engagé.

Abdou Mbow a ouvertement contesté la démarche parlementaire, estimant qu’il s’agirait d’une première dans l’histoire du pays depuis l’indépendance : celle d’une majorité à l’Assemblée nationale initiant seule une réforme constitutionnelle d’une telle ampleur, susceptible selon lui de bouleverser profondément l’équilibre institutionnel. Il a également dénoncé le fait que certains amendements proposés par le gouvernement, au nom du président de la République, auraient été écartés du processus.

S’inscrivant dans une perspective historique, le député de l’opposition a rappelé que les grandes révisions constitutionnelles du Sénégal, notamment celles de 1963, 2001 et 2016, avaient toujours été soumises à l’approbation populaire par référendum. À ses yeux, la procédure actuelle marquerait ainsi une rupture inédite avec cette tradition républicaine.

Sur le fond, Abdou Mbow a durci encore le ton en estimant que les réformes envisagées entraîneraient un déplacement profond du centre de gravité des institutions, en transférant une part importante du pouvoir politique issu de l’élection présidentielle vers une majorité parlementaire, qu’il a qualifiée de « majorité mécanique », avec à sa tête, selon lui, une figure dépourvue de légitimité.

Dans la foulée, il a interpellé le gouvernement, l’appelant à transmettre au président de la République les inquiétudes d’une partie importante de la représentation nationale ainsi que de segments de la société civile, évoquant au passage les tensions observées à l’extérieur de l’hémicycle, où des manifestants faisaient face aux forces de l’ordre sous gaz lacrymogènes. Il a rappelé à ce titre que le chef de l’État demeure, en vertu de la Constitution, le garant du fonctionnement régulier des institutions.

Son intervention s’est achevée dans un climat de forte tension politique. Abdou Mbow a exhorté le pouvoir à mettre fin à ce qu’il considère comme un entêtement, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à ouvrir sans délai des concertations larges associant toutes les composantes de la nation. Il a opposé deux visions du processus en cours, plaidant pour la concertation plutôt que la confrontation, le consensus plutôt que ce qu’il qualifie de passage en force, et la défense de la République contre les intérêts partisans.

Dans une dernière sortie particulièrement offensive, le député a finalement demandé que les débats ne se poursuivent pas, concluant son intervention par une charge directe contre la majorité, au cœur d’une séance désormais marquée par une vive confrontation politique.

Dakar entre barrages et tensions avant le vote constitutionnel

L’Assemblée nationale du Sénégal a ouvert ce lundi 29 juin 2026 une séance cruciale consacrée à l’examen de la proposition de loi n°17/2026, un texte controversé porté par le groupe parlementaire Pastef d’Ousmane Sonko et visant la modification d’une trentaine d’articles de la Constitution. Dès les premières heures de la matinée, le climat autour de l’Hémicycle s’est crispé, avec des accès entièrement barricadés et une sécurité renforcée dans tout le périmètre.

Sur le terrain, les autorités ont déployé un important dispositif combinant forces de police et de gendarmerie, en anticipation des appels à la mobilisation lancés par l’opposition, qui avait annoncé marches, sit-in et manifestations. L’accès aux abords de l’institution est strictement filtré, réservé aux députés, aux journalistes accrédités, au personnel parlementaire et à quelques invités autorisés, dans une atmosphère déjà marquée par la tension.

Mais la contestation dépasse désormais le seul cadre de l’opposition parlementaire. Le débat autour de cette réforme constitutionnelle s’est étendu jusqu’au sommet de l’État, avec des réserves exprimées par le président Bassirou Diomaye Faye lui-même. Le chef de l’État rejoint ainsi les appels à une concertation élargie avant toute modification de la Loi fondamentale, alimentant davantage les interrogations autour du processus engagé.

La veille, dimanche 28 juin au soir, les positions des différents camps se sont affrontées à distance à travers une série de conférences de presse. D’un côté, l’opposition et des partisans du président ont réclamé le retrait pur et simple de la proposition de réforme. De l’autre, le groupe Pastef a défendu la légalité et la légitimité de son initiative parlementaire, assumant pleinement la démarche engagée devant l’Hémicycle.

Au cœur de la controverse, la nature même du texte alimente les critiques. La proposition de loi n°17/2026, bien qu’officiellement déposée par des députés de la majorité, serait en réalité issue d’un avant-projet élaboré initialement par la présidence de la République et présenté au mois d’avril dernier, avec la participation du parti majoritaire. Ce passage d’une initiative présidentielle à une voie strictement parlementaire est au centre des accusations de l’opposition et d’une partie de la société civile.

Selon ses détracteurs, ce choix de procédure permettrait d’adopter la réforme par une majorité des trois cinquièmes au Parlement, évitant ainsi le recours au référendum populaire. Une orientation jugée sensible et qui constitue aujourd’hui l’un des principaux points de fracture entre les différents acteurs politiques, y compris au sein du camp présidentiel.

Dans ce contexte hautement inflammable, tous les regards restent tournés vers l’Assemblée nationale, où le débat promet d’être intense autour d’un texte devenu l’un des dossiers politiques les plus sensibles du moment.

Sénégal : l’opposition menace de boycotter la séance sur la révision constitutionnelle

La séance plénière prévue ce lundi 29 juin 2026 à l’Assemblée nationale s’annonce comme un moment politique particulièrement sensible. Les députés sont appelés à se prononcer sur la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, un texte déjà au cœur de vives polémiques et qui pourrait déboucher sur un scénario inédit : le boycott du vote par une partie de l’opposition.

 

Selon des informations rapportées par laviesenegalaise.com et issues de sources concordantes, plusieurs députés de l’opposition envisageraient de participer aux débats pour défendre leur position, tout en refusant de prendre part au scrutin final. Une stratégie qui traduirait leur volonté de marquer une distance politique avec un processus qu’ils contestent, sans pour autant s’abstenir d’en exposer publiquement les arguments.

La convocation officielle, signée par le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko, précise que l’unique point inscrit à l’ordre du jour concerne l’examen de cette proposition de révision constitutionnelle déposée par le groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Hémicycle.

Mais derrière cette procédure parlementaire encadrée, les tensions n’ont cessé de s’intensifier ces derniers jours. Les travaux en commission ont été marqués par des échanges particulièrement tendus entre les députés de la majorité et les représentants du gouvernement, notamment autour de plusieurs amendements intégrés au texte. Ces discussions ont ravivé les divergences politiques et alimenté les critiques sur la portée réelle de la réforme.

Dans ce climat déjà chargé, l’opposition affirme vouloir jouer pleinement son rôle dans les débats tout en refusant de cautionner, par son vote, un processus qu’elle juge contestable. Ce positionnement contribue à accentuer l’incertitude autour de l’issue finale de la séance.

À l’extérieur de l’Hémicycle, la situation est tout aussi tendue. Des responsables de Pastef ont appelé à une mobilisation de leurs partisans afin d’accompagner la réforme, tandis que plusieurs formations de l’opposition exhortent leurs militants à se rassembler pour exprimer leur rejet du projet.

Face à cette double mobilisation annoncée, les autorités devraient renforcer le dispositif sécuritaire aux abords de l’Assemblée nationale afin d’éviter tout débordement. Dans ce contexte électrique, tous les regards restent tournés vers l’Hémicycle, où les débats promettent d’être particulièrement animés avant un vote dont l’issue demeure incertaine.

CFEE 2026 : un taux de réussite record de 94,49 % consacre une progression historique de l’école élémentaire

Les résultats de la session 2026 du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) marquent un tournant pour l’école sénégalaise. Avec 286 131 admis sur 302 809 candidats ayant effectivement composé, le taux national de réussite atteint 94,49 %, contre 70,73 % en 2025, soit une progression spectaculaire en l’espace d’une année.

 

Sur les 306 484 élèves initialement inscrits, 302 809 se sont présentés aux épreuves, traduisant un taux de participation de 98,80 %. Une mobilisation jugée remarquable par la direction des Examens et Concours, qui y voit le fruit du suivi conjoint des inspections académiques, des collectivités territoriales, des parents d’élèves et des communautés éducatives.

Au-delà des chiffres, les autorités éducatives estiment que ces performances s’inscrivent dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs années. Le ministère de l’Éducation nationale met en avant le renforcement des apprentissages fondamentaux, la généralisation de l’évaluation continue, l’accompagnement pédagogique des enseignants et une meilleure préparation des candidats comme facteurs déterminants de cette progression.

La direction des Examens souligne également que ces résultats révèlent une géographie contrastée de la réussite scolaire. Si la moyenne nationale est particulièrement élevée, certaines académies se démarquent nettement. Matam arrive en tête avec un taux de réussite de 98,56 %, suivie de Kolda (97,65 %), Tambacounda (97,32 %) et Dakar (96,64 %). Ces performances illustrent, selon le rapport, la capacité de certains territoires à concilier massification de l’accès à l’école et qualité des apprentissages.

À l’inverse, d’autres académies enregistrent des résultats plus modestes, bien qu’encore élevés. Sédhiou affiche 89,55 %, Kaffrine 90,66 %, Diourbel 91,04 % et Louga 91,31 %. Des niveaux qui, selon les autorités, appellent à un renforcement des dispositifs d’accompagnement afin de réduire les écarts entre régions.

Les données révèlent par ailleurs une quasi-parité entre filles et garçons. Les candidates affichent un taux de réussite de 94,61 %, légèrement supérieur à celui des garçons, établi à 94,33 %, confirmant la progression constante de la scolarisation féminine dans le cycle élémentaire.

Dans les grandes académies fortement peuplées, les performances restent également soutenues. Thiès, qui a enregistré 47 503 inscrits, affiche un taux d’admission de 93,88 %, tandis que Pikine-Guédiawaye, avec 34 397 candidats, atteint 94,09 %. Des résultats qui, selon la direction des Examens et Concours, montrent que l’augmentation des effectifs n’a pas compromis la qualité globale des apprentissages.

Pour les autorités éducatives, ces chiffres confortent les orientations stratégiques du secteur, notamment la digitalisation progressive des examens, le renforcement du suivi pédagogique, l’amélioration des pratiques d’enseignement et l’intensification des évaluations nationales.

Toutefois, malgré cette performance jugée exceptionnelle, la direction des examens appelle à la prudence. Elle insiste sur la nécessité de consolider les acquis en lecture, en mathématiques et en français, de réduire les disparités territoriales, de renforcer la formation continue des enseignants et d’améliorer les infrastructures scolaires afin de pérenniser cette dynamique.

Pour les autorités, le CFEE 2026 confirme une tendance de fond : celle d’une école élémentaire sénégalaise en pleine montée en puissance, mais encore appelée à transformer ses performances quantitatives en gains durables de qualité éducative.

Sénégal : une révision constitutionnelle sous pression met l’Assemblée nationale face à un choix décisif

L’Assemblée nationale du Sénégal s’apprête à vivre une journée déterminante. Ce lundi 29 juin 2026, les députés sont appelés à se prononcer sur la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, un texte déposé par le groupe parlementaire Pastef qui, avant même son examen, provoque un vif affrontement politique et institutionnel.

 

Convoqués en séance plénière à partir de 10 heures, les parlementaires devront examiner une réforme que ses promoteurs présentent comme l’aboutissement d’un long processus de concertation nationale. Mais à l’extérieur de l’hémicycle comme au sein même de la majorité présidentielle, les critiques se multiplient et les appels à un référendum se font de plus en plus insistants.

À la veille de cette séance, les responsables du groupe parlementaire Pastef ont défendu leur initiative lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti. Le président du groupe parlementaire, Ayib Daffé, et le premier vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ont tour à tour plaidé en faveur de la légalité de la procédure et du bien-fondé de la réforme.

Pour El Malick Ndiaye, ce projet s’inscrit dans la continuité des grandes concertations engagées depuis plusieurs années. Il a rappelé qu’il puise ses fondements dans les Assises nationales de 2009, les travaux de la Commission nationale de réforme des institutions de 2013, le dialogue sur la justice de 2024 ainsi que le dialogue national sur le système politique organisé en 2025. Selon lui, Pastef a pris une part active à chacune de ces étapes, faisant de cette réforme l’aboutissement d’un processus collectif plutôt qu’une initiative isolée.

Le responsable parlementaire a également insisté sur le caractère impersonnel du texte. Selon lui, la réforme n’a pas vocation à protéger une personnalité politique ni à en cibler une autre, mais vise à renforcer durablement les institutions du pays.

Prenant la parole à son tour, Ayib Daffé a défendu le droit des députés à porter une telle initiative. Il a affirmé que le Parlement ne devait pas céder aux pressions de groupes qu’il considère éloignés des intérêts du peuple sénégalais. Il a également rappelé que la procédure suivie respecte les dispositions de l’article 103 de la Constitution, lequel reconnaît aux parlementaires le droit d’initier une révision constitutionnelle. Il a précisé que plusieurs amendements, dont certains proposés par le gouvernement, avaient déjà été examinés et adoptés en commission.

Le texte prévoit plusieurs changements majeurs. Il propose notamment la création d’une Cour constitutionnelle, la mise en place d’un organe indépendant chargé des élections, la limitation des pouvoirs du président sortant durant les périodes de transition, l’interdiction pour les ministres d’exercer simultanément des fonctions de chef d’exécutif local, une définition légale de la haute trahison ainsi qu’un renforcement des obligations liées à la déclaration de patrimoine.

Les promoteurs de la réforme mettent également en avant son impact budgétaire. Selon El Malick Ndiaye, son adoption permettrait d’éviter l’organisation de quatre, voire cinq scrutins en seulement deux ans, une perspective jugée particulièrement coûteuse alors que le Sénégal fait face à d’importantes contraintes financières.

Si le texte obtient le soutien des trois cinquièmes des députés, il sera ensuite transmis au président de la République, qui disposera du choix entre sa promulgation ou son renvoi devant le peuple par voie référendaire.

Mais cette perspective est loin de faire l’unanimité. Le mouvement citoyen « Y en a Marre » dénonce une réforme qu’il considère motivée par des calculs politiques destinés à imposer des changements majeurs sans l’accord des citoyens. Dans un communiqué publié dimanche à Dakar, le mouvement regrette également le silence du président Bassirou Diomaye Faye, estimant qu’en sa qualité de garant de la Constitution, il lui revient de prendre publiquement position. Pour ses responsables, toute modification de la Loi fondamentale doit obligatoirement être soumise au référendum afin que le peuple puisse exercer directement sa souveraineté.

Les critiques viennent également de la coalition Diomaye Président. Son porte-parole, Me Abdoulaye Tine, qualifie la démarche de « fraude sous couvert d’une révision constitutionnelle ». Selon lui, le texte poursuit essentiellement un objectif de concentration du pouvoir. Il estime en outre que les nombreux amendements examinés ont profondément modifié le contenu initial de la proposition, au point de la rendre juridiquement irrecevable. Convaincu que cette réforme ne répond pas à l’intérêt général, il affirme que les Sénégalais sauront la rejeter le moment venu.

La superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, s’oppose elle aussi fermement au projet. Elle cible particulièrement la disposition autorisant le président de la République à diriger simultanément un parti politique. À ses yeux, cette fonction partisane est incompatible avec le rôle d’arbitre et de garant des institutions que doit incarner le chef de l’État. Elle va même jusqu’à accuser Pastef d’affaiblir la position du président en cherchant à l’enfermer dans une logique partisane qu’elle juge dangereuse pour l’équilibre de la République.

À quelques heures de l’ouverture des débats, la réforme constitutionnelle dépasse désormais le seul cadre parlementaire. Elle cristallise les divergences sur l’avenir des institutions sénégalaises et place l’Assemblée nationale au cœur d’une séquence politique dont l’issue pourrait marquer durablement la vie démocratique du pays.

Sénégal : une révision constitutionnelle sous haute tension, les regards tournés vers l’Assemblée nationale

À Dakar, la journée s’annonce décisive. Ce lundi, l’Assemblée nationale examine une proposition de révision constitutionnelle qui cristallise les tensions politiques et mobilise aussi bien les partis que les organisations de la société civile. Dans les colonnes des quotidiens sénégalais, un même constat s’impose : le débat promet d’être électrique.

Pour les députés du parti Pastef, à l’origine de cette initiative par l’intermédiaire de leur groupe parlementaire majoritaire, le processus législatif doit suivre son cours « sereinement, sans pression ni intimidation ». Le camp au pouvoir défend une démarche qu’il juge conforme aux règles parlementaires et entend poursuivre l’examen du texte malgré les critiques.

En face, la coalition « Diomaye Président » affiche une opposition ferme. Ses responsables estiment que cette révision risque de fragiliser les fondements de la République. Face à ce qu’ils qualifient de « forfaiture », ils avancent qu’une telle modification pourrait être soumise au peuple par voie référendaire.

Les journaux soulignent l’ampleur des divisions suscitées par cette réforme. Selon Sud Quotidien, le texte a mis en lumière de profondes lignes de fracture. Aux côtés de la coalition « Diomaye Président », plusieurs organisations de la société civile, le Conseil national du laïcat et diverses plateformes citoyennes réclament soit le retrait de la proposition, soit l’ouverture d’une vaste concertation nationale avant tout examen.

Cette controverse intervient dans un climat politique déjà tendu. Les médias évoquent des désaccords inédits entre le président de la République et une partie de ses anciens alliés, sur fond de divergences concernant l’équilibre des institutions et la conduite des réformes.

À mesure que l’échéance approche, les positions se durcissent. Libération décrit deux camps qui « croisent le fer à distance », tandis que L’As rapporte que des appels à la mobilisation ont été lancés de part et d’autre, faisant redouter des tensions aux abords de l’Assemblée nationale.

WalfQuotidien parle même d’un « lundi de tous les dangers ». Le quotidien rappelle que l’opposition et plusieurs organisations de la société civile appellent à manifester sous le slogan « Touche pas à ma Constitution » afin d’empêcher l’examen du texte, une mobilisation qui pourrait provoquer des troubles.

Dans le même esprit, Enquête souligne que des acteurs politiques et des organisations citoyennes ont uni leurs voix pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un passage en force constitutionnel susceptible de menacer la stabilité des institutions.

Pour Le Quotidien, cette séance parlementaire prend des allures de « journée de vérité ». Entre la volonté de réforme affichée par les initiateurs du texte et la levée de boucliers de l’opposition, d’une partie du camp présidentiel et de la société civile, les débats s’annoncent particulièrement animés dans un Hémicycle déjà marqué par l’absence de concertation préalable.

Au-delà de la politique, la Coupe du monde 2026 occupe également une place importante dans les colonnes des quotidiens. Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Lions de la Téranga se préparent désormais à défier les Diables Rouges de la Belgique, mercredi.

La presse sénégalaise aborde ce rendez-vous avec prudence et ambition. WalfQuotidien estime que la Belgique reste une équipe séduisante mais abordable, rappelant qu’elle n’est plus celle de la célèbre génération dorée de 2018, tout en conservant une solide expérience et plusieurs joueurs de classe mondiale.

Sud Quotidien évoque un duel inédit entre Lions et Diables Rouges, disputé dans le froid de Seattle, avec en jeu une place en huitièmes de finale. Le journal souligne la détermination des hommes de Pape Thiaw à confirmer leur statut de champions d’Afrique. De son côté, Enquête relève que cette confrontation suscite également des inquiétudes du côté belge, tandis que Le Soleil rappelle que le Sénégal n’a encore jamais affronté la Belgique et que le tirage ne lui a pas offert un adversaire de tout repos.

Mondial 2026 : le Sénégal valide son billet pour les seizièmes.

L’attente n’aura finalement duré que quelques heures. Après avoir écrasé l’Irak sur le score de 5 buts à 0 lors de son dernier match de groupe, le Sénégal guettait encore les résultats des autres rencontres pour connaître son destin. Dans la nuit de vendredi à samedi, les derniers verdicts sont tombés et ont définitivement libéré les Lions de la Téranga. L’équipe dirigée par Pape Thiaw est officiellement qualifiée pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026.

Le scénario attendu par les Sénégalais s’est dessiné au fil des matchs disputés dans les autres groupes. Le match nul entre l’Égypte et l’Iran (1-1) a notamment permis au Sénégal de sécuriser sa place parmi les meilleurs troisièmes de la compétition. Dans le même temps, la victoire de l’Espagne face à l’Uruguay dans le groupe H a contribué à rendre la qualification sénégalaise mathématiquement certaine.

Grâce à cette combinaison de résultats favorable, les Lions sont désormais assurés de figurer parmi les huit meilleurs troisièmes avant même la fin complète de la phase de groupes, dont les dernières rencontres sont programmées samedi et dimanche. Une récompense méritée pour une équipe qui a su réagir au bon moment en signant un succès éclatant contre l’Irak lors de son ultime sortie.

Cette qualification permet au Sénégal de rejoindre le contingent africain déjà présent en seizièmes de finale. La Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, l’Égypte, le Ghana, le Maroc et l’Afrique du Sud ont eux aussi validé leur ticket pour la phase à élimination directe, confirmant la belle présence du football africain dans ce Mondial 2026.

L’aventure pourrait encore s’élargir pour le continent. L’Algérie et la République démocratique du Congo, qui doivent encore jouer ce week-end, conservent de sérieuses chances de décrocher leur qualification pour le tour suivant. À ce stade de la compétition, seule la Tunisie est officiellement éliminée parmi les représentants africains.

Pour le Sénégal, l’heure est désormais à la préparation du prochain défi. Après avoir entretenu le suspense jusqu’au bout, les Lions de la Téranga peuvent enfin regarder vers l’avant. Leur parcours dans cette Coupe du monde se poursuit, avec l’espoir de prolonger encore un peu plus le rêve mondial.

Sénégal–Irak : les Lions rugissent et relancent leur rêve mondial

Le Sénégal n’avait plus le choix. Dos au mur avant cette ultime journée du groupe I, les Lions de la Téranga devaient non seulement s’imposer face à l’Irak, mais aussi frapper fort pour espérer figurer parmi les meilleurs troisièmes. À Toronto, les hommes de Pape Thiaw ont répondu présents avec une démonstration de force. Portés par une attaque inspirée et une maîtrise totale de la rencontre, ils ont balayé l’Irak sur le score sans appel de 5 buts à 0.

Dès les premières minutes, le Sénégal a affiché ses intentions. Les Lions ont pris le contrôle du ballon et imposé un rythme intense à leur adversaire. Cette entame agressive a rapidement porté ses fruits. À la 4e minute, Habib Diarra a trouvé le chemin des filets et offert un départ idéal à son équipe.

Le tournant du match est intervenu quelques minutes plus tard. À la 13e minute, un défenseur irakien a été expulsé après avoir retenu Sadio Mané alors que l’attaquant sénégalais filait vers le but. Réduite à dix, l’Irak a vu ses espoirs s’évanouir tandis que le Sénégal prenait définitivement l’ascendant.

Face à un adversaire diminué, les Lions ont multiplié les offensives et fait parler leur supériorité. Après une première période maîtrisée, Ismaïla Sarr a doublé la mise à la 56e minute. Trois minutes plus tard, Pape Gueye a aggravé le score avant de s’offrir un doublé à la 71e minute. En fin de rencontre, Iliman Ndiaye est venu conclure la fête sénégalaise en inscrivant le cinquième but à la 82e minute.

Au coup de sifflet final, le Sénégal avait rempli sa mission avec éclat. Grâce à cette large victoire, les Lions de la Téranga se replacent dans la course à une qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il leur reste désormais à scruter les résultats des autres groupes pour savoir si ce succès retentissant leur ouvrira les portes du tour suivant. À Toronto, en tout cas, le Sénégal a envoyé un message clair : il n’a pas encore dit son dernier mot.

GTA au cœur des échanges : Dakar et Nouakchott renforcent leur coordination autour du gaz transfrontalier

En déplacement à Nouakchott, le ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Elhadji Abdourahmane Diouf, a été reçu par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. À cette occasion, il a transmis un message personnel du chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant la volonté de renforcer la coopération entre les deux pays.

Dans une déclaration faite à l’issue de l’audience, le ministre a insisté sur la portée symbolique et diplomatique de cette mission, décrivant le message présidentiel comme un appel à la consolidation des liens historiques entre Dakar et Nouakchott. Il a évoqué un message « de paix, de fraternité et de raffermissement des liens séculaires » entre les deux nations, soulignant la constance du dialogue politique entre les deux capitales.

Au-delà de la dimension diplomatique, les discussions ont principalement porté sur les enjeux stratégiques liés au projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), l’un des plus importants projets énergétiques partagés entre le Sénégal et la Mauritanie. Le ministre a qualifié ce gisement transfrontalier d’« exemple de coopération bilatérale d’une très grande importance », illustrant la profondeur du partenariat énergétique entre les deux États.

Entré en phase d’exploitation commerciale, le projet GTA place désormais le Sénégal et la Mauritanie parmi les pays producteurs et exportateurs de gaz naturel liquéfié. Situé à cheval sur leur frontière maritime, ce champ gazier exige une coordination étroite entre les deux gouvernements, tant sur le plan technique que sur les orientations stratégiques.

C’est dans ce contexte que le ministre sénégalais a insisté sur la nécessité d’un alignement constant des positions des deux pays. Selon lui, la gestion d’une ressource aussi sensible impose une concertation permanente afin de préserver les intérêts communs et d’assurer une exploitation harmonieuse du projet.

« Quand deux pays aussi responsables ont des relations sur des questions aussi sensibles que le pétrole et le gaz, il est extrêmement important qu’ils s’alignent sur toutes les positions », a-t-il déclaré, estimant que les intérêts du Sénégal et de la Mauritanie convergent pleinement dans ce dossier.

Au cours des échanges, Elhadji Abdourahmane Diouf a également soulevé plusieurs points de coopération supplémentaires, dans l’objectif de renforcer davantage la gouvernance conjointe du projet et d’améliorer les mécanismes de concertation entre les deux États.

Le ministre a enfin salué l’accueil qui lui a été réservé par les autorités mauritaniennes, notamment son homologue Mohamed Ould Khaled, ainsi que les facilités accordées pour la transmission du message présidentiel. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un partenariat énergétique stratégique qui fait du projet GTA un pilier central des relations entre Dakar et Nouakchott.

Mondial 2026 : malgré un départ difficile, le Sénégal garde 72 % de chances de qualification

Mal embarqué dans sa Coupe du monde 2026, le Sénégal n’a pas encore dit son dernier mot. Malgré deux défaites lors de ses premières sorties, la sélection dirigée par Sadio Mané conserve des perspectives sérieuses de qualification pour les seizièmes de finale, selon les dernières projections statistiques.

D’après les données publiées par Football Meets Data, les Lions de la Teranga disposent actuellement de 72 % de chances d’accéder au tour suivant en figurant parmi les meilleurs troisièmes. Une estimation qui redonne de l’espoir à une équipe encore sous le choc de ses revers face à la France (1-3) puis à la Norvège (2-3), mais toujours en vie dans la compétition.

Dans ce groupe I désormais clarifié au sommet, la France et la Norvège ont validé leur qualification pour les deux premières places. Le Sénégal et l’Irak se retrouvent ainsi dans un duel à distance pour la troisième position, devenue l’unique passerelle vers la suite du tournoi. Les modèles statistiques indiquent qu’une victoire dans cette confrontation directe placerait l’équipe gagnante dans une position très favorable pour rejoindre la phase à élimination directe.

Les projections du superordinateur d’Opta confirment cette tendance. L’algorithme attribue au Sénégal 69,54 % de chances de qualification, un chiffre largement conditionné par une victoire attendue face à l’Irak lors de l’ultime journée de la phase de groupes.

Si ces pourcentages ne remplacent pas la vérité du terrain, ils traduisent néanmoins une certaine confiance dans le potentiel de la sélection sénégalaise. Car au-delà des résultats décevants du début de tournoi, les Lions ont montré des séquences encourageantes et conservent leur destin entre leurs mains.

Une victoire contre l’Irak pourrait ainsi changer radicalement la dynamique du groupe : effacer les frustrations des deux premières rencontres, relancer la confiance et, surtout, ouvrir les portes des seizièmes de finale. Dans une Coupe du monde encore largement ouverte pour eux, le Sénégal n’a pas encore quitté la course au rêve mondial.