Sénégal : la police saisit un important stock d’explosifs à la frontière malienne

La Police aux frontières sénégalaise a mis la main sur une importante cargaison d’explosifs introduits clandestinement près de la frontière avec le Mali, lors d’une opération menée dans la nuit du 16 au 17 mai dans la zone de Diyabougou.

L’intervention a été conduite par les agents de l’antenne de la Police aux frontières de Diyabougou, rattachée au Commissariat spécial de Kidira, dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite de produits explosifs dans les zones frontalières.

Au cours de cette opération nocturne lancée vers 3h30 au niveau du poste appelé « poste éléments GMI », les forces de sécurité ont découvert 660 bâtons d’explosifs ainsi qu’environ 1 000 mètres de cordon détonant, dissimulés dans deux sacs transportés par un individu circulant sur une piste non officielle fréquemment utilisée par les motocyclistes et les piétons.

Selon les informations communiquées par la police, chaque sac contenait dix sachets composés de 33 bâtons d’explosifs. Les agents ont également récupéré quatre rouleaux de cordon détonant de 250 mètres chacun.

À la vue des policiers, le convoyeur, présenté comme un ressortissant étranger, a abandonné sa cargaison ainsi que sa moto de marque « Vainqueur » avant de prendre la fuite vers le territoire malien en traversant un bras du fleuve. Des chaussures appartenant au suspect ont également été retrouvées sur place.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que ces explosifs devaient être utilisés dans des activités d’orpaillage clandestin dans le secteur de Diyabougou, notamment pour des opérations de dynamitage du sous-sol.

Le matériel saisi ainsi que la motocyclette ont été placés sous scellés pour les besoins des investigations. Les recherches se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller le suspect en fuite.

Sénégal : plus de 584 000 moutons déjà recensés avant la Tabaski

Le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a constaté samedi une hausse des arrivages de moutons à l’approche de la Tabaski, lors d’une visite à Médina Ndiathbé. Selon les données du ministère, 584 418 moutons avaient déjà été enregistrés au niveau national au 15 mai 2026, contre 547 997 à la même période en 2025.

 

Médina Ndiathbé, principal point d’entrée du bétail mauritanien

Située dans la région de Saint-Louis, Médina Ndiathbé constitue l’un des principaux points d’entrée des moutons en provenance de la Mauritanie. Les autorités y ont recensé plus de 249 000 têtes de bétail à douze jours de la Tabaski, contre environ 178 000 durant toute l’année précédente. Le représentant de la communauté mauritanienne a salué la coopération entre le Sénégal et la Mauritanie dans la facilitation du transport du bétail vers le marché sénégalais.

Plus de 223 millions FCFA mobilisés à Podor

Le ministère a également mis en avant les dispositifs de soutien déployés par le Fonds de stabilisation des prix du bétail et de la viande. Dans le département de Podor, plus de 223 millions FCFA ont été financés cette année, contre 103 millions en 2025. Selon les autorités, les taux de remboursement dépassent 91 %.

Des aliments de bétail subventionnés

Dans le cadre de l’opération spéciale Tabaski, le ministère indique avoir mis à disposition 80 tonnes d’aliments de bétail subventionnés. Cette mesure s’inscrit dans les décisions prises lors du conseil interministériel présidé par Ousmane Sonko.

Une forte activité économique autour du bétail

Lors de sa visite, Mabouba Diagne a salué la mobilisation des éleveurs, transporteurs et commerçants impliqués dans l’approvisionnement du marché. Le ministre a souligné que plusieurs camions transportant du bétail arrivent quotidiennement à Médina Ndiathbé, contribuant à dynamiser l’économie locale et à générer des emplois.

L’objectif des 900 000 moutons

Les besoins du Sénégal pour la Tabaski sont estimés à près de 900 000 moutons. Le gouvernement assure que les mesures nécessaires sont prises afin de garantir un approvisionnement suffisant du marché national. Le ministre a également encouragé les acteurs du secteur à soutenir le futur plan national d’autosuffisance en moutons actuellement en préparation.

Sénégal : Tabaski, vol de bétail et démonstration de force de Pastef à la une des journaux

Les quotidiens parus ce lundi au Sénégal reviennent largement sur les préparatifs de la Tabaski, la recrudescence du vol de bétail ainsi que sur la mobilisation politique du Pastef à Dakar.

 

Selon Le Soleil, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, s’est rendu à Médina Ndiathbé, dans le département de Podor, principal point d’entrée du bétail mauritanien au Sénégal. Le journal indique qu’à la date du 15 mai 2026, plus de 584 000 moutons avaient déjà été enregistrés, traduisant un niveau d’approvisionnement jugé satisfaisant à l’approche de la fête. Malgré cette disponibilité, les éleveurs restent préoccupés par la multiplication des vols de bétail.

Le phénomène occupe également une place importante dans les colonnes du quotidien L’As, qui évoque une situation devenue particulièrement alarmante. S’appuyant sur des données de l’Association pour la protection des productions animales et de lutte contre le vol de bétail, le journal rapporte que le vol de bétail aurait représenté 62 % des infractions enregistrées en 2025, avec plus de 1 000 têtes dérobées.

L’association, réunie récemment au foirail de Thiès, a appelé les autorités à appliquer plus strictement la loi criminalisant le vol de bétail. Toujours sur la Tabaski, plusieurs journaux signalent une divergence sur la date de célébration, certains évoquant des festivités prévues les 27 et 28 mai selon les différentes sensibilités religieuses.

Sur le plan politique, Le Soleil indique que le Pastef prépare deux événements majeurs au mois de juin. Le congrès du parti est annoncé pour le 6 juin afin de désigner son président, tandis qu’une cérémonie d’investiture de Ousmane Sonko est prévue le lendemain. Ces annonces ont été faites à l’issue de la randonnée patriotique organisée dans les rues de Dakar par des responsables du parti, dont le maire de la capitale, Abass Fall.

Le quotidien Les Echos estime que cette marche s’est transformée en démonstration de force politique en faveur de Ousmane Sonko. Le journal souligne l’importance de la mobilisation populaire observée durant l’événement, marquée par des slogans appelant à une candidature présidentielle de Sonko en 2029 et par des critiques visant aussi bien l’opposition que certains alliés de la coalition au pouvoir.

De son côté, WalfQuotidien estime que le Pastef cherche à reprendre l’initiative dans le débat public après une période de relative discrétion liée à des tensions internes. Le journal évoque plusieurs signes de remobilisation, notamment l’organisation de conférences, des rencontres entre cadres du parti ainsi que des réunions stratégiques autour de Ousmane Sonko.

À quelques mois des élections territoriales, le parti semble vouloir accélérer sa réorganisation politique et renforcer sa présence sur la scène publique sénégalaise.

Dakar accueille la 32e Assemblée régionale Afrique de la Francophonie parlementaire

L’Assemblée nationale du Sénégal accueillera à Dakar, du 18 au 20 mai 2026, la 32e Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

 

Cette rencontre réunira dans la capitale sénégalaise des présidents d’assemblées parlementaires, des députés ainsi que des représentants des différentes sections africaines de l’APF. L’objectif sera de discuter des principaux défis politiques, diplomatiques, sécuritaires et économiques auxquels font face les pays africains et l’espace francophone, selon un communiqué transmis à APA.

Les échanges prévus durant ces trois journées aborderont notamment les grandes crises internationales, les questions liées à la souveraineté des États africains ainsi que la situation au Moyen-Orient et au Proche-Orient, dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions géopolitiques.

Les parlementaires devront également réfléchir au rôle des institutions législatives dans la promotion de la paix, le renforcement du dialogue entre les peuples, la stabilité des institutions démocratiques et le développement de la coopération interparlementaire au sein de l’espace francophone.

À l’issue des travaux, les représentants de la Région Afrique de l’APF devraient adopter une déclaration finale regroupant les principales conclusions et recommandations formulées au cours de cette 32e Assemblée régionale.

À travers l’organisation de cet événement, le Sénégal entend réaffirmer son engagement en faveur de la paix, de la démocratie, de la solidarité et du renforcement des liens de coopération entre les peuples francophones.

Sénégal : le dialogue national réorganisé à l’approche de la Tabaski

Le format du dialogue national annoncé au Sénégal connaît une importante réorganisation à l’approche de la fête de la Tabaski, une période marquée par une forte mobilisation religieuse et sociale à travers le pays.

 

Prévue au départ comme une grande rencontre réunissant l’ensemble des forces politiques et sociales, la journée du dialogue national du 28 mai ne se déroulera finalement pas sous sa forme habituelle. Les autorités ont choisi de remplacer cette formule par une série de consultations plus ciblées et plus restreintes.

Selon le secrétaire général de la présidence, cette décision vise à tenir compte des contraintes liées à la célébration de la Tabaski, un moment particulièrement important au Sénégal où de nombreux citoyens se déplacent pour rejoindre leurs familles et se consacrent aux préparatifs religieux et domestiques.

Dans ce nouveau dispositif, le président Bassirou Diomaye Faye privilégiera des échanges directs à travers des audiences individuelles ou des rencontres en petits groupes. Ces consultations doivent se tenir entre le 21 et le 31 mai avec des responsables politiques, des représentants de la société civile ainsi que des leaders religieux.

Malgré ce changement de format, les autorités sénégalaises assurent que le processus de concertation reste maintenu. L’objectif demeure de poursuivre les discussions autour des principaux défis nationaux, notamment la cohésion sociale, les réformes institutionnelles, la gouvernance et la stabilité politique.

À travers cette réorganisation, le pouvoir sénégalais cherche à adapter son agenda politique aux réalités sociales et religieuses du pays tout en préservant la dynamique de dialogue engagée depuis plusieurs mois.

Sénégal : les douanes saisissent 3,5 kg de haschich à Karang

Les douanes sénégalaises ont annoncé la saisie de 3,5 kilos de haschich lors d’un contrôle effectué sur un véhicule de transport en commun à Karang, dans le centre du pays. Un homme d’une trentaine d’années a été interpellé.

 

Les services des douanes sénégalaises ont procédé à une importante saisie de drogue à Karang, dans le centre du Sénégal. L’opération a permis la découverte de 3,5 kilos de haschich ainsi que l’arrestation du présumé détenteur de la marchandise illicite. Dans un communiqué, l’administration douanière précise que cette intervention a été menée mardi par les agents de la brigade commerciale des Douanes de Karang, relevant de la subdivision des douanes de Fatick.

Selon les services douaniers, la drogue était dissimulée dans un véhicule de transport en commun contrôlé lors d’une opération de vérification ciblée. Au total, les agents ont saisi 10 plaquettes et 26 sachets de haschich pour un poids global estimé à 3,5 kilogrammes. Les douanes expliquent que le véhicule avait été identifié sur la base de renseignements jugés fiables et d’indices considérés comme probants.

Les soupçons se sont confirmés après un contrôle approfondi du véhicule effectué par les agents sur le terrain. Le présumé propriétaire de la drogue a ensuite été identifié puis interpellé. Selon la Division de la communication et des relations de la Direction générale des douanes, il s’agit d’un ressortissant sénégalais âgé d’une trentaine d’années.

Les autorités évaluent la valeur marchande de la drogue saisie à environ 17,5 millions de FCFA. Le suspect a été placé en garde à vue en attendant son déferrement devant le parquet du Tribunal de grande instance de Fatick.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des actions de lutte contre le trafic de stupéfiants menées par les services douaniers sénégalais sur les différents axes du pays.

Sénégal : La crise concernant le dialogue national se resserre et les tensions autour du prix du pain font le tour de l’actualité

La presse sénégalaise de ce vendredi revient largement sur la nouvelle formule du Dialogue national décidée par le président Bassirou Diomaye Faye. Les quotidiens mettent également en avant les enjeux internes au sein du PASTEF et les inquiétudes des boulangers face à la hausse des coûts de production.

 

Les quotidiens reçus ce vendredi à Dakar accordent une large place à la réorganisation du Dialogue national décidée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Plusieurs journaux soulignent que le chef de l’État a choisi de modifier le format habituel de cette concertation nationale en raison de la proximité de la Tabaski.

Le quotidien L’AS indique ainsi que le président sénégalais a remplacé la journée de dialogue prévue le 28 mai par une série d’audiences au Palais présidentiel. Dans le même registre, Sud Quotidien rapporte que Bassirou Diomaye Faye a privilégié des consultations directes et plus restreintes à la place du format traditionnel.

Le Soleil confirme également cette nouvelle orientation et précise que les audiences se dérouleront du 21 au 31 mai prochains. Au-delà du Dialogue national, les questions politiques occupent aussi une place importante dans les colonnes des journaux sénégalais. Les préparatifs du congrès du parti PASTEF-Les Patriotes, prévu le 6 juin, alimentent notamment les commentaires de la presse.

L’AS annonce l’ouverture des candidatures pour l’élection du président du parti, tandis que L’Observateur précise que les dépôts de dossiers sont programmés du 15 au 20 mai 2026. Toujours sur le terrain politique, L’AS relaie les critiques formulées par Serigne Mbaye Thiam contre le Parti socialiste, qu’il juge en recul par rapport à ses ambitions historiques.

De son côté, WalfQuotidien s’intéresse aux implications de la réforme du code électoral dans le dossier concernant Barthélémy Dias. Le journal évoque les interrogations autour de l’application rétroactive de cette loi et parle d’un État confronté à un véritable dilemme juridique et politique.

La presse revient également sur les tensions croissantes dans le secteur de la boulangerie. Selon WalfQuotidien, la Fédération nationale des boulangers du Sénégal réclame la tenue d’un conseil interministériel consacré au pain et menace d’augmenter les prix. Le Quotidien évoque de son côté la colère des boulangers autour du maintien du prix de la baguette à 150 FCFA.

Le Soleil souligne également que les professionnels du secteur estiment désormais difficile de conserver ce tarif pour une baguette de 190 grammes face à la hausse continue des intrants. Le quotidien national s’est par ailleurs intéressé aux perspectives liées à l’exploitation pétrolière et gazière du Sénégal.

Le journal met notamment en avant les financements innovants envisagés pour accompagner le développement du secteur des hydrocarbures.

Indice de perception de la démocratie 2026 : le Sénégal et le Ghana confirment leur statut de références démocratiques en Afrique

Le rapport intitulé « Democracy Perception Index 2026 » met en lumière des disparités importantes dans la perception de la démocratie en Afrique subsaharienne. L’étude révèle une fragilité globale de la confiance accordée aux institutions démocratiques, malgré des niveaux d’attente variables selon les pays.

 

L’un des principaux enseignements du rapport concerne la question de la transparence gouvernementale, régulièrement identifiée comme l’un des maillons faibles des systèmes politiques de la région. De nombreux citoyens interrogés estiment que les institutions publiques peinent encore à garantir une gestion suffisamment ouverte et responsable.

Le document souligne également une évolution des priorités sécuritaires sur le continent. Dans plusieurs pays, notamment en Éthiopie et en Namibie, un soutien croissant est observé en faveur de l’augmentation des budgets de défense. Cette tendance traduit un climat sécuritaire perçu comme de plus en plus instable.

En Afrique de l’Ouest, le Ghana se distingue comme la référence régionale en matière de perception démocratique. Le pays figure parmi les dix premiers au niveau mondial pour la confiance des citoyens dans la capacité des institutions à assurer une transition pacifique du pouvoir.

Le Sénégal conserve également de bons indicateurs, se classant au troisième rang en Afrique subsaharienne en termes de perception de la performance démocratique. Le pays bénéficie aussi d’un niveau relativement élevé de confiance concernant le respect des normes et accords internationaux.

À l’opposé, le Nigeria apparaît parmi les États les moins optimistes au monde quant à l’évolution de sa trajectoire nationale. Cette perception négative reflète des inquiétudes persistantes sur la stabilité politique et la gouvernance.

Selon les données du rapport, l’Afrique de l’Ouest présente des trajectoires très contrastées. Le Bénin se maintient dans une position intermédiaire dite « neutre », tandis que plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso affichent des perceptions majoritairement négatives.

Le rapport nuance toutefois ce constat par des dynamiques plus spécifiques, notamment dans la région sahélienne. On y observe un soutien marqué de la population à l’augmentation des dépenses de défense ainsi qu’une opposition croissante à la présence de bases militaires étrangères.

Dans ce contexte, le Mali se distingue par une amélioration relative de son niveau d’optimisme national, malgré une compréhension du fonctionnement du système politique encore jugée faible à l’échelle internationale.

Africa Forward : Diomaye Faye multiplie les partenariats à Nairobi

La deuxième journée du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Nairobi a été marquée par une intense activité diplomatique et économique. Entre rencontres avec plusieurs dirigeants africains, échanges avec des responsables d’institutions financières internationales et participation aux travaux du sommet Africa Forward, le chef de l’État a multiplié les initiatives, selon l’envoyé spécial de l’APS.

Le président de la République a débuté sa journée par sa participation à la cérémonie officielle d’ouverture du sommet Africa Forward, organisée au Kenya International Convention Center. Cette rencontre de haut niveau a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que le secrétaire général des Nations unies et les responsables des grandes institutions financières internationales.

En marge de cet événement, Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international. Les discussions ont principalement porté sur la situation de la dette sénégalaise et les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient.

Selon la présidence sénégalaise, le chef de l’État a détaillé les mesures prises par le Sénégal afin d’atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie sur l’économie nationale. Les deux parties ont convenu de poursuivre les échanges dans le cadre des prochaines missions techniques du FMI. Le président sénégalais a également reçu une délégation de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement dirigée par sa présidente Odile Renaud-Basso.

La BERD, récemment implantée au Sénégal, a déjà lancé plusieurs initiatives concrètes dans le pays. Parmi les projets évoqués figurent notamment une usine de dessalement développée avec ACWA Power pour renforcer l’approvisionnement en eau du Grand Dakar, ainsi que des programmes de soutien au secteur privé et aux énergies renouvelables. Les responsables de l’institution ont exprimé leur volonté d’accroître davantage leurs investissements au Sénégal afin d’accompagner le développement économique du pays.

Toujours à Nairobi, Bassirou Diomaye Faye a échangé avec une délégation de la Banque Ouest Africaine de Développement conduite par son président Serge Ekoué.

Les discussions ont porté sur les performances enregistrées par la BOAD durant l’exercice 2025. L’institution régionale a également renouvelé son soutien au Sénégal dans la gestion des difficultés liées à la dette publique. Le chef de l’État sénégalais a par ailleurs rencontré les présidents des Comores et du Botswana. Ces échanges ont permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.

Dans le cadre du sommet, le président sénégalais a coanimé avec le Premier ministre de Maurice une table ronde de haut niveau consacrée à l’économie bleue. À cette occasion, il a souligné que l’Afrique reste le continent le moins responsable des émissions polluantes, tout en étant celui qui subit le plus fortement les conséquences du changement climatique.

Le président a défendu la vision sénégalaise de l’économie bleue, reposant sur trois axes majeurs : la préservation de l’environnement, le développement économique et une répartition équitable des revenus tirés des ressources maritimes et fluviales. Il a également mis en avant plusieurs initiatives engagées par le Sénégal pour lutter contre la surpêche, la pêche illégale et la pression sur les ressources en eau souterraine.

Parmi les mesures citées figurent la modernisation du secteur de la pêche, le développement de l’aquaculture, les réformes foncières, la structuration des coopératives agricoles, les systèmes modernes de conservation des récoltes ainsi que la promotion du tourisme écologique. Au cours de cette visite, Bassirou Diomaye Faye a aussi reçu Antoine de Saint-Affrique, directeur général de Danone, et Bagoré Bathily, président-directeur général de Laiterie du Berger.

Enfin, le chef de l’État a rencontré Clare Akamanzi ainsi qu’une délégation de NBA Africa comprenant Amadou Gallo Fall.

Selon la présidence sénégalaise, cette délégation a plaidé pour un renforcement du partenariat avec le Sénégal. Un accord actuellement en discussion avec APIX devrait prochainement encadrer cette coopération. Les échanges ont également laissé entrevoir la possibilité d’un retour de la Basketball Africa League à Dakar dès l’année prochaine.

La visite officielle du président sénégalais au Kenya doit prendre fin ce mercredi.

CENTIF et FMI : Dakar sous pression financière

Le blanchiment de capitaux et les relations entre le Sénégal et le FMI occupent le devant de la scène médiatique. Entre nouvelles formes de criminalité financière et discussions autour de la dette publique, plusieurs quotidiens sénégalais mettent en lumière les défis économiques auxquels fait face Dakar.

Les questions économiques dominent largement la presse sénégalaise ce mercredi 13 mai. Les quotidiens reviennent principalement sur le dernier rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) ainsi que sur les échanges entre le président Bassirou Diomaye Faye et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, en marge du sommet Africa Forward à Nairobi.

Dans ses colonnes, Sud Quotidien met l’accent sur les « flux suspects » liés au blanchiment de capitaux et aux circuits financiers illicites. Le journal rapporte que la CENTIF a enregistré 866 alertes en 2025 contre 928 en 2024. Une baisse qui, selon le quotidien, ne remet pas en cause la progression des activités suspectes observées ces dernières années.

Le journal revient également sur les discussions entre le chef de l’État sénégalais et la patronne du FMI. Les échanges ont porté sur la dette du Sénégal ainsi que sur les perspectives de gestion des finances publiques. Pour Sud Quotidien, Dakar cherche désormais à préserver ses marges budgétaires sans fragiliser sa crédibilité économique ni les objectifs du référentiel Sénégal 2050.

De son côté, Le Soleil titre à sa une : « La CENTIF brise le silence ». Le quotidien insiste sur les nouvelles formes de criminalité financière auxquelles le Sénégal fait face. Dans les pages intérieures, le président de la CENTIF, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, évoque les enjeux liés à la souveraineté économique et à la lutte contre le financement du terrorisme.

Le journal souligne aussi la dimension financière du déplacement du président Bassirou Diomaye Faye à Nairobi. Le chef de l’État s’est entretenu avec Kristalina Georgieva, mais également avec Odile Renaud-Basso et Serge Ekué autour des questions économiques et financières.

Le Quotidien parle quant à lui d’un « cash-cash continu entre le Sénégal et le FMI ». Le journal indique que le président sénégalais entend désormais suivre personnellement le dossier des relations avec l’institution financière internationale. Kristalina Georgieva a pour sa part confirmé que les discussions ont porté sur les réformes et la gestion de la dette.

L’AS s’intéresse davantage aux secteurs considérés comme les plus exposés au blanchiment de capitaux. Le quotidien cite notamment la finance digitale, l’immobilier, les jeux ainsi que la vente et la location de véhicules. Le journal évoque également une transformation progressive du paysage criminel au Sénégal.

Dans la même dynamique, WalfQuotidien se penche sur le débat autour du patriotisme économique. Le journal relaie les avis d’universitaires et d’experts qui appellent à la prudence dans l’élaboration de cette future loi. Certains spécialistes mettent en garde contre une confusion entre patriotisme économique et nationalisme économique.

L’Observateur insiste pour sa part sur les « chiffres alarmants » du blanchiment de capitaux. Le journal révèle notamment que 95 déclarations ont été jugées suffisamment graves pour déclencher des procédures judiciaires.

Enfin, EnQuête évoque des « enjeux majeurs » autour du rapport 2025 de la CENTIF. Le quotidien révèle que 37 rapports ont déjà été transmis au Pool judiciaire financier. Le journal note également l’apparition de nouvelles formes de blanchiment liées à la cybercriminalité, notamment la cyberpornographie et le cyberproxénétisme.