Avant le choc contre la Belgique, Pape Thiaw mise sur un déclic de Sadio Mané et renouvelle sa confiance à Ibrahima Mbaye

À quelques heures d’un rendez-vous décisif face à la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du monde, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, a affiché sa sérénité tout en laissant transparaître ses attentes envers ses principaux atouts offensifs. À l’approche du coup d’envoi prévu à 20 h GMT, le technicien des Lions espère voir son équipe franchir un nouveau cap, avec un Sadio Mané enfin récompensé de ses efforts.

Déjà précieux dans le parcours sénégalais grâce à une passe décisive, l’attaquant vedette n’a pas encore trouvé le chemin des filets depuis le début de la compétition. Une situation que son entraîneur espère voir évoluer face aux Diables Rouges. En conférence de presse, Pape Thiaw n’a pas caché son envie de voir son capitaine ouvrir enfin son compteur, estimant qu’un tel but constituerait un véritable atout pour l’équipe dans ce match à élimination directe.

Le sélectionneur s’est également exprimé sur le cas d’Ibrahima Mbaye, dont la prestation face à l’Irak avait suscité des interrogations. Aligné d’entrée lors du dernier match de groupe avant d’être remplacé en cours de rencontre, le jeune ailier du Paris Saint-Germain n’avait pas réussi à peser sur les débats.

Loin de remettre en cause son potentiel, Pape Thiaw a tenu à lui renouveler publiquement sa confiance. Il a rappelé que le jeune joueur reste pleinement capable d’apporter sa contribution à l’équipe nationale, qu’il débute la rencontre ou qu’il entre en cours de jeu. Pour le sélectionneur, l’accompagnement et la patience demeurent essentiels dans la progression des jeunes talents appelés à évoluer au plus haut niveau.

À quelques heures du duel contre la Belgique, le message du staff sénégalais est clair : les Lions abordent ce rendez-vous avec confiance, en comptant sur l’expérience de leurs cadres et l’émergence de leur nouvelle génération pour poursuivre l’aventure mondiale.

Mondial 2026 : le Sénégal défie la Belgique avec l’ambition de poursuivre son rêve américain

À quelques heures d’un rendez-vous décisif, toute la presse sénégalaise retient son souffle. Ce mercredi 1er juillet, les Lions de la Téranga affrontent les Diables Rouges de la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, avec un seul objectif : prolonger leur aventure sur le sol américain et décrocher une place parmi les seize meilleures nations du tournoi.

Le coup d’envoi sera donné à 20 h GMT au Lumen Field de Seattle, dans l’État de Washington. Pour le Sénégal, il s’agira d’un troisième affrontement face à une sélection européenne dans l’histoire de la Coupe du monde, mais aussi d’un duel inédit contre la Belgique dans cette compétition.

À la veille de cette rencontre, les quotidiens sénégalais affichent un même élan d’optimisme, nourri par l’impressionnante victoire (5-0) obtenue face à l’Irak lors de la dernière journée de la phase de groupes. Ce succès, qui a permis aux hommes de Pape Thiaw de se qualifier parmi les meilleurs troisièmes, a ravivé les espoirs d’un nouveau parcours historique.

Pour Le Soleil, Seattle sera le théâtre d’un affrontement épique où les Lions tenteront de confirmer leur spectaculaire regain de forme en faisant tomber les Diables Rouges. Vox Populi résume l’enjeu avec une formule sans détour : « vaincre les Diables ou périr en enfer ».

Même enthousiasme du côté d’EnQuête, qui appelle les Lions à partir « à l’assaut des Diables », tout en rappelant que la défense sénégalaise devra contenir les principales armes offensives belges, incarnées par Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku et Jérémy Doku.

D’autres quotidiens mettent l’accent sur la confiance retrouvée du groupe sénégalais. L’AS estime que les Lions sont prêts à rugir, tandis que L’Observateur considère qu’ils ne sont plus qu’à 90 minutes d’un nouvel exploit historique. Pour Les Échos, les portes des huitièmes de finale apparaissent désormais largement accessibles.

WalfQuotidien voit dans cette affiche un véritable choc de styles. D’un côté, une Belgique réputée pour sa maîtrise technique, sa qualité collective et sa capacité à contrôler le ballon. De l’autre, un Sénégal qui mise sur son impact physique, son intensité et son efficacité en transition pour faire la différence.

De son côté, Sud Quotidien présente cette confrontation comme un match de confirmation. Selon le journal, les deux équipes abordent cette rencontre avec une confiance retrouvée après des débuts compliqués dans le tournoi. Si le Sénégal a relancé sa campagne en corrigeant l’Irak, la Belgique a également dissipé les doutes en dominant largement la Nouvelle-Zélande (5-1) pour terminer en tête de son groupe.

Dans les tribunes comme dans tout le Sénégal, l’attente est immense. Une victoire face aux Diables Rouges ouvrirait aux Lions les portes des huitièmes de finale et prolongerait un parcours déjà marqué par une remarquable capacité de réaction. À Seattle, c’est désormais une nouvelle page de l’histoire du football sénégalais qui peut s’écrire.

Le Sénégal décroche près de 9 milliards de FCFA après une qualification arrachée pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026

Au lendemain d’une qualification arrachée au terme d’un scénario renversant, les Lions de la Téranga peuvent déjà mesurer les retombées de leur parcours. En validant leur billet pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, la sélection sénégalaise a assuré à la Fédération sénégalaise de football (FSF) une prime de performance de 15,525 millions de dollars, soit près de 9 milliards de francs CFA, versée par la FIFA.

Cette récompense est venue couronner une phase de groupes riche en rebondissements. Battu lors de ses deux premières sorties face à la France puis à la Norvège, le Sénégal semblait proche de l’élimination. Mais les hommes de Pape Thiaw ont totalement renversé la situation en infligeant une lourde défaite à l’Irak (5-0) lors de leur dernier match. Ce succès leur a permis de terminer parmi les meilleurs troisièmes et de décrocher, in extremis, le dernier ticket qualificatif pour les seizièmes de finale.

Au-delà de l’exploit sportif, cette qualification représente une manne financière exceptionnelle pour la FSF. Le montant accordé par la FIFA équivaut à près de 90 % du budget annuel de la fédération, estimé autour de 10 milliards de francs CFA. Cette enveloppe ne constitue pas une subvention de fonctionnement, mais une prime liée aux performances réalisées durant la compétition.

Une partie importante de cette somme servira d’abord à couvrir les dépenses directement liées au Mondial. Les primes promises aux joueurs et au staff technique seront versées conformément aux accords conclus avant la compétition. Les frais logistiques, notamment les déplacements entre les villes hôtes, l’hébergement et les besoins de la délégation, seront également financés grâce à cette enveloppe.

Le reste permettra à la fédération de renforcer sa stabilité financière. Ces ressources sont régulièrement utilisées pour soutenir son fonctionnement, financer les directions techniques nationales, accompagner les sélections de jeunes ou encore absorber certains déficits liés aux précédentes campagnes internationales et aux projets d’infrastructures sportives.

Une partie des fonds profite également au football local. Les primes issues des compétitions internationales permettent traditionnellement à la FSF d’accroître son soutien aux clubs, de financer les championnats de jeunes et le football féminin, tout en participant à l’amélioration des conditions de développement des différentes ligues nationales.

L’aventure est toutefois loin d’être terminée. Les Lions retrouveront la Belgique ce mercredi 1er juillet 2026 à Seattle avec l’ambition de poursuivre leur parcours. Une qualification pour les huitièmes de finale ferait encore grimper la récompense financière, portant les gains cumulés à plus de 14 milliards de francs CFA. Au-delà de l’enjeu sportif, c’est aussi une nouvelle opportunité de renforcer durablement les moyens du football sénégalais qui se joue désormais sur la pelouse américaine.

Plus de 181 000 candidats affrontent les épreuves du baccalauréat au Sénégal

Le coup d’envoi du baccalauréat général a été donné ce mardi 30 juin 2026 à travers tout le Sénégal. Plus de 181 000 candidats ont pris place dans les différents centres d’examen pour tenter de décrocher ce premier diplôme universitaire, l’un des rendez-vous les plus attendus de l’année scolaire.

À l’ouverture des épreuves, le ministère de l’Éducation nationale a renouvelé son appel à la vigilance afin de garantir des examens transparents et crédibles. Dans un communiqué, le ministre Moustapha Mamba Guirassy a rappelé que l’utilisation ou la détention de téléphones portables, de montres connectées, d’écouteurs ou de tout autre appareil électronique de communication est formellement interdite dans les centres d’examen. Il a prévenu que toute infraction sera sanctionnée conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Le ministère a également invité les présidents de jury, les chefs de centre, les surveillants, les enseignants ainsi que les parents d’élèves à veiller au strict respect des consignes afin d’assurer le bon déroulement des épreuves dans un climat apaisé.

S’adressant aux candidats, le ministre les a encouragés à aborder les examens avec discipline, concentration et confiance. Il a rappelé que le baccalauréat doit demeurer le symbole du mérite, du travail et de l’excellence.

Cette nouvelle session s’ouvre dans le prolongement de l’édition 2025, au cours de laquelle le taux de réussite national s’était établi à 47,62 %. Selon les statistiques officielles du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, 77 388 candidats avaient été admis sur les 162 527 présents, les meilleurs résultats ayant été enregistrés dans les filières techniques par rapport au baccalauréat général.

À Louga, un commando armé braque un point Wave et s’enfuit avec un butin estimé à près de 10 millions de FCFA

La soirée de lundi a basculé dans la violence à Louga lorsqu’un groupe d’une quinzaine d’hommes armés a pris pour cible un point de service Wave situé au quartier Montagne, en face du rond-point Keur Momar Sarr. L’attaque, survenue peu après 21 heures, s’est soldée par le vol d’une importante somme d’argent et de plusieurs téléphones portables, pour un préjudice évalué à près de 10 millions de FCFA.

Au moment des faits, Abdoulaye Niang venait d’arriver pour assurer la relève de ses collègues lorsqu’il a vu les assaillants faire irruption dans les locaux. Selon son témoignage, tout s’est déroulé avec une extrême rapidité. Les malfaiteurs, arrivés à bord d’un véhicule de type L200, étaient équipés de coupe-coupes et d’armes à feu, tandis que plusieurs d’entre eux avaient le visage dissimulé sous des cagoules.

Une partie du groupe est entrée dans le point de service pour s’emparer de l’argent liquide ainsi que des téléphones utilisés pour les opérations de transfert d’argent. À l’extérieur, les autres complices assuraient leur couverture en tirant des coups de feu en l’air, semant la panique dans le quartier et empêchant toute tentative d’intervention des riverains.

Après avoir récupéré leur butin, les assaillants ont quitté les lieux avant l’arrivée des secours. Les services compétents ont ouvert une enquête afin d’identifier les auteurs de ce braquage et de les retrouver.

Des chercheurs sénégalais découvrent une nouvelle bactérie porteuse d’espoir contre la malnutrition infantile

Une nouvelle avancée scientifique place l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar sur le devant de la scène internationale. À travers une publication diffusée sur sa page Facebook officielle, l’établissement a annoncé l’identification d’une nouvelle espèce bactérienne, baptisée Neobacillus camarae, issue de l’étude du microbiote du lait maternel au Sénégal. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre la malnutrition infantile.

Décrite dans une revue scientifique internationale, cette bactérie rend hommage au Pr Makhtar Camara, enseignant-chercheur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’UCAD, dont les travaux en microbiologie ont inspiré le choix de son nom. Cette reconnaissance scientifique vient saluer plusieurs années d’engagement dans la recherche.

Cette découverte est le résultat d’un travail mené conjointement par les équipes de l’UCAD, l’IHU Méditerranée Infection et l’Université Aix-Marseille. Ensemble, les chercheurs développent un programme consacré aux probiotiques afin d’identifier de nouvelles approches capables de prévenir et de mieux prendre en charge la malnutrition infantile au Sénégal.

Au-delà de l’identification de cette nouvelle espèce bactérienne, les chercheurs entrevoient des applications prometteuses pour la santé publique. Les connaissances acquises pourraient contribuer à la mise au point de solutions innovantes destinées à améliorer la nutrition et la santé des jeunes enfants, un enjeu majeur dans plusieurs pays africains.

À la suite de cette annonce, le recteur de l’UCAD, le Pr Alioune Badara Kandji, a adressé ses félicitations au Pr Makhtar Camara ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe de recherche. Il a salué une distinction qui, selon lui, valorise non seulement l’université, mais aussi le Sénégal et la recherche scientifique africaine sur la scène internationale.

À travers cette réussite, l’Université Cheikh Anta Diop réaffirme sa volonté de promouvoir une recherche d’excellence, tournée vers des solutions concrètes aux défis sanitaires et au développement scientifique du continent africain.

 Révision constitutionnelle au Sénégal : la presse met en lumière les fractures entre l’exécutif, le Parlement et la majorité

Au lendemain de l’adoption de la révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale, la presse sénégalaise consacre largement ses unes aux profondes divergences qui entourent désormais la suite du processus. Entre l’annonce d’un référendum par l’exécutif et la volonté du président de l’Assemblée nationale de voir le texte promulgué sans consultation populaire, les quotidiens décrivent une séquence politique marquée par de fortes tensions institutionnelles.

Réunis en séance plénière lundi, les députés ont adopté à la majorité la proposition de loi portant révision de la Constitution, tout en rejetant les amendements présentés par le gouvernement. Le texte adopté prévoit notamment l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique, le renforcement des prérogatives de l’Assemblée nationale et du Premier ministre, la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel, la limitation à une seule dissolution du Parlement par mandat présidentiel ainsi que l’obligation, pour le chef de l’État, de déclarer son patrimoine à la fin de son mandat.

Pour Vox Populi, cette réforme a été adoptée sans véritable obstacle parlementaire, le quotidien estimant que la majorité de Pastef a imposé sa volonté dans l’hémicycle. Le journal rappelle toutefois que la décision finale reviendra désormais au peuple avec l’annonce d’un référendum. Les Échos insiste, de son côté, sur l’influence exercée par la majorité parlementaire, estimant que Pastef a réussi à imposer sa ligne aussi bien à l’opposition qu’à l’exécutif.

EnQuête met l’accent sur le désaccord institutionnel né à l’issue du vote. Selon le quotidien, Ousmane Sonko défend une promulgation directe du texte en s’appuyant sur l’article 103 de la Constitution, alors que le gouvernement rejette cette interprétation après avoir vu ses amendements écartés par les députés de la majorité.

Pour Le Soleil, l’annonce d’un référendum replace désormais les citoyens au centre du processus. Le journal souligne que la réforme a été adoptée dans un hémicycle déserté par l’opposition après le rejet des amendements gouvernementaux, tout en rappelant que le président Bassirou Diomaye Faye privilégie désormais la voie référendaire.

Sud Quotidien décrit cette séquence comme un véritable affrontement institutionnel. Le quotidien relève que les tensions observées durant la séance, les incidents entre majorité et opposition ainsi que les divergences entre le Parlement et l’exécutif illustrent les profondes fractures qui traversent aujourd’hui les institutions sénégalaises autour de cette réforme.

Même lecture du côté de WalfQuotidien, qui considère que le choix du référendum vient contrarier la stratégie défendue par Ousmane Sonko. Le journal rappelle que, malgré l’adoption du texte par 129 députés et le rejet des amendements du gouvernement, l’exécutif entend désormais soumettre la réforme au suffrage populaire avant toute entrée en vigueur.

Enfin, Le Témoin souligne que l’annonce du ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, en faveur d’un référendum a immédiatement suscité une réaction du président de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko a contesté cette orientation, estimant que la procédure parlementaire étant arrivée à son terme, rien ne justifie désormais une consultation populaire avant la promulgation de la loi.

 Au terme d’une séance sous haute tension, le Parlement adopte sans opposition une révision constitutionnelle

Dans une atmosphère électrique où se mêlaient crispations politiques, contestations de rue et bras de fer institutionnels, l’Assemblée nationale du Sénégal a fini par entériner, ce lundi, la proposition de loi n°17/2026 portant modification de la Constitution, adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés au terme d’une plénière ouverte à 10h00 et marquée par la présence du ministre de la Justice Me Moussa Sarr, venu porter la position de l’exécutif.

Le décompte officiel fait état de 129 voix favorables, aucune opposition ni abstention, sur 165 députés inscrits, dont 15 procurations, tandis que 36 élus ont choisi de ne pas participer au vote, dans un contexte déjà lourdement chargé par des tensions accumulées depuis la veille.

Le chemin vers ce résultat n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Avant même l’issue du scrutin, l’hémicycle avait été traversé par des séquences de rupture, notamment après le rejet de deux amendements proposés par le gouvernement, avant que le texte ne soit finalement adopté dans sa version initiale. À l’extérieur du palais parlementaire, la contestation s’était également exprimée avec vigueur : plusieurs organisations de la société civile et acteurs politiques avaient appelé la veille à un retrait du projet ou à son renvoi devant le peuple par référendum, donnant lieu à des rassemblements rapidement dispersés par les forces de sécurité déployées autour de l’institution.

À l’intérieur de la salle des débats, la tension a atteint son paroxysme lors d’un incident impliquant le député Abdou Mbow, figure de l’opposition, évacué par les gendarmes au cours des travaux. L’épisode a provoqué une onde de choc dans l’hémicycle, entraînant le retrait de plusieurs députés de l’opposition venus lui apporter leur soutien, accentuant encore l’impression d’un Parlement fracturé malgré l’issue arithmétiquement consensuelle du vote.

Tout au long de la séance, la majorité parlementaire a défendu une réforme présentée comme l’aboutissement de plusieurs cycles de concertations politiques et institutionnelles engagés depuis des années. Le ministre de la Justice Me Moussa Sarr a insisté sur la continuité de l’État et la cohérence des ajustements proposés, tandis que les principales dispositions retenues redessinent plusieurs piliers de l’architecture institutionnelle, avec la création d’une Cour constitutionnelle, l’instauration d’un organe indépendant chargé de l’organisation des élections, le renforcement du régime encadrant la transition présidentielle, la limitation de certaines fonctions exécutives locales pour les membres du gouvernement, une définition légale de la haute trahison et un durcissement des obligations de déclaration de patrimoine.

Si le texte ouvre désormais la voie à une éventuelle étape référendaire, une autre lecture institutionnelle est venue nuancer ce schéma. Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a en effet indiqué qu’il transmettrait la révision au chef de l’État sans recourir au mécanisme prévu par l’article 103, estimant que la majorité qualifiée obtenue suffisait à justifier une promulgation directe. Une position qui, en pleine séquence de tensions politiques, ajoute une nouvelle couche d’interprétations autour d’un texte déjà au cœur d’un vif débat national.

Sénégal : après l’évacuation d’Abdou Mbow, Ousmane Sonko recadre publiquement les députés de sa majorité

L’évacuation du député de l’APR Abdou Mbow par les gendarmes n’a pas seulement provoqué le départ des députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et de plusieurs élus non inscrits. Elle a également conduit à une vive mise au point d’Ousmane Sonko, qui a profité du retour au calme pour rappeler son autorité sur l’Assemblée nationale et adresser un sévère avertissement aux députés de sa propre majorité.

Alors que l’hémicycle retrouvait progressivement son calme, le président de l’Assemblée nationale a pris la parole pour rappeler que le fonctionnement de l’institution ne pouvait souffrir d’aucune entorse au règlement intérieur. D’un ton ferme, il a insisté sur le fait que l’autorité dans l’hémicycle appartient exclusivement au président de séance.

« Je voudrais d’abord rappeler un certain nombre de règles. Cette Assemblée est sous l’autorité de son président, qui se trouve être le président de séance. Aucun député, en violation du règlement intérieur, n’imposera sa volonté à l’Assemblée », a-t-il déclaré.

Ousmane Sonko recadre les députés de Pastef

Mais c’est surtout l’attitude des députés de Pastef qui a suscité la colère du président de séance. Au plus fort des tensions, plusieurs élus de la majorité avaient quitté leurs places pour tenter d’intervenir eux-mêmes face à Abdou Mbow, malgré les consignes qui leur avaient été données.

Ousmane Sonko n’a pas caché son mécontentement. « Je tiens à dire également que pour les députés du groupe parlementaire Pastef, des consignes très claires ont été données et vous les avez violées », a-t-il lancé à l’adresse de ses propres collègues. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que le maintien de l’ordre dans l’hémicycle relève uniquement des services compétents et non des parlementaires.

« Il ne revient pas à un député de régler ces questions. Le président de l’Assemblée suit une réquisition et la police de l’Assemblée fait le travail », a-t-il souligné, avant de regretter l’initiative de certains élus de la majorité. « C’est déplorable que des députés de Pastef se soient déplacés pour venir ici essayer de régler le problème eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Les débats reprennent sous l’autorité du président de séance

Après avoir réaffirmé son autorité et appelé les députés au strict respect des règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a ordonné la reprise immédiate des travaux.

Les débats sur la proposition de loi portant révision de la Constitution ont ainsi repris dans un climat toujours marqué par les tensions, quelques instants après le retrait de l’opposition et le rappel à l’ordre adressé à une partie de la majorité parlementaire.

Sénégal : l’examen de la révision constitutionnelle bascule dans le chaos après l’évacuation du député Abdou Mbow par les gendarmes

La séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution a pris une tournure spectaculaire ce lundi à l’Assemblée nationale. Ce qui devait être un débat parlementaire s’est rapidement transformé en une vive confrontation politique, culminant avec l’intervention des gendarmes dans l’hémicycle pour évacuer le député Abdou Mbow, figure du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, qui refusait de quitter la tribune.

Les tensions ont éclaté dès l’ouverture des discussions lorsque le député de l’opposition a soulevé une question préalable visant à suspendre l’examen du texte. Après les interventions du président de la Commission des lois, Me Abdoulaye Tall, puis du président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, qui ont appelé au rejet de cette procédure, la majorité a décidé de poursuivre les travaux.

Un bras de fer s’installe au cœur de l’hémicycle

À l’issue de cette première séquence, Abdou Mbow a tenté de reprendre la parole en restant à la tribune. Une initiative immédiatement rejetée par le président de séance, Ousmane Sonko, qui a ordonné la coupure de son micro avant de lui demander de quitter le pupitre. « Vous quittez ou je vous fais quitter », lui a-t-il lancé.

Le député ayant refusé d’obtempérer, les travaux ont repris malgré sa présence devant la tribune. Ousmane Sonko a ouvert la liste des orateurs inscrits au débat général et donné la parole au député Guy Marius Sagna, tout en rappelant qu’aucun parlementaire ne pouvait conserver la parole ou occuper la tribune contre la décision du président de séance.

Mais les protestations de l’opposition ont rapidement couvert l’intervention de Guy Marius Sagna. L’atmosphère s’est encore davantage tendue lorsque plusieurs députés de la majorité se sont avancés vers la tribune afin de tenter de faire partir Abdou Mbow. Des échanges musclés et des bousculades ont alors éclaté, notamment après la tentative d’une députée de Pastef de le déplacer de force. Pour éviter que la situation ne dégénère, Ousmane Sonko a demandé aux députés de son camp de regagner leurs places.

Les forces de l’ordre mettent fin au blocage

Face à une séance totalement paralysée, le président de séance a finalement sollicité l’intervention des éléments de la Gendarmerie nationale chargés de la sécurité du Parlement.

Les gendarmes sont alors entrés dans l’hémicycle et ont procédé à l’évacuation d’Abdou Mbow sous les protestations des élus de l’opposition, mettant fin au blocage qui empêchait la poursuite des débats.

En réaction, les députés du groupe Takku Wallu Sénégal, rejoints par plusieurs députés non inscrits, ont quitté collectivement la salle des séances, refusant de participer à la suite de l’examen du projet de révision constitutionnelle.

Aïssata Tall Sall juge le vote dépourvu de légitimité

À la sortie de l’hémicycle, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Aïssata Tall Sall, a estimé que les conditions dans lesquelles se poursuivait l’examen du texte compromettaient sa validité.

Elle a affirmé que la réforme « n’ira nulle part », estimant qu’elle était adoptée « dans la friction, dans le bruit, dans le chaos, dans la faction et dans le fracas », avant d’assurer que « la loi sera retoquée ».

L’ancienne ministre de la Justice a également accusé la majorité de banaliser son mandat parlementaire, affirmant que son groupe, au contraire, entendait défendre le respect des institutions et du peuple sénégalais.

Selon elle, l’opposition a atteint son objectif en démontrant, selon ses mots, que ce qui se déroule à l’Assemblée nationale relève « de la dictature et de la forfaiture ». Elle a notamment dénoncé le recours aux forces de l’ordre pour évacuer un député qui, selon elle, ne faisait qu’exercer son droit à la parole.

Abdou Mbow accuse Ousmane Sonko de dérive autoritaire

Quelques instants après son évacuation, Abdou Mbow s’est exprimé au micro de RFI pour dénoncer l’attitude du président de séance.

Le député a accusé Ousmane Sonko d’adopter une posture autoritaire et de vouloir instaurer, selon ses termes, « un régime fasciste » au Sénégal. Il a également dénoncé les violences qu’il affirme avoir subies au cours de son évacuation.

Assurant que son camp poursuivra son combat politique, il a déclaré qu’aucune force de l’ordre ni aucune armée ne pourraient faire reculer l’opposition. Il a de nouveau qualifié Ousmane Sonko de « dictateur », estimant qu’il n’était pas en mesure de présider correctement les travaux de l’Assemblée nationale.

Cette séance restera comme l’une des plus mouvementées de ces dernières années au Parlement sénégalais. L’intervention inédite des gendarmes dans l’hémicycle, le départ collectif de l’opposition et la poursuite des débats dans un climat de très forte tension illustrent la profonde fracture politique qui entoure l’examen de cette réforme constitutionnelle.