Sénégal : la presse salue l’accord avec le FMI, mais s’interroge sur le traitement de la dette

À Dakar, l’annonce de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) occupe largement les unes de la presse ce mercredi 2 septembre. Après plusieurs mois de discussions, les autorités sénégalaises et l’institution financière sont finalement parvenues à un compromis. À la clé, un programme de 1 243 milliards de francs CFA destiné à accompagner le pays dans ses réformes économiques et financières au cours des trois prochaines années.

Pour les quotidiens sénégalais, cette conclusion marque un tournant. Mais derrière le soulagement affiché, plusieurs journaux s’attardent déjà sur les contreparties et les zones d’ombre liées à la dette. Le Soleil revient sur les longues négociations qui ont précédé cet accord. Le quotidien met en avant un programme de 1 243 milliards de francs CFA, associé à un dispositif consacré au traitement de la dette sénégalaise. Le journal rapporte également les assurances du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba. Celui-ci insiste sur un point sensible du dossier : selon lui, « le plan de traitement de la dette du Sénégal n’est pas une restructuration ». De son côté, le représentant résident du FMI au Sénégal, Majdi Debbich, estime que l’accord vient couronner « deux années de collaboration étroite » entre Dakar et l’institution de Bretton Woods.

Sud Quotidien choisit une formule particulièrement symbolique : « Le FMI rouvre le crédit ». Le quotidien accueille donc favorablement le dénouement, tout en rappelant que le financement annoncé n’est pas encore totalement acquis. Le programme doit encore recevoir l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. Dakar devra aussi appliquer des mesures correctrices et obtenir les garanties de financement nécessaires auprès de ses partenaires.

Le Quotidien insiste, lui, sur la durée du nouveau programme. Les 1 243 milliards de francs CFA doivent soutenir les réformes économiques et financières du Sénégal pendant trois ans. Walfquotidien adopte un ton beaucoup plus enthousiaste. « Enfin le jackpot ! », lance le journal, qui présente l’accord comme une « bonne nouvelle » pour un pays exposé au risque de défaut de paiement. Plus de 1 200 milliards de francs CFA doivent ainsi rejoindre les caisses de l’Etat.

Derrière cette bouffée d’oxygène financière, L’As regarde surtout les objectifs affichés par le nouveau programme. Le quotidien évoque la volonté de restaurer la stabilité économique et la viabilité de la dette. Il relève également la nécessité de réduire les fragilités budgétaires et extérieures. Le programme doit enfin favoriser une croissance davantage tirée par le secteur privé.

La question de la dette reste toutefois au centre des préoccupations. L’Observateur rappelle que sa viabilité à moyen terme figure parmi les exigences du FMI. Dans un entretien accordé au journal, Majdi Debbich détaille les contours du nouveau programme. Il évoque notamment le poids du traitement de la dette. Il revient aussi sur le dossier sensible des subventions à l’énergie, qui pourraient dépasser 800 milliards de francs CFA cette année.

Les Echos adopte une lecture plus critique de l’accord. Sa manchette résume le débat en quelques mots : « 1243 milliards en 3 ans pour une restructuration non assumée ». Tribune choisit également un angle politique. Le quotidien titre : « Sonko limogé, le FMI “offre” 1200 milliards à Diomaye », établissant ainsi un lien direct entre le contexte politique sénégalais et le dénouement des discussions financières.

Avec « Un accord, mille questions », Enquête se montre plus prudent. Le quotidien s’intéresse déjà aux décisions difficiles qui attendent l’Etat. Il met notamment en avant trois dossiers : la dette, les subventions et les entreprises publiques. Pour le journal, l’accord financier ouvre donc une nouvelle séquence, mais celle-ci s’annonce exigeante.

Yoor-Yoor pousse encore plus loin cette lecture critique. Le quotidien estime que les discours sur la souveraineté ne suffisent pas à masquer les contraintes inscrites dans l’accord. Entre les mesures correctrices exigées, le traitement de la dette et les conditions entourant la mise en œuvre du programme, le journal voit se dessiner un processus de restructuration lourd, placé sous surveillance internationale. Ainsi, si les 1 243 milliards de francs CFA apportent un soulagement immédiat à Dakar, la presse sénégalaise rappelle que le véritable enjeu commence désormais : utiliser cette bouffée financière tout en répondant aux exigences du FMI et en maîtrisant le poids de la dette.

SÉNÉGAL : LE SAMES ANNONCE 48 HEURES DE GRÈVE DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) durcit le ton face à l’absence de réponse du gouvernement. Après l’expiration de son préavis de grève le 9 août dernier, le syndicat annonce un arrêt total du travail les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2026.

Le mouvement, prévu pour durer 48 heures, concernera les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes affiliés au syndicat. Le Sames assure toutefois que le service minimum sera maintenu et que la prise en charge des urgences sera garantie. L’annonce a été faite par le secrétaire général du syndicat, Dr Diabel Dramé, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS). Selon lui, des points de presse locaux seront organisés dès le 2 septembre par les bureaux de zone et de section afin de mobiliser les militants.

Le syndicat prévoit également le port du brassard rouge pendant la période de grève. Une évaluation du mouvement est annoncée le 10 septembre par le Bureau exécutif national, qui décidera des éventuelles suites à donner au mouvement. Pour le Sames, cette décision intervient après plusieurs tentatives de dialogue restées sans réponse satisfaisante. « Notre démarche n’est ni une provocation ni un geste ordinaire, mais un acte de responsabilité », a expliqué Dr Diabel Dramé.

Le responsable syndical rappelle que le préavis déposé par l’organisation a expiré le 9 août. Le syndicat affirme avoir attendu une réaction des autorités avant de décider de passer à l’action. Les revendications remontent à la fin de l’année 2023. À l’issue d’une tournée nationale, le Sames avait recensé les principales préoccupations des professionnels de santé avant de les transmettre aux autorités dans une plateforme revendicative.

Les discussions avaient alors débuté avec les autorités de l’époque. Elles ont toutefois été interrompues au cours du premier trimestre 2024, dans un contexte politique et social tendu. Les revendications portent notamment sur les conditions de travail, le régime indemnitaire, la gestion des ressources humaines, la formation des personnels et les infrastructures sanitaires.

Après l’élection présidentielle, le Sames affirme avoir accordé une période de grâce aux nouvelles autorités. Le syndicat souhaitait ainsi leur permettre de prendre leurs marques et de s’approprier les différents dossiers. En 2025, l’organisation avait également accepté de suspendre certains mots d’ordre afin de contribuer à l’apaisement du climat social et de participer à l’élaboration du Pacte de stabilité sociale.

Mais faute d’avancées jugées suffisantes, le syndicat estime désormais nécessaire de reprendre la mobilisation.

Le Sames invoque la santé publique

Pour le secrétaire général du Sames, les revendications des professionnels de santé dépassent les seules questions corporatistes. Elles concernent directement la qualité du système sanitaire et la prise en charge des patients.

« Défendre les conditions de travail des médecins, c’est garantir la qualité des soins », a soutenu Dr Diabel Dramé. Il estime également que l’amélioration des conditions de rémunération des pharmaciens contribue à garantir la disponibilité des médicaments.

Le syndicat met aussi en avant la situation des chirurgiens-dentistes et la nécessité de préserver la santé bucco-dentaire des populations. Selon le Sames, les professionnels de santé exercent parfois dans des conditions difficiles, aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Le syndicat estime qu’un système de santé performant nécessite des personnels « respectés, protégés, motivés et traités avec justice ».

Les 8 et 9 septembre prochains s’annoncent donc comme une nouvelle épreuve pour le système de santé sénégalais. Malgré le maintien du service minimum et des urgences, la grève de 48 heures pourrait perturber plusieurs services hospitaliers et structures sanitaires du pays.

GIABA : MAM CHERNO JALLOW PREND LES COMMANDES ET PROMET DE RENFORCER L’EFFICACITÉ DE L’INSTITUTION

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) change de directeur général, mais entend maintenir le cap engagé ces dernières années. Le Gambien Mam Cherno Jallow a officiellement pris ses fonctions lundi 31 août 2026 à Dakar, à l’issue d’une cérémonie de passation de services avec son prédécesseur, Edwin W. Harris Jr.

Nommé pour un mandat de quatre ans par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, Mam Cherno Jallow arrive à la tête d’une institution qui sort de quatre années de réformes. Son prédécesseur, le Libérien Edwin W. Harris Jr, a notamment piloté une importante phase de restructuration et de renforcement du fonctionnement interne du Giaba. La nomination de Mam Cherno Jallow avait été actée lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, tenue le 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone.

Le nouveau directeur général connaît déjà les rouages de l’institution. Économiste financier disposant de plus de 35 années d’expérience, il est notamment titulaire d’un MBA en banque et finances du Cesag de Dakar. Il avait rejoint le Giaba en 2022 comme chef de la Planification stratégique et de la mobilisation des ressources, avant d’occuper, deux ans plus tard, le poste de directeur de l’Administration et des finances par intérim.

Cette expérience interne devrait lui permettre d’assurer une certaine continuité dans la conduite de l’institution, tout en ouvrant une nouvelle étape dans son développement.

Un bilan marqué par la restructuration

Lors de la cérémonie de passation, Edwin W. Harris Jr a rappelé les principaux chantiers engagés durant son mandat. À son arrivée, le Giaba était notamment engagé dans un programme d’amélioration de son efficacité imposé par le Groupe d’action financière (Gafi).

Dans le même temps, plusieurs États membres, dont le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria, faisaient face aux conséquences de leur inscription sur la liste grise du Gafi. Selon le directeur général sortant, les quatre années de son mandat ont permis de « réajuster, réorganiser, revitaliser et repositionner » le Giaba. Il a notamment cité l’amélioration des résultats d’audit, passés d’une absence d’assurance à une assurance raisonnable. Les taux d’exécution budgétaire ont également progressé.

L’institution aurait par ailleurs renforcé ses effectifs. Le Secrétariat, confronté auparavant au sous-effectif et à une importante charge de travail, dispose désormais de ressources humaines jugées plus adaptées à ses missions.

Cette évolution a également été saluée par le président de la Centif-Sénégal et correspondant national du Giaba, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby. Dans son témoignage, il a estimé qu’Edwin W. Harris Jr laisse une institution « plus outillée et mieux préparée » face aux défis auxquels la région est confrontée. Le responsable sénégalais a notamment souligné le travail réalisé auprès des pays inscrits sur la liste grise du Gafi, le renforcement des capacités des États membres et le lancement du troisième cycle des évaluations mutuelles.

Le Sénégal constitue d’ailleurs l’un des dossiers actuellement suivis par le Giaba. Le pays a accueilli, du 10 au 28 août 2026, une mission d’évaluation composée d’experts de l’institution régionale.

De la conformité à l’efficacité opérationnelle

Pour Mam Cherno Jallow, le changement de direction ne doit pas signifier une rupture. Son ambition est plutôt de consolider les acquis et d’améliorer l’efficacité des dispositifs nationaux.

Le renforcement des capacités techniques et financières des États membres devrait ainsi occuper une place centrale durant son mandat. L’enjeu est notamment d’aider les pays de la région à mieux détecter les flux financiers suspects, à identifier les ressources provenant d’activités criminelles et à renforcer leurs mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Cette mission intervient dans un environnement où les formes de criminalité financière deviennent de plus en plus complexes. Corruption, trafic de drogue, criminalité transnationale et financement du terrorisme s’appuient désormais sur des réseaux financiers sophistiqués, souvent répartis sur plusieurs territoires.

Le nouveau directeur général devra également accompagner les États membres dans le troisième cycle des évaluations mutuelles. L’objectif affiché est de dépasser une simple conformité aux normes internationales pour parvenir à une efficacité réelle des dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites.

À Dakar, la passation de services marque donc moins une rupture qu’une nouvelle étape. Edwin W. Harris Jr quitte une institution qu’il considère renforcée après quatre années de réformes. Mam Cherno Jallow hérite désormais de la responsabilité de préserver ces acquis et de les traduire en résultats durables. Pour le Giaba, le défi est désormais clair : renforcer la capacité des États ouest-africains à combattre efficacement les flux financiers illicites, alors que ceux-ci constituent à la fois une menace économique, financière et sécuritaire pour la région.

SÉNÉGAL : L’ASSEMBLÉE NATIONALE GARDE LA MAIN SUR LE CALENDRIER DE LA DPG DU PREMIER MINISTRE

Le calendrier parlementaire reprend ses droits à la Place Soweto. Alors que l’Exécutif annonçait la tenue imminente de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre, les députés ont décidé de suivre leur propre calendrier.

Convoqués en séance plénière ce mardi 1er septembre 2026 à 10 heures, les députés procéderont uniquement à l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année. Contrairement aux attentes d’une partie de l’opinion, le Premier ministre ne présentera donc pas sa DPG au cours de cette séance.

L’ordre du jour communiqué par la présidence de l’Assemblée nationale porte précisément sur l’ouverture de cette session extraordinaire. La date du passage du chef du gouvernement devant les députés reste, à ce stade, à déterminer. Après la séance d’ouverture, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale doit se réunir pour examiner l’organisation des travaux. Cette instance aura notamment pour mission de fixer la date de la Déclaration de politique générale du Premier ministre.

Cette étape donne ainsi aux parlementaires la maîtrise du calendrier des travaux de l’Hémicycle. Elle rappelle que, si l’Exécutif peut convoquer une session extraordinaire, l’organisation concrète des débats relève de la procédure parlementaire. La question du calendrier de la DPG intervient dans un contexte politique particulièrement sensible au Sénégal. La majorité parlementaire, contrôlée par Pastef, dispose d’un poids important au sein de l’Assemblée nationale.

Le passage du Premier ministre devant les députés constitue donc un rendez-vous institutionnel majeur. Au-delà de la présentation des grandes orientations du gouvernement, la DPG devrait permettre de mesurer les rapports de force entre l’Exécutif et le Parlement.

Pour l’heure, le rendez-vous du 1er septembre se limitera à l’ouverture de la session extraordinaire. La Conférence des présidents devra ensuite arrêter le calendrier du « grand oral » du chef du gouvernement.

Sénégal : les importations d’oignon, la DPG et la dégradation de Moody’s au menu des quotidiens

Les quotidiens sénégalais parus ce mardi 1er septembre 2026 accordent une large place à la levée du gel des importations d’oignon, à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale autour de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, mais aussi aux débats suscités par la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s.

Sur le front économique, la décision du ministère de l’Industrie et du Commerce de mettre fin au gel des importations d’oignon continue de faire réagir. Sud Quotidien rappelle que la mesure, levée lundi 31 août, intervient au terme d’une campagne de commercialisation qui aura duré un peu plus de sept mois. Pour le journal, cette décision ne signifie toutefois pas un retour complet au libre accès des importateurs. Les opérations resteront encadrées, avec des autorisations délivrées sous forme de quotas et susceptibles d’être accordées jusqu’au 31 décembre 2026.

Sud Quotidien parle ainsi d’une « parade », estimant que la mesure intervient dans un contexte de hausse des prix sur les marchés, alors même que la production nationale d’oignons est annoncée à plus de 450 000 tonnes pour 2026.

Le Soleil adopte une lecture davantage centrée sur l’approvisionnement. Le quotidien estime que la levée du gel répond avant tout à la nécessité de garantir une alimentation régulière du marché intérieur. L’objectif serait ainsi de prévenir d’éventuelles tensions sur la disponibilité du produit et de limiter leurs conséquences sur les consommateurs.

L’actualité parlementaire occupe également une place importante dans les journaux. L’As annonce l’ouverture, ce mardi à 10 heures, de la deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Les travaux seront principalement consacrés à la Déclaration de politique générale du Premier ministre.

Après l’ouverture de la session, la conférence des présidents devra déterminer la date du « grand oral » du chef du gouvernement. L’As souligne que cette convocation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Le quotidien s’interroge notamment sur le poids de la majorité parlementaire acquise à Pastef dans les rapports avec le président de la République. Il pose la question de l’influence que cette majorité pourrait exercer sur les choix de l’Exécutif.

Walfquotidien se montre, lui, beaucoup plus critique à l’égard du pouvoir. Le journal estime que la « rupture systémique » annoncée par les nouvelles autorités n’a pas produit les résultats attendus. « Ça tourne en rond », affiche-t-il à sa une, dénonçant ce qu’il considère comme un retour à certaines pratiques des anciens régimes. Le quotidien évoque notamment les affrontements verbaux, les accusations et les contre-accusations qui rythment la vie politique. Il estime que le pouvoir actuel reproduit progressivement certaines méthodes qu’il entendait pourtant dépasser.

Pendant ce temps, L’Observateur s’intéresse au retour progressif d’Amadou Ba sur la scène politique. L’ancien Premier ministre serait engagé dans un « sursaut politique », selon le journal. Après plusieurs mois de retrait relatif, Amadou Ba multiplierait désormais les déplacements et les rencontres, tout en réactivant ses réseaux politiques. L’Observateur y voit les prémices d’une stratégie de reconquête, notamment en perspective des prochaines échéances électorales et de la recomposition de l’opposition.

Enfin, Le Soleil revient sur les conséquences de la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s. Le quotidien élargit le débat à la question de la prime de risque appliquée aux États africains et aux méthodes utilisées par les agences de notation. Cette nouvelle dégradation relance, selon le journal, les interrogations sur la manière dont le risque africain est évalué par les agences internationales. Des experts s’interrogent notamment sur les conséquences financières de ces appréciations, susceptibles d’alourdir le coût auquel les États africains accèdent aux marchés.

Entre tensions sur le marché de l’oignon, affrontement politique autour de la Déclaration de politique générale et inquiétudes liées au coût du financement, la presse sénégalaise met ainsi en évidence les principaux défis économiques et politiques auxquels Dakar fait face en cette rentrée de septembre.

Sénégal : le gel des importations d’oignons officiellement levé après plus de sept mois

Après plus de sept mois de suspension, les importations d’oignons peuvent à nouveau reprendre au Sénégal. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé la levée officielle de la mesure de gel à compter de ce lundi 31 août 2026.

Instaurée le 16 janvier dernier, cette mesure avait été décidée dans une logique de régulation du marché. L’objectif était alors de favoriser l’écoulement de la production nationale et de protéger les débouchés des petits producteurs locaux face à la concurrence des produits importés.

Mais la situation évolue désormais. Selon le ministère, l’amélioration des disponibilités issues de la production locale permet de mettre fin à cette restriction. La reprise des importations doit surtout permettre d’assurer un approvisionnement régulier du marché intérieur et de contribuer à maintenir les prix à un niveau stable pour les consommateurs.

Cette nouvelle étape implique toutefois un encadrement du retour des importateurs sur le marché. Les opérateurs concernés sont ainsi invités à prendre attache avec l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) afin de connaître les dispositions nécessaires à la reprise effective des opérations.

Le ministère appelle par ailleurs les différents acteurs de la chaîne de valeur à faire preuve de professionnalisme et à respecter scrupuleusement les règles établies pour accompagner cette réouverture.

La levée du gel marque ainsi un changement dans la politique de régulation de la filière. Après avoir privilégié pendant plusieurs mois la protection de la production locale, les autorités cherchent désormais à trouver un nouvel équilibre entre disponibilité des produits, stabilité des prix et intérêts des producteurs sénégalais.

JOJ Dakar 2026 : la Police nationale renforce ses préparatifs pour sécuriser les Jeux

À quelques semaines du rendez-vous sportif international, Dakar entre progressivement dans la phase décisive de ses préparatifs. Sur le terrain, la Police nationale affine déjà son dispositif de sécurité pour les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Dans cette perspective, le Commissaire divisionnaire de Police Mamadou Tendeng, Commissaire central de Dakar, a effectué une reconnaissance des différents sites retenus pour accueillir les compétitions et les activités hors compétition.

Accompagné de la composante police, le responsable sécuritaire a parcouru les espaces concernés afin d’en évaluer les particularités et d’anticiper les contraintes susceptibles de se présenter pendant les Jeux. Cette visite vise notamment à déterminer les besoins opérationnels et à adapter le dispositif destiné à protéger les athlètes, les délégations, les officiels et le public attendu durant l’événement.

Sur chacun des sites, l’objectif était de permettre aux responsables de mieux cerner la configuration des lieux et les exigences propres à leur sécurisation. Cette reconnaissance de terrain doit contribuer à préparer une réponse adaptée aux différents scénarios pouvant survenir pendant les activités sportives et institutionnelles.

Mamadou Tendeng, qui assure également les fonctions de Chef du Poste de commandement opérationnel (PCO) de Dakar et de Président de la Commission Planification-Conduite du CNS JOJ, a profité de cette mission pour rappeler l’importance de la préparation des personnels. Il a notamment demandé aux chefs de sites de tenir régulièrement des briefings avec leurs équipes.

Ces rencontres devront servir à rappeler aux agents les règles propres au sport international, mais aussi les attitudes et comportements attendus des personnels engagés dans la sécurisation des Jeux. Pour la Police nationale, la qualité du dispositif dépend autant de la présence sur le terrain que de la préparation des hommes et des femmes chargés de l’assurer.

Au terme de la visite, le Commissaire central de Dakar s’est déclaré satisfait du déroulement de la mission et des mesures déjà engagées. Il a insisté sur la nécessité d’une préparation rigoureuse afin que les JOJ puissent se tenir dans les meilleures conditions de sécurité.

À travers cette reconnaissance des sites, la Police nationale poursuit donc la construction de son dispositif pour Dakar 2026. La protection des sportifs, des délégations, des officiels et du public constitue un enjeu central de cet événement international. Sur le terrain comme dans les salles de préparation, les forces de sécurité cherchent ainsi à anticiper chaque détail pour permettre aux Jeux olympiques de la Jeunesse de se dérouler dans un environnement sécurisé.

Chérif Ndiaye quitte les Lions après deux années marquées par un titre de champion d’Afrique

L’aventure internationale de Chérif Ndiaye s’arrête là où elle avait atteint son sommet. À 30 ans, l’attaquant sénégalais, récemment engagé par le PAOK Salonique, a annoncé dimanche soir sa décision de ne plus porter le maillot des Lions de la Teranga. Un choix mûrement réfléchi que le joueur a expliqué sur ses réseaux sociaux, en rendant hommage à une sélection dont il dit avoir été particulièrement fier de défendre les couleurs.

Dans son message, Chérif Ndiaye a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’une décision prise à la légère. « Il y a des décisions qu’on ne prend jamais à la légère (…) Je quitte le maillot, jamais mon pays », a-t-il écrit, résumant en quelques mots la séparation entre son parcours international et son attachement au Sénégal. Pour l’attaquant, porter le maillot national aura représenté « l’un des plus grands honneurs » de sa carrière.

Son histoire avec les Lions avait pourtant commencé tardivement. Sa première apparition sous les couleurs du Sénégal remonte à juin 2024, à l’occasion d’un match contre la RD Congo conclu sur un score de 1-1. En seulement deux années, Ndiaye aura toutefois connu plusieurs rendez-vous majeurs avec la sélection.

Son bilan international s’arrête à 20 sélections et quatre buts. Mais au-delà des statistiques, son passage restera associé à un titre particulièrement prestigieux : celui de champion d’Afrique 2026, décroché au Maroc avec les Lions. Il a également participé à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, ajoutant une expérience mondiale à une aventure internationale finalement courte.

Le départ de Chérif Ndiaye intervient donc après une période condensée, mais riche en événements. Arrivé sur le tard en sélection, l’attaquant aura eu le temps de vivre les grandes émotions du football international avant de choisir une nouvelle direction. Désormais tourné vers sa carrière en club avec le PAOK Salonique, il referme le chapitre des Lions avec un trophée continental majeur dans son palmarès et une volonté clairement affichée : quitter le maillot, mais pas son pays.

Ministère sénégalais de la Santé  : près de 390 millions de FCFA détournés dans une fraude aux allocations de stage

Pendant plusieurs années, un mécanisme frauduleux aurait fonctionné au sein du ministère sénégalais de la Santé, à l’abri des regards. Depuis 2021, près de 390 millions de francs CFA destinés aux allocations de stage de supposés étudiants en 7ème année de médecine auraient ainsi été détournés, rapporte le journal Libération.

L’affaire a commencé à émerger à la suite de plaintes déposées par certains bénéficiaires. En poste depuis juin 2025, le gestionnaire de la Direction des ressources humaines a entrepris des vérifications sur les fichiers concernés. Ses contrôles ont finalement permis de mettre au jour un système qui serait actif depuis plusieurs années.

Au centre du dispositif se trouvaient deux agents du ministère, Pape Abdourahmane Diakhaté, âgé de 40 ans, et Alioune Sy, 47 ans. Tous deux ont été interpellés par la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de faire la lumière sur les opérations présumées frauduleuses.

Les enquêteurs soupçonnent les deux hommes d’avoir manipulé le fichier utilisé pour effectuer les transferts d’argent aux bénéficiaires des allocations. Plusieurs numéros de téléphone appartenant à leurs proches auraient notamment été ajoutés à leurs propres coordonnées. Ce procédé aurait permis de créer des bénéficiaires fictifs et de faire parvenir les allocations à des personnes qui n’étaient pas les véritables destinataires.

Le système ne se serait toutefois pas arrêté au versement des fonds. Entendus par les enquêteurs, plusieurs proches dont les numéros auraient été utilisés ont reconnu avoir retiré l’argent avant de le remettre aux deux agents. Leurs déclarations auraient ainsi permis aux investigations de reconstituer un circuit organisé de récupération des sommes versées.

Confrontés aux éléments recueillis, Pape Abdourahmane Diakhaté et Alioune Sy auraient finalement reconnu les faits. Les deux agents auraient toutefois expliqué qu’une partie de l’argent détourné aurait servi à financer des « œuvres sociales » dans les quartiers de Grand-Dakar et de Mbao. Cette version doit encore être vérifiée par les enquêteurs.

Ce dossier vient une nouvelle fois placer la gestion financière du ministère de la Santé sous les projecteurs. Le département avait déjà été concerné par l’affaire des fonds Covid, dans laquelle plusieurs hauts cadres avaient été convoqués par la DIC. Ce précédent dossier portait notamment sur des soupçons de surfacturations et de dépenses dépourvues de justification.

Pour l’heure, les investigations se poursuivent. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer le montant exact des sommes détournées et à identifier l’ensemble des proches qui auraient participé, directement ou indirectement, au dispositif de collecte des fonds.

Moody’s dégrade encore le Sénégal et alerte sur les risques liés au refinancement de la dette

Le Sénégal voit une nouvelle fois sa situation financière se tendre sur les marchés internationaux. Vendredi, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note souveraine du pays de « Caa1 » à « Caa2 », maintenant par la même occasion une perspective négative. Cette décision intervient alors qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne à Dakar depuis le 19 août et doit y rester jusqu’au 1er septembre.

Pour Moody’s, le principal signal d’alerte vient désormais des difficultés croissantes auxquelles l’État pourrait être confronté pour refinancer sa dette. L’agence estime que les marges disponibles pour réduire le niveau d’endettement restent limitées, tandis que les pressions sur les liquidités renforcent le risque de défaut.

Dans son analyse, Moody’s évoque ainsi une probabilité accrue de défaut souverain. L’agence n’écarte pas non plus le scénario d’une restructuration de la dette qui impliquerait des créanciers privés.

Au cœur de cette dégradation figure notamment l’absence prolongée d’un nouveau programme avec le FMI. Cette situation contraint davantage le Sénégal à se tourner vers le marché financier régional pour couvrir ses besoins de financement, estimés à environ 25 % du PIB. Une dépendance qui, selon Moody’s, accroît à la fois le risque de refinancement et le poids des intérêts, dans un contexte budgétaire déjà marqué par le niveau élevé des subventions aux carburants.

L’agence revoit également ses projections concernant l’endettement public. Malgré la poursuite annoncée des efforts de consolidation budgétaire par les autorités sénégalaises, Moody’s prévoit désormais une stabilisation de la dette autour de 100 % du PIB jusqu’en 2028.

Cette nouvelle dégradation intervient après celle opérée par S&P plus tôt cette année. L’autre grande agence de notation avait elle aussi alerté sur l’augmentation de la dette sénégalaise et les risques croissants liés à son refinancement.

Le Sénégal se retrouve ainsi sous une pression accrue alors que les discussions avec le FMI se poursuivent à Dakar. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de restaurer la confiance financière et de réduire les risques pesant sur la soutenabilité de la dette. Mais avec une note désormais fixée à « Caa2 » et une perspective toujours négative, Moody’s maintient la pression sur les finances publiques sénégalaises.