Spike Lee président du 73è festival de Cannes, « une bonne nouvelle » saluée par des professionnels africains du 7è art

Plusieurs cinéastes et critiques de cinéma saluent la désignation de Spike Lee comme président du jury du 73e Festival de Cannes (France) prévu du 12 au 23 mai 2020, une annonce qui, selon eux, doit être mesurée à la dimension du talent du réalisateur américain et de son statut de ‘’référence’’ en termes notamment d’ouverture du monde du 7e art sur les questions de diversité raciale.
Dans un entretien avec l’APS, ces cinéastes et critiques de cinéma évoquent ‘’cette bonne nouvelle’’ qui dénote d’une ‘’volonté d’ouverture’’ de ce grand festival international souvent tourné vers l’Europe.
‘’C’est une excellente nouvelle, Spike Lee est un grand réalisateur afro-américain qui a un rapport fort à la question raciale et à la diversité raciale, à un moment où la France et les dirigeants des sociétés de cinéma ont du mal à travailler sur cette problématique reflétant une France plurielle’’, déclare le critique sénégalais Thierno Ibrahima Dia, rédacteur en chef du site ‘’Africiné Magazine’’, spécialisé dans les cinémas africains.
M. Dia estime que cette nomination laisse espérer une ouverture plus grande du Festival de Cannes dans les années à venir, dans le sillage de la cooptation, en 2018, de l’actrice et réalisatrice burkinabè Mouna Ndiaye et de la réalisatrice américaine Ava Duvernay au sein du jury dudit festival, dans lequel avait également siégé l’acteur américain Will Smith, un an plutôt.
Spike Lee est le premier Noir à présider le jury du Festival de Cannes, qui en est à sa 73e édition.
Thierno Ibrahima Dia, qui enseigne le cinéma à l’Université Bordeaux Montaigne (France) et à Niamey (Niger), rappelle l’épisode de la montée des marches du Festival de Cannes 2018 par 16 actrices noires et métisses du mouvement ‘’Noire n’est pas mon métier’’, pour suggérer que la désignation de Spike Lee s’inscrit dans un contexte de revendication d’une plus grande ouverture du cinéma français à la diversité.
De fait, par cette montée très médiatisée des marches du Festival de Cannes en 2018, les animatrices de ce mouvement entendaient dénoncer ‘’le racisme et le manque de diversité dans le cinéma français’’.
Selon le cinéaste sénégalais Moussa Sène Absa, ‘’Spike Lee mérite d’être porté à la présidence du jury du Festival de Cannes parce que c’est quelqu’un qui compte dans le cinéma mondial’’.
‘’C’est un talent, quelqu’un qui a une lecture de notre histoire. Sa nomination est une logique, il raconte de belles histoires qui ont marqué le monde’’, argue-t-il.
Le Franco-Sénégalais Alain Gomis, double lauréat de l’Etalon d’or du Yennenga, la récompense suprême du FESPACO, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, salue d’autant plus la désignation de Spike Lee que ce dernier l’a, dit-il, amené au cinéma.
‘’C’est quelqu’un qui m’a amené vers le cinéma, c’est une influence majeure’’, confie le réalisateur de ‘’Félicité’’, Etalon d’or de la 25e édition du FESPACO en 2017.
Mais pour Alain Gomis, cette volonté d’ouverture du cinéma français pour plus d’ouverture ‘’ne doit pas faire oublier le plus important, qui est de travailler sur les festivals en Afrique, les films qui existent sur le continent et les gens qui travaillent ici’’ dans ce secteur.
Claire Diao, journaliste et critique de cinéma, est aussi en phase avec l’idée que la désignation de Spike Lee comme président du jury du Festival de Cannes est une décision tout à fait ‘’légitime’’.
‘’C’est un réalisateur qui vient à Cannes depuis 1986, il a remporté son +Grand Prix+ en 2002, il était fâché que +Do the Right Thing+ n’ait rien obtenu en 1989. C’est quelqu’un qui a influencé le cinéma américain, afro-américain, le cinéma indépendant mondial’’, souligne Diao, par ailleurs animatrice de l’émission ‘’Ciné Le mag’’ sur la chaîne cryptée Canal+.
Claire Diao, membre du comité de sélection de la ‘’Quinzaine des réalisateurs’’ du Festival de Cannes, dit suivre depuis quelques années la carrière du cinéaste et s’attendait donc à ce qu’on lui propose de présider un jury au Festival de Cannes. D’autant plus que beaucoup de cinéastes citent Spike Lee comme leur référence, souligne-t-elle.
‘‘C’est quelqu’un qui a montré comment faire des films, s’autoproduire, croire en soi et avancer. L’industrie du cinéma s’adapte à ces combattants qui ont tenu si longtemps, il va ouvrir des voies à d’autres professionnels du cinéma’’, ajoute Claire Diao.
Le réalisateur afro-américain, âgé de soixante-deux ans, a participé pour la première fois au Festival de Cannes en 1986, dans la catégorie ‘’Quinzaine des réalisateurs’’, avec son film ‘’She’s Gotta Have It’’ (Nola Darling n’en fait qu’à sa tête), lequel avait remporté le Prix de la jeunesse.
Trois ans plus tard, son film ‘’Do the Right Thing’’ avait été retenu pour la sélection officielle. Il y a eu ensuite ‘’Jungle Fever’’ (1991), puis ‘’Girl 6’’ (1996), films projetés hors compétition, avant ‘’Summer of Sam’’, film en lice à la ‘’Quinzaine des réalisateurs’’ en 1999, puis ‘’Ten Minutes Older’’, sélectionné dans la catégorie ‘’Un certain regard’’ en 2002.
Son dernier film, ‘’BlacKkKlansman’’, a remporté le Grand Prix à Cannes en 2018 et l’Oscar du meilleur scénario.
‘’Je suis honoré d’être la première personne de la diaspora africaine à assurer la présidence du jury de Cannes et d’un grand festival’’, a dit Spike Lee dans une déclaration transmise par le Festival de Cannes à l’APS.
Selon le délégué général du festival, Thierry Fremaux, les autres membres du jury et la sélection officielle seront dévoilés mi-avril.

C’est officiel, la CAN 2021 aura lieu du 09 janvier au 06 février

La CAF a annoncé par un communiqué sur son site officiel, que la CAN 2021 qui se déroulera au Cameroun, se tiendra du 09 janvier au 06 février.

Cette date a été annoncée à l’issue d’une réunion de la Commission d’organisation de la Coupe d’Afrique (COCAN) Cameroun 2021, ce 15 janvier à Yaoundé. Réunion sous la présidence du président de la CAF, Ahmad, en visite dans le pays hôte de la CAN 2021 et du CHAN 2020.
« Le principal point à l’ordre du jour, était le réexamen de la période de la compétition à la demande de la partie camerounaise« , indique donc le communiqué. « Face aux conditions climatiques défavorables pendant la période initialement fixée’’, c’est-à-dire juin-juillet, « le Cocan en a souhaité le réexamen« .
Toujours selon le communiqué, la Commission d’organisation de la CAN, « qui a reçu mandat du Comité exécutif de la CAF pour décider, a accédé favorablement à cette demande« . Et ce après avoir entendu les différents arguments des parties concernées. « Notamment ceux des responsables de la météorologie du Cameroun, et des représentants entraîneurs et joueurs« .

Sénégal : Le gouvernement octroie un permis d’exploitation minière pour le projet Boto

La compagnie canadienne Iamgold a indiqué lundi qu’elle a obtenu l’approbation du gouvernement sénégalais pour un permis d’exploitation minière sur son projet aurifère Boto. Le permis est valide pour une période initiale de 20 ans et permettra à la société de prendre une décision de développement et envisager une éventuelle mise en production.

Boto est l’un des projets de développement les plus avancés du portefeuille de Iamgold. Selon les estimations de la société, il a la capacité de produire annuellement en moyenne 130 000 onces d’or sur une durée de vie de 11 ans. Il est prévu des dépenses en capital initial de 271 millions $ pour une valeur actuelle nette après impôt de 219 millions $ (à un prix de l’or de 1 350 $/oz).

« Le projet Boto génère des rendements et des marges impressionnants, et nous sommes heureux d’avoir maintenant le permis d’exploitation. Nous remercions le gouvernement du Sénégal pour son soutien continu à ce projet », a commenté le président et chef de l’exploitation de l’entreprise, Gord Stothart.

Iamgold devrait désormais se concentrer sur les prochaines étapes de son calendrier. Elle doit notamment décider si elle doit procéder à la construction complète ou continuer à minimiser les risques avant l’approbation de la construction.

Macky Sall : « Il est urgent et légitime de rendre le conseil de sécurité plus inclusif »

Le président sénégalais Macky Sall a souligné lundi à Dakar l’urgence de rendre le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies ‘’plus inclusif’’, en vue d’arriver à une meilleure gouvernance mondiale.

« Il est urgent et légitime de rendre le Conseil de sécurité des Nations unies plus inclusif dans sa composition et plus démocratique dans son fonctionnement pour une meilleure gouvernance mondiale », a-t-il dit lors de la réunion de la huitième rencontre ministérielle du comité des 10 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (C-10) sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon Macky Sall, qui présidait la cérémonie officielle d’ouverture de cette rencontre, une représentation « plus équilibrée donnerait à l’Afrique un surcroît d’autorité et de légitimité en tant que garant du système de sécurité’’.
« Il n’est pas superflu de revenir sur la légitimité de cette revendication (…). Aujourd’hui, l’Afrique compte le plus grand nombre d’adhérents aux Nations unies avec 54 Etats membres. De plus les questions africaines occupent l’essentiel de l’agenda du Conseil de sécurité. On ne peut pas régler les questions africaines sans les Africains », a fait valoir le président sénégalais.
Il a demandé au C10 de poursuivre dans la perspective de son mandat « en veillant à la solidarité, à la cohésion et à la discipline de groupe »
« Nous allons continuer à faire preuve d’ouverture dans les échanges avec les autres groupes d’intérêts (…), en même temps il faudra éviter toutes initiatives ou démarches de nature à fragiliser l’unité et la cohésion du groupe Afrique’’, a indiqué Macky Sall.

« Il est important que le groupe continue d’insister sur la nécessité de préserver l’inclusion et la transparence dans le processus de négociations au sein du groupe de travail de l’Assemblée des Nations unies », a-t-il ajouté.

Le président Sall juge juste « la Position africaine commune’’ (PAC) consistant à réclamer « en cas de réforme des Nations unies un statut unique pour tous les nouveaux membres permanents ».

L’assemblée ministérielle du Comité des chefs d’Etat et de gouvernement (C-10), instituée en 2005, est composée de 10 pays, à savoir l’Algérie, la Guinée Equatoriale, le Kenya, la Libye, la Namibie, l’Ouganda, la République du Congo, le Sénégal, la Sierra Leone et la Zambie, soit deux par sous-région.
Il a pour mandat de présenter, défendre et vulgariser la Position africaine commune (PAC) issue de la Déclaration de Syrte (Lybie) prévoyant l’octroi au continent de deux sièges permanents et deux sièges non permanents supplémentaires au Conseil de sécurité.
L’objectif principal visé à travers cette position est de « veiller à la réparation de l’injustice historique que représente l’absence de l’Afrique de cet organe au sein duquel les questions africaines sont prépondérantes ».

Ziguinchor: Une fillette retrouvée morte dans la forêt de Kantène

La gendarmerie a ouvert une enquête après la découverte mardi du corps d’une fillette de quatre ans retrouvée égorgée dans la forêt de Kantène, dans la périphérie de Ziguinchor (sud), rapporte Radio futurs médias (RFM).
Selon cette radio privée, après la disparition de la victime, des personnes avaient annoncé aux parents de la fillette qu’elle avait été vue avec un homme la conduisant vers une destination inconnue.
Les gendarmes avaient été alertés de cette disparition, et les recherches entreprises ont permis de retrouver la victime mardi matin, morte égorgée, dans la forêt de Kantène, explique la RFM.

Saint-Louis: Les barrages hydroélectriques au menu d’un atelier

Des chercheurs et experts en environnement planchent depuis jeudi à Saint-Louis sur l’impact des barrages dans le développement des communautés.
Cette réflexion est engagée dans le cadre de l’atelier sous-régional sur le thème : ‘’Les barrages, mobilité et dégradations des écosystèmes au Sénégal’’, sous l’égide de l’institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) et l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Les échanges portent sur la problématique et l’historique des barrages, a dit Pr Papa Sow, chercheur senior à l’IFAN-UCAD, rappelant qu’il y a des conflits autour de cette question.
Les chercheurs et experts souhaitent que les études faites par les pays francophones soient connues du monde anglophone, selon le Pr Sow, notant que de nombreuses études et recherches ont été faites, surtout par l’université Gaston Berger de Saint-Louis notamment sur le barrage de Diama.
A l’issue de cette rencontre de deux jours, des recommandations seront élaborées, pour permettre aux décideurs de revoir ‘’les effets des barrages et voir jusqu’à quel niveau ils peuvent développer les communautés locales’’.
Selon lui, les pouvoirs publics ‘’ne prennent pas toujours en compte dans les politiques de développement les résultats de recherche et études produites par les universités’’.
Pour Xavier Lemaire, chercheur à l’université collège de Londres (UCL UK), la rencontre de Saint-Louis permet aux participants d’échanger sur les différentes expériences de barrages dans les pays d’Afrique, comme le Burkina Faso, la Côte d’ivoire et Sénégal, entre autres.
’’A l’issue de la rencontre, il sera question de faire des notes de synthèse pour les décideurs politiques, sur les différentes études de cas et recherches (…)’’ sur la question de ces ouvrages hydrauliques, a-t-il dit.
Selon lui, il faut nécessairement ‘’procéder à des études et recherches sur la problématique des inondations, causées par les barrages, pour ensuite anticiper sur ces événements extrêmes’’.
Pour le Pr Harouna Karambiri, enseignant-chercheur, à l’institut international de l’eau et de l’environnement au Burkina Faso, il est important d’aborder le problème de la dégradation des grands barrages, ‘’parce qu’ils constituent des ressources en eau pour satisfaire les besoins des populations’’.
Ces barrages constituent ‘’un facteur important de développement socio-économique au niveau des pays africains, au-delà même du Sénégal’’, a-t-il rappelé.
Il est revenu sur les changements de conditions hydrologiques des aménagements, la conception et la gestion de ces barrages, l’impact des changements climatiques sur les hydro systèmes et les écosystèmes.
’’Aujourd’hui, il y a une prise de conscience des Etats sur la problématique des barrages, parce que les grands aménagements reviennent sur la table du développement socio-économique de nos pays et il est important que ces questions (…) soient une préoccupation des tous’’, a-t-il noté.

Akon va investir dans un projet écotouristique au Sénégal

Le rappeur Akon a décidé d’investir dans l’écotourisme sur la côte Atlantique au Sénégal, le pays d’origine de sa famille, ont indiqué jeudi des responsables du gouvernement et du secteur.

Connu pour ses tubes R&B « Locked Up » ou « Smack That », le chanteur et producteur américano-sénégalais de 46 ans a signé mardi au Sénégal un accord avec la société publique Sapco (Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal).

« Au-delà de son statut d’artiste, c’est Akon, l’investisseur qui a foi en l’Afrique, qui est reçu », a dit le ministère du Tourisme dans un communiqué publié à l’occasion de cette signature.

Les contours du projet final restent à préciser. Le secrétaire général de la Sapco, Alioune Ndiaye, a indiqué jeudi à l’AFP que le document signé était un protocole d’accord et que le montant de l’investissement n’était pas encore arrêté. Akon entend ériger un complexe dans le village de Mbodiène, au sud de Dakar, a-t-il dit sans plus de précision. Un porte-parole du ministère du Tourisme a parlé quant à lui de projet de village de tourisme durable.

Une partie de la presse sénégalaise va jusqu’à anticiper la construction d’une ville « durable » et « futuriste », véritable « Akon City », sur des dizaines d’hectares.

Le rappeur, Alioune Badara Thiam de son vrai nom, est né aux Etats-Unis de parents sénégalais et a passé une partie de son enfance au Sénégal avant de retourner à l’âge de sept ans aux Etats-Unis, où il a accédé plus tard à la notoriété.

Il n’est pas la seule célébrité à revenir aux sources pour semblable investissement. L’acteur et réalisateur britannique  Idriss Elba projette de bâtir un complexe touristique écoresponsable sur un e île de la Sierra Leone, autre pays d’Afrique de l’Ouest, d’où son père était originaire. Il y a été reçu pour la première fois en décembre et en a reçu la citoyenneté.

 

Lutte contre le terrorisme: Une magistrate insiste sur le « décèlement précoce » avant tout passage à l’acte

La présidente du tribunal pour enfants auprès du Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar, Mayé Diouma Diouf Diop, a invité, jeudi, à un élargissement du périmètre judiciaire par le ’’décèlement précoce’’ avant tout passage à l’acte, pour une meilleure efficacité de la répression dans la lutte contre le terrorisme.
’’Réadapter les procédures et les pratiques judiciaires pour l’efficacité de la répression, c’est élargir le périmètre judiciaire par le décèlement précoce et repenser la prise en charge judiciaire du terrorisme’’, a-t-elle déclaré dans son discours d’usage à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée des cours et tribunaux, pour l’année judiciaire 2020, axée sur le thème ’’La lutte contre le terrorisme : un défi pour les Etats africains’’.
Cette nouvelle approche, a-t-elle dit ‘’implique un changement de paradigme en matière de politique pénale par la redéfinition du rôle du procureur de la Rrépublique dans les stratégies de lutte anti- terroriste et la mise en place de plateformes automatisées de recueil, de partage et d’analyse d’informations à but judiciaire’’.
Selon elle, ‘’la redéfinition du périmètre judiciaire est une exigence stratégique dans la lutte contre le terrorisme en Afrique’’, estimant qu’’’il n’est plus question, pour la justice, de rester dans une posture réactive qui est d’ordinaire l’essence même de son action’’.
’’La justice, par le biais du Procureur de la République, insiste-elle, doit désormais prévenir le passage à l’acte par la prise en charge précoce de la phase dite pré-judiciaire’’.
D’où l’intérêt ‘’de la judiciarisation du renseignement qui est une préoccupation majeure (…) située au cœur même du système de connaissance et d’anticipation de l’appareil d’Etat’’.

Le but, selon la magistrate, est de permettre aux autorités de ’’prendre des décisions éclairées et aux forces de défense et de sécurité d’empêcher la commission d’infractions, d’interpeller les individus menaçants et de recueillir des informations susceptibles de constituer des preuves’’.

Aussi, elle souligne que ’’cette judiciarisation du renseignement, fondamentale dans la prévention et la répression du terrorisme de par son apport décisif pour la surveillance de groupes extrémistes, désigne à la fois un objectif et un processus’’.
’’Comme objectif, elle permet la neutralisation de la cible, par son arrestation et sa détention probable avant son passage à l’acte. Comme processus, la judiciarisation du renseignement désigne la faculté d’intégrer aux procédures pénales les éléments recueillis dans la phase de renseignement’’, a-t-elle expliqué.
Sous ce rapport, a-t-elle précisé ’’la judiciarisation du renseignement permettrait de sécuriser les investigations entamées, de veiller à leur conformité à la législation et par conséquent d’éviter des causes de nullité ab initio (à la base) de nature à entacher les procédures concernées’’.
Toutefois, signale-t-elle ’’loin d’être un effet de mode ou une volonté de la justice de s’immiscer dans l’activité de la communauté du renseignement, ce concept est un outil efficace et approprié de prise en charge précoce des premiers signaux des activités des mouvements radicaux et terroristes’’.
’’C’est une des réponses à la volonté manifestée par les Etats africains, à défaut d’enrayer le risque terroriste par la prévention, de circonscrire le mal à partir des actes préparatoires’’, a-t-elle affirmé.
Selon elle, ’’l’autre enjeu de la judiciarisation du renseignement est de trouver l’équilibre entre d’une part, les exigences du droit à un procès équitable notamment le principe du contradictoire, d’autre part, la nécessité de préserver la sécurité et l’intégrité des citoyens, avec la problématique du maintien de la confidentialité de certaines informations’’.
Cette ‘’nécessité de préserver le secret-défense’’ se traduira, estime la magistrate, ’’par l’existence d’un niveau de sensibilité de l’information qui justifiera des restrictions qu’un Procureur de la République appréhendera aisément’’.
Pour cela, a-t-elle soutenu ‘’les acteurs engagés dans le renseignement doivent travailler en parfaite synergie entre eux et avec le procureur de la République, pour une prise en charge judiciaire précoce et efficace des situations à risque’’.
’’La cible, qui nous préoccupe tous, est de plus en plus complexe, dynamique, mieux structurée et en perpétuelle mutation. Seule une organisation supérieure à celle du mal, pourra constituer une réponse durable pour les Etats Africains’’, a-t-elle déclaré.

Sadio Mané annule son déplacement à Dakar (proche)

Sadio Mané, élu meilleur footballeur africain 2019, ne sera pas mercredi à Dakar où un accueil triomphal lui était réservé, l’attaquant ayant renoncé à son déplacement pour des « raisons administratives », a expliqué un proche du joueur dans un entretien téléphonique avec l’APS.
« Nous étions tous à l’aéroport depuis 8h du matin avec la volonté de nous rendre à Dakar mais jusqu’à 14h locales (12h GMT), l’avion devant nous acheminer sur Dakar n’a pas eu le permis d’atterrissage sur Tunis », a expliqué la même source.
« Finalement, de guerre lasse, Liverpool a décidé de ramener son joueur, c’est ça la vraie information », a souligné le proche du joueur qui avait assisté au sacre de l’attaquant sénégalais, mardi à Hurghada (500 Km du Caire).
Sadio Mané avait bien eu l’autorisation de son club pour venir communier avec son peuple, a-t-il insisté, précisant que l’attaquant de Liverpool devrait rentrer jeudi matin en Angleterre.
Sadio Mané, après son sacre, avait tenu à remercier le sélectionneur national, Aliou Cissé, ses coéquipiers et son club Liverpool, mais a insisté sur le soutien du peuple sénégalais.
Arrivé deuxième derrière Mohamed Salah lors des CAF Awards 2018 au Centre international de conférences Abdou Diouf de Dakar (CICAD), il avait promis devant les caméras de la RTS1 (publique) de se battre pour prendre ce trophée.
Sadio Mané vainqueur de la Ligue des champions et vice-champion d’Afrique 2019, a été co-meilleur buteur de la Premier league avec 22 réalisations.

Affaire du quai de pêche de Mbour : Deux ans de prison dont un mois ferme requis contre les manifestants

Le procureur près le Tribunal de grande instance (TGI) de Mbour (ouest) a requis deux ans de prison dont 1 mois ferme contre les personnes arrêtées lors des manifestations contre la construction d’un deuxième quai de pêche dans la capitale de la Petite-côte, a constaté l’APS.
Le procès qui s’est tenu mardi a permis de constater que seuls deux personnes parmi les quatorze prévenus sont des pêcheurs. Le reste est composé de marchands ambulants et autres commerçants.
Toutes les personnes qui ont comparu devant le juge du TGI de Mbour, pour répondre des délits de « coups et blessures volontaires à agents dans l’exercice de leurs fonctions, dommage à la propriété immobilière d’autrui, trouble à l’ordre public », n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés, niant être impliquées « de près ou de loin » dans cette affaire.
Les policiers, qui constituent la partie civile, n’ont pas reconnu les prévenus parmi les manifestants.
Le procureur près le TGI de Mbour a rappelé que cette journée a été marquée par une « violence inouïe ».
« Nous avons vu des populations qui manifestent pour un désaccord à un projet de l’Etat, qui ont exercé des violences sur ceux qui doivent veiller sur notre sécurité. Il n’est pas interdit de manifester son désaccord. Mais on doit le faire dans le respect des lois et règlements de notre pays », a-t-il fait valoir.
Relevant que ces manifestants se sont bien préparés, le maître des poursuites s’est demandé « au nom de quoi doit-on exercer cette violence ? ».
Au cours du procès, la vidéo dans laquelle on voit les policiers se replier s’est invitée dans les débats, faisant dire au procureur que « ce qui est désolant dans cette affaire, c’est que les forces de défense puissent se replier parce qu’elles sont prises d’assaut par les manifestants (…) ».
Pour lui, il y a une prise de conscience à faire pour tout un chacun. « Ce n’est pas en s’opposant de cette manière qu’on va parvenir à régler une situation. Ces manifestations ont compromis la sécurité publique », a-t-il déploré.
« Les gens qui manifestaient ne savaient même pas de quoi il s’agissait. Tous ceux qui sont arrêtés l’ont été dans le feu de l’action. Il faut que les gens privilégient le dialogue », a indiqué le procureur, précisant que tous les prévenus ont été interpellés dans le théâtre des opérations.
Les prévenus seront fixés sur leur sort le mardi 14 janvier prochain jour du délibéré.