Sénégal : les réformes institutionnelles demeurent au cœur de la presse

Les quotidiens sénégalais mettent en lumière les avant-projets de réformes politiques, entre avancées annoncées et tensions autour du Code électoral.

À Dakar, les réformes politiques et institutionnelles dominent largement l’actualité à la une des journaux parus ce mardi. Selon le quotidien Le Soleil, la présidence sénégalaise a rendu publics, lundi, quatre avant-projets de loi majeurs portant sur la Constitution, la Cour constitutionnelle, le système électoral et les partis politiques. Le journal évoque à ce sujet un « tournant majeur » dans l’évolution institutionnelle du pays.

Ces textes, indique la publication, traduisent la volonté des autorités de concrétiser les engagements pris lors des dialogues nationaux. Ils devraient contribuer à consolider l’État de droit, renforcer l’inclusion et améliorer la transparence du processus électoral.

Dans la même dynamique, Sud Quotidien parle de « l’heure des réformes », soulignant que ces avant-projets sont le fruit des concertations tenues en 2024 et 2025 sur la justice et le système politique. Pour le journal, leur publication marque le démarrage effectif d’un vaste chantier institutionnel.

De son côté, Le Quotidien estime que le Sénégal s’engage dans une refonte profonde de son système démocratique. Le journal met en avant la création envisagée d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’introduction d’un financement public des partis politiques, des mesures perçues comme une rupture significative.

Le quotidien L’As note également une accélération du processus de réforme, avec la finalisation de plusieurs textes structurants, notamment la révision constitutionnelle et la refonte du système électoral. Toutefois, le journal appelle à la vigilance quant au respect de l’équilibre des pouvoirs et à la nécessité d’un consensus élargi.

Dans un registre plus critique, Walfquotidien estime que cette dynamique pourrait créer des tensions au sommet de l’État. Le journal évoque un possible « court-circuit » entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, notamment dans le contexte de l’examen, ce mardi, d’une proposition de loi portant modification de certains articles du Code électoral.

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à se prononcer sur les articles L.29 et L.30, visant notamment à rétablir certaines conditions d’éligibilité, des voix s’élèvent pour dénoncer une démarche jugée unilatérale.

Selon plusieurs journaux, cette réforme suscite des critiques aussi bien au sein de l’opposition que dans certains cercles proches du pouvoir. Les reproches portent notamment sur un manque de consensus et une précipitation dans le processus législatif.

Au-delà des divergences, les observateurs s’accordent à dire que ces initiatives traduisent une mutation en profondeur du paysage politique sénégalais, avec des enjeux majeurs pour l’avenir démocratique du pays.

Sénégal : les avant-projets de réformes institutionnelles rendus publics

La Présidence sénégalaise publie plusieurs avant-projets de lois issus des dialogues nationaux, ouvrant une nouvelle phase de réformes politiques.

La Présidence de la République du Sénégal a annoncé la mise en ligne de plusieurs avant-projets de lois issus des dialogues nationaux organisés en 2024 et 2025. Ces textes portent sur des transformations majeures du système politique, notamment la révision de la Constitution et la refonte du dispositif électoral. Ils sont désormais accessibles au public à travers une plateforme numérique dédiée.

Selon les autorités, ces avant-projets sont le fruit d’un processus de concertation élargi. Ils traduisent les recommandations formulées lors des dialogues nationaux, ensuite structurées juridiquement par des comités d’experts et de représentants institutionnels.

Parmi les principales mesures envisagées figurent la création d’une Cour constitutionnelle indépendante et la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante. La révision du Code électoral ainsi que la redéfinition du statut des partis politiques sont également prévues. Ces réformes s’inscrivent ainsi dans une volonté affichée de renforcer la transparence et l’équilibre des institutions.

Le Dialogue national sur le système politique, tenu en 2025 à Diamniadio, constitue le socle de ces propositions. Cette rencontre, qui s’est déroulée du 28 mai au 4 juin, a réuni plusieurs acteurs politiques et sociaux autour de discussions approfondies.

Selon le facilitateur général, Cheikh Gueye, les échanges ont permis d’aboutir à des consensus importants, notamment sur les réformes institutionnelles. Un accord de 94 % a également été enregistré sur les questions électorales. Plus de 15 000 contributions citoyennes ont été recueillies via la plateforme Jubbanti, traduisant une forte implication des populations dans ce processus.

À l’époque, le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, avait salué la qualité des débats et évoqué plusieurs avancées, dont la création de la CENI et la dématérialisation du processus électoral. Il a depuis été remplacé par Bamba Cissé. La Présidence appelle désormais les citoyens, les acteurs politiques et la société civile à s’approprier ces textes. Elle invite à un débat ouvert et constructif en vue de leur mise en œuvre.

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, réaffirme pour sa part son engagement en faveur d’un processus inclusif, estimant que ces réformes doivent consolider l’État de droit et renforcer la gouvernance démocratique.

Mali : solidarité régionale après des attaques coordonnées

Après les atroces attaques survenues au Mali ce samedi, plusieurs pays de la sous-région, dont le Sénégal et la Mauritanie, ont exprimé leur soutien à Bamako, tandis que la situation sécuritaire reste encore sous tension.

 

Face aux attaques simultanées qui ont secoué le Mali samedi, plusieurs pays de la sous-région ont rapidement réagi pour afficher leur soutien. Parmi les premières voix, le Sénégal et la Mauritanie ont exprimé leur solidarité avec Bamako, dans un contexte marqué par la revendication de la prise de Kidal par le Front de libération de l’Azawad.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a condamné avec fermeté ces attaques qu’il qualifie de terroristes, visant la République du Mali. Il a, au nom du peuple sénégalais, réaffirmé le soutien de Dakar aux autorités maliennes, aux forces de défense et à l’ensemble de la population. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une action concertée entre les pays de la région pour restaurer la paix et la sécurité.

Une solidarité exprimée par Nouakchott

Du côté de la Mauritanie, les autorités ont également réagi. Dans un communiqué officiel, le gouvernement mauritanien a indiqué suivre avec inquiétude la situation au Mali. Nouakchott a exprimé son soutien total au peuple malien et réaffirmé son engagement en faveur de la stabilité régionale.

Les autorités mauritaniennes ont insisté sur les liens historiques et fraternels qui unissent les deux pays. Elles ont également souhaité un retour rapide à la normale, tout en appelant à des efforts continus pour préserver la paix dans la sous-région.

L’Union africaine condamne les attaques

Cette vague de réactions a été renforcée par la position de Union africaine. Son président de Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a fermement condamné les attaques et réaffirmé l’engagement de l’institution en faveur de la stabilité au Sahel.

Des attaques revendiquées par des groupes armés

Sur le terrain, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué plusieurs opérations menées samedi. Le groupe affirme avoir ciblé des sites stratégiques, notamment la résidence présidentielle, des infrastructures militaires et l’aéroport international de Bamako.

Dans le même temps, le Front de libération de l’Azawad (FLA) a annoncé avoir pris le contrôle de la ville de Kidal. Le mouvement évoque une action coordonnée avec d’autres groupes armés et appelle à un changement politique au Mali.

L’armée malienne se veut rassurante

Face à ces revendications, l’armée malienne affirme maîtriser la situation. L’état-major annonce avoir neutralisé plusieurs centaines d’assaillants et engagé des opérations de sécurisation dans plusieurs zones du pays, notamment à Bamako et ses environs.

Les autorités appellent à la vigilance, alors que des unités spéciales sont déployées dans la capitale.

Un couvre-feu instauré dans la capitale

Dans ce contexte tendu, les autorités ont instauré un couvre-feu de 72 heures à Bamako. La mesure, en vigueur de nuit, pourrait être prolongée selon l’évolution de la situation sécuritaire.

D’autres régions du pays sont également concernées par des restrictions similaires. Les transports restent perturbés et plusieurs représentations diplomatiques ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements.

Sénégal : réforme du Code électoral et tensions politiques au cœur de l’actualité

La presse sénégalaise revient largement sur l’examen imminent d’une réforme du Code électoral, dans un climat politique tendu. Entre débats parlementaires, enjeux religieux et souveraineté énergétique, l’actualité reste dense.

Dakar, 27 avr – La parution de lundi de la presse quotidienne sénégalaise met en avant plusieurs sujets majeurs, notamment la proposition de loi introduite par le groupe parlementaire majoritaire visant à modifier deux articles du Code électoral. Après plusieurs jours d’attente dans le circuit parlementaire, cette proposition de loi portant révision des articles L29 et L30 du Code électoral doit être examinée en séance plénière ce mardi 28 avril, dans un contexte politique particulièrement tendu, rapporte Sud Quotidien.

Selon le journal, cette réforme, qualifiée d’initiative “unilatérale” par l’opposition, relance les inquiétudes liées à d’éventuels calculs politiques autour des questions d’inéligibilité, à quelques jours d’un dialogue déjà sous pression entre le pouvoir et les acteurs politiques.

De son côté, Tribune indique que l’Assemblée nationale a convoqué les députés pour cette plénière, alors même que le ministre de l’Intérieur a invité partis politiques et société civile à des concertations prévues le 30 avril autour du Code électoral.

Par ailleurs, Le Soleil revient sur la visite du président Bassirou Diomaye Faye au Daaka de Madina Gounass, une cité religieuse située dans la région de Kolda, qui accueille chaque année des milliers de fidèles pour une retraite spirituelle. Le journal met en avant une rencontre symbolique entre le chef de l’État et le khalife Thierno Amadou Tidiane Bâ, au cours de laquelle des prières ont été formulées pour la paix et la prospérité du pays. Le président a également souligné le rôle essentiel des guides religieux dans le maintien de la cohésion nationale, tout en annonçant des mesures de soutien au secteur religieux.

Dans la même dynamique, Le Quotidien rapporte que le chef de l’État a promis un appui financier pour finaliser la construction de la résidence du khalife sur le site du Daaka, une initiative qui, selon Walfquotidien, devrait se concrétiser dans les meilleurs délais.

Sur le plan économique, Walfquotidien évoque la récente orientation des autorités vers la nationalisation et la renégociation des contrats énergétiques. Le journal estime que ces décisions pourraient produire des effets contrastés, avec un impact potentiellement négatif à court terme, mais bénéfique sur le long terme. Il souligne notamment que l’acquisition complète de la centrale West African Energy par la Senelec constitue une avancée significative pour les entreprises et les ménages. La société nationale d’électricité devient ainsi l’unique actionnaire, reprenant les parts précédemment détenues par plusieurs opérateurs privés. Une évolution perçue comme un pas important vers la souveraineté énergétique du pays.

Enfin, la presse s’intéresse à la situation sécuritaire au Mali, marquée par des attaques attribuées à des groupes rebelles et djihadistes. Le Soleil évoque notamment la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara.

Selon L’As, des groupes indépendantistes touaregs, soutenus par des combattants djihadistes, ont pris le contrôle de la ville de Kidal, abandonnée par les autorités civiles et militaires ainsi que par les éléments d’Africa Corps à l’issue de négociations.

Malgré cette situation, Walfquotidien estime que le Mali reste fragilisé mais résilient, évoquant des attaques coordonnées menées dans plusieurs localités par des groupes armés, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

Sénégal : retrait de Kosmos du projet gazier Yakaar-Teranga

Le Premier ministre Ousmane Sonko annonce le retrait de Kosmos Energy du bloc Yakaar-Teranga, désormais confié à PETROSEN.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé jeudi soir le retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar. Selon le chef du gouvernement, cet accord a été conclu entre l’État du Sénégal, Kosmos Energy et PETROSEN, sans aucune compensation financière pour la partie sénégalaise.

La décision sera entérinée par un arrêté ministériel et ouvre la voie à l’attribution d’une licence exclusive à PETROSEN, qui devient ainsi l’unique opérateur du bloc. Ousmane Sonko a qualifié la date du 22 avril 2026 de « moment historique », évoquant une « victoire majeure » issue d’un processus de renégociation engagé par les nouvelles autorités. Le bloc Yakaar-Teranga, considéré comme l’un des plus importants gisements du bassin sédimentaire sénégalais, avait été attribué dans un contexte jugé controversé par le pouvoir actuel.

Le Premier ministre a inscrit cette décision dans une stratégie globale de révision des contrats extractifs, visant à renforcer la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles. Dans cette dynamique, un comité chargé de l’audit des contrats pétroliers et gaziers a été mis en place au niveau de la Primature afin d’examiner les accords conclus sous les précédents régimes. Le chef du gouvernement a également salué l’implication du ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, ainsi que du directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, dans la conduite des négociations.

Avec ce retrait, l’État sénégalais consolide son contrôle sur un actif stratégique, dans un contexte marqué par le développement accéléré de son industrie gazière.

La tournée de Diomaye Faye à Kolda et le retrait de Kosmos sont au cœur de la presse Sénégalaise

La presse sénégalaise revient sur la tournée économique de Bassirou Diomaye Faye à Kolda et le retrait de Kosmos du bloc gazier Yakaar-Teranga.

 

Les quotidiens sénégalais parus ce vendredi s’intéressent principalement à la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye dans la région de Kolda, ainsi qu’au retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga.

Selon Le Soleil, le chef de l’État a entamé une première journée particulièrement dense, marquée par plusieurs étapes, notamment une immersion dans le bassin agricole de l’Anambé, la visite de la SODEFITEX à Vélingara, l’inauguration du SAMU régional et le lancement du pôle mère-enfant de l’hôpital de Kolda.

De son côté, Sud Quotidien souligne que le président a rassuré les producteurs de coton quant à l’engagement de l’État à soutenir davantage la filière.

Pour L’As, cette tournée s’inscrit dans une logique stratégique axée sur le développement agricole, la souveraineté alimentaire et l’amélioration de l’offre sanitaire. Cependant, Le Quotidien met en avant un climat plus nuancé, évoquant les attentes pressantes des populations locales, notamment sur les questions d’infrastructures et d’enseignement supérieur. Parallèlement, la presse revient largement sur l’annonce du retrait de Kosmos Energy du bloc gazier Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a indiqué que cet accord a été conclu sans compensation financière pour l’État sénégalais, marquant, selon lui, une étape importante dans la maîtrise des ressources énergétiques nationales.

Plusieurs journaux, dont L’Info, y voient une avancée majeure dans la stratégie de souveraineté énergétique du Sénégal, avec une reprise en main du projet par la société nationale Petrosen. Les Échos souligne que le chef du gouvernement a qualifié cette évolution de « victoire majeure », tout en critiquant la gestion passée du dossier sous l’ancien régime.

Dans l’ensemble, la presse sénégalaise met en perspective ces deux actualités comme révélatrices des priorités actuelles des autorités : développement territorial, souveraineté économique et gestion stratégique des ressources naturelles.

Sénégal : Diomaye Faye en tournée à Kolda pour lancer l’agropole sud

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye entame une tournée économique à Kolda, marquée par l’inauguration du parc agro-industriel de l’agropole sud.

 

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce jeudi 23 avril 2026 une tournée économique dans la région de Kolda, au sud du pays. Ce déplacement sera marqué, vendredi, par l’inauguration du parc agro-industriel de l’agropole sud, une infrastructure présentée comme un levier stratégique de transformation économique.

En amont de cet événement, le Bureau de mise à niveau a mis en avant le rôle central de la modernisation des entreprises dans la réussite de ces pôles agro-industriels. Selon ses responsables, la mise à niveau des entreprises constitue un facteur clé pour améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises évoluant dans des filières prioritaires telles que la mangue, l’anacarde, le maïs, la pêche et l’élevage.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce, cette structure accompagne les entreprises à travers des diagnostics, des programmes de modernisation, des appuis financiers et un suivi technique.

Dans le cadre de l’agropole sud, 53 entreprises ont bénéficié d’un accompagnement global estimé à près de 598 millions de francs CFA. Ces financements ont permis de mobiliser plus de 1,2 milliard de francs CFA d’investissements.

Les appuis ont porté sur les études de diagnostic, l’acquisition d’équipements, les aménagements ainsi que les investissements immatériels, notamment la formation et les outils de gestion. Sur le plan social, ces investissements ont contribué à consolider plus de 1 200 emplois et à en créer plus de 200 nouveaux dans la zone sud, selon les données disponibles.

Fort de ces résultats, le BMN ambitionne d’étendre ce dispositif à l’ensemble des agropoles du pays, avec un accent particulier sur l’accès au financement et l’attraction d’investisseurs, y compris issus de la diaspora. Les autorités sénégalaises considèrent cette dynamique comme un pilier de leur stratégie de transformation économique et de souveraineté alimentaire. En marge de cette tournée, le chef de l’État doit également inaugurer l’antenne régionale du Service d’aide médicale urgente, destinée à couvrir les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.

Il est aussi prévu la pose de la première pierre d’un pôle mère-enfant au centre hospitalier régional de Kolda, ainsi que le lancement des travaux d’un centre de santé à Médina Yoro Foula. Arrivé dans la matinée à Vélingara, première étape de son déplacement, le président a visité l’usine d’égrenage de coton de la SODEFITEX, avant de se rendre dans les périmètres agricoles de l’Anambé.

Selon plusieurs sources, il devrait également effectuer une visite au Daakaa de Médina Gounass avant la fin de sa tournée dans le sud du pays.

Sénégal : démantèlement d’un réseau de trafic de migrants vers les Canaries

La police sénégalaise a interpellé neuf personnes impliquées dans un réseau de trafic de migrants par voie maritime, selon une opération menée par la DNLT.

 

La police nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 23 avril 2026, le démantèlement d’un réseau de trafic de migrants opérant par voie maritime, avec neuf personnes déférées devant le parquet. L’opération a été menée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées, une unité spécialisée de la police nationale chargée de lutter contre les réseaux de migration irrégulière. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui, escroquerie et usurpation d’identité.

Selon les autorités policières, l’enquête a été ouverte après l’interception, le 16 avril 2026, d’une pirogue transportant 132 migrants en direction des îles Canaries. Les passagers, originaires du Sénégal, de Gambie et de Guinée, ont été pris en charge après leur interception par la Marine nationale.

Les investigations ont permis d’identifier neuf individus comme membres de l’équipage. Huit d’entre eux ont reconnu leur participation à la manœuvre de l’embarcation, tout en affirmant avoir agi comme simples suppléants du capitaine.

Ils ont toutefois désigné un neuvième suspect comme principal organisateur du réseau, présenté comme recruteur et capitaine de la pirogue. Les sommes versées pour la traversée sont estimées entre 200 000 et 300 000 francs CFA par personne.

Le principal suspect, pour sa part, a rejeté les accusations, niant toute implication financière ou opérationnelle. Mais les enquêteurs affirment que des éléments techniques et numériques ont contredit sa version. Les traces de transactions financières, notamment via des services de mobile money, auraient permis de relier certains flux à des comptes ouverts sous de fausses identités, selon la police. L’analyse des déplacements du suspect a également révélé des entrées régulières sur le territoire sénégalais sans enregistrements de sorties officielles, laissant penser à un réseau organisé de convoyage maritime.

Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin de démanteler l’ensemble de la filière et d’identifier d’éventuels complices.

ONU : Auditionné devant l’Assemblée générale des Nations unies, Macky Sall a défendu une vision axée sur la réforme du multilatéralisme

Lors de son intervention devant l’Assemblée générale de Organisation des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall a présenté une vision globale en faveur d’une réforme en profondeur de l’institution, fondée sur la confiance, l’efficacité et la prévention des crises.

 

Auditionné dans le cadre du processus de désignation du prochain secrétaire général, il s’est adressé aux États membres, aux organisations internationales et à la société civile, posant les bases de son projet : faire du secrétaire général un acteur central du dialogue, capable de réconcilier les positions dans un contexte international marqué par de fortes tensions.

Dans son analyse, Macky Sall a dressé le constat d’un monde confronté à des défis profonds. Il a évoqué la montée des rivalités géopolitiques, la multiplication des conflits armés, les effets du changement climatique, les fragilités économiques et sociales, ainsi que les pressions migratoires. À ces enjeux s’ajoutent les mutations technologiques, notamment liées à l’intelligence artificielle, qui exigent une gouvernance adaptée.

Face à ces défis, il a insisté sur la nécessité de renforcer le multilatéralisme afin de répondre aux missions fondamentales de l’ONU, à savoir le maintien de la paix, la protection des droits humains et la promotion du développement.

Fort d’une longue expérience dans la gestion des affaires publiques, l’ancien chef d’État a mis en avant sa connaissance des mécanismes institutionnels et des dynamiques internationales. Il a également souligné son expérience du dialogue à haut niveau, notamment dans des cadres internationaux comme le G7 et le G20.

Sur le plan des priorités, Macky Sall a placé la restauration de la confiance au cœur de son action. Il a promis une diplomatie active fondée sur la prévention, à travers l’alerte précoce, la médiation et le renforcement de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales.

Il a également réaffirmé son attachement aux droits humains, qu’il considère comme universels et indissociables, tout en appelant à leur protection dans le respect de l’État de droit.

Concernant le développement, il a insisté sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030, tout en préparant les prochaines étapes. Il a notamment alerté sur le poids de la dette dans les pays en développement et sur les inégalités persistantes.

Pour y faire face, il propose de renforcer les partenariats, d’encourager l’investissement privé et de faciliter l’accès au financement, afin de stimuler la croissance et l’emploi.

Sur le plan institutionnel, Macky Sall a plaidé pour une réforme de l’ONU articulée autour de trois axes : rationaliser, simplifier et optimiser. Il a notamment appelé à une meilleure coordination entre les différentes entités de l’organisation afin d’améliorer l’efficacité des interventions. Il s’est également prononcé en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité, visant à renforcer sa légitimité et son efficacité, dans un esprit de consensus entre les États membres.

En conclusion, le candidat a estimé que le monde se trouve à un tournant décisif, appelant les États à faire des choix courageux pour renforcer le rôle de l’ONU. Il a insisté sur la nécessité de produire des résultats concrets pour restaurer la crédibilité de l’institution.

ONU : la presse sénégalaise divisée après l’audition de Macky Sall

L’audition de Macky Sall pour le poste de secrétaire général de l’ONU suscite des réactions contrastées dans la presse sénégalaise, entre soutien et scepticisme.

 

L’audition de Macky Sall pour le poste de secrétaire général de Organisation des Nations unies continue de faire réagir la presse sénégalaise. Les quotidiens reçus ce jeudi à livrent des analyses diverses sur la prestation de l’ancien chef de l’État.

Candidat porté par le Burundi, Macky Sall a clôturé, mercredi, la série des « dialogues interactifs » organisés par l’Assemblée générale, un exercice destiné à permettre aux prétendants de présenter leur vision pour l’institution.

Aux côtés de personnalités comme Michelle Bachelet, Rafael Mariano Grossi et Rebeca Grynspan, l’ancien président sénégalais a répondu aux questions des États membres et des représentants de la société civile. Le prochain secrétaire général de l’ONU, attendu pour entrer en fonction le 1er janvier 2027, sera choisi parmi ces candidats pour succéder à António Guterres, en poste depuis 2017.

Dans ses colonnes, le journal WalfQuotidien estime que Macky Sall a marqué la fin de cet exercice, soulignant qu’il a « porté le dernier coup de marteau » dans cette séquence d’auditions.

De son côté, Le Soleil met en avant une vision axée sur la restauration de la confiance au sein de l’organisation. Le quotidien insiste sur la volonté affichée par le candidat de renforcer la crédibilité de l’ONU face aux défis actuels.

Le Quotidien relève, pour sa part, que Macky Sall a exposé une ambition globale, centrée sur la paix, la sécurité, les droits humains et le développement. Une orientation présentée comme une véritable profession de foi pour la gouvernance de l’institution.

L’Observateur évoque une vision ambitieuse, tournée vers une ONU « réconciliée avec ses principes », dans un contexte de crises mondiales jugées systémiques.

Même lecture chez Source A, qui souligne l’accent mis par l’ancien chef de l’État sur la nécessité de restaurer la confiance dans une organisation fragilisée.

Certains titres se montrent plus enthousiastes. Les Échos saluent un « grand oral » réussi, estimant que le parcours de Macky Sall constitue un atout majeur. L’As abonde dans le même sens, considérant qu’il dispose du profil requis pour diriger l’organisation.

D’autres analyses se veulent plus nuancées. Sud Quotidien souligne que cette candidature reste controversée, rappelant l’absence de soutien officiel du Sénégal et de l’Union africaine. Le journal met en avant les défis auxquels fait face l’ancien président, engagé dans une campagne jugée délicate sur la scène internationale.

Enfin, Yoor Yoor adopte une position critique, estimant que la candidature de Macky Sall présente des limites. Le quotidien pointe notamment un manque de soutiens continentaux et une difficulté à incarner pleinement une posture de neutralité diplomatique.

Au-delà des divergences, ces réactions illustrent l’importance de cette étape dans la course au secrétariat général de l’ONU, dans un contexte international marqué par de profondes recompositions.